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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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RP alternatif Naëth & Yatik

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Yatik Ylinor
Paysan
Règles modifiées :
_Age et différences d'ages des personnages non respectés.
_Entente entre les Alines et les Gwendalaviriens modifiée pour rendre possible la situation.
_Histoire de nos personnages respectifs modifiées partiellement.




J’aime pas les voyages !
Les voyages c’est long… Très long… Mais celui là : il est vraiment très très long. Presque trop long. On a fait du cheval, du bateau, de la carriole et là, on est sensé arriver ce soir, mais il commence déjà à faire nuit…
« Pfff »
Le regard de ma marraine se tourne vers moi. Elle a des jolies yeux, ils sont marron normalement, mais là, avec l’obscurité, on ne le voit plus vraiment. En tout cas ils semblent comprendre ma détresse et mon ennuie.
« Ca va aller, on arrive bientôt, ne t’inquiète pas. Une bonne paella nous attend normalement ».
Je lève les yeux, esquisse un demi-sourire et me renferme dans mes pensées…
Est-ce que l’on va au bout du monde ? Il est grand le monde ?  Quelqu’un a déjà tout vue ? Il y a quoi à chaque bouts du monde ? Mon papa est allé jusqu’où ? Comment va papa ? Maman m’a dit que ça irait mieux après mais ses yeux disaient le contraire… et si c’était pas vrai ? Si en fait, papa n’allait pas bien du tout ? Si en fait, il allait m-« On est arrivé ! »
Je redresse la tête.
Une jolie fermette est à la limite entre le sable et les champs. C’est peut être la maison qui a arrêtée le sable ? Heureusement que la maison est là. Sinon la plage aurait envahi les champs. Il y en a même plusieurs. Elles sont rectangulaires avec des toits presque plats : c’est bizarre, je croyais que c’était toujours en triangle les toits. Peut être qu’ils n’étaient pas assez grands pour mettre les tuiles du haut… et qu’ils n’avaient pas d’échelles non plus évidemment.

Les quelques maisons encerclent une jolie cour au centre de laquelle brule un grand feu. J’aime pas le feu. Je préfère les boules de lumière d’Al-Chen. C’est moins dangereux.
Il y a plein d’enfant autour du feu. Il n’y a surtout des grands enfants. Des garçons et des filles entre 6 et 10 ans. Je n’en ai que 5 moi … Mon grand frère en a 16 lui ! Il me manque... Dès fois, j’aime pas quand il est là, car il m’embête, mais là j’aimerais bien qu’il m’accompagne. Il a préféré rester avec maman pour l'aider pendant que papa se repose.
Les enfants ne nous ont pas encore vus. Ils regardent des adultes qui parlent fort. Ils leur racontent surement une histoire passionnante car les enfants semblent hypnotisés. Moi, J’adore les histoires avec des chevaliers et des princesses, des trolles et des géants.
Lorsque l'on s'approche et que je commence enfin à entendre l'histoire, ils s'arrêtent net et nous regardent. Puis, tous les enfants se mettent à hurler "TATA !!!" en chœur.
Je baisse la tête pour ne pas qu’ils me repèrent. J’échapperais peut être à leur regard ? Devant mes yeux une main apparaît : c’est celle de Tsita, ma marraine. Tandis qu’elle me la tend, de l’autre, elle fait des gestes pour calmer les enfants :
« Je vous présente Yatik : mon filleul. Il vient de la ville et passera quelques temps avec nous. Alors soyez gentil avec lui, il ne connaît pas la vie à la campagne et je compte sur vous pour lui apprendre la vie Aline ! »
Ils me dévisagent tous. Pourquoi ? Ils n’ont jamais vu un enfant de la ville ? Je les dévisage aussi dans l’espoir qu’ils arrêtent.
Il y a des grands, des petits, des gros et des maigres, des cheveux long ou court, des bruns, des blonds, des roux … Et il y a « Elle »…

