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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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L'Art de la Mise en Route

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Halden Assaan
Frontalier Errant
Halden revint de son entretient avec la Régente plein d'espoir. Cela faisait des années qu'il demandait sans succès l'autorisation de quitter la Citadelle, mais aujourd'hui était différent. Aujourd'hui, la Régente avait enfin accepté sa requête. Il était libre de partir !
Un rire incontrôlable et légèrement hystérique s'échappa de ses lèvres. Ignorant les regards intrigués et alarmés qui le suivirent, il traversa en toute hâte la cour de la forteresse en direction de l'infirmerie. Il poussa sans douceur la porte de la salle et se précipita vers la figure assise dans le fond de la pièce. Son père releva la tête de l'ouvrage qu'il était en train de lire et devina la bonne nouvelle d'un seul regard à l'expression de son fils. Le médecin sourit tristement. Il était heureux pour Halden, avait connaissance du désir de voyager qui le rongeait jour et nuit, mais il savait aussi qu'il ne reverrait pas le jeune homme avant bien des années, s'il le reverrait tout court. Il se leva, calla sa béquille dans le creux de son aisselle et enserra son fils unique de ses bras en silence.

Halden avait décidé de partir le lendemain à l'aube. Il avait rêvé de ce moment depuis presque dix ans et ne voulait pas attendre plus longtemps. Ses affaires étaient prêtes. Il passa la soirée avec son père, sa mère était toujours en mission, elle ne serait pas de retour avant plusieurs mois. Cette nuit-là, il dormit paisiblement pour la première fois depuis des années.

C'est une matinée froide mais brillante qui l'accueillit quand il ouvrit les yeux. Le ciel encore sombre était dépourvu de nuage. Le givre, qui s'agrippait aux pierres des remparts, faisait étinceler la forteresse sous la douce clarté des premières lueurs du jour naissant. Le printemps était proche. La cour de la Citadelle fourmillait d'activité. Des caravanes de marchants déchargeaient leurs biens sous le regard attentif du maître des entrepôts, des étales colorés se mettaient en place pour le marché, et dans un coin dégagé, des jeunes frontaliers avaient commencé l'échauffement qui précédait leur entraînement quotidien.

Halden s'attarda un moment sur cette image, la gravant dans son esprit. Malgré tout l'amour qu'il portait à l'endroit qui l'avait vu grandir, il espérait ne pas revoir sa beauté avant bien des années. Il avait fait ses adieux, rapides mais sincère, à son père et Naeva, sa seule amie proche, quelques instants plus tôt et se sentait près à se mettre en route.
Il avait rangé ses affaires dans ses sacoches de cheval, et était en train de vérifier que toutes ses armes étaient à leur place quand une pensée lui traversa l'esprit. Il ne se souvenait plus où il devait rencontrer la messagère qu'il devait suivre jusqu'à Al-Far. La Régente l'avait décrit comme une dresseuse d'oiseaux de proie Thüle, rien de plus. La messagère devait remettre un courrier d'importance au seigneur d'Al-Far et il était chargé de lui servir de garde jusqu'à la cité. Cela lui permettait aussi d'avoir un guide, car s'il connaissait les alentours de la Citadelle comme le dos de sa main, et si les passes des Frontières de Glaces n'avaient plus beaucoup de secret pour lui, il n'avait jamais traversé le Pollimage où le Gour et était donc complètement ignorant du reste de l'Empire.
Il jeta des coups d'œil autour de lui en espérant d'apercevoir quelqu'un ressemblant à la description qu'on lui avait donné, mais la foule commençait à l'épaissir et bougeait trop rapidement pour qu'il puisse examiner toutes les femmes en détails. Il se creusa la tête pour essayer de se souvenir du nom de cette satanée auberge, mais rien ne vint. Juste à ce moment-là, il sentit quelque chose lui couler sur l'épaule. Il poussa un grondement de rage quand il vit la tâche verdâtre qui décorait ses vêtements usés. Rapidement, il ramassa une pierre et la lança sur l'oiseau noir et blanc qui avait réveillé son courroux. La pierre, mal jetée, ne toucha pas la pie, mais suffit à l'effrayer suffisamment pour qu'elle s'envole... Une pie !
« La Pie Qui Boit ! » S'écria t-il avec joie.

Dans son soulagement, il oublia de prendre la peine de se nettoyer et guida son cheval jusqu'à l'auberge. Il n'était pas certain que la messagère l'attende s'il n'arrivait pas au bon moment. L'établissement enfin devant lui, il mit pied à terre et se précipita vers la porte... Qui s'ouvrit brutalement alors qu'il posait sa main sur la poignée, connectant violemment avec le visage du frontalier.
« Face de Raïs ! » La main qu'il avait portée à son nez douloureux étouffa légèrement son juron.
Il releva la tête pour voir le responsable de sa souffrance et tomba nez à nez avec une jeune femme qui semblait aussi irrité que lui. Enfin, nez à nez, façon de parler. Le sommet du crâne de la jeune femme arrivait à la hauteur du menton d'Halden. Différentes plumes d'oiseaux rares décoraient sa chevelure tressée et un Grand-duc reposait sur son épaule. Il venait de trouver la messagère Thüle.
Oh Joie ! Quel meilleur moyen de faire bonne impression que de se recevoir une porte en pleine face !
Il poussa un soupir et affronta le regard bleu-vert peu amène de sa guide.
« Ehanwë Wanheda ? Mon nom est Halden Assaan. J'ai été chargé par la Régente de vous accompagner jusqu'à Al-Far. » Dit-il avec assurance alors qu'une marque rouge commençait à se former sur son visage. Un sourire plein d'auto-dérision apparut sur ses lèvres, et une lueur d'amusement vint éclairer son regard. « Je suis responsable de votre sécurité jusqu'à ce que vous remettiez le message au Seigneur d'Al-Far. Ravi de vous rencontrer. »
Il leva sa main, paume ouverte et observa l'étrangère en face de lui.


