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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Oiseau de proie et viande ne font pas bon ménage !

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Anatar Cheabard
Rêveur itinérant
Anatar fit halte sans broncher quand le maître de la caravane sonna la montée du campement pour la nuit. Il avait l’habitude des longues journées à dos de cheval, il faisait ça sans discontinuer depuis deux ans maintenant et même s’il n’avait pas encore tous les réflexes des plus parfaits vétérans, il n’était plus le boulet de ses débuts, il avait fait des progrès et avait finit par trouver sa place.
Mettant pied à terre, il s’employa aussitôt à desseller sa monture, celle qu’on lui avait offert lors d’un précédent voyage, à la place de l’argent qu’il aurait dû toucher et qu’il avait refusé car il se joignait aux caravanes par devoir et non par appât du gain.

Une fois Leluin soulagé de son harnachement et brossé, Anatar prit le temps de s’étirer longuement, élisant domicile sous un pin pour poser son paquetage. Il alla ensuite chercher du petit bois et des morceaux plus gros pour monter son feu de camp personnel, affectionnant assez peu le grand feu commun et tous les bruits que cela impliquait.
Revenant vers la halte, il monta son feu qu’il n’alluma toutefois pas tout de suite car la nuit n’était pas tout à fait tombée et qu’il fallait économiser le bois.

Il alla réceptionner sa part de nourriture, que le cuisiner de la caravane avait préparé. C’était un bouillon compact de choses pas vraiment identifiées et Anatar grimaça une fois qu’il fut certain d’être à l’abris des regards des voisins. Ce bouillon ne lui faisait pas plus envie que tous les autres plats que Berth, le prétendu cuisinier, leur avait concocté depuis leur départ d’Al-Chen. C’est pourquoi dès leur passage dans un village de paysans, le Rêveur s’était arrangé pour acheter quelques tranches de viande séchée qui adoucissaient un peu l’aigreur des repas de la caravane.

Il engloutit deux ou trois cuillères de son ragoût-bouillon non identifié en grimaçant avant de sortir un morceaux de viande qu’il découpa en plusieurs fines lamelles avec application. Se faisant, il saluait les personnes qui passaient devant son coin poliment, ayant enfin rabattu sa capuche de dessus sa tête, le pâle jeune homme n’ayant plus à craindre les rayons solaires.
La nuit tombait aussi il s’employa à allumer son feu pour ne pas finir de manger dans le noir et le froid de ce début d’automne.

Emmitouflé dans ses vêtements de lin épais qui le faisait ressembler à un oignon avec ses multiples couches, il laissa un instant ses pensées dériver loin de la caravane et de ses participants. Il pensa un instant à Gwenn, furtivement, en se demandant si elle était fière de lui et de ce qu’il faisait pour se racheter de ses crimes. Puis ses songes éveillés l’emmenèrent encore plus loin, vers le sud qu’il n’avait encore pas réellement exploré, la majorité des caravanes partant d’Al-Chen ou d’Al-Far.

Un hululement le sortit de ses pensées et tout juste eut-il le temps de plisser les yeux qu’une silhouette emplumée fondit sur lui, l’obligeant à plonger vers la droite pour éviter le volatil enragé, renversant par la même occasion ce qu’il restait de son bouillon. Heureusement sa dernière lamelle de viande était sauve et il la serra fortement dans sa main gauche tout en se relevant avec moult précautions, jetant des coups d’oeil inutiles dans la nuit noire qui était à présent bien installée.
Se rasseyant en regardant d’un air navré le bouillon qui séchait au sol, il ramassa son bol en bois ainsi que sa cuillère qu’il ramena au cuisinier.

Reprenant sa place près de son feu de camp, il contempla sa dernière lamelle de viande du soir avec un air gourmand et s’apprêtait à la manger quand un nouveau hululement le fit grogner de déplaisir. Comprenant rapidement ce qui intéressait probablement le volatil, il leva son trésor alimentaire au dessus du feu et amusé, finit par lancer une provocation dans la nuit.

“C’est ça que tu veux ? Désolé mon vieux mais c’est à moi !”