« Elle » est une jeune fille. « Elle » semble à peine plus âgée que moi. « Elle » est à l’écart et est la première à ne plus me dévisager. « Elle » est fine, mais « Elle » semble plus musclée que moi. C’est pas normal pour une fille. Mon papa m’a toujours dit que les garçons sont plus forts que les filles. « Elle » a des cheveux noirs, longs et ondulés et un bandeau rouge pour les tenir. Avec la lumière du feu qui ne fait que bouger, je ne vois pas très bien. En plus, « Elle » me tourne le dos maintenant donc je ne peux même pas voir ses yeux…Maman, elle dit que les yeux, c’est le reflet de l’âme… C’est joli mais quand la personne tourne le dos, c’est pas pratique quand même. Si ça avait été les cheveux, j’aurais dit qu’ « Elle » a une âme battante car ils paraissent pas très bien coiffés. Cette idée me fait sourire et Tsita semble l’avoir vue, elle a suivie mon regard et se met à sourire aussi.
Tout en me tenant la main, nous traversons la foule d’enfants qui n’ont pas cessé de nous regarder. Elle se dirige vers « Elle ». Mes jambes et mes mains tremblent. Pourtant je n’ai pas froid ? Ma gorge est serrée aussi. La main de Tsita me sert un peu plus et me tire gentiment jusqu'à que je sois à coté de « Elle » qui me regarde maintenant. J’ai à peine le temps de voir le bleue du reflet de son âme que je détourne le regard. Ses yeux me transpercent. Ils m’analysent. Je me sens tout nu comme à la sortie du bain. C’est très gênant. Je veux rentrer chez moi ! Maman, papa et grand frère me manque. Je veux pas être ici… « Elle » me fait.  .  . peur?

« Yatik je te présente Naëth, Elle t’aidera à te faire des copains ici. Je compte sur toi Naëth.»
Au même moment, un monsieur, grand et très musclé, nous tend à chacun une écuelle en bois. Dedans il y a du riz jaune, des fruits de mer, des légumes, des tranches de saucisse rouge et des crevettes. Le mélange a une odeur épicée très appétissante.
« Moi, c’est Joshélca, mais appelles-moi Josh. Tu as la chance de gouter la meilleure Paella de toutes les îles Alines, régales toi petit. » me dit-il avec une voix très grave et rocailleuse en me faisant un clin d’œil. Lui aussi me fait peur, mais c'est pas pareil.
Je murmure un « merci » comme on me l’a appris, m’assieds par terre comme les autres enfants et mange sans lever les yeux dans un brouhaha grandissant.
C’est très bon, mais je veux toujours rentrer chez moi : « Elle » n’arrête pas de me regarder...

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Naëth Telmare
Aline
A cinq ans, Naëth était n’avait vécu que sur le navire de son père. La Perle était sa seule maison et l’équipage sa seule famille.
Elle était menue mais vive, passant ses journées à courir de la proue à la poupe. Lorsque les gabiers avaient un instant pour s’occuper d’elle, ils la faisaient grimper dans la mâture, en prenant toujours soin de l’encorder à leurs ceintures. L’enfant adorait ça. Elle n’avait peur de rien, tout lui semblais possible et lors des abordages, elle passait son temps à hurler pour qu’on la laisse sortir de la cabine du capitaine fermée à double-tour.
Naëth était la coqueluche des marins, leur mascotte. Tous l’adoraient et elle passait des heures avec eu, dans la calle, écoutant les vieux loups de mer raconter leurs aventures dans le grand océan du sud.  Il fallait l’admettre, toute cette attention l’avait rendue un poil capricieuse. Tout ce qu’elle désirait, on le-lui offrait. Bon, à une exception près, et c’était le drame de sa vie, son père refusait de lui donner un sabre. Elle n’avait droit qu’à un long coutelas et un épissoir affuté. Une injustice scandaleuse, vous en conviendrez.

Cette vie convenait à la fillette qui a vrai dire, n’en connaissait aucune autre.  Son univers se bornait à ce pont, un horizon sans fin rompus parfois par la silhouette lointaine d’une île. Ils ne faisaient escale que très rarement. Les vivres, le Capitaine Telmare se les procuraient en pillant les navires alaviriens, en pêchant et en sortant les tonneaux ouverts les jours de grandes pluies. Parfois, il lui arrivait de troquer quelques objets de valeurs contre des vivres frais avec les navires amis. Bref, Telmare n’aimait pas se mettre à l’ancrage.
Ils ne tiraient en cale sèche qu’une fois par an pour caréner. Mais encore le faisaient-ils sur une île déserte. Enfin déserte, pas tout à  fait. Sur cette île, il y avait une maison. Une seule et unique maison. Naëth avait l’interdiction totale de s’en approcher. Mais cela lui importait peu, la forêt était suffisante pour l’occuper. Elle pouvait disparaître deux jours entiers avant de reparaître sur le sentier de carénage. Et le soir, elle se faisait un devoir de raconter très sérieusement toutes ses aventures à ses compagnons.

