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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Elleynah Bàthory - It's time to go back

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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Elleynah Bàthory
Alavirienne | Marchombre

Généralités

Nom : Bàthory
Prénom : Elleynah
Sexe : Femme
Âge : C'est indiscret... Quoi, comment ça, je suis obligée ? Bon, bon... J'ai trente ans.
Lieu de Naissance : Camps des mercenaires du chaos.
Peuple : Alavirienne, mais d'aucuns prétendent que j'ai du sang Raïs qui coule dans les veines... Je me demande vraiment pourquoi !
Métier : Maître marchombre

Crédits : //

Description Physique

Citation de votre personnage | Prénom & Nom
Lorsque l'on regarde Elleynah, la première chose qu'elle voit, ce sont ses yeux, grands et bruns, qui semblent embrasés par un feu ardent. Elle n'est pas très grande, et pourtant, elle dégage une force et une puissance étonnante. Elle n'est pas bien épaisse, mais ne la sous-estimez pas. Elle a un visage aux traits fins et doux, qui lui donne un air enfantin et innocent. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Son corps tout entier est une arme. Ses mouvements sont pleins de grâces, ses gestes précis et souples. Mais malgré leurs beautés, ils sont dangereux, et même souvent mortels. Elle a de longs cheveux roux, qui tombe jusqu'au haut de ses cuisses. Elle les tresse souvent pour ne pas être gênée dans ses mouvements. Du côté vestimentaire, elle porte une longue cape déchirée, un corset, un pantalon en cuir souple, et des bottes tout aussi souples qui la laissent libre de chacun de ses mouvements. Elle ne se sépare jamais de ses bagues, ni de ses protèges-bras en cuir, qui vont de son coude à son poignet. Elleynah possède également une courte dague qu'elle glisse sur sa cuisse droite. Tout chez elle impose le respect.

Caractère

Citation de votre personnage | Prénom & Nom
Elleynah est très curieuse. Elle veut comprendre le monde, le découvrir, l'analyser. Elle a un très fort caractère, ce qui lui a valu pendant longtemps une affiliation avec les Raïs. Elle a un goût prononcé pour la beauté de la nature et la solitude, et ceux qui la connaissent savent qu'elle peut disparaître à tout instant, sans laisse de trace, pour ne réapparaître que quelques semaines, voir mois, plus tard. Cependant, dans une moindre mesure, elle aime rencontrer des gens et discuter avec eux, et ce peu importe leurs origines, qui, selon elle, ne veulent rien dire. Elle ne donne pas facilement sa confiance, cependant, lorsqu'elle la donne, elle est aussi solide qu'une tour de béton. Elle a une tendance à l'humour grinçant et à l'ironie qui peut agacer, mais elle l'assume entièrement et avec fierté. Au-delà de ça, c'est une jeune femme d'une grande bonté, et très fine d'esprit, et dotée d'une intelligence vive, qui lui permet bien souvent de se sortir de situations délicates. Elle peut sembler mystérieuse, et beaucoup ont du mal à la cerner. Mais si vous prenez le temps d'essayer de la connaître, vous ne le regretterez jamais. Sauf si vous lui dites qu'elle a un caractère de Raïs.

Histoire

Citation de votre personnage | Prénom & Nom

PREMIÈRE PARTIE

C'était un jour froid. Un jour d'hiver, un jour de mort, comme il était coutume d'y en avoir dans le camp des Mercenaires du Chaos. Un homme d'une quarantaine d'années se faufilait telle une ombre aux travers des bâtiments mornes, dans les ruelles sales et dénuées de vie. Il avait dû faire un long voyage pour rentrer chez lui, et malgré la fatigue, il était d'humeur affable. En arrivant devant un bâtiment semblable aux autres, il marqua une légère hésitation, qu'aucun témoin de cette scène n'aurait pu remarquer, et s'engouffra dans la salle sombre. Il y avait beaucoup de monde. Les chuchotements cessèrent lorsqu'ils se rendirent compte de sa présence. Tous s'écartèrent pour le laisser passer. Lorsqu'il arriva devant sa femme, elle lui lança un pauvre sourire. Elle était épuisée, mais malgré tout, cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu si belle.

- J'espérais que tu aurais mon message à temps, murmura-t-elle.
- Je suis là Kael'. J'ai fait aussi vite que j'ai pu.

Il marqua une pause, alors qu'une boule naissait dans sa gorge. Derrière eux, la foule disparaissait progressivement. Il attendit d'être seul avec sa femme pour reprendre.

- Je peux ?

Et sa femme avec un hochement de tête approbateur lui tendit la toute petite chose qu'elle tenait dans ses bras. Il la prit avec délicatesse et la découvrit légèrement.

- C'est une fille, murmura la dénommée Kael'. Notre fille.

