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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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L'oiseau qui vole n'a pas de maître.

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Milah Ashken
Combattante Dessinatrice
Milah était assise au bureau de sa chambre à Al Jeit. Elle lisait une thèse sur le dessin sortie récemment, sur le fonctionnement des verrous, leurs limites, leurs ouvertures. Elle s'étira avant de reposer le paquet de feuilles sur la table.
Tous ses muscles lui faisaient mal. Elle rentrait d'un entraînement chez les gardes d'Al Jeit, et si leurs techniques, leurs vitesses, leurs souplesses étaient médiocres, il fallait avouer qu'ils avaient de la puissance et une certaine endurance. Milah s'était faite à l'idée qu'elle ne gagnerait pas plus en volume que sa corpulence actuelle. Ça faisait plus de 10 ans qu'elle s'entraînait et rien ne changeait.
Fatiguée mentalement et physiquement elle s'assit sur le tapis au milieu de sa chambre. En fermant les yeux, elle prit une seconde pour rentrer avec délectation dans l'Imagination. Elle ressentit d'autres présences anodines aux alentours. En fin d'après-midi à Al Jeit, il n'était pas rare que certains utilisent le don. Et les grosses présences du dessin n'étaient pas à côté. Elles se tenaient proches des plus hautes tours de la capitale, chez les nobles ou à l'Académie.

Devant elle se tenaient les Spires, certains chemins étaient sombre et montaient très vite. Ces chemins qu'elle n'emprunterait pas et qui étaient d'ailleurs verrouillés, invisibles aux yeux des autres. Elle s'aventura sur un chemin très exigu et en pente qui lui servit de tremplin pour dessiner une goutte d'eau qu'elle multiplia. Elle continua de dessiner pour former un bateau, se concentrant sur les détails, sur le mouvement lent des gouttelettes qui formèrent un grand bateau de l'empire. Il était dur de garder un dessin d'eau liquide net et Milah commençait à suer. Elle finit par le geler afin que ça ne lui demande plus autant de force. Elle n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que le tracé était net mais qu'il pouvait être amélioré. Pour finir elle fit miroiter les surfaces afin de rendre la glace transparente et implosa le bateau.

Elle ne savait pas pourquoi elle avait fait un bateau, sa dernière mission était sur les mers, c'était sans doute pour cela. Elle se coucha à bout de forces. La journée avait été intense. Elle ne s'était donnée aucun répit comme d'habitude avec la même énergie qui venait du même sentiment. Celui de brûler l'Empire qui ne méritait pas le monde qu'on lui avait donné. Ou qu'il avait pris. Elle savait pourquoi elle avait eu tant d'énergie, parce que sa mère avait encore une fois perdu l'esprit. C'était un peu, ça ne changeait pas. Mais à chaque fois, quand elle voyait la douleur, la solitude de sa mère, et sa maladie, cette folie en demi teinte qui la rongeait certains jours… cela la rendait aussi coupante qu'une lame. Cela lui rappelait l'injustice. La disparition de son père, la démence de son grand-père, les nobles qui avaient tout et encore plus et qui se facilitaient eux-même la vie, les marchombres qui protégeaient ce mode de vie tout en créant une espèce de pseudo Voie de liberté extrêmement fermée qui choisissait les Elus dans la masse.
Cela la rassura en un sens. Et elle s'endormit d'un sommeil sans rêve avec une cible toujours dans les recoins de son esprit. Le lendemain matin elle fut prise dès le réveil par une affaire des plus urgentes lui disaient-on. Elle avait nourri Hadès ainsi que Perséphone, la femelle qu'il s'était trouvée et qui était un corbeau albinos, seule une femelle d'exception l'aurait séduite. Ils n'avaient pas encore de petits mais Milah savait que ça arriverait un jour ou l'autre. Ils étaient venus et repartis très vite, les oiseaux appréciaient Al Jeit et en profitaient pour virevolter où l'envie leur en prenait. Milah ne les voyait pas souvent. C'est à ce moment qu'un superbe chuchoteur au pelage soyeux et lustré vint lui délivrer un message dans l'Imagination, elle devait se rendre chez une famille noble de toute urgence.

