RSS
RSS
AccueilEncyclopédiePrédéfinisGuide du JoueurQuestionsMusique

Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

RP alternatif Naëth & Yatik

avatar
Yatik Ylinor
Paysan
Règles modifiées :
_Age et différences d'ages des personnages non respectés.
_Entente entre les Alines et les Gwendalaviriens modifiée pour rendre possible la situation.
_Histoire de nos personnages respectifs modifiées partiellement.




J’aime pas les voyages !
Les voyages c’est long… Très long… Mais celui là : il est vraiment très très long. Presque trop long. On a fait du cheval, du bateau, de la carriole et là, on est sensé arriver ce soir, mais il commence déjà à faire nuit…
« Pfff »
Le regard de ma marraine se tourne vers moi. Elle a des jolies yeux, ils sont marron normalement, mais là, avec l’obscurité, on ne le voit plus vraiment. En tout cas ils semblent comprendre ma détresse et mon ennuie.
« Ca va aller, on arrive bientôt, ne t’inquiète pas. Une bonne paella nous attend normalement ».
Je lève les yeux, esquisse un demi-sourire et me renferme dans mes pensées…
Est-ce que l’on va au bout du monde ? Il est grand le monde ?  Quelqu’un a déjà tout vue ? Il y a quoi à chaque bouts du monde ? Mon papa est allé jusqu’où ? Comment va papa ? Maman m’a dit que ça irait mieux après mais ses yeux disaient le contraire… et si c’était pas vrai ? Si en fait, papa n’allait pas bien du tout ? Si en fait, il allait m-« On est arrivé ! »
Je redresse la tête.
Une jolie fermette est à la limite entre le sable et les champs. C’est peut être la maison qui a arrêtée le sable ? Heureusement que la maison est là. Sinon la plage aurait envahi les champs. Il y en a même plusieurs. Elles sont rectangulaires avec des toits presque plats : c’est bizarre, je croyais que c’était toujours en triangle les toits. Peut être qu’ils n’étaient pas assez grands pour mettre les tuiles du haut… et qu’ils n’avaient pas d’échelles non plus évidemment.

Les quelques maisons encerclent une jolie cour au centre de laquelle brule un grand feu. J’aime pas le feu. Je préfère les boules de lumière d’Al-Chen. C’est moins dangereux.
Il y a plein d’enfant autour du feu. Il n’y a surtout des grands enfants. Des garçons et des filles entre 6 et 10 ans. Je n’en ai que 5 moi … Mon grand frère en a 16 lui ! Il me manque... Dès fois, j’aime pas quand il est là, car il m’embête, mais là j’aimerais bien qu’il m’accompagne. Il a préféré rester avec maman pour l'aider pendant que papa se repose.
Les enfants ne nous ont pas encore vus. Ils regardent des adultes qui parlent fort. Ils leur racontent surement une histoire passionnante car les enfants semblent hypnotisés. Moi, J’adore les histoires avec des chevaliers et des princesses, des trolles et des géants.
Lorsque l'on s'approche et que je commence enfin à entendre l'histoire, ils s'arrêtent net et nous regardent. Puis, tous les enfants se mettent à hurler "TATA !!!" en chœur.
Je baisse la tête pour ne pas qu’ils me repèrent. J’échapperais peut être à leur regard ? Devant mes yeux une main apparaît : c’est celle de Tsita, ma marraine. Tandis qu’elle me la tend, de l’autre, elle fait des gestes pour calmer les enfants :
« Je vous présente Yatik : mon filleul. Il vient de la ville et passera quelques temps avec nous. Alors soyez gentil avec lui, il ne connaît pas la vie à la campagne et je compte sur vous pour lui apprendre la vie Aline ! »
Ils me dévisagent tous. Pourquoi ? Ils n’ont jamais vu un enfant de la ville ? Je les dévisage aussi dans l’espoir qu’ils arrêtent.
Il y a des grands, des petits, des gros et des maigres, des cheveux long ou court, des bruns, des blonds, des roux … Et il y a « Elle »…

« Elle » est une jeune fille. « Elle » semble à peine plus âgée que moi. « Elle » est à l’écart et est la première à ne plus me dévisager. « Elle » est fine, mais « Elle » semble plus musclée que moi. C’est pas normal pour une fille. Mon papa m’a toujours dit que les garçons sont plus forts que les filles. « Elle » a des cheveux noirs, longs et ondulés et un bandeau rouge pour les tenir. Avec la lumière du feu qui ne fait que bouger, je ne vois pas très bien. En plus, « Elle » me tourne le dos maintenant donc je ne peux même pas voir ses yeux…Maman, elle dit que les yeux, c’est le reflet de l’âme… C’est joli mais quand la personne tourne le dos, c’est pas pratique quand même. Si ça avait été les cheveux, j’aurais dit qu’ « Elle » a une âme battante car ils paraissent pas très bien coiffés. Cette idée me fait sourire et Tsita semble l’avoir vue, elle a suivie mon regard et se met à sourire aussi.
Tout en me tenant la main, nous traversons la foule d’enfants qui n’ont pas cessé de nous regarder. Elle se dirige vers « Elle ». Mes jambes et mes mains tremblent. Pourtant je n’ai pas froid ? Ma gorge est serrée aussi. La main de Tsita me sert un peu plus et me tire gentiment jusqu'à que je sois à coté de « Elle » qui me regarde maintenant. J’ai à peine le temps de voir le bleue du reflet de son âme que je détourne le regard. Ses yeux me transpercent. Ils m’analysent. Je me sens tout nu comme à la sortie du bain. C’est très gênant. Je veux rentrer chez moi ! Maman, papa et grand frère me manque. Je veux pas être ici… « Elle » me fait.  .  . peur?