Il la trouvait minuscule. Il avait du mal à croire qu'après tout ce temps, il était enfin père. Et il se fichait éperdument de ne pas avoir eu l'héritier mâle dont tout le monde rêve. Il savait que ce petit cœur fragile qu'il tenait entre ses mains serait à la hauteur de ses attentes. Elle avait les yeux grands ouverts, qui brillaient de la même lueur que ceux de sa mère. Le jeune père, sous l'assaut de l'émotion, ne put prononcer que quelques mots :

- Bienvenue parmi nous, Elleynah Bàthory. Puisse-tu progresser longtemps sur le chemin du Chaos.


* Sixième année.

- Papa, pourquoi il faut tuer les Marchombres ?
- Pas maintenant Elleynah.

Il toisa un instant sa fille en soupirant. Elle avait bien grandit, même si il la trouvait toujours minuscule. Elle était couverte de plaies et de bleus, qu'elle avait récolté lors de bagarres quotidiennes avec des enfants plus âgés qu'elle. Mais elle ne s'en était jamais plainte. Elle n'en avait même jamais parlé. Elle promettait d'être forte et agile au combat. Il était très fier d'elle, même si sa manie de tout le temps poser des questions l'exaspérait. Lui et sa femme la voyait peu, mais l'enfant était confiée à un précepteur pendant leurs nombreuses périodes d'absence. Elle était trop jeune pour être apprentie Mercenaire, mais elle savait déjà beaucoup de choses, et faisait preuve d'une dextérité qui promettait de la hisser parmi les meilleurs.

Il venait tout juste de rentrer d'une de ses missions que son métier d'Envoleur l'obligeait à accomplir, et cela faisait deux mois qu'il n'avait pas vu Elleynah. Il était heureux de la retrouver, mais comme à chaque fois, elle l'assaillait de questions qui n'avaient aucun sens pour lui. Il était exaspéré par ce comportement, mais finissait souvent par lui répondre. Et s'il ne cédait pas, elle partait quémander la réponse auprès de son précepteur. Cette fois, devant le regard désespéré de la petite fille, il soupira et s'agenouilla pour être à sa hauteur.

- Très bien. Sais-tu pourquoi nous nous battons ?
- Pour le Chaos !
- Oui, c'est ça, pour le Chaos. Et sais-tu pour quoi les Marchombres se battent ?

La fillette secoua négativement la tête.

- Ils se battent pour l'Harmonie. Ils pensent que le monde peut survivre ainsi. Or c'est impossible. Leurs idéaux sont contraires aux nôtres : le Chaos ne peut exister avec l'Harmonie. C'est pour cela que nous les tuons. Pour le Chaos.
- A quoi ça ressemble, un Marchombre ?
- Ce sont des créatures odieuses et dangereuses. Très peu de Mercenaires savent réellement se battre contre eux, parce qu'ils n'ont pas la force nécessaire. Ils sont affreusement faibles. Seuls les Mentaï et les Envoleurs peuvent réellement se mesurer à eux. Quand tu seras une Envoleuse, tu pourras les tuer à ton tour. Mais en attendant, il faut que tu fasses très attention. Une Marchombre te tuerait aussi facilement que l'on écrase un insecte.
- Je veux voir un Marchombre.

L'homme lâcha un rire. Il ébouriffa les cheveux de sa fille unique, que sa femme et lui avaient eu tant de peine à mettre au monde, et la prit dans ses bras. Il était toujours étonné de voir des flammes si ardentes brûler dans le regard d'une fillette qui avait l'air si fragile.

- Bientôt.
- Promis ?
- Promis !


* Onzième année.

Il était tôt. Tout le monde dormait encore au camp. Le soleil même n'était pas encore levé. Elleynah sortit sans bruit de sa chambre, et aussi silencieuse qu'une ombre, elle se dirigea vers l'extérieur du camp. Elle passa devant les bâtiments gris, et l'odeur désagréable des corps en décomposition la fit grimacer lorsqu'elle passa devant les restes des derniers Marchombres tués. Les orbites vides semblaient la fixer, de la même manière que l'avait fixée la toute première Marchombre que son père l'avait emmené voir, quelques années auparavant.

Malgré tout ce qu'elle savait sur eux, elle ne pouvait s'empêcher de les trouver fascinants. Elle avait vu à quel point ils étaient dangereux, et il arrivait qu'un accident se produise et que l'un d'entre eux emportent quelques mercenaires trop téméraires dans la tombe. Mais elle aimait leur démarche souple et élégante, elle aimait leurs mouvements gracieux et la profondeur de leurs regards. Malgré tout les voir mourir ne lui faisait plus rien, et elle ne prenait même plus la peine d'assister aux séances de tortures qui finissaient par une mise à mort. Elle était las de la violence, et rêvait bien trop souvent de s'évader.

