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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Flashback - Et le Sud rencontre le Nord [Neyd Fil'Azvar]

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Ilenia Nil'Lysah
Sentinelle
C’est une Ilenia de ving-neuf ans qui se trouve ce jour-là sur la route menant aux Marches du Nord. Elle accompagne depuis presque deux mois une caravane qui s’y rend pour y vendre et échanger certaines ressources, bravant le froid et les dangers. Le groupe est composé de marchands aguerris mais aussi de plusieurs Frontaliers qui empruntent la caravane pour rentrer chez eux en famille. Heureusement qu’ils étaient parmi eux car les soldats embauchés par les marchands auraient été plusieurs fois dépassés sans la rigueur des gens du Nord. Ils ont tous survécu parce que les Frontaliers connaissent parfaitement les dangers qui peuvent être rencontrés sur la route entre le Sud et les Marches. Si la Dessinatrice prend la route ce n’est pas pour commercer ou se reposer au Nord mais bien pour visiter ce lieu qu’elle n’a jamais exploré avant. De plus, elle souhaite lier des relations avec le Seigneur des Marches ou au moins quelques personnalités influentes là-bas. Il est important pour elle de compléter son réseau. Son rêve est de devenir Sentinelle et pour cela elle doit s’en donner les moyens. De nos jours on ne devient pas Sentinelle sans une bonne dose de pistons bien placés. Et la Dame sait que la jeune femme fait tout ce qu’elle peut pour en trouver le plus possible et faire bonne impression.


Enfin, ce voyage est l’occasion d’explorer une nouvelle région avec ses spécificités notamment en ce qui concerne le Dessin. Le Nord est connu pour ses zones ou les Spires se font manquantes ou très marquées, les Hiatus. Ilenia souhaite en découvrir le plus possible pour en connaître de plus en plus sur les nombreux aspects du Don. Et comment ne pas parler de la Vigie ? Elle rêve depuis si longtemps d’y mettre les pieds et d’en analyser le fonctionnement. Elle espère avoir la chance de rencontrer certains membres aux placés de la Citadelle et que ceux-ci lui laissent accéder librement à leur territoire. La jeune femme est habituée maintenant à cette vie faite de découvertes et de rencontres et elle ne s’en lasse pas vraiment. Elle aime toujours revenir à Al-Jeit, son endroit préféré de l’Empire, mais elle s’ennuiera sans cette part de mystère qui entoure son quotidien. Elle ne pourrait plus se retrouver enfermée à l’Académie à simplement compiler des livres. Oh, elle lit toujours beaucoup, même parfois en selle quand le temps est clair. Cependant elle n’enregistre plus les informations bêtement, elle teste, elle analyse et elle manipule le Don de manières très différentes afin de tenter d’en comprendre les subtilités.


Un homme à cheval vient se placer au niveau du sien, elle se tourne vers lui, souriante. Ce Frontalier d’une cinquantaine d’années, Hurd, qui rentre retrouver sa femme et son fils après une mission, a décidé en début de voyage de lui servir de garde du corps. Lorsqu’il a su qu’elle voyageait seule, il s’est offusqué, décrétant qu’elle ne devait pas faire ça et qu’elle risquait d’avoir des problèmes surtout en tant que Noble de haut rang. Durant tout le voyage, Ilenia lui a montré qu’il avait tort et qu’elle se débrouille parfaitement bien seule par habitude. Ses tenues de voyages ont été les seules qu’elle a portées et ses robes sont restées bien sagement dans la seconde malle qu’elle a payée. Ainsi il l’a suivie comme son ombre veillant sur elle comme un berger sur sa brebis égarée. La jeune femme, tenant à son indépendance et à son intimité, est souvent passée à deux doigts de le rembarrer et de l’envoyer voir ailleurs mais il s’est accroché et elle n’a pas pu s’en débarrasser. Il y a soi-disant une histoire d’honneur Frontalier derrière ce comportement mais elle ne le comprend pas.



-Ma Dame, nous arriverons à la ville avant la nuit.

-Merci, pourrez-vous m’indiquer une auberge où je pourrai m’arrêter pour la nuit ? Je compte essayer de rencontrer le Seigneur des Marches demain.