« Yatik je te présente Naëth, Elle t’aidera à te faire des copains ici. Je compte sur toi Naëth.»
Au même moment, un monsieur, grand et très musclé, nous tend à chacun une écuelle en bois. Dedans il y a du riz jaune, des fruits de mer, des légumes, des tranches de saucisse rouge et des crevettes. Le mélange a une odeur épicée très appétissante.
« Moi, c’est Joshélca, mais appelles-moi Josh. Tu as la chance de gouter la meilleure Paella de toutes les îles Alines, régales toi petit. » me dit-il avec une voix très grave et rocailleuse en me faisant un clin d’œil. Lui aussi me fait peur, mais c'est pas pareil.
Je murmure un « merci » comme on me l’a appris, m’assieds par terre comme les autres enfants et mange sans lever les yeux dans un brouhaha grandissant.
C’est très bon, mais je veux toujours rentrer chez moi : « Elle » n’arrête pas de me regarder...

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Naëth Telmare
Aline
A cinq ans, Naëth était n’avait vécu que sur le navire de son père. La Perle était sa seule maison et l’équipage sa seule famille.
Elle était menue mais vive, passant ses journées à courir de la proue à la poupe. Lorsque les gabiers avaient un instant pour s’occuper d’elle, ils la faisaient grimper dans la mâture, en prenant toujours soin de l’encorder à leurs ceintures. L’enfant adorait ça. Elle n’avait peur de rien, tout lui semblais possible et lors des abordages, elle passait son temps à hurler pour qu’on la laisse sortir de la cabine du capitaine fermée à double-tour.
Naëth était la coqueluche des marins, leur mascotte. Tous l’adoraient et elle passait des heures avec eu, dans la calle, écoutant les vieux loups de mer raconter leurs aventures dans le grand océan du sud.  Il fallait l’admettre, toute cette attention l’avait rendue un poil capricieuse. Tout ce qu’elle désirait, on le-lui offrait. Bon, à une exception près, et c’était le drame de sa vie, son père refusait de lui donner un sabre. Elle n’avait droit qu’à un long coutelas et un épissoir affuté. Une injustice scandaleuse, vous en conviendrez.

Cette vie convenait à la fillette qui a vrai dire, n’en connaissait aucune autre.  Son univers se bornait à ce pont, un horizon sans fin rompus parfois par la silhouette lointaine d’une île. Ils ne faisaient escale que très rarement. Les vivres, le Capitaine Telmare se les procuraient en pillant les navires alaviriens, en pêchant et en sortant les tonneaux ouverts les jours de grandes pluies. Parfois, il lui arrivait de troquer quelques objets de valeurs contre des vivres frais avec les navires amis. Bref, Telmare n’aimait pas se mettre à l’ancrage.
Ils ne tiraient en cale sèche qu’une fois par an pour caréner. Mais encore le faisaient-ils sur une île déserte. Enfin déserte, pas tout à  fait. Sur cette île, il y avait une maison. Une seule et unique maison. Naëth avait l’interdiction totale de s’en approcher. Mais cela lui importait peu, la forêt était suffisante pour l’occuper. Elle pouvait disparaître deux jours entiers avant de reparaître sur le sentier de carénage. Et le soir, elle se faisait un devoir de raconter très sérieusement toutes ses aventures à ses compagnons.

La vie était belle pour la petite. Mais le capitaine la regardait grandir et se sentait de plus en plus coupable. Il ne pouvait élever cette petite au milieu de tous ces hommes, sans aucune femme pour prendre soin d’elle. Il réalisait bien que l’enfant était négligée. Ses cheveux longs se rassemblaient en épais paquets crasseux et salés. Sa peau était aussi halée que celle d’un vieux loup de mer et ses mains d’enfant calleuse. Ses  genoux écorchés et ses tibias couverts de bleus en permanence.
Son devoir d’homme envers l’enfant n’était-il pas de prendre soin d’elle ? Il le savait et s’en inquiétait. C’était pour cela qu’il avait finis par décider de la déposer pour deux semaines chez sa belle-sœur. Cela faisait bien dix ans qu’il n’avait vu la femme.  Ils ne s’étaient pas quittés en bon termes, cette dernière le tenait pour responsable de la mort de sa sœur.
Mais Telmare savait que Tsita ne refuserait pas de prendre soin d’une enfant aussi « mal traitée ».

Et c’était pour cela que La Perle était aujourd’hui au port. Telmare avait horreur des ports, il y avait trop de monde, trop de bruit.
Pour les hommes de l’équipage, c’était jour de fête. Il y avait des femmes, il y avait du rhum, leurs poches étaient plaines de cinq années de navigation lucrative. Ils étaient les hommes les plus riches de l’île. Certains n’avaient pas vus leurs femmes depuis cinq années, leurs enfants avaient grandis et ils étaient contents de pouvoir rentrer chez eux. Telmare savait qu’il lui faudrait recruter un nouvel équipage. Cinq années à bord, c’était long. Rares étaient ceux qui étaient prêts à tout laisser pour si longtemps, malgré toutes les meilleurs réputations du capitaine.

Debout à côté de la fige de proue, les bras croisés, Telmare toisait les passants sur le quai. Naëth s’était accroché à sa jambe, intimidée par toute cette agitation. Le capitaine posa une main apaisante sur les cheveux mêlés de la petite.
Elle leva ses yeux bleus embués de larmes vers son père.

« -Papa, me laisse pas ici. Je  veux pas y aller. En plus Perline va s’ennuyer sans moi. »

Telmare eut un pincement au cœur. La plus part du temps, Naëth lui donnait du « Capitaine » comme le reste de l’équipage. Il s’agenouilla devant l’enfant, pris ses petites mains calleuses dans les siennes et la regarda droit dans les yeux.

« -Ecoute Naëth, tu ne vas pas rester longtemps. Je t’attendrais ici, au port, j’ai des affaires à régler. Nous nous reverrons bientôt. Et puis il y aura d’autres enfants de ton âge là-bas, chez tante Tsita.  Tu verras, elle est très gentille ! Quant à Perline, elle ne s’ennuiera pas ici. Les autres figures de proue lui tiendront compagnie. »

La petites acquiesça, tentant de réprimer de gros sanglots. Le capitaine avait a poitrine serrée. Il aimait cette enfant, il aimait sa fille. Mais il savait qu’il ne pourra pas s’en occuper éternellement. Il espérait secrètement que la vie chez sa tante lui plairait suffisamment pour qu’elle n’ai pas envie de réembarquer avec lui. Même si une petite voix au fond de lui lui disait que jamais cette petite ne pourrait se séparer de l’Ocèan qui l’avait vu naître.
Il reporta son attention sur la fillette. Ses larmes avaient disparues dans un coup de manche crasseuse et  une nouvelle résolution brillait dans ses yeux.