Lorsqu'elle sortit du camp, elle sentit son cœur s'emballer, comme à chaque fois. La jeune fille sentait alors ce qu'elle appelait "liberté" l'envahir, et elle se mettait à croire à un autre avenir que celui que son sang lui destinait. Pourtant, elle se révélait être la jeune fille la plus prometteuse de sa génération. Elle ne commencerait pas réellement sa formation avant quelques années mais on lui avait inculqué de bonnes bases en combat, et lui mettre un couteau entre les mains la rendait déjà dangereuse.

Elleynah se mit à courir, mais ses pas foulants le sol humide ne semblaient faire aucun bruit. Elle arriva à l'orée d'une forêt, essoufflée mais heureuse. Elle s'appuya contre un tronc, et se laissa glisser à terre. Tout était si beau vu d'ici... Le camp était invisible aux yeux de tous : ne restaient que les plaines qui s'étendaient à perte de vue, les étoiles scintillantes, et le ciel nocturne qui prenait peu à peu des couleurs indescriptibles pour faire place au jour. Elle admirait ce spectacle qu'elle n'avait le droit de trouver beau que lorsqu'elle oubliait ses origines.

- C'est beau, n'est-ce pas ?

Elleynah sursauta, et d'un bond elle était debout. Celle qui avait parlé descendit du tronc sur lequel elle était perchée et lui fit face. Elleynah avait attrapé le poignard qu'elle glissait toujours à sa ceinture et le pointait en sa direction. Elle n'avait jamais vu cette femme, mais ses vêtements ne laissaient entrevoir aucun doute quant à qui elle était. Elleynah plissa légèrement les jambes et se concentra. Son père avait dit qu'elle ne serait pas prête avant la fin de sa formation à lutter contre une Marchombre, mais peut être qu'elle pouvait s'en sortir...

- Si tu me tues, je...
- Te tuer ? Pour quoi faire ?

La Marchombre avait l'air réellement surprise par la réaction de la jeune fille, qu'elle trouvait légèrement disproportionnée. Quant à Elleynah, elle était troublée. Même si son père lui avait dit que les Marchombres étaient fourbes, elle ne connaissait personne capable de feindre aussi bien la surprise. Elle resta sur ses gardes mais baissa légèrement son arme.

- Tu ne veux pas me tuer ?
- Bien sûr que non. J'ai été réveillée par le bruit que tu as fait, mais je t'en remercie. Je n'aurais voulu pour rien au monde rater le spectacle du jour qui renaît.

Elleynah était bouche-bée. Le bruit qu'elle avait fait ? Quel bruit ? Elle avait été aussi silencieuse qu'une ombre ! C'était ce que son père lui disait toujours. Elle réussissait à tous les surprendre grâce à sa discrétion... Comment cette Marchombre avait-elle pu l'entendre ?

- Quel bruit ? Je ne fais aucun bruit.
- Vraiment ? Dit-elle avait bien trop d'ironie au goût d'Elleynah.
- Parfaitement. Je suis la reine de la discrétion !
- Tu es pourtant aussi bruyante qu'une horde de Raïs.

Elleynah était agacée. De quel droit cette Marchombre pouvait-elle lui dire de telles choses ? Elle hésita une seconde à lui sauter dessus, mais elle était loin d'être idiote, et savait qu'elle ne faisait pas le poids pour se battre contre cette femme qui devait bien avoir trente ans. Cette dernière souriait et avait croisé ses bras sur sa poitrine, comme si le couteau à demi pointé sur elle ne l'inquiétait pas le moins du monde.

- Mais il est vrai que tu ne t'en sors pas trop mal pour une fillette.
- Je ne suis pas une fillette. J'ai onze ans !
- Onze ans ? Mmh... Alors tu es presque une femme. Comment t'appelles-tu ?
- Elleynah, répondit-elle sans réellement réfléchir.
- C'est un très joli prénom. Moi, c'est Enyo.
Un sourire était né sur ses lèvres. Enyo reprit :
- Regarde, Elleynah, tu vas rater le meilleur moment.

La Marchombre fit un léger geste du menton, pointant le ciel. Elleynah se tourna lentement, toujours méfiante. Et effectivement, le spectacle était à couper le souffle. Le soleil apparaissait lentement dans une myriade de couleurs allant du rose pâle au orange. La jeune fille se détendit peu à peu, même si elle ne lâcha pas son arme. Mais lorsqu'elle se retourna, elle était à nouveau seule. Elle se demanda un instant si elle n'avait pas tout simplement rêver la Marchombre. Elle ne rengaina cependant pas son poignard avant d'être rentrée au camp, et dans le doute, choisit de n'en parler à personne.