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"We are many. They are few. To face death is a choice... And they can't hang us all."
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Ehanwë Wanheda
Dresseuse d'oiseaux de proies
Saleté de Frontaliers, saleté de Régente. Comme si j’avais besoin de ça sérieusement. A la base j’étais juste venue voir la Régente pour lui apporter un message du Front et me faire payer, rien de plus. Je lui donnais et je repartais. Mais non, Madame avait décidé que j’apporterais également un message à Al Far. Oui, moi. J’aurais dû le confier à l’un de mes rapaces et la transmission aurait été plus rapide, mais non, c’était moi qui devait faire le voyage. La guigne sérieuse. C’était une sacrée tête de Raïl celle-là. Et le comble du malheur, c’est que je devrais me coltiner un Frontalier durant tout le trajet. Merci bien la surprise. Je n’en avais aucune envie, j’étais une solitaire moi. Et puis surtout un Frontalier. Autant un Thül j’aurais pu, mais un Frontalier. Qu’elle aille se faire voir chez les Brûleurs celle-là.
Enfin bon, je n’en avais rien dis, j’avais acquiescé, dis les formules de politesse, l’avait salué et était partis. Je devais retrouver mon gros bras sans cervelle à la taverne de la Pie qui Boit. Et c’était bien ce que je comptais faire en l’attendant, histoire de le supporter le temps que je décuve.
Montant sur ma monture sans nom, je sifflais pour que Egelman, mon hibou grand-duc, revienne sur mon épaule et que Dipri, mon faucon et Burhil ma buse à queue rousse me suive. Durant tout mon entretien avec l’autre mégère ils volaient dans les environs, chassant sûrement. Mais là je me mettais en route et je ne voulais pas prendre le risque de les perdre donc je leur signalais le départ. Une fois ma troupe réunis, je me mis en route pour la taverne où j’avais rendez-vous, bien tenté de ne pas m’y arrêter, faisant route seule. Mais je me doutais que la Régente n’apprécierait pas et ne me payerait pas. Donc j’allais m’y arrêter et attendre mon bourreau.

Arrivant peu après à la taverne, je m’y arrêtais et y entrais Egelman sur mon épaule. Je m’installais à une table et commandais du vin. Avec un peu de chance, il serait coupé avec de l’eau. Mais au moins cela me ferais patienter le temps que le Frontalier dont on m’avait affublé arrive. Nous avions rendez-vous à une heure précise et cette envie de partir sans lui ne me quittait pas. Je ne savais pas ce qui me retenait, peut être le salaire qu’on me verserais. Mais après tout, tant que le courrier était acheminé, c’était bon, non ? Allez, j’avais de l’avance avant que mon compagnon de route arrive. Le temps qu’il arrive, je serais bien loin.

« Egelman, nous partons pour Al-Far »

Me levant, je réglais les branches que je devais avant de me diriger vers la porte que j’ouvris à la volée pour sortir, pressée maintenant que j’avais pris ma décision. Enfin, c’était ce que j’avais prévu avant que ladite porte heurte le visage d’un colosse qui se la pris en plein dans le nez.

« Face de Raïs ! »
« Allez-vous faire mordre par un Brûleur au lieu de vous mettre derrière la porte. »

Oui j’étais désagréable mais après tout il venait de m’insulter. D’où il se permettait. Je sentis des ailes battre sur mon épaule et posai ma main sur les serres de leur propriétaire pour lui communiquer de se calmer.
En fait j’aurais peut être pas dû vu que l’homme qui me faisait face était le Frontaliers que j’attendais. Pourquoi il était arrivé en avance celui là sérieusement.

« Cela me fais une belle jambe de l’apprendre. J’étais déjà au courant »

Cela dis, je me détournais de lui et rejoignis ma monture sur laquelle je montais.

« Responsable de ma sécurité alors que vous ne savez pas éviter une porte ? Qu’est-ce que c’est pathétique. Surtout que je sais parfaitement me défendre seule. Au fait, le plaisir n’est pas partagé. »

Déjà à cheval, je regardais l’homme qui me faisait face sans aucune émotion positive à son encontre. Je sentais que j’allais déjà avoir du mal à le supporter celui là.

« Bon, vous comptez rester planté là ou on y va. J’aimerais que cela soit fait au plus vite, histoire d’être débarrassé de vous. »

Je tournais la bride de ma monture pour lui faire faire demi-tour et me mis en route au pas tandis qu’au-dessus de ma tête mes deux autres rapaces s’envolait également. A présent il ne revenait plus qu’à ce Halden de me suivre, ou non.
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