La vie était belle pour la petite. Mais le capitaine la regardait grandir et se sentait de plus en plus coupable. Il ne pouvait élever cette petite au milieu de tous ces hommes, sans aucune femme pour prendre soin d’elle. Il réalisait bien que l’enfant était négligée. Ses cheveux longs se rassemblaient en épais paquets crasseux et salés. Sa peau était aussi halée que celle d’un vieux loup de mer et ses mains d’enfant calleuse. Ses  genoux écorchés et ses tibias couverts de bleus en permanence.
Son devoir d’homme envers l’enfant n’était-il pas de prendre soin d’elle ? Il le savait et s’en inquiétait. C’était pour cela qu’il avait finis par décider de la déposer pour deux semaines chez sa belle-sœur. Cela faisait bien dix ans qu’il n’avait vu la femme.  Ils ne s’étaient pas quittés en bon termes, cette dernière le tenait pour responsable de la mort de sa sœur.
Mais Telmare savait que Tsita ne refuserait pas de prendre soin d’une enfant aussi « mal traitée ».

Et c’était pour cela que La Perle était aujourd’hui au port. Telmare avait horreur des ports, il y avait trop de monde, trop de bruit.
Pour les hommes de l’équipage, c’était jour de fête. Il y avait des femmes, il y avait du rhum, leurs poches étaient plaines de cinq années de navigation lucrative. Ils étaient les hommes les plus riches de l’île. Certains n’avaient pas vus leurs femmes depuis cinq années, leurs enfants avaient grandis et ils étaient contents de pouvoir rentrer chez eux. Telmare savait qu’il lui faudrait recruter un nouvel équipage. Cinq années à bord, c’était long. Rares étaient ceux qui étaient prêts à tout laisser pour si longtemps, malgré toutes les meilleurs réputations du capitaine.

Debout à côté de la fige de proue, les bras croisés, Telmare toisait les passants sur le quai. Naëth s’était accroché à sa jambe, intimidée par toute cette agitation. Le capitaine posa une main apaisante sur les cheveux mêlés de la petite.
Elle leva ses yeux bleus embués de larmes vers son père.

« -Papa, me laisse pas ici. Je  veux pas y aller. En plus Perline va s’ennuyer sans moi. »

Telmare eut un pincement au cœur. La plus part du temps, Naëth lui donnait du « Capitaine » comme le reste de l’équipage. Il s’agenouilla devant l’enfant, pris ses petites mains calleuses dans les siennes et la regarda droit dans les yeux.

« -Ecoute Naëth, tu ne vas pas rester longtemps. Je t’attendrais ici, au port, j’ai des affaires à régler. Nous nous reverrons bientôt. Et puis il y aura d’autres enfants de ton âge là-bas, chez tante Tsita.  Tu verras, elle est très gentille ! Quant à Perline, elle ne s’ennuiera pas ici. Les autres figures de proue lui tiendront compagnie. »

La petites acquiesça, tentant de réprimer de gros sanglots. Le capitaine avait a poitrine serrée. Il aimait cette enfant, il aimait sa fille. Mais il savait qu’il ne pourra pas s’en occuper éternellement. Il espérait secrètement que la vie chez sa tante lui plairait suffisamment pour qu’elle n’ai pas envie de réembarquer avec lui. Même si une petite voix au fond de lui lui disait que jamais cette petite ne pourrait se séparer de l’Ocèan qui l’avait vu naître.
Il reporta son attention sur la fillette. Ses larmes avaient disparues dans un coup de manche crasseuse et  une nouvelle résolution brillait dans ses yeux.

« - D’accord Capitiane, j’irais. Mais je veux un sabre en échange. »

Le capitaine réprima un sourire. Décidément, pensa-t-il, sa fille avait la piraterie dans le sang. Mais il était évidemment hors de question qu’il accepte.

« -Ecoute moussaillon, on va passer un marché toi et moi. Tu vas chez tante Tatsi et en échange, tu auras un sabre de bois. La petite s’apprêta à crier au scandal.Attends ! N’oublie jamais qu’avant de contredire un marché, tu dois l’avoir écouté jusqu’au bout ! reprit son père.Ce sabre  te servira à t’entraîner et lorsque tu seras prête, tu auras le droit de posséder le tient. Cela te convien-t-il ?

Naëth ne répondit rien tout de suite, prenant le temps de peser le pour et le contre. Mais finalement elle tendit sa main vers son père.