Pendant une courte période, elle ne pensa plus qu'à sa rencontre, qui avait fait naître des centaines de questions en elle. Pourquoi la Marchombre ne l'avait-elle pas tuée ? Pourquoi son père les décrivait-il comme des êtres si horribles alors qu'elle n'avait vu que la beauté en cette femme ? Était-elle aveugle à ce point ? Le plus frustrant pour elle était de ne pouvoir poser aucune de ces questions. Aussi, les jours suivants elle y retourna, dans l'espoir de la croiser à nouveau. Mais il n'y avait aucune trace de la Marchombre, si bien qu'elle se persuada qu'elle l'avait imaginée. Au fil du temps et des saisons, elle finit même par l'oublier.


* Quatorzième année.

C'est une journée ensoleillée d'été. Elleynah, en plus d'être agile et forte, s'embellissait de jour en jour. Elle était connue pour son fort caractère, et beaucoup de personnes lui prêtait un lien de sang avec les raïs quelques secondes avant de la voir se jeter sur eux. Elle n'avait pas peur de se battre avec des garçons plus âgés lorsque cela était nécessaire. Non pas qu'elle fut belliqueuse, mais elle savait qu'elle était née dans un monde où se laisser marcher sur les pieds était synonyme de mourir. Ses parents étaient très fiers d'elle, surtout son père, avec lequel elle partageait beaucoup. Il avait du temps à lui consacrer et ne s'en privait pas. Il comblait ainsi en partie l'absence totale de la mère de la jeune fille, qui n'avait guère de temps à lui consacrer, et qu'elle n'avait sans doute pas vu depuis des mois. Il était persuadé qu'il n'aurait pu être plus fier si il avait eu un héritier mâle. Sa fille unique honorait pleinement leur nom, et il savait que ce serait toujours le cas. Ils marchaient côte à côte, dans une ruelle. En silence.

- Papa ?

Enfin, presque.

- Oui ?
- Pourquoi est-ce que je ne peux pas commencer tout de suite la formation de Mercenaire ?

Il grimaça, comme à chaque fois qu'elle lui posait ce genre de questions.

- C'est une formation difficile, Elleynah. Beaucoup de jeunes comme toi périssent, et on ne peut pas se le permettre. Depuis que la Marchombre Ellana Caldin a détruit le camp ancestral, la Guilde ne va pas bien. Il nous faut de nouvelles forces pour nous réaffirmer peu à peu. Nous commençons lentement à reprendre des forces, mais nous avons besoin de former de nouveaux Mercenaires, pas de tuer toute la jeunesse. Or les apprentis meurent de plus en plus. Très peu de futurs Mercenaires arrivent à l'âge adulte. Et peu d'adultes survivent longtemps lorsqu'ils ont un trop bon poste.
- Je vois, murmura la jeune fille. Et est-ce que...
- Attends.

Brusquement, l'homme s'était arrêté, et avait levé sa main pour arrêter la progression de sa fille. Il posa une main sur son arme en fronçant les sourcils.

- Rentre à la maison Elleynah. Tout de suite.
- Mais...
- Il n'y a pas de mais, tu rentres à la maison. Va. Allez, va !

La jeune fille ne comprenait pas, pourtant, elle recula. Mais au lieu de rentrer chez elle, elle se cacha derrière une pile de tonneaux. C'est là qu'elle les vit. Ils étaient au moins six, des Mercenaires qui avaient plus ou moins l'âge de son père. Il était tendu, comme si il se préparait au combat.

- Tiens, il n'y a pas ta fille avec toi ?

C'était le plus âgé qui avait parlé. Il lui était familier. Elleynah l'avait déjà vu. Il avait un sourire en coin, comme si il était content de lui. Le père d'Elleynah ne répondit rien, se contentant de renforcer sa prise sur son arme.

- C'est dommage... J'aurais aimé la tuer avant toi.

Il resta muet comme une tombe. Deux hommes lui attrapèrent les épaules. Mais soudainement, il fit volte face, dégainant son arme, tuant un des hommes présents. Les autres se jetèrent férocement sur lui. Elleynah n'avait jamais assisté à un tel spectacle. Elle était horrifiée et à plusieurs moments, elle hésita à aller se battre à ses côtés. Mais elle savait très bien qu'elle serait un poids pour lui. Il réussit à tuer deux autres hommes, et se remit en position. Mais le plus âgé profita d'une faille infime pour planter sa dague dans son cou. Un flot de sang s'écoula de sa bouche entre-ouverte. Son dernier regard fut pour sa fille. Il lui sembla qu'il remuait les lèvres, et elle crut lire deux mots : "Sois forte." En réalité, l'homme brûlait d'envie de lui dire une infinité de choses. Soit forte. Soit forte Elleynah. Ne les laisse pas t'avoir. Tu es forte. Alors bats-toi. Mais la vie s'enfuit bien trop vite, et la jeune fille rentra chez elle en courant. Elle attendit d'être seule, enfermée, pour pleurer. Et elle se promit qu'un jour, elle aurait sa vengeance.



* Seizième année.