« - D’accord Capitiane, j’irais. Mais je veux un sabre en échange. »

Le capitaine réprima un sourire. Décidément, pensa-t-il, sa fille avait la piraterie dans le sang. Mais il était évidemment hors de question qu’il accepte.

« -Ecoute moussaillon, on va passer un marché toi et moi. Tu vas chez tante Tatsi et en échange, tu auras un sabre de bois. La petite s’apprêta à crier au scandal.Attends ! N’oublie jamais qu’avant de contredire un marché, tu dois l’avoir écouté jusqu’au bout ! reprit son père.Ce sabre  te servira à t’entraîner et lorsque tu seras prête, tu auras le droit de posséder le tient. Cela te convien-t-il ?

Naëth ne répondit rien tout de suite, prenant le temps de peser le pour et le contre. Mais finalement elle tendit sa main vers son père.

« -Marché conclu Capitaine »

En voyant le sourire de son père qui serrait sa main, le sien revint également. Son père la prit alors sur ses épaules et tous deux descendirent la passerelle qui menait au quai. Retrouver un sol ferme après tout ce temps sur un pont mobil n’était pas une mince affaire et le capitaine manqua de trébucher sous les rires moqueurs de la petite perchée sur ses épaules.
Ils marchèrent ainsi jusqu’à la sortie de la ville, s’arrêtant régulièrement pour saluer une connaissance du capitaine. Naëth était fière de voir que son papa était si connu et elle observait tout ce beau monde du haut de son perchoir.

Bientôt, le chemin de terre battue se recouvrit d’un mince couche d’herbe. Le chemin ici était moins emprunté et l’enfant voyait apparaître une jolie maison. Elle était plus grande que celle de l’île Déserte mais elle avait l’air accueillante.
Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, Naëth finit par comprendre qu’il s’agissait en fait de plusieurs maisons qui se rassemblaient autour d’une jolie cours. Alors qu’ils étaient encore assez loin, la petite tapota le sommet du crâne de son père.

« -Laisse-moi descendre papa. Je veux pas avoir l’air d’une petite en arrivant. »

D’un geste expert, Qaymond  Telmare fit descendre sa fille de ses épaules. Il était fier de l’avoir pour fille. Elle avait le tempérament de feu sa mère. Un écho de douleur sourde se mit à résonner au fond de son cœur. S’habituerait-il jamais à son absence ?
D’un pas décidé, la petite avait pris les devants du capitaine et entrait dans la cour. Celle-ci était déjà remplie d’enfants. Une femme vint à leur rencontre et adressa un salut froid à Qaymond.

« -Qaymond peut-on savoir ce qui t’as poussé à quitter ton chère navire ?

« -Tsita, moi aussi je suis heureux de te revoir.Fit ironiquement Qaymond.Voici ta nièce, Naëth » conclu-t-il en désignant la petite de la main.

Tsita ne daigna même pas regarder l’enfant.

« -C’est ta fille, tu devrais t’en occuper toi-même »

« -C’est aussi ta nièce, la fille de Zaria. Je ne te demande pas grand-chose, occupe-toi d’elle deux semaines, je reviendrais la chercher après. Si tu n’acceptes pas pour moi, accepte-le pour ta sœur.  Marin, ce n’est pas une vie pour un enfant, et tu le sais ! »

Tsita opina. Qaymond hésita, puis il s’agenouilla et prit sa fille par les épaules. Elle avait suivi l’échange des deux adultes avec appréhension, ne comprenant pas qu’on puisse parler aussi froidement à son père et capitaine.

« - N’oublie pas notre, marché ma fille. »

Et sur ces quelques mots, il l’embrassa et fit volte-face pour s’éloigner sans se retourner.

Tsita resta debout à côté de la petite jusqu’à ce que l’homme ai disparut de l’autre côté de la colline qui cachait le port. Puis, elle posa sa main sur son épaule et se mit à sa hauteur.

« -Pardonne-moi Naëth si je suis en colère.  Ce n’est pas de ta faute. Viens, je vais te présenter à tes cousins. »

Naëth ne se fit pas prier, elle partit au-devant de Tsita pour rejoindre la joyeuse bande d’enfants s’ébattaient joyeusement dans la cour. Tsita prit la parole.

« -Les enfants, écoutez-moi ! Je vous présente Naëth. C’est une de vos cousines. Elle vient d’arriver et je vous demande d’être gentil avec elle !

Dans un bel ensemble, tous les enfants crièrent « D’ACCOOORD TATA » et se précipitèrent vers Naëth. C’était comme lors d’un abordage, sauf que les marins n’étaient pas là pour faire barrière de leurs corps et protéger la jeune fille.

Un flot ininterrompu de questions se mirent à s’écouler de la bouche des enfants et la fillette écarquillait des yeux effrayés.  Elle ne savait comment réagir. Jamais elle n’avait vus autant d’enfants de son âge. Elle avait envie de les rejoindre mais comment ? Il lui semblait qu’ils n’étaient pas comme elle.

Et puis, au milieu des cris, une vois s’éleva au-dessus des autres.

« -Vous avez-vus comme elle est salle ?! Elle a peut-être des poux ! »

A ces mots, le tonnerre de paroles s’éteignit et tous se reculèrent. Cela fit encore plus peur à la petite aline.

« -Venez, on va jouer au loup sans la pouilleuse ! »

Et comme un essaim d’abeilles, la troupe tumultueuse la laissa seule au milieu de la cour. Elle chercha Tsita du regard. La femme avait disparue, appelée par une autre tâche.  Naëth prit une inspiration saccadée. Et cria le plus fort et leplus férocement qu’elle put.