« -Marché conclu Capitaine »

En voyant le sourire de son père qui serrait sa main, le sien revint également. Son père la prit alors sur ses épaules et tous deux descendirent la passerelle qui menait au quai. Retrouver un sol ferme après tout ce temps sur un pont mobil n’était pas une mince affaire et le capitaine manqua de trébucher sous les rires moqueurs de la petite perchée sur ses épaules.
Ils marchèrent ainsi jusqu’à la sortie de la ville, s’arrêtant régulièrement pour saluer une connaissance du capitaine. Naëth était fière de voir que son papa était si connu et elle observait tout ce beau monde du haut de son perchoir.

Bientôt, le chemin de terre battue se recouvrit d’un mince couche d’herbe. Le chemin ici était moins emprunté et l’enfant voyait apparaître une jolie maison. Elle était plus grande que celle de l’île Déserte mais elle avait l’air accueillante.
Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, Naëth finit par comprendre qu’il s’agissait en fait de plusieurs maisons qui se rassemblaient autour d’une jolie cours. Alors qu’ils étaient encore assez loin, la petite tapota le sommet du crâne de son père.

« -Laisse-moi descendre papa. Je veux pas avoir l’air d’une petite en arrivant. »

D’un geste expert, Qaymond  Telmare fit descendre sa fille de ses épaules. Il était fier de l’avoir pour fille. Elle avait le tempérament de feu sa mère. Un écho de douleur sourde se mit à résonner au fond de son cœur. S’habituerait-il jamais à son absence ?
D’un pas décidé, la petite avait pris les devants du capitaine et entrait dans la cour. Celle-ci était déjà remplie d’enfants. Une femme vint à leur rencontre et adressa un salut froid à Qaymond.

« -Qaymond peut-on savoir ce qui t’as poussé à quitter ton chère navire ?

« -Tsita, moi aussi je suis heureux de te revoir.Fit ironiquement Qaymond.Voici ta nièce, Naëth » conclu-t-il en désignant la petite de la main.

Tsita ne daigna même pas regarder l’enfant.

« -C’est ta fille, tu devrais t’en occuper toi-même »

« -C’est aussi ta nièce, la fille de Zaria. Je ne te demande pas grand-chose, occupe-toi d’elle deux semaines, je reviendrais la chercher après. Si tu n’acceptes pas pour moi, accepte-le pour ta sœur.  Marin, ce n’est pas une vie pour un enfant, et tu le sais ! »

Tsita opina. Qaymond hésita, puis il s’agenouilla et prit sa fille par les épaules. Elle avait suivi l’échange des deux adultes avec appréhension, ne comprenant pas qu’on puisse parler aussi froidement à son père et capitaine.

« - N’oublie pas notre, marché ma fille. »

Et sur ces quelques mots, il l’embrassa et fit volte-face pour s’éloigner sans se retourner.

Tsita resta debout à côté de la petite jusqu’à ce que l’homme ai disparut de l’autre côté de la colline qui cachait le port. Puis, elle posa sa main sur son épaule et se mit à sa hauteur.

« -Pardonne-moi Naëth si je suis en colère.  Ce n’est pas de ta faute. Viens, je vais te présenter à tes cousins. »

Naëth ne se fit pas prier, elle partit au-devant de Tsita pour rejoindre la joyeuse bande d’enfants s’ébattaient joyeusement dans la cour. Tsita prit la parole.

« -Les enfants, écoutez-moi ! Je vous présente Naëth. C’est une de vos cousines. Elle vient d’arriver et je vous demande d’être gentil avec elle !

Dans un bel ensemble, tous les enfants crièrent « D’ACCOOORD TATA » et se précipitèrent vers Naëth. C’était comme lors d’un abordage, sauf que les marins n’étaient pas là pour faire barrière de leurs corps et protéger la jeune fille.

Un flot ininterrompu de questions se mirent à s’écouler de la bouche des enfants et la fillette écarquillait des yeux effrayés.  Elle ne savait comment réagir. Jamais elle n’avait vus autant d’enfants de son âge. Elle avait envie de les rejoindre mais comment ? Il lui semblait qu’ils n’étaient pas comme elle.

Et puis, au milieu des cris, une vois s’éleva au-dessus des autres.

« -Vous avez-vus comme elle est salle ?! Elle a peut-être des poux ! »

A ces mots, le tonnerre de paroles s’éteignit et tous se reculèrent. Cela fit encore plus peur à la petite aline.

« -Venez, on va jouer au loup sans la pouilleuse ! »

Et comme un essaim d’abeilles, la troupe tumultueuse la laissa seule au milieu de la cour. Elle chercha Tsita du regard. La femme avait disparue, appelée par une autre tâche.  Naëth prit une inspiration saccadée. Et cria le plus fort et leplus férocement qu’elle put.

