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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Flash Back - Run Boy Run [Nouria]

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Aure Lyndis
Apprentie Mercenaire
Le pinceau vient chatouiller sa paupière pour y déposer la poudre noir qu'elle portera ce soir. Il se déplace en petite rotation afin de créer un léger dégradé, évitant ainsi l'effet de « paquet ». Aure contemple son œuvre, visiblement satisfaite. Le noir est sa couleur. Il fait ressortir le bleu de ses yeux. Une porte s'ouvre dans son dos et elle voit à travers le miroir sa mère faire irruption dans la pièce. La jeune fille se retourne, soucieuse de sa réaction. Mais Charlize lui sourit avec tendresse et s'approche pour l'enlacer. La fille souffle silencieusement, soulagée de constater que sa génitrice est dans un bon jour.

-Ne t'inquiète pas Maman, ça va aller.

Maman se dégage du corps de son enfant, pour lui caresser avec amour sa joue rosie par une autre poudre. Elle prend avec douceur un autre pinceau et une crème grasse rouge. Et avec un soin minutieux, elle vient peindre les lèvres pulpeuses d'Aure.

-Là. Il ne pourra que chercher ton baiser tout au long de la soirée. Plus rien n'aura d'importance que cela pour lui.

La future séductrice sourit, amusée. Elle ne se fait aucun doute sur le succès de la soirée.

-Mais attention, ma chérie...

Aure ne la laisse pas finir sa phrase. Elle la coupe avec douceur d'une main sur son épaule.

-Je sais. Aucun baiser, même volé. Un baiser, c'est sacré.

Charlize acquiesce, satisfaite. Il y a dans son regard abimé par les cicatrices qui ornent son visage, un amour inconditionnelle pour la perle qui lui fait face. Elle ressemble tant à son père.

-Un jour, un homme t'aimera comme ton père m'a aimé et tu l'aimeras au centuple. Et quant il t'embrassera pour la toute première fois... tu seras une femme.

Le petit cœur de la belle blonde bondit. Il a hâte de ce moment, de cet homme. C'est comme un rêve d'enfant, mais en bien plus exotique et érotique. Sa mère ne la laisse cependant pas rêvasser longtemps.

-En attendant, séduis-moi cette ordure et dégages-en toutes les informations nécessaires à ton oncle. Vide-le de son énergie, s'il le faut. Fais preuve de souplesse et ne le laisse pas sortir du lit tant qu'il ne t'a pas tout dit. Si ça dégénère, tue-le.

Le vague moment de romantisme dans l'esprit d'Aure part en cendre et elle se redresse, effaçant toute candeur sur son visage maquillé.

-Je doute qu'il faille en arriver là. Ils parlent toujours sur l'oreiller. Ne doute pas de moi, Maman. T'ai-je déjà déçu ?

La main maternelle s'amuse avec les mèches de cheveux presque blanches de sa progéniture.

-Non... Excuse-moi, mon petit cœur.

La séductrice se lève, mettant fin à tout contact physique. Elle s'apprête à quitter la chambre, mais fait très vite demi-tour, pour venir poser un baiser sur le front de Charlize.

-J'ai reçu la meilleure des éducations. Chuchote-t-elle. Je ferai de son cœur des lambeaux de viande que les vautours viendront picorer pour le reste de sa misérable vie. Il ne tombera plus jamais amoureux après moi.

Le sourire que lui rend sa mère est glaçant. Il ferait peur à n'importe quelle petite fille. Mais Aure n'en est plus une. Elle veut devenir femme. Et chaque homme séduit et détruit est un pas en avant pour en devenir une un jour.


**

Les meurtres sur commande et vengeances personnelles paient bien. Très bien, même. Aure aurait donc pu s'offrir une robe. Mais elle déteste cela. C'est loin d'être pratique pour se battre ou fuir en cas d'imprévus. Et à son humble avis, elle n'a pas besoin d'autant de tissu pour être sexy. Elle a donc opté pour un pantalon de cuir moulant à souhait, bleu marine, un corset au décolleté plongeant noir et des bottines à talons noires également. Sa crinière est détachée et vole en harmonie sauvage avec son corps qui se déhanche dans une démarche tentatrice lorsqu'elle entre à l'En-Fort. Auberge privilégiée des gardes de par sa proximité avec la caserne, elle rengorge ce soir, comme à son habitude, d'hommes en quête de distraction. Au bar ou assis à jouer aux cartes, plus d'un cesse son activité pour se retourner sur la jeune fille qu'il juge belle femme avec autant d'atours.

Aure les ignore copieusement et se hisse sur un tabouret en bois près du bar afin de commander. Elle se fait servir un alcool fort tout en balayant la pièce du regard pour repérer sa proie. Elle le cible assez vite. Entouré d'amis autour d'un jeu de dés, il fait partie des nombreux regards intéressés. Jouant la midinette, elle fait mine de rougir face à son regard et baisse les yeux, puis les relève, plein d'envie.
Le manège dure ainsi quelques instants. La bonde repousse les aspirants qui tentent leur chance et dévore du regard le joueur qui visiblement remporte toutes ses mises. D'ailleurs, à la fin de la partie, il ne peut s'empêcher de se lever dans un grand cri de victoire. Modeste avec cela, donc. Trop facile. Elle lève son verre dans un signe de tête pour le féliciter et n'attend pas plus de cinq minutes avant qu'il ne vienne la rejoindre.

-C'est mon jour de gloire, visiblement. Claironne-t-il. Je vois que votre verre se vide, permettez que je vous en offre un autre. Je parierai ma mise finale sur le fait que ce sont vos yeux qui m'ont porté chance.

La draguée sourit en se mordillant la lèvre, gonflant volontairement et imperceptiblement sa poitrine.

-Ce n'est qu'une couleur, Monseigneur, mes yeux n'y sont pour rien. En revanche vos doigts semblent habiles au lancer et votre esprit vif à toute épreuve...

Il se gorge de fierté et tombe immédiatement dans le piège.

-Laissez les titres à la porte, je ne suis qu'un garde. Appelez-moi donc Téol, cela sera amplement suffisant. Aurais-je le plaisir de connaître votre prénom ? Nul doute qu'il doit être aussi délicieux que votre regard.

Certaine de la réussite de sa mission, Aure s'apprête à répondre sous un nom d'emprunt, comme à son habitude, lorsqu'une main s'empare de son bras et s'interpose entre elle et Téol. La belle se dégage de l'étreinte, hargneuse.

-Tu fais quoi, au juste, là ?


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