La famille en question avait amené leur fils chez des cousins se trouvant à Al Chen. Ils étaient partis ensuite faire du commerce dans le Nord et le fils en question était parti pour se former à l'école de la vie et découvrir le continent. Si la famille en question d'Al Jeit avait de gros moyens, les cousins d'Al Chen étaient moins opulents. Ils avaient malheureusement subi une attaque, ce qui arrivait souvent, et si les Thüls s'en étaient chargé, le dessinateur était blessé. Suffisamment blessé pour être hors d'usage. Et la famille noble d'Al Jeit craignait particulièrement des attaques surprises de raïs ou des nombreux monstres qui traînaient dans la région. Que feraient des Thüls face à une Goule ? Ils étaient plus qu'inquiets et étaient prêts à payer le prix pour qu'une escorte dessinatrice les retrouve et accompagne la caravane. La femme éclata en sanglot tandis que son mari essayait de convaincre Milah. Il connaissait l'emplacement à peu près de la caravane mais elle avait pu bouger, c'était une mission impossible. Milah avait peu de temps pour se rendre là-bas, elle se rapprocherait par un pas sur le côté et ce serait possible, il la suppliait presque. C'est lorsqu'il montra le prix qu'il était prêt à mettre et surtout l'influence qu'il était prêt à donner à Milah si elle réussissait qu'elle lâcha un oui avec un pseudo sourire qui montrait qu'elle prenait les choses en charge.
C'était un défi, un challenge de retrouver la caravane, de l'atteindre en si peu de temps et sans sa monture habituelle. Mais ce défi pourrait prouver sa valeur et sa compétence aux yeux de la noblesse d'Al Jeit. Après ça, ils viendraient tous lui demander ses services. Elle mit Antiope aux soins de l'écurie la plus proche, se fit un léger baluchon avec tout ce dont elle avait besoin. Elle n'aimait pas partir sans Hadès mais elle n'avait pas le choix. Les corbeaux pouvaient éventuellement la rejoindre s'ils ne trouvaient plus rien à manger à Al Jeit, ce qui l'étonnerait. De toute façon elle ne pouvait emmener aucun être vivant avec elle lors d'un pas sur le côté. Hadès ne pouvait passer par les Spires.
Elle se téléporta donc dans le village le plus proche de la caravane par lequel elle était passée, il se trouvait très au Sud de la Citadelle mais elle était sûre de trouver une monture qu'elle acheta avec les fonds que lui avaient alloué la famille. Il n'y avait que des grosses montures, ce qui ne lui convenait pas tellement, vu qu'elle était fine et qu'ils étaient moins rapides. Elle dut s'y faire et commença la recherche le soir-même. Elle chevaucha toute la nuit dans la direction indiquée, vers le Pollimage.
Le cheval la ralentissait et si cela l'irritait elle ne perdait pas la volonté de fer qui la caractérisait. Elle envoya Verrue dans les Spires pour demander au dessinateur de la guider plus précisément mais Verrue revint avec l'air encore plus hargneux que d'habitude. Soit le dessinateur n'avait pas de chuchoteur soit il ne faisait pas confiance en Verrue … dans tous les cas cela n'aida pas plus Milah. Le jour se levait quand elle décida d'arrêter le cheval pour s'arrêter un peu, se reposer d'une longue chevauchée et trouver une source d'eau.
Elle remplissait sa gourde d'eau quand un battement d'ailes mit ses sens en alerte. Ce n'était pas Hadès dont elle connaissait le bruit par cœur, après dix ans de vie commune. Verrue se tenait à côté d'elle, se débattant avec une sorte de racine. L'oiseau voulait sans doute en faire son repas. Finissant de remplir la gourde sans rien avoir l'air, elle se tourna soudainement pour essayer de l'attraper en flagrant délit. La bête n'ayant pas prévu ce mouvement brusque, elle fonça sur Milah qui faillit perdre l'équilibre et dut poser un pied dans l'eau pour se stabiliser. Elle n'avait pas le gant nécessaire mais elle maintint sa proie enserrée entre ses deux mains. Et pourtant aucun mal n'était fait à l'oiseau, elle le tenait des deux mains sûres de manière à ce qu'il ne puisse pas trop se débattre. Elle savait néanmoins que les serres pouvaient être douloureuses si elles atteignaient sa peau. Elle chuchota à l'oiseau pour le tranquiliser, il ne pouvait rien faire de toute manière. C'était un oiseau de belle facture, que Milah n'aurait pas cru trouver à cet endroit. Il s'était assez vite calmé, son œil paraissait intelligent. La dessinatrice eut un pressentiment qu'il était domestiqué, ou du moins qu'il appartenait à quelqu'un. S'il l'était, un dresseur devait se tenir dans les environs. Un dresseur seul c'était peu probable, un dresseur en caravane. Sa caravane.
C'était un indice plus grand qu'elle ne l'aurait voulu. Elle dessina une cage autour de l'oiseau, le temps de détacher le cheval et elle le reprit aussitôt. Ce n'était pas un très gros rapace, il ne devait donc pas venir de très loin. Elle sortit de la clairière et scruta les environs. Il lui fallait un feu, de la fumée, du bruit, n'importe quel indice qui la guiderait.
Elle chevauchait au pas quand elle crut entendre un cri, ou du moins un bruit humain. Ce fut alors un cheval lancé au triple galop, sa cape virevoltant derrière elle, qui arriva au début de caravane.
Milah tenait toujours l'oiseau qui commençait à s'impatienter et qui avait moyennement aimé le voyage. Elle se dit qu'il avait déjà de la chance d'être en vie.
Elle avait le visage fermé et irrité, déjà parce qu'elle avait le pied gelé par l'eau et que ça y est elle commençait à sentir les griffes sur sa main.
Les deux soldats Thûls de début de ligne s'approchèrent d'elle tandis que la caravane s'arrêtait. Ils étaient méfiants, qu'est-ce qu'un petit bout de femme faisait seule dans une contrée inhospitalière, petit bout de femme habillée d'une longue cape qui cachait en partie son visage. Elle n'était pas Thül c'était une évidence, elle avait le cachet de la capitale posée sur ses épaules relevées et son air peu aimable.
Elle releva sa capuche en marque de bonne foi et se présenta.