-Je vous y accompagnerai ma Dame. Je suis certain qu’elle vous conviendra. Ne vous faites pas de soucis pour notre Seigneur, dès qu’il saura que vous étiez dans la caravane il vous proposera de le rencontrer.

-Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

-Ce n’est pas tous les jours qu’une Dame d’Al-Jeit fait le trajet jusqu’ici dans une caravane et sans escorte. Nous les Frontaliers on est fiers de savoir recevoir nos invités.

-J’espère que vous avez raison, Hurd. Je ne voudrai pas avoir fait tout ce chemin pour devoir repartir sans visiter la Vigie.

-Aucune chance que vous échappiez à son attention, je vous assure.



Elle sourit un peu plus. Elle s’est finalement habituée à la surveillance de cet homme et des autres membres de la caravane. Cette fois-ci elle a voyagé sans son escorte habituelle et a laissé contre leur avis ses deux hommes de main et sa servante à la capitale. Elle souhaite parfois, comme pour ce voyage, voyager avec authenticité. Il est plus facile de s’intégrer à un groupe lorsqu’on ne débarque pas avec toute sa suite et qu’on ne fait rien de ses dix doigts. Ainsi la jeune Noble a participé à certaines tâches de la vie de la caravane, aidant tantôt à la cuisine, tantôt avec les animaux et allumant souvent le feu le soir. Chacun a pu remarquer à quelle vitesse elle produisait une flamme. Ce qui a été très utile  lors de certains combats contre des animaux sauvages ou des brigands. Elle s’est aussi mêlée aux enfants, leur dispensant des cours ou en leur racontant des histoires parfois le soir. Oh, elle ne s’est pas vraiment salie mais a été capable de se lier au groupe ce qui lui permettait parfois quelques extravagances lorsqu’elle posait des questions étranges ou qu’elle s’isolait pour Dessiner ou tester de nouvelles choses.

La fin du voyage se déroule sans accro particulier et le rythme semble s’être légèrement accéléré, comme si chacun souhaite arriver au plus vite en ville. Lorsqu’elle l’aperçoit, Ilenia sourit et se dresse sur ses étriers pour l’observer. La ville fourmille de vie en contrebas du contrefort où se trouve la Citadelle si majestueuse et imposante. On sent parfaitement que la ville comme les habitants sont taillés pour la guerre et le combat. Enfin la fin du voyage. Elle accompagnera la caravane et les guerriers à leur retour vers le sud dans plusieurs semaines mais pour l’instant elle n’a qu’une envie, prendre un bain chaud et déguster un bon repas. Ilenia ne supporte plus ses vêtements et ses cheveux trop crasseux à son goût. Et ce vent froid et perçant qui ne cesse de la glacer jusqu’aux os. Lorsque la caravane s’arrête en périphérie de la ville pour monter leur camp, la Dessinatrice les salue avec attention et chaleureusement puis elle guide son cheval pour qu’il suive celui de Hurd en direction du centre de la ville. Ils s’arrêtent devant une auberge coquette mais animée et descendent de leurs montures qu’ils confient à un garçon d’écurie à la livrée soigneuse et très affairé. Ça semble plutôt bon signe à l’avis de la jeune femme qui suit son guide dans l’entrée. Un homme bedonnant et sympathique l’accueille et lui propose de manger un peu pendant qu’il fait préparer sa chambre et un bain chaud. Reconnaissante, elle le remercie et dit au revoir à son guide qu’elle recroisera certainement en ville ou qui sera dans la même caravane qu’elle à son retour. Alors qu’elle va s’asseoir à une table libre, elle l’entend dire à un homme accoudé au bar.



-Tiens la à l’œil, s’il te plait, qu’il ne lui arrive rien de fâcheux… Elle doit rencontrer le Seigneur demain.