« -JE SUIS PAS POUILLEUSE !! »

Puis, elle prit une grande inspiration, soulagée d’avoir pu évacuer toute sa détresse.
Tsita, entendant ce cris presque dément, passa la tête par une des fenêtres. Naëth était là, toute seule au milieu de la cour. Mais elle ne pleurait pas. Simplement, elle était seule. Tsita ne savait que faire de l’enfant. Bon, il faudrait lui faire prendre un bain, ça s’était certain. Mais pas tout de suite, elle devait finir de préparer le repas du soir et le lit pour son filleul qui devait arriver dans la soirée.
Et puis, la petite devait en avoir vu d’autre, elle arriverait bien à se débrouiller jusqu’au soir. Après dix ans passés à s’occuper régulièrement des enfants de ses nombreux frères et sœurs ainsi que des siens, Tsita avait fini par n’intervenir dans leurs histoires d’enfant que lorsque tout menaçait de dégénérer.
Elle observa encore un peu Naëth qui prit lentement le chemin du rivage.


L’enfant se retrouva face à la mer, elle s’assit dans le sable, ses pieds nus dans l’eau. La marée descendait et découvrait peu-à-peu les rochers du fond.
Naëth fixait le large en espérant y voir apparaître les voiles familières de La Perle et son père à la proue, venant l’arracher à cette terre bien trop stable sous ses pieds.

La petite aline resta sur la plage tout le reste de la journée. Elle s’était finalement arrachée à sa contemplation et avait joué avec les coquillages les cailloux troués de la plage.

Lorsque le soir avait commencé à tomber, Naëth avait instinctivement rejoins le petit corps de ferme. Un grand feu avait été allumé au centre de la cour et des tables avaient étés dressées. Des adultes étaient rassemblés autour et échangeaient des murmures sur le passage de l’enfant. Naëth n’y prit pas garde et s’approcha du feu, se plongeant dans la contemplation des flammes sans prendre garde aux autres enfants qui couraient autour d’elle.

C’est alors que Tsita vint la voir en compagnie d’un petit garçon. Il devait avoir son âge et semblait impressionné par tout ce monde.

« -Yatik je te présente Naëth, Elle t’aidera à te faire des copains ici. Je compte sur toi Naëth » fit Tsita.

Et Tsita les laissa là.
La petite aline fit un sourire tordu à Yatik. Mais à ce moment arriva un monsieur qui leur servit à tous deux une écuelle de bois remplie d’un mixture appétissante. Il s’appelait Josh et avait l’air sympa. Mais Naëth s’en détourna vite, reportant son attention sur Yatik.

« -Moi, j’ai pas d’amis ici. Mais je veux bien qu’on soit amis tous les deux ! Par contre, faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse. Parce que c’est pas vrai. T’entends ?! C’est pas vrai !!

Puis, effaçant le froncement de sourcil sévère qu’elle s’était appliquée à arborer, elle s’était assise par terre et avait commencée à manger goulument avec les doigts, peu soucieuse des regards. Après tout, elle n’avait jamais goûté au riz !

Les deux enfants restèrent à côté du feu pour finir leurs assiettes.  Puis, Naëth sauta sur ses pieds, laissant là son écuelle. Elle attrapa Yatik par la manche et l’entraîna vers la plage.

« -Viens, je vais te montrer mes trésors ! »

A la table des adultes, Tsita jetta un regard à Naëth.  L’enfant semblait heureuse. A sa droite, Sieldan, l’un de ses frères posa une main sur celle de sa sœur.

« -Ne t’en fais pas Tsita, si elle est aussi forte que Zaria, rien ne pourra jamais l’arrêté. »

Tsita hocha la tête, une petite larme coulant sur sa joue à la pensée de sa sœur.[/b]
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Yatik Ylinor
Paysan

Crédit : Le



« Moi, j’ai pas d’amis ici. Mais je veux bien qu’on soit amis tous les deux ! »
Elle est gentil en fait. Pourquoi elle n’a pas d’amis ? Tout le monde a des amis normalement ?
« Par contre, faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse. Par ce que c’est pas vrai. »
J’hoche la tête pour dire oui, mais elle ne l'a pas vu car elle me demande ensuite si j’ai entendu. Elle semble énervée, zut, je ne voulais vraiment pas l’énervée. Je hoche plus fort la tête et elle doit l'avoir remarquer car son visage se détend.






Ce repas était très bon, mais à peine fini, que ma nouvelle amie m’entraine à l’écart. Sans prévenir personne ! Ma maman me dit de toujours la prévenir quand je sors jouer en ville. Mais comme ici ; il n’y a pas de ville, c’est peux être pas obligé ?
Je la suis. La nuit est scintillante d’étoile. Je n’avais jamais remarqué qu’il y en avait autant. C’est joli.
« Aïe »
Mon pied vient de taper un gros caillou mais Naëth prend de l’avance et je dois la suivre d’après Tsita. Alors je sers les dents malgré mon pied douloureux et continu.
Nous arrivons sur la plage de sable fin. Ce dernier rentre dans mes chausses et cela devient vite désagréable. Je m’arrête un instant pour les retirer. Elle ne me laisse pas vraiment le temps et me voila à courir pied nue dans le sable pour la rattraper. Serrant les dents à chaque pas de peur d'écraser un cailloux, la lune presque pleine nous éclaire mais pas suffisamment. On arrive enfin à son « trésor » : : Des coquillages comme on en trouve nulle part à Al-Chen. J’ai à peine le temps de les observer que dans le reflet de la mer agitée, je remarque une forme au loin. C’est vraiment une très grosse vague mais pourquoi elle a … un œil ?! J’attrape la main de Naëth par réflexe en tombant en arrière et de l’autre montre au loin la chose immense. Mes yeux s’écarquillent. C’est au même moment que j’entends des chuchotements loin derrière nous. Cinq enfants sont là, à moitié cachés derrière une petite dune de sable. Toujours assis, je les désigne à Naëth en lui tapotant le mollet. Je jette un coup d’œil pour voir si la forme est toujours là mais il ne reste rien.

BIM

J’ai mal. Très mal ! J’ai reçu quelque chose de très dur derrière la tête venant des Quatre garçons et une fille que je discerne mieux maintenant qu’ils ne se cachent plus. Ils sont plus grand que nous, peut être 3 ou 4 ans de plus et ont des frondes. Ils nous tiennent en joue ?! Je passe ma main derrière la tête et sent une bosse se former déjà.