Elleynah était aux portes de commencer sa formation. Dans quelques mois à peine elle aurait un maître, qui lui apprendrait les rudiments de son métier, et elle pourrait commencer à tuer ses ennemis naturels. Et plus que tout, elle pourrait se venger. Depuis ses quatorze ans, elle avait recommencé à regarder les exécutions, cependant plus rares que dans sa jeunesse. Ils prenaient de moins en moins le risque d'amener les Marchombres vivants dans leur repère si bien caché. Et chaque matin, alors que tout le monde dormait encore, elle se rendait au pied du même arbre, regardant le soleil se lever. Les jours de mauvais temps, elle se contentait de grimper toujours dans ce même arbre, et après quelques minutes, de repartir en marchant. Malgré le vide que lui avait laissé la perte de son père, elle réussissait à trouver la paix dans ces moments de solitudes. Et c'était le seul moment où elle relâchait son attention. Les hommes qui avaient tué son père n'avait pas encore réussit à l'attraper. Et elle comptait bien continuer à leur échapper encore longtemps.

Mais un jour, alors qu'elle exécutait son rituel matinal, le destin en décida autrement. Ils étaient bien une dizaine, tous armés, et bien plus grands et lourds qu'elle. Elle atteignait tout juste le mètre soixante, et son corps n'était guère moins frêle et fragile que lorsqu'elle était enfant, bien qu'elle dégageât une force qu'il était rare de trouver chez une jeune fille. Aussi, lorsqu'ils l'attrapèrent, elle ne put lutter. Pourtant elle essaya. Plus elle pensait à son père, plus ses forces s'en voyaient décuplés. Elle en vit un se plier de douleur, et ils mirent bien cinq minutes à maîtriser cette furie qui n'était même pas encore une femme. Mais ils étaient trop nombreux, trop entraînés. Trop forts. Et ils commençaient à s'impatienter, et à s'énerver même, qu'une gamine comme elle ose autant leur résister. Elle ne vit nul part l'homme qui avait tué son père. Alors elle ne put plus rien faire. Elle s'abandonna à leurs mains sales et grasses, et laissa ses pensées l'envahir. Lorsqu'une lame pénétra son abdomen, elle accueilli la mort comme on accueillerait une bonne amie. Ça y est. Ça y est, c'est la fin. C'est dommage. J'aurais aimé la revoir une dernière fois. J'aurais aimé le venger. Et ce fut le néant.

Lorsqu'elle se réveilla, le soleil brillait haut dans le ciel. Elle avait mal de partout, mais elle était en vie. Elle était à moitié dévêtue, et une bande immaculée entourait son abdomen. Elle posa une main dessus. Elle n'avait pas plus mal que lors de ces nombreuses bagarres avec les autres jeunes. C'était superficiel. Elle se redressa, et aperçut non loin d'elle un tas de corps sans vie. Elle reconnut les hommes qui l'avaient agressée. Prise de panique, se demandant qui avait pu faire un tel carnage, elle tenta de se redresser. Ses oreilles sifflaient, et le monde tournait autour d'elle.

- Reste tranquille, Elleynah.

Cette voix. Elleynah la reconnut immédiatement. Elle tourna la tête et aperçut la Marchombre qu'elle avait reléguée au rang de rêve quelques années auparavant.

- Toi ? Mais comment... Comment tu as su que j'étais là ? Et comment tu as réussi à...
- Je m'étais trompée la dernière fois, dit-elle amusée. Tu fais à peine autant de bruit qu'un petit groupe de Raïs. Mais ces gars là, c'était carrément un régiment de Raïs en folie. Je m'étonne que tu ne les aies pas entendu.

Cette fois, Elleynah ne se vexa pas. Dans d'autres circonstances, elle aurait même sourit à la blague. Elle était choquée, et partagée entre le soulagement de voir qu'elle n'avait pas imaginé la Marchombre, et la crainte de ce qu'elle pourrait dire aux autres pour justifier un tel retard. Il devait bien être midi passer, tous le monde devait la chercher. Et si elle la trouvait, là, avec la Marchombre, elle aurait des ennuis. Devant le silence de la jeune fille, la Marchombre s'assit.

- Tu as faim ?
- Non.
- Tu es sûre ? Ça fait trois jours que tu dors, il serait préférable que tu man...
- Trois jours ?!! Comment ça, trois jours ?!

Si la Marchombre fut surprise de sa réaction, elle n'en montra rien. Elle se contenta de hocher la tête. Elleynah tenta de se lever. La femme la regarda.

- Tu ne devrais pas essayer de faire ça.

Et effectivement, Elleynah retomba lourdement sur le sol.

- Mais il faut que je retourne chez moi ! Ils doivent tous me chercher... Et d'ailleurs, ils ont dû venir par ici, et...

La Marchombre la regardait, sans un mot.

- Personne n'est venu ? Demanda Elleynah.