Elle retient un soupir. Qu’est-ce qui peut bien lui arriver dans une auberge ? N’a-t-il toujours pas compris qu’elle est totalement capable de se débrouiller toute seule ? Elle accroche sa cape chargée d’humidité et savoure la sensation de chaleur dispensée par la cheminée flambante à quelques pas de sa table. Elle se prend quelques instants dans la danse des flammes puis se reconcentre sur le verre de vin chaud que lui apporte une serveuse ainsi que sur la soupe de champignon. A la première gorgée, elle ne peut retenir un soupir d’aise. Ensuite, en savourant sa soupe avec son pain noir, elle observe les gens présents dans la salle. Presque toutes la tables sont occupées et majoritairement par des Frontaliers. Quelques marchands sont présents aussi et les individus sont plus ou moins alcoolisés, impossible de dire. Les conversations sont plutôt discrètes pour le moment et elle peut entendre un musicien jouer d’une sorte de guitare dans un coin de la pièce. Ilenia est enfin arrivée dans les Marches du Nord. Demain elle se rendra à la Citadelle...


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Et le Sud rencontre le Nord
Ilenia & Neyd - Flashback


C’est une journée parmi tant d’autres.

Deux Frontaliers descendent l’avenue principale et se bousculent en riant. Ils s’immobilisent afin de laisser passer une servante, proposent même de l’aider à porter les sacs qu’elle tient à la main. Elle refuse, poliment. Un peu impressionnée par la carrure de ces hommes, peut-être. Elle accélère le pas pour rentrer plus vite chez elle ; elle est en retard pour préparer le déjeuner. Sur le pas de la porte, elle salue joyeusement une femme de chambre voisine – une amie dorénavant. Les sourires fleurissent, les bavardages également, avant que toutes deux ne se séparent. Elle les bras chargés de victuailles, l’autre de linge qu’il faut encore laver avant midi. Le temps est froid, glacé, preuve s’il le fallait de l’hiver perpétuel qui habite les Terres du Nord et imprime de son givre les murs en pierre de La Citadelle. Des volutes de fumées glissent au creux des lèvres, des mains rougies s’attrapent et se serrent. Les nuages sont bas, dissimulant aux yeux de tous les plaines immaculées qui bordent la ville. Il y a du danger, là dehors. Des prédateurs qui rôdent et des vies qui se perdent. Ici pourtant, ce sont les rires qui résonnent. Ici, c’est un honneur qui se découvre et qui fait parler l’Empire entier.

La salle d’entrainement s’élève, reconnaissable entre toutes avec cette gravure sur sa façade. Un jeune homme en sort subitement, précipitant ses pas à travers une ruelle avoisinante avant de disparaitre. A l’intérieur, le cliquetis régulier de deux lames qui s’affrontent retentit encore ; l’impression que le temps suspend son ballet pour s’étirer, gardant pour lui l’issue de cette bataille qui n’en est pas vraiment une. Des armes suspendues au mur, rideaux attachés pour atténuer la luminosité de cette salle au parquet de bois que les années ont vieilli, et au centre de laquelle deux hommes s’affrontent.

Les torses ruissellent de sueur. Muscles bandés par l’effort, les parades succèdent aux attaques audacieuses de ces sabres au fer recourbé. Les pas grincent sur le parquet, positions vues et revues des centaines de fois ces dernières années. Si leur musculature est sensiblement la même, tout semble séparer les deux combattants. L’un est brun, l’autre est blond. Les prunelles azuréennes du premier débordent de certitude tandis que les émeraudes du second s’emplissent peu à peu de doute – à croire que le gagnant est déjà tout trouvé.

Une contre-attaque rapide, mouvement sec du poignet esquissé à la volée, avant que la lame ne s’envole. Le fracas qu’elle crée en rejoignant le sol ne fait qu’accentuer le sourire du Frontalier, alors qu’il vient pointer le bout de son sabre sous le menton de son adversaire.


« Et voilà, tu me dois encore une bière. Je vais finir saoul avant que la Lune ne soit levée si ça continue ! »

C’est une journée comme aucune autre. Aujourd’hui, Neyd est de bonne humeur.

« Comme si t’avais besoin que je t’aide pour que ce soit le cas ! »

Le bougonnement de Lyam arrache un rire au jeune homme. D’une main tendue, il aide son ami à se relever avant de nettoyer soigneusement sa lame. Après avoir récupéré la sienne, Lyam jette un coup d’œil songeur à son frère d’armes. Il y a longtemps qu’il ne l’a pas vu aussi détendu, si tant est qu’il l’ait déjà vu ainsi un jour.