BAM

Un deuxième tir m’atteint dans le ventre. Naëth semble en avoir reçu un aussi. Je sers les dents et cours en remontant vers les maisons. Le sable c’est vraiment nul pour courir. Je tombe, me relève, les entends rire.  Je reprend ma course quand dans mon dos j’entends :
«Eh ! La pouilleuse ! Ta crevette des sables t’a larguée ! Même les mollusques ne veulent pas de toi !  » Le plus grand des garçons venait de parler.
Je m’arrête aussitôt

Faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse


Naëth m’avais dit ça tout à l’heure et vu comment elle était énervé, ça devait être vachement important.
Je tourne les talons vers eux et hurle :
« Retire ça TOUT DE SUITE ! »
« Tiens ? La crevette a retrouvé sa langue ? » C’est la fille qui a dit ça. Normalement, je tape pas les filles. Mais là, ça comptera pas : Il fallait pas dire que Naëth est une pouilleuse par ce que c’est même pas vrai !

Je marche vers eux, pas assurés, poings serrés. J’ai toujours mal derrière la tête et au ventre mais ça n’a pas d’importance. Ils ne s’en tireront pas comme ça. Je les vois me viser avec leur fronde. Je continu ma marche. L’élastique claque. Je me protège les yeux. J'ai bien fait car un caillou tape sur ma main. Un autre touche mon épaule. J'ai mal, mais qu'importe. Il ne fallait pas traiter Naëth de pouilleuse. Je cours et saute sur le premier venu avant qu'ils n'ai eu le temps de tirer à nouveaux.
S’en suit une bagarre comme jamais je n’en avait connu. J’ai bien donné quelques coups de poing, de pied et de tête, mais très vite je me fais étrangler pendant qu’un autre me donne des coups de pieds dans le ventre.
J’attrape une poignée de sable et la lance derrière mon épaule. L’étranglement se desserre. Je me faufile, me relève, attrape Naëth du bras et cours vers les maisons.

Mon haut est déchiré. Mes lèvres saignent. Tout mon corps me hurle qu'il souffre. J'ai envie de vomir. Mon cœur bas à vouloir sortir de ma poitrine. Je serre les dents à m'en faire mal à la mâchoire : Je ne pleurerai pas. Je veux rentrer chez moi. Mais plus important : je veux pas laisser ma nouvelle amie ici.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Naëth Telmare
Aline
Les deux enfants couraient, insouciants, au clair de Lune. Sur la plage de la petite île, tout semblait possible, la mer les narguant de son horizon infini. Naëth courait devant, peu soucieuse de son camarade qu'elle avait presque oublié, bondissant de rochers en rochers

Alors que sa silhouette se découpait sur le clair de lune, elle disparut comme engloutie par les rochers.
En fait d'être engloutie, l'enfant avait simplement disparue entre deux monumentaux blocs de granit. Là, elle s'engagea dans une petite caverne crée par les pierres opportunément agencées.
Son trésors était là, brillant de nacre. L'obscurité  du lieux ne suffisait pas à éteindre le douce iridescence qui émanait des coquillages.  Ils semblaient vivants.

Soudain, un bruit sourd se fit entendre derrière la petite aline. Elle se retourna, vive comme un serpent, aux aguets. Mais ce n'était que Yatik. Le petit garçon l'avait enfin rattrapée.
Naëth panta son regard dans celui de son acolyte.

"-Maintenant que tu sais où est le trésors, tu dois me jurer de jamais dire à personne où il est! Comme un vrai pirate!"

Et, joignant le geste à la parole, elle lui tendit la main pour celer leur accord. Dasn les yeux des deux enfants brillait la lueur de leur complice nouvelle. Ils n'étaient plus à présent deux étrangers. Mais deux compères unis par un serment.

"-Vient" fit tout-à-coup Naëth, escaladant vivement le granit.

Arrivée au somment, elle s'assit, le regard vers l'horizon.

"-Tu sais, quand mon papa viendra me chercher, il viendra avec son bateau jusqu'ici commença-t-elle à raconter en enjolivant la vérité à l'envie.Tu verras, il a le plus beau bateau du monde et... REGARDE!"

De la main, la petite fille désigna une masse sombre, imposante, majestueuse. Elle sortait lentement des flots.
Yatik montrait déjà la chose de la main. De peur, il était presque tombé à la renverse, se rattrapant à la main de la petite pirate.

"-C'est une Dame. Mon papa dit toujours qu'il faut lui dire bonjour, ça porte bonheur".

Et voilà les deux enfants, silhouettes sombres dans la nuit saluant de la main la reine des océans.

Mais alors que la géante avait disparus, le premier choc se fit ressentir. Il était sec et cruel. Pire que le choc d'un grêlon en pleine tempête. Pire parce que ce coup là était porté par un de leurs semblables.

Lorsque Naëth en pris pleinement conscience, la colère s'empara d'elle. Son père le lui avait toujours dit "Avant d'aborder, on somme toujours l'adversaire de se rendre. Attaquer sans prévenir est interdit". Et voilà que ces gamins venaient de briser une des règles sacrées de la piraterie.

Yatik reçois un deuxième cailloux, il s'enfuit par la plage, tentant de courir dans le sable. Naëth est figée par la colère.

C'est alors que cette phrase lui parvient, plus douloureuses que tous les cailloux qui ont jusqu'à maintenant atteins leurs cibles.

"Eh ! La pouilleuse ! Ta crevette des sables t’a larguée ! Même les mollusques ne veulent pas de toi !"

La petite fille a vaguement conscience que Yatik réplique, qu'il y a échange. Mais elle n'entends plus vraiment. Elle s'est lentement mise à marcher vers le groupe de gamins. Sa main se porte à sa ceinture et c'est à ce moment précis que sa rage atteint tout son paroxisme; sa dague n'est pas à son côté. Son père la lui à retiré en la serran dans ses bras, elle s'en souviens maintenant. Le traître.
Son capitaine l'a trahie. Elle voit rouge, le temps s'est comme arrêté.

Il ne lui reste que ses poings pour monter à l'abordage. Qu'à cela ne tienne. Jamais elle ne laissera son honneur souillé de la sorte. S'avaçant à travers la pluie de caillasse, elle saute sur le plus grand de la bande. Celui qui l'a insulté le premier. Du haut de ses cinq ans, elle lui assène un terrible coup de tête dans le ventre. Il en a le souffle coupé et se plie en deux. Naëth en profite pour remonter sauvagement sa tête sur le nez du garçon.