La femme secoua négativement la tête. Elleynah sentit son cœur se serrer. Alors personne n'avait cherché à la retrouver ? Personne ne s'était inquiété ? Peut être que sa mère était occupée, après tout... Mais son précepteur ? Ses camarades ? Personne ? Elle inspira un grand coup, et toute trace de déception et d'incompréhension s'envolèrent de son visage. Elle savait déjà depuis bien longtemps qu'elle ne pouvait se fier à personne. Alors elle décida de changer de sujet.

- Pourquoi est-ce que tu es revenue ?
- Parce que j'avais envie de te revoir, Elleynah.

La réponse surpris tellement la jeune fille qu'elle ne put que rester muette. La Marchombre sortit un morceau de viande séché d'une de ses poches.

- Tiens, mange. Après, ça ira mieux.

La demoiselle accepta timidement le morceau de viande, qu'elle mâchonna pensivement.

- Elleynah, sais-tu ce que sont les Marchombres ?

La jeune fille releva les yeux, et sans cesser de mordre le pauvre bout de viande elle fit signe que non. C'était un demi-mensonge, mais elle ne pouvait pas prendre de risques. La Marchombre prit une grande inspiration.

- Je sais qui tu es, Elleynah. Je sais d'où tu viens. Et je sais de quoi tu es capable. Et c'est pour tout cela que je suis revenue.

Elle marqua une pause. Elleynah avait cessé de mâcher son morceau de viande.

- Les marchombres arpentent une voie qui leur est propre. Une voie pavée d’absolu, mais périlleuse et solitaire. Une voie sans retour. Rares sont ceux qui s’y lancent. Elle ne t’apportera ni richesse ni consécration, elle t’offrira en revanche un trésor que les hommes ont oublié : ta liberté. Si tu le désires, je peux accompagner tes premiers pas.

Elleynah resta bouche bée. La Marchombre venait-elle réellement de lui demander à elle de la suivre ? D'être son apprentie ? De devenir à son tour Marchombre ? Savait-elle réellement qui était Elleynah ? Mais son cœur s'était emballé, et elle ressentait cette même paix qui l'envahissait à chaque fois qu'elle observait le ciel, qu'elle s'éloignait de son camp.

- Ce n'est pas à prendre à la légère. Si tu acceptes, tu devras me donner trois ans de ta vie. Trois ans, voilà le prix à payer. En échange, je te guiderais sur la voie, et t'enseignerais ce que je sais. Ce seront trois ans de souffrances, où tu seras sans cesse confrontée aux difficultés et au doute. Tu devras m'obéir quoi qu'il arrive, et ta seule échappatoire sera la mort. Réfléchis. Si tu acceptes, viens ici dans trois jours, à trois heures du matin. Si tu n'es pas là, je considérerais que tu refuses, et nous ne nous reverrons plus.

Et sans un mot de plus, sans même un regard, elle se leva et disparut entre les arbres, laissant Elleynah, seule et plus perdue que jamais. Elle eut beaucoup de difficultés à rentrer jusqu'à chez elle, mais la légère douleur lui permettait de garder contact avec la réalité. Lorsqu'elle arriva chez elle, elle s'allongea et dormit pendant prés de vingt-quatre heures. Et lorsqu'elle se réveilla, elle regrettait, mais elle avait pris sa décision.


DEUXIÈME PARTIE


* Dix-huitième année.

C'était un jour froid. Un jour d'hiver, un jour de mort. De la neige tombait en un tourbillon céleste et silencieux. Il n'y avait pas un bruit, pas un signe de vie, comme si tout ce qui avait rendu ce monde pourrissant s'étendait au rythme des cœurs souffrants de ceux qui essayer encore de se battre. Elleynah avait les doigts meurtris par le froid, et de la buée s'échappait de ses lèvres à chacune de ses expirations. Elle essayait tant bien que mal de maîtriser les tremblements de son corps. Elle s'arrêta un instant et regarda le vide sous ses pieds. Au-dessus d'elle, la montagne semblait encore s'étendre à l'infini. Elle était essoufflée et la fatigue lui avait déjà fait faire plusieurs erreurs.

- C'est encore loin ? Demanda-t-elle avec peine.
- Patience, jeune apprentie. Tu es déjà fatiguée ? Je te croyais plus endurante !
- Je le serais peut être moins si on avait fait le tour, comme tous les gens sensés !
- Le tour ? Pourquoi faire le tour quand on sait comme passer au-dessus des nuages ? Regarde autour de toi, et demande-toi vraiment si ce spectacle à couper le souffle ne vaut pas les quelques courbatures que tu auras demain.