« Je suis Milah Ashken, j'ai été dépêchée pour faire partie de cette escorte par les Gil'Essaïm. Savez-vous à qui appartient cette bête ? »
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Ehanwë Wanheda
Dresseuse d'oiseaux de proies
Qui est ce qui nous avait donné un Dessinateur pareil sérieusement. A la dernière attaque il s’était caché derrière une malle. Mais cela ne l’avait pas empêché d’être blesser cet idiot. Sérieusement, comment voulez-vous travailler avec des incapables pareils. Il était censé nous aider aux combats, pas se cacher dès que cela commençait à chauffer. Surtout que même ceux qu’on escortait s’était battu. De simple marchand s’était battu. Et le Dessinateur s’était caché, trop froussard. Arg, qu’est-ce que je n’aimais pas ce type de personne, faisant le fier en permanence en se reposant sur leur laurier avant de s’enfuir à la première difficulté. Et vous voulez le meilleur ? L’incapable s’est blessé avec l’un de ses propres dessins. C’est un incapable je vous dit ! Mais bon, arrêtons d’enfoncer cet idiot et faisons avec. Maintenant si on se retrouvait face à des brigands, nous pourrions les repousser, mais face à des Goules, des Raïs ou autre déplaisante compagnie, on pouvait se dresser un bucher funèbre tout de suite. Ah oui, je ne vous l’avais pas dit ? Il est tellement blessé qu’il nous sert plus à rien. Oui oui j’ai dit que j’arrêtais de l’enfoncer, mais bon, il fallait le préciser.
Les blessés soignés, aucun mort étant à déplorer, nous reprîmes notre route vers la Citadelle, destination de notre caravane.
On chevaucha durant plusieurs heures sans voir aucune menace, ce qui était aussi bien et finalement le climat se détendis, les caravaniers commençant à chanter des chansons pour passer le temps. En ce qui me concernait, j’avertis le chef de la caravane que je partais en éclaireur avant de me mettre à galoper en avant de la caravane, suivis par mes oiseaux. Ils étaient au nombre de quatre, mon hibou Grand Duc, ma buse à queue rousse ainsi que mon faucon. Cela, c’était mes oiseaux à proprement parler, avec qui je travaillais le plus souvent. Mais il y en avait un autre qui était à mes côtés, un vautour fauve. Tandis que les autres volaient librement, ou dans le cas d’Egelman mon Grand Duc, se posait sur mon épaule, le vautour était attaché à ma selle de cheval, devant moi. Il avait toute ma confiance, l’ayant recueilli alors qu’il était oisillon, mais il s’entendait mal avec Burhil, ma buse. Donc si je ne voulais pas des combats aériens où les deux ressortaient blessés, il valait mieux que j’en garde un à mes côtés. Mon choix s’était porté sur le vautour, comme ça. Continuant d’avancer, je ne vis aucune menace spécifique et envoya Burhil porter un message au chef de la caravane pour l’avertir. Durant son absence, je libérais le vautour pour qu’il puisse se dégourdir les ailes, tout en me disant que je devais lui trouver un prénom à celui-là. Je l’observais s’envoler, sachant qu’il reviendrait avant de faire faire demi-tour à ma monture en direction de la caravane, au pas. Nous avions le temps, elle finirait par nous rejoindre. Ou pas. Alors que j’entendais la caravane, elle finit par se stopper et des sabots se faire entendre. Quelque chose se passait.
Talonnant ma monture, je lui fis signe d’avancer un peu plus rapidement et rejoignis ainsi la caravane, espérant que j’y retrouverais mes deux oiseaux car bon, cela m’inquiétait de ne pas avoir revu mon vautour. D’habitude il ne partait pas si longtemps. Arrivant en vu de la caravane, je vis une femme de dos enlever sa capuche et se présenter. Mais je m’en fichais, ayant repérer mon oiseau entre ses mains. Continuant à m’approcher, je lui répondis.