« -JE SUIS PAS POUILLEUSE !! »

Puis, elle prit une grande inspiration, soulagée d’avoir pu évacuer toute sa détresse.
Tsita, entendant ce cris presque dément, passa la tête par une des fenêtres. Naëth était là, toute seule au milieu de la cour. Mais elle ne pleurait pas. Simplement, elle était seule. Tsita ne savait que faire de l’enfant. Bon, il faudrait lui faire prendre un bain, ça s’était certain. Mais pas tout de suite, elle devait finir de préparer le repas du soir et le lit pour son filleul qui devait arriver dans la soirée.
Et puis, la petite devait en avoir vu d’autre, elle arriverait bien à se débrouiller jusqu’au soir. Après dix ans passés à s’occuper régulièrement des enfants de ses nombreux frères et sœurs ainsi que des siens, Tsita avait fini par n’intervenir dans leurs histoires d’enfant que lorsque tout menaçait de dégénérer.
Elle observa encore un peu Naëth qui prit lentement le chemin du rivage.


L’enfant se retrouva face à la mer, elle s’assit dans le sable, ses pieds nus dans l’eau. La marée descendait et découvrait peu-à-peu les rochers du fond.
Naëth fixait le large en espérant y voir apparaître les voiles familières de La Perle et son père à la proue, venant l’arracher à cette terre bien trop stable sous ses pieds.

La petite aline resta sur la plage tout le reste de la journée. Elle s’était finalement arrachée à sa contemplation et avait joué avec les coquillages les cailloux troués de la plage.

Lorsque le soir avait commencé à tomber, Naëth avait instinctivement rejoins le petit corps de ferme. Un grand feu avait été allumé au centre de la cour et des tables avaient étés dressées. Des adultes étaient rassemblés autour et échangeaient des murmures sur le passage de l’enfant. Naëth n’y prit pas garde et s’approcha du feu, se plongeant dans la contemplation des flammes sans prendre garde aux autres enfants qui couraient autour d’elle.

C’est alors que Tsita vint la voir en compagnie d’un petit garçon. Il devait avoir son âge et semblait impressionné par tout ce monde.

« -Yatik je te présente Naëth, Elle t’aidera à te faire des copains ici. Je compte sur toi Naëth » fit Tsita.

Et Tsita les laissa là.
La petite aline fit un sourire tordu à Yatik. Mais à ce moment arriva un monsieur qui leur servit à tous deux une écuelle de bois remplie d’un mixture appétissante. Il s’appelait Josh et avait l’air sympa. Mais Naëth s’en détourna vite, reportant son attention sur Yatik.

« -Moi, j’ai pas d’amis ici. Mais je veux bien qu’on soit amis tous les deux ! Par contre, faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse. Parce que c’est pas vrai. T’entends ?! C’est pas vrai !!

Puis, effaçant le froncement de sourcil sévère qu’elle s’était appliquée à arborer, elle s’était assise par terre et avait commencée à manger goulument avec les doigts, peu soucieuse des regards. Après tout, elle n’avait jamais goûté au riz !

Les deux enfants restèrent à côté du feu pour finir leurs assiettes.  Puis, Naëth sauta sur ses pieds, laissant là son écuelle. Elle attrapa Yatik par la manche et l’entraîna vers la plage.

« -Viens, je vais te montrer mes trésors ! »

A la table des adultes, Tsita jetta un regard à Naëth.  L’enfant semblait heureuse. A sa droite, Sieldan, l’un de ses frères posa une main sur celle de sa sœur.

« -Ne t’en fais pas Tsita, si elle est aussi forte que Zaria, rien ne pourra jamais l’arrêté. »

Tsita hocha la tête, une petite larme coulant sur sa joue à la pensée de sa sœur.[/b]
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Yatik Ylinor
Paysan

Crédit : Le



« Moi, j’ai pas d’amis ici. Mais je veux bien qu’on soit amis tous les deux ! »
Elle est gentil en fait. Pourquoi elle n’a pas d’amis ? Tout le monde a des amis normalement ?
« Par contre, faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse. Par ce que c’est pas vrai. »
J’hoche la tête pour dire oui, mais elle ne l'a pas vu car elle me demande ensuite si j’ai entendu. Elle semble énervée, zut, je ne voulais vraiment pas l’énervée. Je hoche plus fort la tête et elle doit l'avoir remarquer car son visage se détend.