Un liquide chaud et poisseux se mêle immédiate à ses cheveux. Du sang, mais celui de qui? Elle n'a pas le temps d'y réfléchir, il faut qu'elle se défende contre les trois autres gamins qui lui sont tombés dessus. Elle a tout juste le temps d’apercevoir Yatik qui s'est joint à elle. Cela lui redonne du cœur à l'ouvrage et les marrons recommencent à dégringoler de plus belle.

Seulement, quand on a cinq ans, à deux contre cinq qui sont plus costauds, on finit forcément par avoir le dessous. Naëth commence doucement à en prendre conscience quand une main l'attrape et la tire vers l'arrière. Elle ne réfléchis pas et suis le mouvement, celui de la fuite.

Devant elle Yatik à mauvaise allure, il faut bien l'admettre. Ses vêtements son déchirés et les premières ecchymoses commencent à apparaître. Sans doutes n'a-t-elle elle-même pas meilleure allure. Mais peu importe, il faut courir dans ce sable traître qui se dérobe à tout instant.

La petite jette un œil derrière son épaule. Ils ne sont pas poursuivis. Apparemment, les autres on préférés soigner leurs propres blessures.

La lueur du feu se rapproche. Les éclats de voies des adultes lui parviennent. Elle réussi à rattrapé Yatik et le retient. Il faut qu'ils respirent un peu. Leurs gorges les brûlent. Passant sa langue sur ses lèvres, elle se rend compte que celle-ci sont explosées. Et du sang coulant de son arcade commence à sécher sur sa joue.

Lorsque les deux enfants entrent dans le cercle de lumière des adultes, le silence se fait dans l'assemble. C'est Tsita qui le rompt en se levant. Calmement, elle les prends par la main.

"Je ne veux même pas savoir ce qui s'est passés. Vous allez venir avec moi, prendre un bain et vous changer. Ensuite on soignera tout ça et vous me raconterez."

Naëth lui est reconnaissante, elle ne sait pas quoi dire alors se contente de garder la tête haute et de marcher aux côtés de son ami.

Dans la chaumière, tout est calme, les voix des adultes ne lui arrivent que de façons tamisée. Maintenant seulement, Naëth prends lentement conscience de ce qui s'est passé. Elle s'est battue. Sa première bataille. Et son père n'est même pas là. Les larmes lui montent aux yeux et elle ne cherche même plus à les retenir. Puis, la douleur s'en mêle et elle se met à pleurer pour de bon.

Patiemment, Tsita aide les deux enfants à se dévêtir. La femme est tout à fait désemparée. Elle en a vue, des bagarres d'enfants. Mais là, il faut admettre qu'ils y sont allés fort. Yatik à une belle plaie sur l'arrière de la tête et le sang qui poisse dans les cheveux crasseux de sa nièce l'inquiète aussi.

C'est alors que Josh arrive avec un baquet d'eau fumante. Que ferait-elle sans son mari? Tsita se le demande, il est toujours là au bon moment. Elle le remercie d'un sine de tête et installe Naëth d'autorité. L'eau chaude semble l'appaisé un peu. Cette gamine la sidère. Il y a peine un quart d'heure, elle arborait presque une mine victorieuse et là voilà qui pleure toutes les larmes de son corps.

Le second baquet arrive et c'est au tour de Yatik d'y être installé de force. Tsita en profite pour demander un troisième baquet à Josh. Vu l'état de Naëth, il lui faudra bien ça! Pour tout dire, la tante ne serait pas surprise qu'elle ai des poux...
Pour le moment, le mieux reste de la laisser tremper dans l'eau chaude. Alors, Tsita se concentre sur Yatik. Le petit garçon est couvert de bleus et de vilaines égratignures. Sans compter les endroits où la peau est éclatée. Tsita connaît bien ce genre de plaies, c'est la fronde. Et elle sait aussi pertinemment qui est assez doué pour tirer avec autant de précision. Elle se promet de faire ravaler sa violence à cet insolent de Naldan!

Bientôt, Yatik est emmitoufflé de couvertures devant le feu de l'âtre. Josh lui a remmené une part de gâteau et il déguste tranquillement, épuisée par l'échappée de la nuit.

Vient alors le tour de Naëth. Tsita jette un oeil à l'eau du baquet. Elle est noire de crasse. Alors, elle attrape la petite sous les aisselles et la pose dans l'eau propre.

"-Tiens, prends le savon. Tu frottes entre tes mains et après, tu frottes tout ton corps avec tes mains. D'accord? Je vais t'aider, ne t'en fait pas."

Naëth est trop fatiguée pour discuter. Elle ne cherche même pas à comprendre et obéi. Après tout, elle n'a que cinq. Cela fait beaucoup d'émotions en une seule journée.

Tsita aide patiemment la petite à se débarrasser de la crasse accumulée sur son corps. Elle n'en revient pas. Comment Qaymond a-t-il pu la négliger ainsi? Elle est boulversée. Cet homme de malheur à tué l'une de ses sœurs et voilà qu'il lui apporte cette petite va-nu-pieds en haillons. Elle tente tout de même de se rassurer, elle a l'ai bien nourrie et malgré ses craintes, elle n'a pas de parasites.

Les choses se gâte lorsqu'il est temps de démêler les cheveux. Les sanglots de Naëth se stoppent tout à fait et d'une voie faible, la petite réclame son navire.

"-Je veux voir Perline, Tsita. Elle me manque."

"-Je comprends ma petite pirate. Mais tu ne peux pas aller la voire comme ça, d'accord? On va d'abord s'occuper de tes cheveux. Si je les démêles tu vas avoir mal. Si on les coupes, ce sera plus simple. Qu'est-ce que tu préfères?

Les yeux de la petite se remplissent à nouveau de larmes. Puis, elle prends une grande inspiration et ravale ses sanglots.

"-Coupe les Tsita. Comme ça, un jour, ils seront aussi beau que les tiens."