Et il engloutit le morceau de viande qui se bloqua dans sa gorge, le faisant tousser d’avoir avalé de travers.
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Ehanwë Wanheda
Dresseuse d'oiseaux de proies
On avait chevauché toute la journée quand le maitre de la caravane donna l’ordre d’arrêt pour la nuit. Descendant de ma monture, je détachais les liens qui retenait les serres de l’aigle qui était accroché à ma selle. Je l’avais obtenu il y avait de cela quelques mois et je le dressais encore.  Mais bientôt j’aurais achevé. Après tout, il n’avait même pas un an, quand je l’avais récupéré encore oisillon. En vérité, il n’avait que 2 décades. Mais 6 décades plus tard, il avait son plumage d’adulte, était assez robuste et je pouvais le former. Et j’arrivais au bout de sa formation, il serait prêt quand nous arriverons à la Citadelle, sa destination finale pour servir les Frontaliers. Agrippant ses serres entre mes doigts, je le transférais sur mon épaule pour l’attacher à nouveau. Je poursuivrais son dressage plus tard dans la soirée. Pour le moment, je devais aider à monter notre campement.

Je rejoignis mes camarades Thülls et les aidait à allumer un feu ainsi que monter les tentes pour la nuit. Cela fait, tandis que le plat mijotait, la nourriture du cuisinier étant vraiment infect nous nous préparions nous même nos repas, je pris une grande corde dans l’une de mes sacoches et l’attacha à mon aigle. L’autre bout fut noué à ma taille.

« Envole-toi »

Comme s’il n’attendait que cet ordre, le rapace décolla de mon épaule et alla se positionner près de la cime des arbres, la corde tendue entre nous. Je l’observais un instant avant de reporter mon attention sur ce qui m’entourait, observant la caravane se préparer elle aussi pour la nuit. Puis je sentis la corde se détendre quand je sifflais, l’aigle redescendant pour se poser sur mon épaule sans que je n’aie besoin de l’appeler une seconde fois. Bientôt il pourrait être libre comme mes trois rapaces qui allaient et venaient à leur guise. A ce propos je ne les avais pas vu de la journée.

Sifflant une seconde fois, j’attendis de les voir me rejoindre. Seuls ma buse et mon faucon revinrent. Allons bon, où était passé Egelman. Mon hibou grand-duc me quittait rarement et revenait quand je l’appelais, sauf quand je l’envoyais donner un message, ce qui n’était pas le cas aujourd’hui. Ce n’était pas normal. Il fallait que je parte à sa recherche. Sortant une cordelette, je l’utilisais pour lier les serres de Burhil, ma buse à queue rousse à l’aigle. Comme ça les deux pourraient voler à leur guise et l’aigle serait surveillé. Je ne voudrais pas le perdre après tant de travail. Cela fait, je laissais les trois oiseaux et partit à la recherche de mon hibou. Il ne devait pas être loin, mais j’étais tout de même inquiète. Parcourant le camp, je saluais ceux que je croisais tout en écoutant. Un hululement familier retentit et j’accélérais le pas pour le rejoindre, pleine d’espoir. En vain. Je me mis donc dans un coin, appuyé contre un arbre. Près de celui-ci un feu brulait sans pour autant que j’en vis le responsable.

Celui-ci revint et je l’observais, dans l’ombre. Il était totalement blanc. Maintenant que j’y songeais, il devait être le Rêveur qui accompagnait la caravane. Alors qu’il allait manger une lanière de viande, Egelman, car c’était lui, hulula de nouveau et fonça sur lui, me rejoignant par la même occasion.
Le capturant entre mes mains, je lui fis les gros yeux avant de le mettre sur mon épaule et laisser échapper mon hilarité. Sortant de l’ombre, je fis le tour de l’homme et vint me poster devant lui, riant aux éclats.

« Excusez mon hibou, il est gourmand »

Pour preuve, celui-ci me donna des coups de bec sur le crane jusqu’à ce que je lui donne un morceau de viande cru que je sortis de l’une de mes poches.