« Il est à moi. Donc veuillez le relâcher. Ce n’est pas un jouet ou un animal de compagnie. Mais ça, vous ne devez sûrement pas le savoir à Al-Jeït, pompeux que vous êtes »

Non je n’étais pas gentille, mais comprenez, elle avait mon oiseau et me paraissait hautaine. Sifflant, j’attendis que mon vautour revienne à moi pour lui attacher les serres sur le pommeau de ma selle. Passant à côté de la jeune femme sans la regarder, je vins récupérer également ma buse qui m’attendait. Lui donnant un bout de viande, je la pris au poing, enroulant mes doigts autour de ses lanières et me retournais enfin vers la jeune femme.

« Vous êtes envoyés pour remplacer le Dessinateur couard ? J’espère que vous savez vous battre, nous n’avons pas besoin de deux incapables. Surtout dans ces régions. »
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Milah Ashken
Combattante Dessinatrice

Milah renifla. Tout ceci commençait parfaitement bien. Face à elle … on aurait dit un coureur paniqué qui aboyait. Comment cette jeune femme aussi aimable qu'une poignée de porte et aussi posée qu'un chuchoteur à qui on aurait marché sur la queue, comment cette nerveuse et agressive jeune femme pouvait dresser des oiseaux qui demandaient au contraire calme, patience et écoute ?
Entre le froid de son pied et la fatigue du voyage, elle ne tenait pas vraiment à déclencher une esclandre même si la dresseuse face à elle semblait absolument vouloir une entrée théâtrale. De plus la dresseuse était sur un cheval, ce qui signifiait qu'elle était relativement réputée puisqu'elle avait les moyens d'une monture.
Le vautour revint aux mains de sa propriétaire puisque Milah le laissa aller pour ne pas abîmer plus ses gants.
Évidemment la dresseuse ne pouvait savoir que la dessinatrice avait elle-même dressé un oiseau en autodidacte (certes le plus intelligent des oiseaux mais après tout elle avait du tout expérimenter par elle-même). D'ailleurs Hadès refusait de se montrer, elle aurait presque aimé qu'il vienne se poser sur son épaule pour lui clouer le bec et éviter ainsi une joute verbale mais comme elle l'avait bien dit ce n'était pas des animaux de compagnie et Hadès faisait bien ce qu'il voulait. Quant à la pique sur les habitants d'Al-Jeït, cela lui passa à des kilomètres au-dessus de la tête. Partout dans l'Empire on considérait les citoyens de la capitale comme des gens prétentieux, elle même le pensait. Cependant si la dresseuse pensait ça, c'était qu'elle n'avait pas un œil bien observateur. Milah avait bien l'air de venir d'Al-Jeït et d'avoir les moyens de mener une vie décente et confortable mais si elle avait vraiment été noble elle aurait été bien plus élégante. Cependant son expression pouvait passer pour de la prétention tant le visage de Milah était froid et impassible. Elle ne broncha même pas devant les attaques ignorantes et calomnieuses de la jeune femme. Et pourtant sa langue était d'habitude aussi venimeuse que son regard. Sauf qu'elle était en mission, pas là pour jouer avec une enfant impulsive et dramatique.
Elle avait le courage ou l'inconscience de déblatérer son lot de paroles acerbes alors que Milah dégageait assez clairement cette aura de contrôle et de combattante dans ses missions de dessinatrice de l'Empire. D'autant plus qu'elle était sur un cheval, certes un peu gros pour elle mais cela n'empêchait pas qu'elle était aussi à l'aise sur la bête que sur la terre ferme, c'était sans doute ce pour quoi elle était le plus douée avec le dessin. Peut-être était-ce même cette façon de se tenir droite et parfaitement à l'aise sur ce cheval pas très raffiné qui avait fait pensé à la dresseuse dont elle ne connaissait toujours pas le nom qu'elle était arrogante.
Ou tout simplement… elle était arrogante.
Bien qu'elle se considérait simplement réaliste. Elle connaissait sa valeur, ses compétences. Elle ne se surestimait pas mais elle ne se sous-estimait pas  non plus. Et en général elle faisait mieux les choses que les autres, d'abord parce qu'elle y apportait toujours un soin chirurgical et ensuite parce qu'elle s'était entraînée toute sa vie pour arriver à être où elle était et à faire ce qu'elle faisait.