Elleynah se tut et observa. Comme d'habitude, comme chaque jour depuis deux ans, Enyo avait raison. Tout était magnifique. Elles étaient juste au dessus de la première couche de nuage qui s'étalait inégalement, laissant entrevoir le sol blanchit par la neige. Elle voyait les oiseaux, elle voyait le monde et le temps qui semblaient ralenti. Enyo observa son élève. Elle avait beaucoup changé depuis la première fois qu'elle l'avait vu, par hasard. Elle avait immédiatement était intriguée par la jeune fille, et elle avait su que si elle devait enseigner la voie à une seule personne, ce serait elle. Elle avait rapidement comprit ses origines, mais il n'y avait pas que le chaos en elle, comme on s'attendrait à le trouver chez une mercenaire. Il y avait ce goût pour la solitude, pour la beauté. Il y avait ces gestes doux et harmonieux, qu'elle effectuait naturellement. Il y avait cette flamme ardente dans son regard, et cette force qui se dégageait d'elle, qui vous écrasait presque.

Elle était encore jeune, et la frontière en elle entre le chaos et l'harmonie avait été fragilisée par le temps qu'elle avait passé parmi la violence et les meurtres. Mais chaque jour, l'harmonie gagnait du terrain. Enyo le sentait, le savait. Elle avait pris un énorme risque en permettant à la jeune fille d'accéder aux secrets de la voie, mais elle avait confiance en son apprentie. Elle se souvenait encore, deux ans plus tôt, du soulagement qu'elle avait ressenti lorsqu'elle l'avait vu se présenter à l'heure prévue, seule, avec un sac minuscule qui contenait tous ses biens. Et depuis ce jour, elle lui enseignait la voie. Comme elle s'y attendait, Elleynah était une apprentie prometteuse, qui faisait des progrès époustouflants. Elle ne s'en rendait pas compte, mais elle repoussait toujours un peu plus les limites, bravant avec un succès étonnant les épreuves toujours plus exigeantes de son maître. Enyo attendit que son élève se remette à avancer d'elle même. Elles n'étaient pas pressées. Elles avaient avancé bien davantage que ce que l'espérait la Marchombre, malgré les erreurs de son apprentie qui avait encore du mal à gérer les premiers signes de fatigue. Mais bientôt, le sommet serait là.

Et effectivement, moins de deux heures après, elles arrivèrent au sommet. Elleynah, à bout de force, s'écroula, haletante, contre la glace. Enyo, elle, traversa les quelques mètres qui les séparaient de l'autre versant, et admira le spectacle. Elleynah la rejoignit, et resta muette de surprise. Devant elles, Al-Jeit s'étendait, toute puissante.

***

Elles restèrent plusieurs jours là-bas. A côté de son entraînement, toujours plus intense, Enyo présenta Elleynah au conseil. Elle fut accueillie froidement à cause de ses origines tristement célèbres. Malgré tout, elle réussit avec succès la cérémonie de présentation, et l'Anh-Ju. Grâce à son maître, Elleynah avait même réussi à oublier la rancœur qui l'avait rongée pendant des années.

Un an plus tard, Elleynah fut libérée de ses chaînes, et se retrouva seule face au monde. D'abord effrayée de se retrouver à nouveau livrée à elle même, elle découvrit bien vite que l'infinité de possibles qui s'ouvrait à elle était la meilleure chose qu'elle n'ait jamais connu. Malgré ses origines, malgré son passé, elle était là, debout devant l'immensité. Maître Marchombre. Et c'est ainsi qu'elle se mit à voyager.

Elle avait dix-neuf ans lorsqu'elle commença à découvrir le monde.


EPILOGUE


* Vingt-huitième année.

Elleynah marchait seule, titubante. La boue et le sang qui se mêlaient sur le sol menaçaient de l'engloutir à tout instant. Elle était trop abasourdie pour pleurer, trop perdue pour s'envoler. Cela faisait dix ans. Dix ans qu'elle arpentait une Voie en laquelle elle avait toujours cru. Une Voie qui lui avait apporté une infinité de merveilles, une Voie dont elle avait voulu repousser les limites à chaque instant de sa vie. Elle avait trouvé le bonheur et l'équilibre, plus qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant. Plus qu'elle ne l'aurait jamais fait en suivant le Chaos. Pourtant, tout était différent à présent.

Elle pensait à ses amis. Ceux qui l'avaient toujours soutenus. Ceux qui avaient cru en elle. Ceux qu'elle avait aimé par-dessus tout. Et elle avait mal, oh, tellement mal. La douleur étreignait sa poitrine et son désir le plus profond en cet instant, était que tout s'arrête. Elle avait atteint un niveau qui la classait parmi les meilleurs marchombres, et elle le savait. Pourtant, cela faisait des mois, des années peut-être, qu'un poison se répandait dans son âme. Elle avait cru en trouver l'antidote, mais au lieu de la guérir, il avait précipité sa chute.