« C’est le départ de ton père qui te met dans cet état ? »

Quelques instants durant lesquels le regard de Neyd se voile et ses muscles se contractent, pour qu’il choisisse finalement de ne pas se laisser aller à sa rancœur. Le commandant Fil’Azvar est effectivement censé quitter La Citadelle pour une mission dans Les Marches d’ici peu et, contre toute attente, cette perspective réjouit Neyd. L’idée de pouvoir passer quelques jours loin du joug paternel a un effet bienfaiteur sur son humeur – même ses entrainements se font plus décontractés, en ce moment. Sourire malicieux aux lèvres, il pose son sabre et s’empare des deux serviettes posées sur la banquette, avant d’en lancer une en direction de Lyam.

« Tu vois une meilleure raison de trinquer ce soir ? »

Le blond sourit, à son tour. Il ne leur faut que quelques minutes pour se sécher et enfiler leurs vêtements. Emmitouflé sous son épais manteau de fourrure, Neyd sort le premier du bâtiment. Il prend le temps de remonter son col et de laisser une volute de fumée danser devant ses yeux avant de déclarer :

« On se retrouve à la Taverne. »
« Neyd, tu… »

Mais le Frontalier ne l’écoute plus, pas mécaniques le guidant vers l’imposante demeure de son père. Resté seul, Lyam pousse un profond soupir. Si son ami croise Logan, nul doute que la conversation s’envenimerait et que la dispute serait à l’ordre du jour. Et si une telle chose arrivait, il sait que jamais Neyd n’en parlera. Un sourire amusé étire ses lèvres ; s’il n’en parle pas, son éternelle morosité le fera pour lui.

*

Neyd pousse la lourde porte de bois sombre, prenant garde à ne pas la laisser claquer pour n’avertir personne de sa présence. L’idée qu’il pourrait éventuellement réussir à éviter la rencontre avec son père le pousse à prendre plus de précautions qu’il ne le fait habituellement. Et puis il a toutes ses chances, pour peu que Logan ait le nez plongé dans les préparatifs de son départ à venir. Manteau accroché, le jeune homme se glisse à travers le salon désert, et s’apprête à gagner l’escalier de service lorsque son  regard est subitement attiré par le plat de gâteaux trônant sur la table de la salle à manger. Un coup d’œil alentour lui assure que la voie est libre, lui laissant le loisir de s’approcher de son futur en-cas. Il a à peine saisi la pâtisserie qu’une voix s’élève, en provenance directe de la cuisine.

« Neyd ! Ne t’avise pas de toucher aux gâteaux ! »

Un sourire taquin étire les lèvres du Frontalier. Sucrerie en bouche, il esquisse encore quelques pas, jusqu’à ce que la silhouette familière d’Anaé se dessine dans la pièce qu’il vient de gagner – son immortel tablier noué autour de ses hanches tandis qu’elle se hâte aux fourneaux. Elle se tourne subitement vers lui, observant d’un œil courroucé le gâteau qu’il est en train d’engloutir.

« Qu’est-ce que j’ai dit ? »
« Que je pouvais prendre mon dessert avec de l’avance. Je ne dîne pas là ce soir. »

Elle le dévisage quelques instants d’un air suspicieux.

« Tu fêtes quoi, aujourd’hui ? »

Son sourire s’accentue.

« Tu le sais bien. »

Avant qu’elle n’ait le temps de répondre, il s’approche d’elle pour faire claquer un baiser collant sur sa joue et, sans se formaliser des râlements que ce geste déclenche chez sa nourrice, disparaît dans la cage d’escalier.

Restée seule, Anaé ne peut s’empêcher de sourire, à son tour.
La bonne humeur de Neyd est si rare qu’elle en est contagieuse.


*

Assis à table en compagnie de ses frères d’armes, Neyd écoute d’une oreille distraite les discussions qui l’entourent. Une bière à la main, une cuillère de l’autre, il goûte une fois encore à la soupe de champignons que lui a apportée Anya – battements de cils et sourire enjôleur à l’appui. Il en est à siroter une gorgée de mousse lorsque Lyam revient s’assoir à côté de lui, l’air intrigué.

« Tu vois la femme, là-bas ? »

Neyd tourne la tête dans la direction indiquée par son ami, s’attardant une poignée de secondes sur le châtain des cheveux de l’inconnue. Voyant qu’il ne répond pas, Lyam poursuit.