Ce repas était très bon, mais à peine fini, que ma nouvelle amie m’entraine à l’écart. Sans prévenir personne ! Ma maman me dit de toujours la prévenir quand je sors jouer en ville. Mais comme ici ; il n’y a pas de ville, c’est peux être pas obligé ?
Je la suis. La nuit est scintillante d’étoile. Je n’avais jamais remarqué qu’il y en avait autant. C’est joli.
« Aïe »
Mon pied vient de taper un gros caillou mais Naëth prend de l’avance et je dois la suivre d’après Tsita. Alors je sers les dents malgré mon pied douloureux et continu.
Nous arrivons sur la plage de sable fin. Ce dernier rentre dans mes chausses et cela devient vite désagréable. Je m’arrête un instant pour les retirer. Elle ne me laisse pas vraiment le temps et me voila à courir pied nue dans le sable pour la rattraper. Serrant les dents à chaque pas de peur d'écraser un cailloux, la lune presque pleine nous éclaire mais pas suffisamment. On arrive enfin à son « trésor » : : Des coquillages comme on en trouve nulle part à Al-Chen. J’ai à peine le temps de les observer que dans le reflet de la mer agitée, je remarque une forme au loin. C’est vraiment une très grosse vague mais pourquoi elle a … un œil ?! J’attrape la main de Naëth par réflexe en tombant en arrière et de l’autre montre au loin la chose immense. Mes yeux s’écarquillent. C’est au même moment que j’entends des chuchotements loin derrière nous. Cinq enfants sont là, à moitié cachés derrière une petite dune de sable. Toujours assis, je les désigne à Naëth en lui tapotant le mollet. Je jette un coup d’œil pour voir si la forme est toujours là mais il ne reste rien.

BIM

J’ai mal. Très mal ! J’ai reçu quelque chose de très dur derrière la tête venant des Quatre garçons et une fille que je discerne mieux maintenant qu’ils ne se cachent plus. Ils sont plus grand que nous, peut être 3 ou 4 ans de plus et ont des frondes. Ils nous tiennent en joue ?! Je passe ma main derrière la tête et sent une bosse se former déjà.

BAM

Un deuxième tir m’atteint dans le ventre. Naëth semble en avoir reçu un aussi. Je sers les dents et cours en remontant vers les maisons. Le sable c’est vraiment nul pour courir. Je tombe, me relève, les entends rire.  Je reprend ma course quand dans mon dos j’entends :
«Eh ! La pouilleuse ! Ta crevette des sables t’a larguée ! Même les mollusques ne veulent pas de toi !  » Le plus grand des garçons venait de parler.
Je m’arrête aussitôt

Faut jamais que tu dises que je suis pouilleuse


Naëth m’avais dit ça tout à l’heure et vu comment elle était énervé, ça devait être vachement important.
Je tourne les talons vers eux et hurle :
« Retire ça TOUT DE SUITE ! »
« Tiens ? La crevette a retrouvé sa langue ? » C’est la fille qui a dit ça. Normalement, je tape pas les filles. Mais là, ça comptera pas : Il fallait pas dire que Naëth est une pouilleuse par ce que c’est même pas vrai !

Je marche vers eux, pas assurés, poings serrés. J’ai toujours mal derrière la tête et au ventre mais ça n’a pas d’importance. Ils ne s’en tireront pas comme ça. Je les vois me viser avec leur fronde. Je continu ma marche. L’élastique claque. Je me protège les yeux. J'ai bien fait car un caillou tape sur ma main. Un autre touche mon épaule. J'ai mal, mais qu'importe. Il ne fallait pas traiter Naëth de pouilleuse. Je cours et saute sur le premier venu avant qu'ils n'ai eu le temps de tirer à nouveaux.
S’en suit une bagarre comme jamais je n’en avait connu. J’ai bien donné quelques coups de poing, de pied et de tête, mais très vite je me fais étrangler pendant qu’un autre me donne des coups de pieds dans le ventre.
J’attrape une poignée de sable et la lance derrière mon épaule. L’étranglement se desserre. Je me faufile, me relève, attrape Naëth du bras et cours vers les maisons.

Mon haut est déchiré. Mes lèvres saignent. Tout mon corps me hurle qu'il souffre. J'ai envie de vomir. Mon cœur bas à vouloir sortir de ma poitrine. Je serre les dents à m'en faire mal à la mâchoire : Je ne pleurerai pas. Je veux rentrer chez moi. Mais plus important : je veux pas laisser ma nouvelle amie ici.

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