Penchée au-dessus du corps sans vie de son apprentie, elle s'était maudit d'avoir été aussi égoïste. Elle n'avait jamais ignoré à quel point elle était dangereuse pour ses proches. Elle n'avait jamais ignoré à quel point sa mère désirait la détruire, ni tous les mercenaires qu'elle avait lancé à sa poursuite. Et maintenant son apprentie était morte, par sa faute. Sa colère n'avait pas tardé à noyer son chagrin et son désespoir. Après avoir dignement dit au revoir à son apprentie, elle prit une décision. Elle ne voyait plus d'autres alternatives. Il n'y avait pour elle plus qu'une chose à faire.

Elle allait partir lorsqu'elle entendit un minuscule bruit. Elle ne tarda pas à en trouver la source. Une toute petite chouette, couverte d'un épais duvet était là, toute seule sur le sol. Elle n'aurait su dire comment elle s'était retrouvée là, ni comment elle pouvait être encore en vie. Elle n'était pas une grande spécialiste en ornithologie, mais elle savait pertinemment que si elle la laissait toute seule ici, elle mourrait avant la fin de la journée. La marchombre l'emmitoufla dans sa cape, et l'ombre d'un sourire naquit au coin de ses lèvres. Au moins, il y en aurait une pour qui la journée ne se terminerait pas si mal. Elle ignorait si l'oiseau allait rester avec elle, elle ignorait si elle parviendrait à le maintenir en vie, mais ça n'avait aucune importance à ses yeux. Plus rien n'en avait. Elle reprit sa route en tenant l'oisillon entre ses mains, et finit par la surnommer Ea.

***

C'est sans regrets qu'elle se rendit dans le lieu où elle avait grandi. A sa grande surprise, elle n'eut pas beaucoup de mal à retrouver le camp des mercenaires du chaos. Rien n'avait changé. Tout était exactement comme dans ses souvenirs. Elle avait déposé ses armes les plus visibles loin derrière elle. Elle inspira un grand coup et se décida à entrer. Elle ne tarda pas à être encerclée. La marchombre n'eut aucune difficulté à garder son calme. Il y avait beaucoup de visages qui lui étaient familiers. Si quelques uns essayèrent de la tuer sans succès, les autres restèrent un peu à l'écart. Son coeur se serra lorsqu'elle aperçut son précepteur dans la foule, cependant, elle garda la tête haute.

- Je suis Elleynah Bàthory, fille de Kaelleyn Bàthory et je désire parler à ma mère. J'ai des renseignements sur les marchombres qui pourront vous être utiles.


* Trentième année.

Elleynah courrait. Elle courrait pour sauver sa vie. Elle était couverte de sang, mais pour une fois, ce n'était pas le sien. Ea volait haut dans le ciel. La jeune femme n'était pas inquiète pour la chouette. Elle était intelligente. En revanche, il allait être un peu plus difficile pour elle de s'en tirer. Elle arborait un large sourire, comme elle n'en avait pas eu depuis deux ans. Il y avait une maturité nouvelle dans son regard, dans ses gestes. Quelque chose en elle avait drastiquement changé. Et enfin aujourd'hui, elle était libre. Pendant les deux dernières années, elle avait fait semblant. Elle avait fait semblant d'être une mercenaire du chaos, elle avait fait semblant de renier l'équilibre qu'elle avait mis tant de temps à construire.

Elle avait mis du temps à obtenir la confiance des mercenaires, à se faire passer pour un d'entre eux. A chaque instant, son seul but avait été de les détruire. Elle voulait les détruire de l'intérieur. Elle voulait leur faire mal comme elle avait eu mal. Quitte à en perdre la vie. Lorsqu'elle était venue ici, une seule chose avait encore de l'importance pour elle : elle ne voulait plus avoir à perdre quiconque qui était cher à son coeur. Elle refusait qu'un autre de ses proches souffre par sa faute. Et après tout ce temps, elle avait enfin compris qu'elle n'apportait pas que la souffrance. Elle avait enfin compris que la part de chaos qui était en elle n'était pas un handicap mais un précieux allié. Elle avait enfin compris qui elle était.

Ce matin d'automne, Elleynah s'envola pleinement pour la première fois.




Informations personnelles

Citation de vous même | Pseudo
Pseudo : Elleynah
Age réel : Une petite vingtaine d'années. Plus ou moins.
Pays d'origine : France. Jusqu'à nouvel ordre. Repo.../SHBAAF/ Mais... T.T

Parlez-nous de vous : Bloup.
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Comment avez vous connu le forum ? : Tooop siiiiiiiiiiiite Un commentaire sur le forum ? : J'vous aime.

Demande particulière : //.



Merci Aki pour le kit *-*
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Syane Ril'Devah
Frontalière
Fiche Validée


Je déclare cette fiche officiellement VALIDÉE !
Sans grande surprise, c'est toujours un plaisir de te lire. Et j'adore toujours autant ce perso.

Bon retour parmi nous ! In love

(Note de l'auteur : Cette fiche a été repostée après autorisation du staff, pour repartir après une longue absence, sur des bases solides.)


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