« Hurd m’a demandé de garder un œil sur elle. Elle rencontre le Seigneur demain… Et donc ton père, j’imagine. »

Le brun hausse un sourcil surpris. Rencontrer son père ? Impossible. Il est censé partir demain en début de journée.

« Tu la connais ? »

Ses iris décrivent une nouvelle fois le port de tête altier et les vêtements que la jeune femme porte sur elle. Elle n’est pas ici, c’est une certitude, mais la voir de dos l’empêche d’en savoir davantage. Il s’empare de sa choppe et repousse sa chaise pour se lever.

« Pas encore. »

Sur un clin d’œil, Neyd s’éloigne en direction de la table de la demoiselle, laissant un Lyam bouche bée en compagnie des autres. Arrivé à sa hauteur, il déclare simplement :

« Soupe de champignons, excellent choix. »

Il penche légèrement la tête, reculant d’un pas pour avoir une vue complète sur le visage inconnu.

« Il est rare de voir des étrangers avoir le courage d’affronter le froid des Marches. Vous devez être sacrément audacieuse… Ou totalement inconsciente, au choix. »

Il hausse les épaules, un sourire taquin sur les lèvres. Il n’est pas venu chercher bataille, simplement procéder à quelques vérifications habituelles… Et satisfaire son insatiable curiosité, également. Il tend sa main libre dans la direction de la jeune femme, insensible à l’idée de perturber son dîner.

« Neyd Fil’Azvar, enchanté. Je suis le fils du Commandant Logan Fil’Azvar. Vous permettez que je me joigne à vous ? »

Presque trop aimable pour véritablement lui ressembler.


HRP:
Mille pardons pour le retard Facepalm J'ai plus bugué que prévu ._. J'espère que c'est pas trop moche! N'hésite pas si quelque chose cloche lèche
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Ilenia Nil'Lysah
Sentinelle
Ilenia savoure la douce chaleur qui se diffuse en elle progressivement, entre le feu de cheminée qui flambe dans l’âtre et la soupe de champignons presque brulante entre ses mains. Elle sent tout son corps se réchauffer et être de plus en plus à l’aise sur cette chaise pourtant de bois dur. Après cette longue chevauchée dans les contrées froides, elle redécouvre cette sensation de confort même minimaliste. Il faut dire que tout est plutôt simple par rapport à ce qu’elle côtoie habituellement à Al-Jeit mais  ça a le mérite d’arriver à point nommé. Elle en ressent tellement le besoin qu’elle ne peut que profiter de l’instant présent. Elle se dit qu’elle a de la chance d’être parvenue jusque-là en vie et sans s’être blessée. En plus, elle aurait pu souffrir bien plus du froid mais ses vêtements ne sont pas couteux pour rien, ils sont donc bien isolés du froid ambiant. Elle s’est arrangée, en payant les bonnes personnes, pour que ses deux malles lui soient déposées ici dans la soirée, elle n’aura donc pas de soucis à se faire pour le lendemain. C’est donc pourquoi, elle savoure autant ces instants de tranquillité en réfléchissant déjà à cette prochaine journée qui s’annonce riche en émotions.


Elle a pris le soin d’envoyer une missive au Seigneur des Marches avant de partir pour le Nord afin d’être bien sûre qu’il la recevra pour qu’elle puisse explorer un peu les mystères de cette région. La réponse qu’on lui a envoyée était positive donc normalement, ils sont au courant là-haut à la Citadelle de son arrivée et de ses projets. On lui a signalé que le Seigneur ne serait pas présent à son arrivée mais qu'elle serait reçue par le Commandant Fil'Azvar. C’est pourquoi, avec cette réflexion, elle doute un peu moins des paroles de Hurd concernant leur intérêt pour elle. Il est en effet possible que le Commandant la reçoive rapidement même si ce serait faire preuve d’un sens de l’hospitalité très développé assez étonnant si on suit la réputation de barbares qu’ont les gens du Nord. En tous cas, il sera intéressant de se rendre à la Citadelle dans la matinée pour au moins informer le Seigneur de sa présence et lui solliciter une audience dans les règles de l’art. Le Commandant Fil’Azvar a une réputation à tenir, elle ne peut pas débarquer sans y mettre les formes d’usage. Ilenia Nil’Lysah a elle aussi une certaine renommée qu’elle souhaite conserver et entretenir. Si ça peut l’aider à devenir Sentinelle plus tard, elle ne reculera devant aucune courbette. Son rêve est bien plus important.


Sa réflexion est soudainement interrompue par l’arrivée d’un jeune homme qui se place à sa hauteur. Elle lève les yeux vers lui. Il s’agit d’un Frontalier sans hésitation. Son corps semble parfaitement taillé, tout en muscles et en puissance contenue. Ces grands yeux bleus sont fixés sur elle et l’inspectent, encadrés par une tignasse noire et ondulée. Il semble avoir à peine atteint la majorité malgré sa barbe fournie qui lui mange les joues. Son port de tête et sa façon d’entrer dans son espace semblent démontrer qu’il est sûr de lui et déterminé. Tant mieux, elle préfère converser avec ce genre de personnes qui sont bien plus captivantes. Cependant, elle n’est vraiment pas d’humeur pour une conversation cordiale qui s’éternise, son bain chaud l’attire bien plus. Ilenia attend donc qu’il ait fini de se présenter et elle lui fait signe pour qu’il s’asseye en face d’elle sur la table en lui répondant aussi aimablement qu’elle le peut :



-Enchantée de vous rencontrer Neyd Fil’Azvar, je suis Ilenia Nil’Lysah, Chercheuse de l’Académie d’Al-Jeit. Je m’intéresse en particulier au Don, ses particularités et ses utilisations possibles dans le domaine de la Défense.


Bien consciente que le sujet ne va pas absolument pas intéresser le guerrier, elle choisit pourtant cette entrée en matière. Si elle l’ennuie dès le début, peut-être va-t-il lui ficher la paix plus vite ? En tous cas, c’est ce qu’elle espère au fond. Elle ne peut cependant pas le rembarrer complètement, c’est quand même le fils d'un haut gradé de la Citadelle.


-Si j’ai affronté le froid du Nord, c’est bien évidemment pour explorer les diverses singularités de l’Imagination dans votre région. Leurs effets sont, semble-t-il très impressionnantes et j'ai hâte de les étudier.


Allez, rajoutons-en une couche, histoire de bien lui donner envie de quitter cette chaise au plus vite. Il faut cependant ne pas se montrer trop rude, ce serait contre-productif pour ce qu’elle souhaite faire durant le reste de sa visite. Ilenia ne connait pas ses relations avec son père. Il pourrait lui demander de ne pas accéder à ses demandes et elle aurait fait tout ce chemin pour rien, malheureusement. Il va s’agir d’éviter ce jeune homme au charme certain mais bien trop jeune pour être assez mature ou pour avoir une réelle conversation. Toute discussion sera forcément une perte de temps. Pourquoi faut-il toujours porter un masque en société ? Elle retient un soupir, observe son bol de soupe vide avec un regret visible et espère que son dessert arrivera bientôt.


-J’avoue cependant que je commençais à me demander si on arriverait un jour, la route est longue depuis Al-Jeit et il fait tellement froid chez vous…

Maintenant elle lance des évidences dans la conversation. Quoi de pire que de parler de la météo ? C’est un sujet que l’on aborde uniquement si l’on n’a vraiment rien à dire. Mais la jeune femme sait toujours comment répondre à une personne trop insistante. C’est une habitude qu’elle a depuis un moment maintenant de manipuler les discussions mondaines pour qu’un interlocuteur la laisse tranquille.  S’il ne part pas maintenant, elle aura eu le malheur d’être tombée sur un entêté mais au moins, ce sera peut-être quelqu’un à sa hauteur. C’est un défi de converser avec quelqu’un qui est comme soi, même si ça demande beaucoup de patience. Or, elle n’en a clairement pas ce soir-là. Ilenia conclut alors, le sarcasme et le double sens voilés par un sourire qui se veut aimable :


-Je comprends mieux pourquoi on dit que vous êtes des ours vous les Frontaliers !


Spoiler:
Affreusement désolée pour le retard ! :3 J'espère que ça te convient, n'hésite pas si je dois modifier quelque chose


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