Un instant, quand la jeune femme face à elle décida de remettre ses compétences en question, un instant une lueur glaciale passa dans son regard. Et elle eut un mépris colossal pour la petite dinde prétentieuse qui pensait tout savoir mais qui ne regardait que les apparences. Elle avait assez d'observation pour deviner que Milah remplacerait le dessinateur et clairement aucun instinct, aucune réflexion ou aucune attention plus aboutie pour reconnaître une combattante en Milah. Un frisson partit de son pied droit et faillit traverser sa colonne vertébrale mais il s'arrêta en cours de chemin.
Autour d'eux, des guerriers Thüls et des caravaniers curieux assistaient à la scène. Milah Ashken subissait un affront public dont elle se souviendrait. Ce n'était pas une grande dame pleine de bonté et de pitié. Et elle n'aimait pas attirer le regard non plus. Cependant personne ne l'estimerait plus si elle devait se laisser marcher sur les pieds à ce point. Par une petit dresseuse d'oiseaux.
Son ton et son regard piquant et droit fit frémir un enfant qui rentra dans les jupes d'une caravanière tandis qu'elle prononça un simple :

« En effet, je viens remplacer le maître dessinateur. »

Elle n'insultait pas les dessinateurs qui aidaient tout un chacun par-delà l'Empire et qui se dévouaient aux alaviriens n'ayant guère d'autre choix. D'un côté les citoyens avaient besoin d'eux et de l'autre le don se faisait assez rare pour qu'ils aient le devoir de s'occuper des tâches qu'eux seuls pouvaient faire.
Milah n'était pas vraiment solidaire des dessinateurs bien qu'ils partageaient tous cette passion et cette connexion spéciale qu'était le Dessin pourtant face aux remarques elle ne put s'empêcher de prendre sa défense. Et rappeler par la même occasion la place de la dresseuse qui n'avait que peu d'utilité dans leur caravane et dans le monde en général. Ou du moins une utilité moindre de ce qu'elle semblait penser d'elle-même.
Milah connaissait bien le Nord, c'était sa région de prédilection et elle connaissait parfaitement ses dangers.

« Ce n'est pas à vous que je dois répondre de mes capacités, je me trompe ? »

Ce fut à ce moment, extrêmement tendu, où Milah se disait qu'il faudrait peut-être faire une démonstration pour lui clouer le bec et surtout, en premier lieu, convaincre l'auditoire de sa valeur, que le cheval du noble dirigeant la caravane s'approcha.

« De toute évidence non. »

Milah abaissa légèrement la tête afin de le saluer.

« Sire Gil'Essaïm. »

Milah se retourna tout de même vers la jeune femme. Et Gil'Essaïm parut être mal à l'aise de l'insolence de la dresseuse sans être pourtant en désaccord avec elle.

« Malgré tout, elle n'a pas tort. Notre dessinateur actuel est en incapacité de nous protéger de tous les dangers du Nord. Je vous remercie d'avoir accepté et d'avoir fait aussi vite. »

Milah hocha la tête sans rien dire puis elle s'adressa à la dinde prétentieuse.

« A qui ai-je l'honneur ? »

Gil'Essaïm sembla avaler sa salive, ses joues rosirent alors qu'il se rendait compte que Milah avait été accueillie comme une paria. Puis elle écarta son cheval.

« Quant à ce qui est de juger mes capacités vous en aurez le loisir au cours du trajet, si vous avez l'occasion d'en être témoin. »

Les insultes et l'affront ne seraient pas lavés. Pas en face du noble qui l'employait ni en face des guerriers devant lesquels elle aurait l'occasion de prouver sa valeur lors d'un entraînement. Elle préférait qu'on ne la voit pas en fauteuse de trouble.
La dresseuse ne valait pas la peine d'une démonstration, elle ne valait pas la peine de s'abaisser à elle.
Milah rangea donc sa vengeance, son humiliation, sa langue venimeuse et ce picotement dans ses doigts qui voulaient se saisir de ses poignards.
Elle talonna son cheval, prête à passer à autre chose, jouer les éclaireuse en l’occurrence après avoir fait un rapide tour de la caravane, de ses flancs, des éventuels défauts ou problèmes à régler. Enfin elle irait voir le dessinateur s'il avait des informations importantes à lui transmettre.
Faire son travail. Oublier les obstacles et les résidus aussi grande gueules qu'inoffensifs.
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