La femme esquisse un sourire attendrit et impressionné. Elle attrape le couteau qu'elle porte toujours à la ceinture et entreprend de couper court les cheveux épais et emmêlés de sel. Ils tombent par paquets dans la bassine d'eau salie.

"-J'espère que papa va me trouver jolie" murmure-t-elle.

Les deux enfants sont propres, leurs plaies pensées. Tsita prend un pouf et le pose entre les deux enfants, devant le foyer. Alors, racontez moi un peu tout ça.
Naëth se tait, s'enferme dans son mutisme. Elle a honte d'avoir perdue. Alors Yatik raconte pour elle.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Yatik Ylinor
Paysan
Ce sable n’en fini pas, je suis fatigué. J’ai mal derrière la tête et c’est tout gluant. Qui sont ces enfants ? Pourquoi ils nous ont attaqués ? On était peut être sur leur territoire ? Ou bien ils voulaient voler le trésor de Naëth ? À ce propos, ils ont été vraiment méchant avec Naëth en la traitant de pouilleuse. je comprends pas, elle est pourtant gentil Naëth ? Bon, quand elle s’est battue, elle ne semblait plus vraiment très gentil… Mais c’était pour se défendre uniquement !
Que dois-je dire à Marraine ? Je devrais peut être mentir pour pas dire que Naëth s’est bagarrée ?
D’habitude quand d’autres méchants m’embêtent, j’en parle à mon grand frère et surtout pas à Maman et Papa. De toute façon, quand je leur en parle, ils font rien et c’est toujours mon grand frère qui vient m’aider. Mais Tsita, c’est pas mon grand frère ! Et que va penser Naëth ? Elle dira que je suis un dégonflé qui a besoin des grands pour m’en sortir ?

La fermette !
Naëth s’est arrêté de courir pour qu’on reprenne notre souffle, j’en profite pour me retourner et constate qu’ils ne nous ont pas suivie. Ouf !
Il ne fait pas très chaud mais l’air me brûle la gorge quand je respire. Mes jambes flagellent. Ma tête tourne légèrement. Mes mains tremblent et mon cœur bat très vite et très fort : comme si il allait sortir de ma poitrine. Il ne faut surtout pas que Naëth le voie, sinon elle pensera que je suis faible. Je ne veux pas être faible !

On reprend la marche, regard vers le bas. Je n’ose pas assumer le regard des autres enfants et adultes. Tsita nous rejoint dans un silence très gênant. Seuls les craquements du feu au centre de la place couvrent quelques rares chuchotements. Puis, après quelques sermons, Marraine nous prend la main et nous amène dans un bâtiment. Mes yeux s’apprêtent à déborder, mais la penser de ma nouvelle copine me donne du courage. Je fronce les sourcils et garde mon attention au sol.
Elle nous guide vers le bâtiment de gauche. Je jette quand même un regard aux autres enfants. Ils vont surement se moquer mais je ne résiste pas.
Oh !
Étonnant !
Ils nous regardent comme si eux aussi avaient fait une bêtise … Bizarre.
À peine entré dans la douce chaleur du bâtiment, je me mets à pleurer : je ne tiens plus. Naëth me rejoint aussitôt en pleurant à son tour, comme si elle attendait mon signal de départ.
Josh arrive au même moment avec une bassine d’eau fumante.

Après un bon bain bouillant, Tsita m’inspecte.
Je suis assez gêné car je suis tout nu à coté de Naëth, toute aussi nue que moi. En fait, elle est pareille que moi… mais sans la zézette ! Je me demande comment elle fait pour faire pipi ?
« Aïeeuh ! » Josh viens de toucher derrière ma tête et ça fait mal. M’arrachant par la même occasion à mes pensés sur l’anatomie étranges et incomplète des filles. Il m’emmène à l’écart pendant que Tsita refait prendre un bain à Naëth. Il m’habille ensuite avec des vêtements chaud mais un peu grand et qui me gratte. Enfin, il m’emmène dans la pièce d’à coté où brule un feu dans une jolie cheminé en brique rouge. Il me laisse m’assoir sur ce qu’il nomme un « pouf ». Je tombe lourdement dessus et un « pfiou » s’en échappe. En tout cas, ceux qui ont nommé ce coussin se sont trompés de nom. C’est « pfiou » pas « pouf » ! En temps normal, cela m’aurait fait sourire mais la fatigue du voyage et la dernière bagarre me laisse sans force. Des bruits de pas arrivent de la salle d’eau et me sortent des mes pensées abstraites. Mon regard reste perdu dans le vague contemplant les motifs du tapis.
Je reconnais la voie de marraine :
« Bon, maintenant que vous êtes propre, vous allez tout me raconter...  Yatik ?
- Ben au début, on été partie sur la plage voir … le ciel… et puis après…
C’est là que je lève la tête et remarque Naëth …
On lui a coupé ses cheveux au plus court ! Est ce que c’est par ce qu’elle s’est battu ? Quelle sévère punition ! Peut être que quand on pique des gâteaux, ils coupent un doigt ? Ça me rappel une vielle histoire que j’avais entendu sur un jeune héros très naïf qui parcours le monde, mais je pensais que c’était une légende ? Et quand on ment ils coupent la langue ? Je ne veux pas perdre ma langue !
Naëth et Tsita me regardent...
- Et puis après ? Répéta Tsita.
Je mets brusquement ma main devant la bouche et parle au travers :
-vE veux ba gon me goube la longue !
-Enlève ta main de devant la bouche on ne comprend pas quand tu parles… et pourquoi semble tu terrorisé ? C’est pour les cheveux de Naëth ? Elle a préféré ceci plutôt que passer toute la nuit à les démêler. Calme-toi et raconte-nous tranquillement. »
Dit ma marraine de sa voie la plus rassurante possible, tandis que Josh prenais place en amenant un bout de gâteau à chacun.
-Ah ? Je pensais que… rien, je pensais rien ! On était sur la plage et la bas y’a des méchants enfants qui nous ont lancé des cailloux avec leur fronde et ils ont insulté Naëth ! Ils étaient cinq dont une fille. Ensuite ils nous ont sautés dessus et on s’est enfui. Pourquoi il y avait un grand Œil dans l’eau ? Le gâteau est très bon avec un gout très doux proche de la noix de coco. Josh se met à rire et dit de sa voix grave :
-Petit, si dés le premier soir, tu vois la Dame qui n’apparait que rarement proche des rivages, c’est que le destin te prépare son plus beau chemin…
-Qu’est ce que vous faisiez sur la plage ? Insista Tsita.
Je jette un regard à Naëth ne souhaitant pas révéler son trésor et répond précipitamment :
-On regardait les étoiles et rien d’autre »
Tsita me lance un regard souriant mais perçant. Je baisse les yeux… elle a du deviner pour le trésor. Je lance un regard coupable vers Naëth qui ne semble pas me regarder.
Mes yeux piquent et mes paupières ne veulent plus rester debout… je baille en mettant ma main devant la bouche et à ce moment nous entendons un cri d’enfant dehors.
Josh se lève immédiatement et sort de la pièce, Tsita nous prend par la main et dit :
« Allez vous coucher maintenant, je vais voir ce que c’est. Que je ne vous revois plus jusqu’à demain matin ! »
Elle nous accompagne d’un pas rapide dans un couloir avec plein de fenêtres d’un coté et de portes de l’autre. La lumière du feu dehors fait danser nos ombres mais je n’ai pas la force d’apprécier ce spectacle. Tout ce que je veux : c’est un lit bien chaud.
En ouvrant la porte, d’autres cris d’enfant se font entendre. À peine entré avec une bougie pour nous éclairer, que ma marraine ferme la porte sans se retourner pour un bisou ou une histoire. On entend ses pas courir sur le parquet grinçant du couloir. Deux lits sont disposés dans la petite pièce ainsi qu’une table de chevet et une armoire à droite de la porte.Je prends le lit le plus proche et à peine allongé, me sent partir malgré l’agitation extérieur.
« Bonne nuit Naëth » dis-je dans un dernier effort.
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Naëth Telmare
Aline
Les bruits de l’extérieur peinent à se frayer un chemin dans l’esprit brumeux de Naëth. La petite à sommeil, tout ce qu’elle veut, c’est dormir.