« Au fait, je m’appelle Ehanwë. Je suis dresseuse d’oiseau et messagère. Et vous ? Vous n’êtes guère bavard en journée. Si bien que nous vous pensions muet avec mes camarades. »

Je le regardais, mon hibou sur mon épaule.
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Anatar Cheabard
Rêveur itinérant
Anatar n’était pas vraiment surpris par la venue de la dénommée Ehanwë. Un hibou sauvage ne se serait jamais approché si près des hommes s’il n’en avait pas eu l’habitude et les volatils nocturnes étaient plutôt prudents d'ordinaire.
Sur le moment, il ne s’était pas plus posé de questions, luttant chèrement pour défendre sa pitance. Les repas du cuistot, bien qu’immondes, tenaient au ventre mais cela n’apaisait pas les envies de bonne chère du Rêveur qui défendait alors furieusement ses petits plaisirs de viande séchée.

Le jeune homme n’avait pu s’empêcher de sourire en voyant la mimique de la propriétaire du hibou envers celui-ci tandis qu’elle le grondait, puis avait sentit ses fossettes d'hilarité apparaitre quand elle avait éclaté de rire. Sans doute que pour un œil extérieur, en effet, la situation devait avoir quelque chose de comique : un homme dégingandé faisant des cabrioles pour échapper à un rapace gourmand, oui, ce devait être drôle à voir.

Quand elle s’approcha pour entamer la discussion, Anatar perdit quelque peu son sourire, ses défenses se relevant à vitesse grand V tandis qu’il se redressait, de nouveau sur la défensive. Toutefois la politesse lui imposa de désigner un coin confortable à la jeune femme pour qu’elle s’installe, si elle le souhaitait.
Il n’avait plus l’habitude de se sociabiliser si bien qu’une partie de lui priait pour qu’elle ne reste pas, et qu’une autre lui intimait de faire un effort. Finalement ce fut cette partie là qui gagna le duel, tandis qu’une question lui était posée, franche, et sincèrement curieuse.

Un instant déstabilisé par la façon un peu brusque de la demoiselle d’entrer en contact, Anatar dût garder le silence plus longtemps que cela n'était nécessaire, le temps de remettre de l’ordre dans ses pensées. Finalement, quand ce fût fait, il répondit d’une voix sympathique et polie à l’interrogation qui attendait toujours une réponse.

“Je suis Anatar. Rêveur itinérant.”

Un instant, le jeune homme pensa à en rester là et à ne pas donner plus d’informations. Après tout, on le prenait déjà pour un muet… Mais la partie de son cerveau qui voulait se sociabiliser prit les commandes et lui fit compléter ses propos.

“Comme vous pouvez le constater, je ne suis pas muet. Seulement, pourquoi parler quand personne ne s’adresse à vous ? Je n’interviens que quand c’est nécessaire, et pour le moment, l’occasion ne s’est pas présentée. Tout simplement.”

Il sourit, comme pour s’excuser d’être si peu bavard, alors que dans les faits il n’avait pas tord. Ses services n’avaient pas souvent été requis depuis leur départ, ils avaient pour le moment été chanceux de ne croiser aucun prédateur ni aucun danger et Anatar priait pour que la chance continue, bien qu’il sache d’expérience qu’en général tout avait une fin.

Il s’intéressa un peu plus à la jeune femme en face de lui : elle semblait partie pour rester alors autant faire un effort. Elle lui avait dit qu’elle était messagère. Ce devait être un métier intéressant, de même que celui d’éleveuse d’oiseaux. Ce n’était pas une profession dont il avait déjà eut l'occasion de discuter et déjà sa curiosité le poussait à poser des questions pour en savoir plus.

“Ce doit être passionnant et peut-être épanouissant d’avoir des compagnons. Est-ce que… Vous avez d’autres partenaires volants en plus de cet hibou gourmand ?”

Lui-même se serait bien laissé tenter par l’acquisition d’un animal de voyage, mais avec quel argent ? Il ne demandait jamais de Branches plus que nécessaire et n’acceptait les cadeaux en nature que pour les redonner à d’autres qui en avaient plus besoin. Posséder un compagnon de route était un souhait égoïste, et il se le rappela sévèrement, ce qui occasionna un soupir léger. Non, c’était un souhait qui resterait irréalisé. Ce n’était pas pour lui.

Il posa son regard auburn sur la demoiselle, poli, un léger sourire sur son visage de porcelaine. Il attendait sans doute qu’elle développe sur son activité.
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