Tsita couche les deux enfants et les borde. Naëth a à peine touché l’oreillé qu’elle s’endort comme une masse.

Lorsque Tsita déboule à l’extérieur, on est à deux doigts du chaos. Une sorte de marée grouillante arrive depuis la plage, ponctuée de milliers de paires d’yeux rouges.  Le cœur de la pauvre femme accélère et se met à battre à tout rompre. Ce n’était pas prévu comme ça. Les crabes des coraux ne devaient arriver que dans deux semaines.  Mais il n’était pas temps de perdre son sang-froid.  Les crabes étaient le fonds de commerce de la famille, il fallait avant tout agir.

D’un bond, Tsita se percha sur la table sur laquelle elle mangeait encore quelques minutes plus tôt. D’un cri, elle attira l’intention de tous vers elle.

«Les femmes prennent les enfants sous les bras et partent avec ce qu’elles ont sur le dos. Les hommes, vous suivez Josh et vous me colmatez au mieux toutes les entrées des maisons.  Rendez-vous à tous dans la Ferme d’en haut. Allez, et faites tous au plus vite. »

Tsita ne prit pas le temps de vérifier que tous obéissaient. Elle ne doutait pas un instant que tous obéiraient. Ce n’était après tout pas la première fois que cela arrivait. Seulement, habituellement les crabes étaient annoncés. Une algue phosphorescente sur la côte changeait de couleur. On savait alors que les crabes arriveraient deux semaines plus tard pour pondre leurs œufs sur les terres de l’immense ferme de Tsita.

Arrivée dans la chambre de ses deux plus jeunes protégés, les seuls au demeurant dont les parents n’étaient pas présent, Tista en pris un sous chaque bras sans prêter attention à leurs protestations ensommeillées. Arrivée dans la grange, elle les installa sans ménagement dans une brouette et leur jeta un tapis de selle sur les jambes pour seule couverture. Cela chagrinait la femme, mais elle n’avait pas le choix. Si les crabes étaient la source de sa fortune, ils étaient aussi terriblement dangereux. Et ce, précisément au moment de la ponte.  A ce moment-là, leurs pincent se couvraient d’un poison mortel. Ils leur suffisaient d’égratigner leurs victimes pour qu’elles meurent dans les trois minutes qui suivaient. On ne retrouvait généralement de la victime que des ossements. Heureusement, cela faisait des années que rien de tel n’était arrivé. La Ferme du Haut les protégeait.

C’était une grande longère construite en haut de la colline la plus proche. Les crabes n’allaient jamais aussi loin. Là-haut, il avait un puit et le bétail y était rassemblé.  Ainsi que les récolte de l’année et les jarres pleines d’œufs, soigneusement fermées à la cire.

Toute la famille de Tsita était rassemblée sur le chemin qui montait vers la ferme. Il y avait  là cinq familles auquel il fallait ajouter tous les journaliers qu’on avait engagé pour les récolte et en prévision de l’arrivée des crabes. Voilà que tout se précipitait. Il allait falloir employer le double de journalier. Et la Dame savait que c’était difficile, tous les hommes étaient en mer en ce moment, ou déjà embauché à quelques travaux de ferme.

Tsita s’arrêta un instant pour éponger son front couvert de sueur, dans la brouette, les deux enfants dormaient avec insouciance.

Lorsqu’ils arrièvèrent, Tista installa les deux enfants dans le dortoir qui les rassemblait tous. Elle n’aimait pas top l’idée de les laisser là après ce qui était arrivé. Mais il fallait qu’eux aussi s’adaptent à la situation. Et de toute façon, tous les enfants étaient trop fatigués pour déclencher une rixe maintenant.
Lorsqu’elle se fut assurée que toutes les femmes et tous les enfants avaient un couchage et  que les bêtes étaient bien enfermées dans la grange, elle s’installa sur un banc devant la cheminée pour attendre Josh. Elle n’était pas seule à attendre son homme en se tordant les mains.

Heureusement, tous revinrent indemnes. Alors, tous rejoignirent le dortoir général et on entreprit de se reposer jusqu’au lendemain matin.
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum