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Seïleen Dil'Silkea

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Seïleen Dil'Silkea
Étudiante Dessinatrice
Seïleen Dil'Silkea
Dessinatrice | Alavirienne | Etudiante

Généralités

Nom | Dil'Silkea, née Silkea.
Prénom | Seïleen
Surnom | Seï, mais elle est connue sous le nom de Sittelle, principalement à Al-Vor
Sexe |  :666:
Âge | 18 ans
Lieu de Naissance | Al-Vor
Peuple | Alavirienne
Métier | Etudiante à l'Académie d'Al-Jeit.

Description Physique

Je ne suis qu'un oiseau, un Sittelle libre qui vole au fil du vent et non cette espèce de poupée pour laquelle vous me prenez. | Sittelle
Comment voudriez-vous que je vous décrive un rêve ? Franchement, chacun en a sa propre vision, chacun le voit et l’apprécie différemment. Mais bon, essayons. Mes mots ne seront jamais à la hauteur de l’impression que vous en aurez par vous-même. Imaginez la plus belle fille que vous n’avez jamais vue, que ce soit réellement ou non. Votre idéal féminin, l’incarnation de la beauté en une humaine.
Ses courbes sont délicieuses. Un visage raffiné, un cou gracile, des épaules fragiles, de longs bras aux mouvements aériens terminés par deux mains de pianiste. Les doigts sont longs et fins, ils semblent déposer un toucher imperceptible, tant ils donnent l’impression d’être légers. Une poitrine peu importante, dans l’harmonie de la silhouette, une taille de guêpe, des hanches étroites. Les jambes qui en découlent semblent interminables, galbées par une activité régulière et s’achevant sur deux petits pieds délicats. Personne ne peut rester insensible devant un corps d’une telle beauté.
Mais ce qui l’accompagne est mieux encore. Son visage est tout simplement celui d’un ange. Si la Dame avait une fille, sa perfection serait celle de Seïleen. Ses traits fins décrivent une forme élégante. La mâchoire est douce, les pommettes peu marquées, le nez suit une courbe harmonieuse qui s’envole vers les cieux. Les lèvres s’étirent en un sourire merveilleux à en faire pâmer le plus insensible des hommes. Les dents qu’il dévoile sont droites et blanches, alignées avec régularité. Mais il me reste le meilleur à vous décrire. Les yeux sont le miroir de l’âme dit-on ? C’est faux pour notre demoiselle mais ils vous donnent une impression merveilleuse, surtout si vous croyez à cette maxime.
Vert. S’il ne fallait choisir qu’un seul mot pour les décrire, ce serait bien celui-ci, mais il manque cruellement d’informations. Il faudrait déjà y ajouter « lumineux » ou « éclatant ». Son regard renvoie en effet une sensation de lumière intérieure, qu’on associe généralement à un immense bonheur ou à une grande pureté. Mais la couleur verte, si elle recouvre un large camaïeu ne suffit pas à décrire les teintes qui s’harmonisent dans ces yeux merveilleux. La pupille est noire, d’un éclat d’ébène profond qui semble ouvrir sur des abysses dans lesquels on ne demande qu’à se perdre. Mais l’iris est bien plus remarquable. Au centre, un cercle sombre se décline en une variété de verts, de la couleur des sapins luttant contre la froideur de l’hiver à celle d’un bourgeon à peine éclos, passant par l’émeraude des prairies sous un soleil de printemps, la feuille de menthe tendre, la couleur des pommes mûres, la douceur du jade et la tendresse de l’anis.
Le vert est la couleur de l’espoir et de la renaissance. Le regard de Seïleen représente aussi la liberté et l’oubli. Oh non, pas l’oublie négatif, simplement que l’on a envie de se perdre à jamais dans un regard d’une telle beauté. Les nuances qu’il propose paraissent incroyable tant elles sont variées. Mais si son regard est si incroyable, on ne le remarque qu’en second puisque qu’il est caché par une chevelure d’or.
Ses cheveux sont tout simplement lumineux, on la dit blonde comme les blés mais peut-on réellement comparer le plus précieux des métaux – excepté la vargelite – à une céréale ? Le miel si doux ou le safran épicé sont également des teintes qu’on peut lui reconnaître mais ne représentent guère la délicatesse de ces fils aériens qui se soulèvent au moindre souffle de vent. Ils lui donnent une impression angélique, puisque seuls les anges sont enveloppés de cette aura éthérée qui règne autour de Seïleen.
Sa peau est plutôt claire, mais elle aime passer du temps dehors alors elle l’était bien plus étant petite. Elle avait alors une peau d’ivoire, prenant facilement des coups de soleil et supportant mal une telle lumière. Seulement, rester enfermée l’insupportait alors elle oubliait ce problème et en est ravie maintenant qu’elle peut passer des heures sous un ciel dépourvu du moindre nuage. Comme elle n’apprécie pas qu’elle la tiraille, étant donné qu’elle est très sèche, elle prend garde à boire beaucoup et parfois emprunte des onguents à sa tante. Sa peau est donc très claire et très douce, dépourvue de marques mais pas de cicatrices. Elle parvient cependant à les cacher sous ses vêtements sans trop de difficulté.
Cette pure beauté est alors vêtue des plus belles robes. Faites en général simplement de lin ou de coton, parfois de dentelle ou de soie, elles n’en mettent pas moins en avant les atouts de cette jeune fille en prenant les couleurs les plus vives ou les plus délicates. Des bracelets teintent alors à ses poignets fins, de fines chaînes enlacent son cou délicieux et de fines chaussures couvrent ses pieds. C’est ainsi que Seïleen participe aux soirées. Sa beauté angélique charme la moindre personne qui s’approcherait d’elle. Ses gestes raffinés contre son gré, son attitude effarouchée et son regard d’émeraude font d’elle le point de mire des regards au milieu de la foule et guident naturellement chacun auprès d’elle.
Bien évidemment, la beauté est un critère très subjectif. Il est de nombreuses personnes qui trouvent qu’elle est simplement « jolie » quand d’autres la trouvent « incroyablement belle ». Chacun aura son propre avis. Toujours-est-il que selon la majorité des critères de beauté de l’espèce humaine, elle possède la silhouette et les traits d’un canon. Vivyan était une bien plus belle femme qu’elle mais elle était une création de l’Imagination et une légende, au point de faire succomber Merwyn. Seï n’aurait pas ce pouvoir. Pourtant, ses gestes et son aura ont ce petit quelque chose qui attire le regard instinctivement. Ne parlons pas de charisme pour une personne timide comme elle, mais effectivement, elle est très appréciée sans avoir à y faire grand-chose.

Mais elle déteste cela et prend le soin de cacher cette beauté dès lors qu’elle n’est plus en soirée. C’est en effet le cas la plupart du temps. A l’Académie, elle parvient à trouver un juste milieu qui lui évite de ressembler à une souillon tout en évitant de magnétiser chaque passant à elle. Elle s’habille simplement de tuniques larges et de pantalons qui masquent quelque peu ses formes gracieuses, elle marche tête baissée, évite les regards et ne dit mot à moins d’y être obligée.
Oh parce qu’aurais-je omis de parler de sa voix ? Je l’ai comparée à un ange, bien que ce soit une pâle comparaison, mais sa voix est certainement divine. Sa mère est dotée de la même bien qu’en plus grave, proche de l’alto tandis que Seïleen est plus soprano. La première est une conteuse reconnue dans une large partie de Gwendalavir pour la magnificence de sa voix. Sa fille en a hérité. Je pense que cela suffit à vous expliquer que notre petite dessinatrice est dotée d’une voix splendide. Et c’est pour cela que vous ne l’entendrez guère éclater de rire – un rire incroyablement cristallin – ni partir dans de longues tirades. Mais les rares mots qu’elle prononce vous empliront de paix.
Mais il existe un autre extrême dont je ne vous ai encore pas réellement parlé. Elle est une splendide jeune femme lorsqu’elle y est obligée, mais elle préfère infiniment rester dans les rues, habillée en voleuse. Elle est alors vêtue de sombre, des vêtements amples attachés au niveau des poignets, de la taille et des chevilles par de larges bandes de tissu, afin qu’ils ne s’accrochent à une poignée de porte ou qu’ils ne puissent être saisis par un quelconque observateur plus habile que les autres. Elle attache ses cheveux d’or en une queue de cheval serrée, plus rarement un chignon. Elle les salit à l’aide de charbon et de poussière. De même pour sa peau veloutée.
Elle ressemble à une enfant des rues, menue comme elle est, et parvient à rester inaperçue. Jamais vous ne feriez le lien entre la Sittelle et la jeune femme des soirées mondaines. Elle a des airs de Faël entre sa peau sombre, son agilité et sa petite taille. Elle marche d’un pas assuré en ville et hésitant lorsqu’elle retrouve ses beaux vêtements. Elle sait où elle va dans les ruelles tortueuses d’Al-Vor mais se cache dans les rares ombres d’une immense salle éclairée. Il semble que deux personne se cache sous le même nom tant elles n’ont rien à voir si ce n’est une vague silhouette.

Voilà qui est Seïleen. Tantôt parée de mille atours, brillants de mille feux sous les lumières, prisée de mille personnes pour sa beauté. Tantôt seule au milieu d’une foule, cachée sous le noir du charbon, marchant d’un pas décidé vers l’objet qu’elle a choisi de voler. Une jeune femme a l’incroyable beauté qu’elle considère comme une malédiction.

Caractère

Euh... Je... Je peux y aller s'il vous plaît ? | Seïleen Dil'Silkea
Une jeune femme si belle cache pourtant quelques noirs secrets insoupçonnables au premier abord. Je vais vous en dévoiler quelques-uns.
Je vous ai déjà parlé de son assurance en ville. Elle s’y repère où qu’elle soit, elle apprécie de se trouver dans des endroits connus. En effet la nouveauté l’inquiète plus qu’elle ne l’excite, bien que la découverte d’Al-Jeit soit une exception tant la beauté de la ville l’émerveille, ainsi que les prouesses qu’elle représente vis-à-vis du dessin. Seïleen est très sérieuse et mature, contrairement à ce que l’on imagine parfois. Elle prend souvent des airs sombres et concentrés lorsqu’elle se déplace au milieu des ombres et des étalages de marchands.
Elle a parfois des côtés kleptomanes car elle ne peut s’empêcher de voler ponctuellement. Si elle ne vole pas, l’envie monte, comme une drogue et elle finit toujours par céder à cette malsaine tentation. Elle n’en a nul besoin, ses parents gagnent suffisamment pour qu’elle soit à l’abri d’un quelconque besoin. Pourtant, ce besoin de voler reste en elle quoi qu’elle fasse pour s’en défaire. Elle est toujours parvenue à éviter les problèmes, mais cela lui retombera bien dessus un jour.
Cependant, l’un des points majeurs de son caractère reste sa timidité maladive. Elle est tout bonnement incapable d’aborder quelqu’un dans la rue à moins de l’avoir observé quelques minutes pour se familiariser à l’idée. Et même dans ces conditions, elle sera mal à l’aise. Elle aura tendance à bégayer, regarder ailleurs, de préférence vers le sol, et rougir. Elle rougit facilement, à vrai dire dès qu’une situation est embarrassante. Comme cela lui arrive régulièrement, dès lors qu’il y a contact avec les gens, on peut imaginer qu’elle est trop souvent rouge comme une pivoine. Or cela se marrie très mal avec des cheveux dorés et des yeux verts.
Elle a donc peu d’amis pour ne pas dire aucun. Ombre, sa Sittelle, qui lui donne son surnom et l’accompagne où qu’elle aille. Elendryl, sa tante, si l’on peut la qualifier d’amie, puisqu’elle la protège. Les enfants d’Al-Vor qui volaient en sa compagnie, bien qu’ils ne l’aient jamais connue réellement, à peine croisée et respectée. Quelques étudiants taciturnes de l’Académie, qui apprécie qu’elle ne leur parle guère. Les nobles pensent parfois être ses amis mais elle déteste les côtoyer car cela implique un univers dans lequel elle se sent en complet décalage avec les autres. Peut-être peut-on qualifier Seïleen d’associable, mais ce serait faux. En réalité, elle aimerait avoir des amis, simplement elle ignore comment faire.
Il faut ajouter à cela une certaine méfiance. Lorsqu’on a vécu dans la rue, même brièvement, on a appris à ne se fier à personne trop rapidement. Imaginer que certains confieraient leur vie à d’autres dépasse un peu Seïleen qui a appris à ne se fier qu’à elle-même. Et éventuellement à Ombre. Parce que cette dernière a un regard aérien sur les situations et qu’elle est elle-même assez dépendante de sa maîtresse, bien qu’elle soit probablement capable de la quitter et de redevenir sauvage. Mais elle aimerait pouvoir se confier, cesser d’être sur ses gardes à chaque fois que l’on vient lui parler. Elle aimerait être moins jolie et plus sûre d’elle, elle aimerait beaucoup de choses. Mais ce n’est pas si simple.
On pourrait la qualifier de réaliste. En effet, elle voit chaque aspect de chaque situation avec un recul teinté de pessimisme. Quoiqu’il arrive, elle envisage le pire, parce qu’il n’y a aucune raison pour que le pire n’arrive pas et que si quelque chose peut arriver, cela arrivera. Ses réflexions ne sont pas toujours agréables car elle est également très sincère. Elle ne ment à personne, préférant le silence plutôt que d’attaquer la vérité. S’il y a bien une chose qu’on a fait pour elle, c’est de ne jamais avoir tenté de lui faire croire des bêtises y compris dans sa plus tendre enfance. Les légendes exceptées.
Vous ne trouverez guère de personnes de son âge ou plus qui connait autant de légendes que Seïleen. Sa mère, en tant que conteuse, lui chantait ou lui décrivait les aventures des plus grands héros de Gwendalavir. De Merwyn Ril’Avalon au Dragon en passant par Ewilan Gil'Sayan, Edwin Til’Illan ou Ellundril Chariakin. Même Ejil et la Sérénissime. Ces personnages mythiques accompagnent les pensées de notre jeune dessinatrice, ainsi que ses rêves, depuis toujours. Elle pourrait remplacer sa mère entre sa connaissance et sa voix, mais cela ne l’intéresse pas, outre qu’elle soit mortifiée à l’idée de se produire devant un public. Toujours est-il que le plus grand rêve de Seïleen est de rencontrer une légende. Elle sait qu’elles sont immortelles, ne serait-ce qu’à travers les mémoires. Elle aimerait également beaucoup visiter sa Sérénissime et peut-être y rencontrer un de ces personnages ?
Finalement, malgré son réalisme, elle reste une personne rêveuse. Cependant, jamais elle n’ira les confier à quiconque, sauf peut-être Ombre qui l’écoute en lançant de temps à autre des belles trilles joyeuses. Seïleen est également quelqu’un de très doux. Maîtresse de ses émotions, elle ne blesse personne sans raison et n’hésite guère à aider les gens, à moins que cela implique des relations sociales. Nourrir un enfant, calmer un cheval ou réparer un étal, rien de cela ne la dérange tant qu’on ne cherche pas à discuter avec elle. Elle se contente d’un simple « merci » et s’en va pour cacher son éclatant sourire.
Elle serait plutôt joyeuse si sa vie s’y prêtait car elle sait profiter de tout et sait comment sa satisfaire. Un petit vol par ici, un câlin avec Ombre, un moment de solitude en haut d’une tour… De petits riens – pour elle, précisons-le – qui savent emplir son cœur de sérénité. Elle apprécie aussi de parcourir l’imagination à la recherche du dessin le plus adapté et n’aime pas bâcler les choses. Le soin qu’elle apporte à chaque détail est très apprécié de ses professeurs à l’Académie et lui a permis de toujours éviter de se faire prendre lorsqu’elle volait à Al-Vor.

Cependant, comme Seïleen est quelqu’un de discret et peu affirmé, la plupart de ces traits ne sont pas découvrables avant de bien la connaître, inutile de poursuivre dans les détails !

En résumé :
Assurée · mature · kleptomane · très timide · méfiante · réaliste · sincère · rêveuse · douce · soignée · sait profiter des choses · discrète  · sérieuse

Histoire

Appelez-moi Sittelle. | Sittelle
« L’Empire était sous la domination Ts’lich, les humains servaient de bétail à ces puissants dessinateurs et la joie tout comme la liberté n’étaient qu’un vague souvenir oublié. C’est alors qu’un dessinateur incroyablement doué se redressa au milieu de cette humanité agenouillée. Personne n’était aussi à l’aise que lui dans les Spires, sauf le Dragon. Il créa mille dessins, lutta contre l’envahisseur et parvint à sauver Gwendalavir et surtout, à lui apporter l’espoir. Libérés, ces dessinateurs doués parèrent leur pays d’éternelles merveilles comme Al-Jeit ou l’Arche, que j’espère que tu auras l’occasion de voir un jour, ma chérie.
« Mais il était impensable pour les Ts’lich qu’un simple humain, fut-il aussi doué que Merwyn Ril’Avalon, puisse les avoir vaincus. Alors ils élaborèrent une stratégie. Un jour que Merwyn était seul dans les Marches du Nord, il rencontra une femme merveilleuse. Il est dit qu’elle était d’une perfection absolue, la plus belle femme qui ait jamais existé. Il en tomba éperdument amoureux et l’emmena avec lui. Malheureusement, Vivyan était une création des Ts’lich, un simple dessin. Elle ne pouvait survivre qu’un laps de temps fini. Mais l’amour que lui portait Merwyn était si puissant et si pur qu’elle vécut plusieurs années. Il fut immensément heureux aux cotés de cette femme qu’il aimait tant. Il parvint à l’arracher à l’emprise que les Ts’lich avaient sur elle, puisqu’ils comptaient se servir d’elle contre leur ennemi.
« Cependant, le temps a fini par vaincre Vivyan et malgré les efforts de Merwyn, malgré son incroyable talent, malgré son amour surpuissant, elle allait disparaître, comme tout dessin et toute vie sont voués à disparaître. Alors il créa un cercueil de cristal pour préserver le corps de la femme qu’il aimait plus que tout et jura de trouver un moyen de la ramener à la vie. Son amour pour elle était comparable à celui entre le Dragon et la Dame, ma chérie, et nul amour n’est plus puissant que le leur. Il a un jour déclaré « Le pouvoir qu'offre l'Art du Dessin est limité. L'amour, lui, est infini. » Il était pourtant un dessinateur de renom, conscient des innombrables possibilités de l’Imagination, mais l’amour était plus incroyable encore.
« Il est dit que Merwyn n’est jamais mort, qu’il vit encore quelque part avec pour seul objectif de ramener la femme de sa vie d’entre les ombres. Il continue de surveiller Gwendalavir et de travailler. Une légende ne meurt jamais ma chérie, souviens-toi toujours de cela.

Si l’histoire était censée endormir la jeune fille, elle avait eu l’effet inverse. Les yeux brillants et pleins de vie, elle n’en voulait que plus. La voix merveilleuse qui venait de lui raconter cette histoire tout aussi merveilleuse éclata d’un rire cristallin.
- Il est temps d’aller dormir, Seïleen. Je sais bien que tu adores cette légende, mais seules les légendes peuvent échapper au sommeil. Tu n’en es pas une, peut-être un jour, mais aujourd’hui il faut y céder.
La petite hocha la tête en mimant un air peiné alors qu’elle pétillait de joie. Obéissante, elle se cala cependant au fond de son nid douillet et tendit les bras vers sa mère. Celle-ci la couvait d’un regard maternel empli d’amour. Puis elle la prit contre elle, déposa un léger baiser sur son front et replaça la couverture sur elle. En sortant, elle souffla sur la bougie et lui lança un dernier regard plein d’affection.


- Mais pourquoi vous partez ?
La petite fille protestait d’une voix aiguë. Sa question, bien que légitime, ne reçut qu’un regard peiné. Elle se renfrogna, baissant le regard pour ne plus voir les préparatifs qui s’achevaient. Pourtant, des pieds s’approchèrent et sa mère s’accroupit près d’elle.
- Je te l’ai déjà expliqué Seïleen. Maman et Papa vont travailler dans tout le pays pour se faire connaître. Tu es une grande fille, tu as déjà cinq ans ! Tu es parfaitement capable de vivre sans nous un petit moment, n’est-ce pas ?
L’enfant secoua la tête, n’en ayant que faire d’être ou non une grande fille, pourvu qu’on lui laisse ses parents. Elle se blottit contre sa mère qui l’enveloppa avec un soupir. Puis elle se redressa malgré sa fille qui s’accrochait à elle et déclara qu’ils allaient partir. Elendryl, la tante de Seïleen s’avança vers cette dernière avec un regard empli de gentillesse.
- Tu viens avec moi, Seï ? Tu as pris toutes tes affaires ?
Elle ne répondit pas alors la femme prit le petit sac et la petite main pour emmener l’enfant hors de chez elle. La conteuse et son époux les suivirent avant de verrouiller la porte. Ils iraient donner les clés à un locataire prochainement afin que la maisonnette ne reste inutilisée durant trop de temps. Les adieux furent durs pour la fillette qui refusait le départ de ses parents mais elle n’eut pas le choix et Elendryl l’emmena chez elle sans qu’elle ait proféré un mot.
Sa mère allait devenir une conteuse célèbre. Sa voix merveilleuse pouvait apaiser une foule en colère et elle connaissait toutes les légendes de Gwendalavir sur le bout des doigts. Elle savait imposer un rythme à ses histoire, faire ressentir des sensations intenses par le simple pouvoir des mots. Son père lui, était un très bon dessinateur. Il avait été à l’Académie dans sa jeunesse, bien qu’ayant abandonné avant la fin de ses études, et s’était spécialisé en illusions, jeux d’ombres et de lumières. Il accompagnait la voix de sa femme par ses dessins, ajoutant une dimension visuelle au spectacle. Bien qu’il ne dessinât que des formes sombres, les lumières qu’il ajoutait donnaient un aspect très réaliste et ce difficile travail avait un excellent rendu.
Ce duo prometteur exerçait depuis des années à Al-Vor et il était temps pour eux de faire le tour de Gwendalavir. Voilà pourquoi ils laissaient leur fille. Il y avait nombre de dangers sur les routes d’autant qu’il se murmurait que les Raïs gagnaient en activité. En cette année 151 de la Dynastie Fil'Ophel, les routes étaient encore sûres jusqu’à la Citadelle, exception faite des créatures qui rendaient le nord sauvage depuis des millénaires. Mais ce n’était pas pour autant un voyage adapté à une enfant de cinq ans, d’autant plus qu’ils comptaient revenir régulièrement. Lorsqu’elle serait assez grande, ils voyageraient ensemble.


Elendryl se préparait. Par le mariage, elle était devenue noble et cela impliquait de se rendre de temps à autres aux soirées organisées par cette classe d’élite. Derrière elle, une enfant d’à peine six ans la regardait d’un air renfrogné. Ses parents étaient revenus trois semaines plus tôt et étaient repartis la veille en refusant de l’emmener avec deux. Elle n’avait que faire des dangers, elle voulait ses parents. Et voilà qu’elle se retrouvait avec sa tante, occupée à se pomponner. Et elle ne l’aimait pas. Pas parce qu’elle était méchante ou quoi que ce soit, oh non ! Elendryl la traitait avec gentillesse et lui donnait tout ce qu’elle voulait.
Mais elle ne pouvait pas partir. Elle ne pouvait pas être avec ses parents. Elle restait dans cette grande maison à suivre quelques cours pour apprendre à lire et écrire notamment. Elendryl estimait que c’était important pour tous et elle jouait donc les professeurs avec patience. Cela ne dérangeait pas Seï, qui aimait apprendre. Mais elle n’aimait pas que sa tante soit noble. Sa mère avait toujours voulu l’être et le fait que sa sœur le soit devenu et pas elle l’avait peinée. Alors elle remplaçait la noblesse par la célébrité et était partie. Donc notre jeune fille associait la noblesse à l’absence de ses parents à travers une logique un peu tordue d’enfant. Et elle avait du mal à supporter sa tante.
Alors, petit à petit, elle commença à quitter la maison, elle avait alors sept ans. Elle se promenait dans les ruelles d’Al-Vor sans trop s’éloigner par crainte du danger. Mais petit à petit, elle alla de plus en plus loin. Elle découvrait la ville et fuyait toute présence, avertie du fait que tout homme peut représenter un danger pour une si jeune fille. A huit ans, elle connaissait une bonne partie de la ville. Elle avait appris à se cacher au milieu des ombres pour passer inaperçue. Sa petite taille était un atout. Comme le marché était peu éloigné de la maison, elle aimait aller se perdre au milieu des étals de nourriture, de tissus, de décorations, de boissons, ou autre merveilles pour elle.
Un jour, alors qu’elle avait à peine neuf ans et qu’elle se promenait habilement dans la foule, observant tout sans frôler qui que ce soit, un marchand attira son œil. Elle ne se souvenait pas l’avoir vu pourtant elle connaissait tous les vendeurs du marché. Ce devait donc être un nouvel arrivant et elle s’approcha, curieuse. L’homme entre deux âges tenait à la main une branche et un couteau effilé. Il utilisait la lame pour tailler le bois. Devant lui, le fruit de son travail s’étalait sur une jolie table qu’il avait également taillée. Seïleen avait déjà entendu parler des Sculpteurs sur bois, mais elle n’en avait jamais rencontré. Et elle ignorait surtout ce qu’ils faisaient. Elle n’était pas déçue de faire une telle découverte.
Elle tendit la main et attrapa la première statuette qui lui tomba sous la main. Quelqu’un la bouscula alors qu’elle voulait observer la pièce. Alors elle s’éloigna un peu et trouva un endroit isolé où elle put se repaître de ses observations de tout son soûl, la figurine toujours en main. Un oiseau. Elle ne s’y connaissait guère et était donc incapable d’en dire plus, mais elle admirait le travail de l’artisan. Les ailes étaient déployées pour freiner l’atterrissage, chaque plume sculptée dans le bois jusqu’à donner une impression de finesse dans un puissant mouvement. Le cou était arqué, le bec baissé, les pattes tendues. Elle pouvait visualiser l’effort de l’oiseau pour lutter contre son poids et se poser en douceur sur la terre ferme. La queue la fascina tout autant que les ailes par le détail des plumes, dans un désordre harmonieux.
Le Sculpteur était en train de tailler l’œil d’un autre animal et n’avait pas vu la fillette s’en aller. Et cette dernière n’avait absolument pas conscience qu’elle venait de voler. Parce qu’elle n’avait nullement l’intention de rendre le fruit de son larcin, fascinée comme elle l’était par le travail incroyable du Sculpteur. Elle ne réalisait pas que voler était un crime et qu’elle aurait dû retourner la pièce à son propriétaire. Elle était simplement heureuse de ce moment, prise par la majesté de l’oiseau. Elle avait l’impression de tenir dans sa main un mouvement à l’état pur, un morceau de vie qui, si elle le lâchait, reprendrait sa liberté.
Elle rentra finalement chez elle, observant toujours la pièce qu’elle connaissait désormais dans les moindres détails. Et comme elle n’appréciait guère sa tante, elle choisit de ne pas lui montrer et alla dans sa chambre s’asseoir sur son lit. Réfléchissant à une cachette, elle songea à une pièce inutilisée qu’elle avait découverte au cours de ses explorations. Peut-être pourrait-elle y conserver l’oiseau de bois ? Mais il était tard et Elendryl n’accepterait jamais qu’elle s’en aille à cette heure. Al-Vor était autrement plus dangereuse la nuit et elle restait une fillette.


Elle avait continué à voler. Elle aimait vraiment cela. Elle s’était retenue quelques temps avant de céder pour une jolie pomme toute verte. En croquant dans ce fruit, elle avait eu l’impression qu’il était infiniment plus savoureux que ceux qu’elle mangeait d’habitude et cela la conforta dans son envie de poursuivre ses vols. Elle savait vaguement que c’était interdit mais il lui semblait inconsciemment que cette loi ne s’appliquait pas à elle. Et sa vie se poursuivait ainsi.
En l’an 156, elle eut dix ans. Comme toujours, ses parents étaient rentrés approximativement à temps pour fêter son anniversaire. Comme elle avait à présent un âge à deux chiffres, elle espérait de tout son cœur pouvoir partir avec eux, enfin ! Mais ils rentrèrent avec des mines atterrées. A peine un mois plus tôt les Géants avaient pris le contrôle des Raïs et envahi l’Empire. Les Frontaliers luttaient vaillamment pour les contenir de l’autre côté des Frontières de Glaces, mais ils semblaient plus hardis que jamais et malgré tout leur talent, il semblait que l’Empire était en danger. Il n’était donc pas question d’emmener avec eux leur enfant. Elendryl avait été informée peu avant mais elle avait choisi de ne pas y croire. Cette nouvelle, confirmée par sa sœur, lui fit froid dans le dos. L’enfant, elle, boudait. Tout ce qu’elle savait des Raïs, c’est qu’ils étaient méchants, pas beaux, que les légendes les avaient repoussés à de maintes reprises et qu’ils l’empêchaient de partir avec ses parents. Rien de très sympathique. Elle n’aimait pas les Raïs.
Alors sa vie se poursuivit. De déception, elle avait volé plus encore. D’autres enfants dans le besoin s’étaient joints à elle. Comme elle était grande tout de même, et habituée, elle les dirigeait plus ou moins. Il lui arrivait de partager avec eux lorsqu’ils avaient besoin de nourriture, mais la plupart du temps, s’ils stockaient tout dans la petite salle inutilisée découverte par Seïleen, ils ne passaient guère de temps ensemble. Elle était solitaire. Et elle aimait ne compter que sur elle-même. Elle ne rapportait jamais rien à la maison, refusant de montrer son jardin secret à sa tante. De toute manière, elle n’avait besoin de rien. Entre sa noblesse et l’aide financière que ses parents lui versaient pour la remercier, Seïleen ne souffrait guère.
La vie poursuivit tranquillement son cours. Le seigneur des Frontaliers était mort au combat et avait été remplacé. Le fils de l’Empereur avait stoppé l’invasion au nord d’Al-Far. Toutes ces nouvelles semblaient très lointaines à Seï. Cela ne l’intéressait que pour une chose : elle n’allait pas pouvoir partir avec ses parents l’année suivante. La légion noire avait rejoint le front qui n’avait guère changé. Ses parents étaient revenus en refusant effectivement de l’emmener. Elle développait une certaine rancœur qu’elle apaisait par le larcin. Elle ne volait pas tous les jours, uniquement lorsqu’une pièce captait son attention ou qu’elle avait un petit creux.
En l’an 160, alors qu’elle avait quatorze ans et que se faufiler entre les passants devenait plus difficile puisqu’elle grandissait, son don se révéla. Erratique et faible, il était cependant bien réel. Petit à petit, elle apprit à maitriser ce nouveau talent. Elle avait l’impression de se rapprocher de ses parents qui maitrisaient tous deux le dessin, avec un talent plus marqué pour son père, bien sûr. Elle se rendit vite compte qu’elle pouvait l’utiliser pour voler plus facilement et, effectivement, elle devint douée. Lorsqu’un vol devenait un tout petit peu risqué, elle subtilisait la pièce avant d’en dessiner une copie plus ou moins fidèle selon les variations de son don, qu’elle déposait à la place. Les copies ne duraient que peu de temps, mais elle pouvait s’éloigner en toute tranquillité. Chacun avait-il une spécialité ? Sa mère aidait son père avec des rais de lumière ou en plaçant des objets réverbérant le son de sa voix lorsqu’elle en avait besoin. Elle était une dessinatrice-son. Son père jouait avec les ombres pour illustrer le spectacle. Il était donc en quelques sortes un dessinateur-image. Et elle, elle développait un talent certain pour créer des copies. En même temps, c’était la seule utilisation qu’elle faisait de son don ou presque. Elle était une dessinatrice-copie ? Elle aimait bien l’idée, qui la faisait sourire à chaque fois. Et elle prenait donc le soin de s’appliquer à chaque dessin pour parfaire ce petit don qu’elle possédait.


Un an plus tard, un évènement changea les choses. Elle sauva un oiseau. Peut-être à cause de son premier vol, peut-être par bonté d’âme, elle avait eu envie voire même besoin, de faire ce geste. Et elle ne le regretta pas une seconde.
Elle se promenait dans les ruelles et non pas dans le marché pour changer. Elle commençait à connaître la totalité de la ville par cœur depuis le temps qu’elle arpentait les ruelles pavées de pierres inégales, qu’elle se faufilait entre les passants et se cachait parmi les ombres des porches. Mais elle avait rarement été dans ce coin-là de la ville, très éloigné de chez elle. Elle était proche d’une porte donnant accès à l’extérieur, vers une voie qui menait à la cité d’Al-Jeit. Un jour, elle irait, se disait-elle. Elle irait voir les merveilles créées par Merwyn qu’elle admirait. Elle aimait beaucoup Al-Vor, mais Al-Jeit avait cette aura de nouveauté, d’incroyable et de célèbre. C’était un des seuls endroits en Gwendalavir où elle aurait voulu aller.
Elle en était là de ses pensées lorsqu’elle s’était replongée dans l’activité qui régnait près de cette importante porte. Elle marchait tranquillement parmi les passants, observant tout autour d’elle au cas où il y aurait eu quelque chose d’intéressant à voler. Un piaillement attira son attention et elle aperçut un oisillon mal en point sur les pavés. Elle se dirigea vers lui, intriguée. Mais une charrette vide s’approchait, menée par un cheval au trot. Et il se dirigeait droit vers l’oiseau blessé. Elle se précipita, cherchant comment sauver ce petit être.
Au dernier moment, elle dessina une pierre qui bloqua la roue peu avant qu’elle n’ait raison de l’oisillon. Elle se jeta au sol sans réfléchir, attrapa l’animal et roula plus loin. Le propriétaire ne s’était rendu compte de rien, la charrette bloqua sur la pierre, fit un saut et poursuivit son chemin. Un peu plus loin, Seï serrait l’oiseau dans ses mains. Ses épaules et son dos étaient douloureuses. Quelle idée de rouler sur des pavés durs ! Mais elle avait sauvé l’oiseau ! D’ailleurs, si elle ne desserrait pas les doigts, elle allait plutôt le tuer. Elle ouvrit donc les mains pour découvrir un oiseau grisâtre et minuscule. Ignorant que faire, elle alla piquer un grain de blé. Notant que son bec était tout petit et pas vraiment dur, elle le réduisit en poudre qu’elle donna à l’oiseau. Cela sembla fonctionner et elle le regarda réclamer la suite avec un œil attendri.
Cela l’occupa le reste de la journée. Elle cherchait ce que l’oiseau aimerait manger et l’adaptait à son petit bec. C’était en quelques sortes un jeu. Elle se dirigeait en même temps vers sa maison. Elle n’avait pas pensé à sa tante, mais elle voulait garder l’oiseau. La question pointa dans son esprit lorsqu’elle fut devant la porte. Elle se sentit idiote de ne pas y avoir pensé plus tôt et prit cinq minutes pour y réfléchir. Mais sa décision fut vite prise. Elle ferait tout pour le garder.
Lorsqu’elle passa la porte, elle se rendit compte qu’elle avait oublié de se débarbouiller et pria pour que sa tante ne soit pas là. Prière qui ne fut exaucée. Elle dessina discrètement un courant d’air qui rabattit suffisamment la porte pour qu’elle passe. Son don, aléatoire comme il l’était, claqua joyeusement la porte. Elle grimaça puis fonça vers sa chambre sans se poser de questions. Elle parvint à atteindre une petite salle d’eau et posa délicatement l’oisillon sur une surface plane avant de se jeter sur un seau d’eau et un bout de tissu. Elle se hâta d’éliminer la saleté dont elle enduisait son visage pour mieux se cacher au milieu des ombres en ville. Elle avait fini la majeure partie lorsqu’Elendryl entra.
- Seï ! Tu peux me prévenir quand tu rentres. Où étais-tu encore ? Tu ne veux toujours pas me le dire ?
La jeune fille secoua la tête. Elle ne mentait pas et ne voulait pas lui dire. Elle poursuivit sa toilette avec plus de soin et lorsqu’elle eut fini, elle se sécha rapidement avant de reprendre l’oisillon dans ses mains. Puis elle respira un bon coup avant de se tourner vers sa tante.
- Elendryl, serais-tu d’accord pour que je garde cet oiseau avec moi au moins jusqu’à ce qu’il soit suffisamment grand pour se débrouiller seul ?
Elle jeta un regard mi-dégoûté, mi-surpris à l’animal puis de choisir d’y songer avant de donner une réponse. Seïleen ne savait que penser. Sa tante avait raison d’y réfléchir, elle allait pouvoir lui imposer ses conditions puisqu’elle avait relativement peu d’autorité sur elle. Elle soupira avant d’emporter l’oisillon dans sa chambre. Elle sortit de ses poches la nourriture qu’elle avait récoltée et la déposa avec soin dans une petite coupelle. Puis elle prit un vêtement qu’elle n’aimait pas, en fit un nid douillet et y déposa délicatement son protégé. Elle allait devoir sortir le grand jeu pour convaincre sa tante sans y laisser sa liberté. Elle choisit donc une tenue que sa tante appréciait et retourna à la salle d’eau. Elle allait faire une toilette plus complète.
Durant le dîner, elle essaya de faire plus attention à ses manières et resta silencieuse. De toute manière, Elendryl discutait avec son mari. Finalement, celui-ci quitta la table en les laissant seules. Seïleen sentit la tension s’emparer de ses épaules et elle se raidit. Sa tante prit son temps pour se décider à lui adresser la parole. Elle s’essuya la bouche, but un peu d’eau et fit signe à un serviteur de débarrasser. Ce fut seulement lorsqu’il eut quitté la pièce avec tous les plats qu’elle ouvrit la bouche.
- Pour ton oiseau. J’ai des conditions. Tu devras les accepter sans discussion possible. Seï hocha la tête et elle poursuivit, ta mère a toujours voulu être noble et je sais qu’elle m’en veut un peu de l’être devenue alors qu’elle non. Donc elle veut que ce soit toi qui le fasses pour elle. Alors je vais t’introduire auprès de quelques connaissances, tu iras à des soirées, tu apprendras tout ce qu’il faut pour ne pas me faire honte. Et tu accepteras de sociabiliser avec eux. L’idée est d’y créer des liens.
Seïleen baissa la tête. C’était une des pires choses qu’elle puisse lui demander. L’autre aurait été de cesser de sortir dans la ville. Mais elle s’était décidée à tout accepter. Elle allait protester pour la forme, mais elle savait déjà qu’elle accepterait. De toute manière, si l’oiseau se remettait vite, ce ne serait l’affaire que de quelques mois. Elle sortit de table sans avoir dit un mot et remonta dans sa chambre. L’oisillon, repu et au chaud, s’était endormi. Elle esquissa un sourire attendri. Elle l’aimait déjà cette petite boule de plumes, malgré sa faiblesse et son absence de trait particulier. En effet, son plumage était terne et ne promettait rien de particulier. Mais elle n’en avait que faire.


C’était le premier soir. Le premier soir où elle découvrait le monde des nobles. Pour cette occasion, Elendryl avait choisi une soirée importante afin qu’elle ne soit pas le point de mire de tous. Mais cela ne faisait qu’impressionner la jeune fille. Elle avait appris les bonnes manières. Elle avait appris quel couvert utiliser à table, comment se tenir droite et quand commencer à manger. Elle avait appris les noms des principales familles. Elle avait appris à sourire même si elle n’était pas dans cet état d’esprit. Elle avait appris tout ce que sa tante lui avait demandé d’apprendre, prête à tout pour garder Ombre. C’était le nom de l’oisillon. Cela faisait un mois et il s’était bien remis. Il grandissait vite et développait quelques couleurs prometteuses.
Elle était vêtue d’une robe magnifique. Frôlant ses chevilles, de couleur verte assortie à ses yeux, décorée de dentelle et de perles. Elle moulait ses formes naissantes, notamment sa taille gracieuse et ouvrait élégamment son décolleté sur une très belle pièce de joaillerie. Le collier se constituait d’une chainette à laquelle pendait un oiseau aux ailes déployées, son œil remplacé par une émeraude lumineuse tant elle captait le moindre rai de lumière. Mais, aussi belle soit-elle, elle ne faisait qu’habiller Seïleen. Car à elle seule, la jeune fille valait le coup d’œil.
Débarrassée de sa saleté habituelle, ses cheveux dorés avaient été peignés avec soin et relevés en un chignon élégant duquel s’échappaient quelques mèches artistiquement disposées. Sa peau était d’une blancheur inhabituelle malgré les heures passées dans la rue et ses gestes dénotaient une grâce qu’elle ignorait posséder. Ses yeux étaient mis en valeur par le dégagement de son visage et leur éclat renforcé par une touche de noir. Sa beauté, que tous ignoraient, à commencer par la principale concernée, se révélait au grand jour. Elle n’avait pas pris soin d’elle depuis sa petite enfance, lorsque sa mère était encore auprès d’elle. Inutile de dire qu’elle n’était guère à son aise dans cette tenue si décalée de ce à quoi elle était habituée. Mais elle assumait ses choix avec fierté. Pour le moment.
Elle ne se sentait pas à sa place et rien ne l’aida à contrer cette impression. Ni le luxe des décorations, ni les tenues des invités, ni le contenu du buffet, ni les serveurs qui passaient. Les gens mirent un peu de temps à l’approcher alors elle suivit sa tante. Cette dernière la présenta avec fierté et Seï saluait d’un gracieux geste de la tête sans dire mot. Elle ne savait que dire, de crainte de passer pour une idiote auprès de tous ces gens. Pourtant, elle les croisait dans les rues de temps à autres et jamais elle ne s’était sentie intimidée, mais ce soir, privée de son armure de saleté et d’ombre, elle se sentait comme Ewilan la première fois qu’elle avait effectué un pas sur le côté. Ou Salim plutôt, Ewilan étant originaire de Gwendalavir. Bref, dans un autre monde que le sien.
Et Elendryl finit par l’abandonner au milieu de cette bande de brûleurs affamés. C’est ainsi qu’elle voyait la situation, bien que personne n’eût l’intention de manger cette jolie inconnue. Quelques-uns ne tardèrent pas à s’approcher. Une jeune femme la complimenta sur sa tenue et quelques hommes dans son dos approuvèrent avec grand renforts de hochements de tête. Seïleen, intimidée, ne put que lancer un timide « merci ». Lorsqu’on lui posa des questions, elle se sentit rougir. Rougir ? Elle ? En effet, ses pommette ses teintaient d’écarlate et elle dut se forcer à respirer profondément, tout en tentant de le cacher, pour ne pas devenir cramoisie. Elle répondit avec difficulté et la jeune femme se montra enchantée de découvrir cet aspect de sa personnalité.
Très vite, un cercle se forma autour de la jeune fille qui peinait à garder son sang-froid et sa peau blanche. Elle était une attraction, entre sa nouveauté, sa beauté et sa timidité. Chacun échangeait des commentaires sur elle et elle se sentait comme un animal rare sur la place du marché. Un ours élastique de foire. Incapable d’esquisser un geste, elle concentrait ses efforts sur sa tenue, pour ne pas rougir, ne pas s’enfuir, ne pas tomber, ne pas bégayer lors des rares paroles qu’elle prononçait.
Toute la soirée se déroula sur ce modèle. Elle ne put rien avaler, l’estomac noué. Elle se faisait aborder par plus d’inconnus qu’elle n’en avait rencontrés depuis toujours. Du moins en avait-elle l’impression. Il lui sembla que tout le monde était venu la voir ou lui parler. Elle espérait de tout cœur que cela ne serait pas toujours ainsi, qu’elle finirait par s’habituer et peut-être même trouver quelques personnes gentilles qui n’en attendraient pas trop d’elle.


Cela ne se passa pas comme elle l’avait espéré. Elle se ressourçait en passant autant de temps que possible dans les rues ou bien se consolait en regardant Ombre apprendre à voler maladroitement. Mais chaque soirée était proche du cauchemar. Elle n’était toujours pas à son aise, trop de monde venait lui parler et elle sentait la pression de sa tante sur ses épaules. Elle devait absolument faire bonne impression mais avait la sensation de n’y parvenir. En réalité, elle était la nouvelle coqueluche d’Al-Vor. Tout le monde avait rapidement entendu parler de cette délicate fleur, si belle et si gracieuse. Elle donnait une impression de gentillesse comme elle faisait attention à tout pour ne pas faire de faux pas.
Alors retrouver les ruelles d’Al-Vor, sa foule qui n’avait que faire d’elle, ses enfants voleurs qui se retrouvaient toujours dans la salle oubliée… Tout cela faisait un bien fou à Seïleen. Mais cela lui faisait développer un genre de double personnalité. L’assurée voleuse des rues comparée à la belle apprentie-noble. La première était une anonyme, le seconde ne cessait de voir sa réputation grandir. Elles n’avaient en commun que d’être la même personne, chose qu’on n’aurait crue possible en les rencontrant séparément.
De son côté, Ombre avait finalement appris à voler, ses couleurs s’étaient révélées éclatantes. Son dos était gris, tirant vers un bleu très doux. Son ventre était rouge pâle, légèrement orangé. Une ligne noire partait de son bec, traversait son œil et s’estompait au-dessus de l’aile. Sur le cou, s’étirant sous l’œil, une bande blanche rompait cette explosion de couleurs harmonieusement. Sa queue était courte mais elle ne serait guère grande, une fois adulte. C’était une Sittelle femelle. Un oiseau courant qui avait pour habitude de lancer de joyeuses mais sonores trilles. Seï avait fini par reconnaître cette espère après s’être renseignée. Depuis son premier vol, elle aimait les oiseaux et appréciait d’en savoir toujours plus sur eux.
Très vite, Ombre s’était attachée à elle. Après tout, elle l’avait nourrie depuis toute petite. Elle l’accompagnait partout au grand désespoir d’Elendryl qui avait imaginé que cet oiseau retrouverait la liberté dès que possible. Mais sa présence forçait Seïleen à continuer d’aller aux soirées nobles. Cela eut également un autre effet. Notre jeune fille continuait de voler mais la présence d’une Sittelle à chaque fois qu’un larcin état commis permit de mettre un nom sur l’insaisissable voleuse. A Al-Vor, elle était désormais connue sous le surnom de « la Sittelle ».
Cette petite voleuse développait son Art du dessin par la copie, spécialité à laquelle elle tenait car personne ne pouvait soupçonner ainsi de son identité et elle volait avec bien plus de facilité qu’elle n’aurait dû avoir. Et à côté de cela, elle bégayait dans des soirées de la haute société. Elle rougissait avec facilité, ne savait comment régir lorsqu’on lui adressait la parole et son regard fuyait celui de ses interlocuteurs. Mais sa beauté, à présent qu’elle s’était révélée, ne comptait pas se cacher. En grandissant, elle gagnait en grâce et en éclat. Et conservait un certain succès auprès de tous.
Lorsque ses parents furent de retour, pour le seizième anniversaire de Seï, ils découvrirent les changements qui s’étaient opérés chez leur fille. Ils se montrèrent ravis. Son père était enchanté de voir que sa fille était en réalité une telle beauté. Sa mère, elle, voyait que sa fille se montrait plus douée qu’elle pour rejoindre la noblesse et cela l’emplissait de joie. Pour l’occasion, ils retardèrent leur départ, refusant encore une fois qu’elle les accompagne. Nul danger n’était écarté, les combats faisaient toujours rage dans le Nord. Et à présent qu’elle commençait à être appréciée, Seï devait entretenir ses relations et non s’en aller pour un long périple.
Cela restait un calvaire pour cette jeune fille. Être envahie régulièrement, privée d’espace vital et de solitude. Elle souffrait presque physiquement tant elle se sentait hors de son élément. Heureusement qu’elle parvenait régulièrement à faire entrer Ombre, par une fenêtre ou en profitant d’un moment d’inattention. Il lui suffisait de la regarder, perchée en hauteur, pour se sentir rassurée. Elle tenait ainsi, mais également en volant. Encore et toujours. Elle ne pouvait désormais plus s’en priver, tel une drogue. Mais au moins, elle parvenait à supporter ainsi la situation. Elle se disait également qu’elle faisait plaisir à ses parents et que cela lui permettait d’avoir l’accord d’Elendryl pour garder Ombre. Elle avait de multiples raison de poursuivre mais n’en souffrait pas moins pour autant.
Petit à petit, sa timidité s’étendit à ses rares relations en dehors des cercles nobles. Elle avait du mal à cacher sa beauté qu’elle entretenait en parallèle pour ses soirées mais les regards qu’on lui lançait lorsqu’on lui parlait la mettaient mal à l’aise. Elle se sentait entre deux mondes, incapable de faire partie de celui des nobles et incapable de s’en défaire totalement. Le seule endroit où elle se sentait acceptée, à sa place, c’était dans la rue, vêtue de noir et anonyme parmi les ombre. Sa Sittelle volait alors au-dessus de sa tête en lançant de temps à autre un « tui-tui-tui » joyeux. Elle croisait les enfants voleurs de sa bande qui la saluaient et ils en restaient là. Personne ne cherchait à connaître cette voleuse.
Elle continuait en effet à dérober ce qui lui faisait envie et poursuivait ses dessins-copies. C’était une technique qui avait fait ses preuves. Certes, en temps de paix, elle n’aurait probablement pas duré, mais ils étaient en période de guerre et les gardes avaient autre chose à faire que d’attraper une petite voleuse aléatoire. Les combats se multipliaient dans le Nord, et rien ne s’arrangeait dans le sud. En effet, en l’an 163, le jeune seigneur d’Al-Vor fit sa première apparition publique. Tout aurait dû très bien se passer mais il subit alors une tentative d’assassinat heureusement échouée. Le climat de relative paix qui régnait alors s’emplit d’angoisse. Mais cela restait loin de Seï, ce n’était pas son monde et elle ne savait pas se battre.
En réalité, elle avait dû combattre un peu mais elle ne possédait aucune arme. Elle avait gagné ces combats par le dessin et par son agilité. Peu savaient dessiner parmi sa bande de voleurs alors elle possédait un indéniable avantage sur eux. Et elle était également plus âgée qu’eux et plus douée donc rares étaient ceux qui pensaient mieux les diriger qu’elle. Ils étaient tous très indépendants en réalité donc personne ne voulait d’un chef et le rôle qu’elle tenait convenait à tous. Aucun d’entre eux ne soupçonnait qu’elle participait à côté à des soirées de nobles.
Elle parvenait à ne plus aller à autant de soirées qu’avant. Tout d’abord parce que l’inquiétude qui régnait dans les cités n’était guère propice à faire la fête, mais aussi parce qu’elle n’aimait pas cela et négociait pour en louper une de temps à autres. Les choses se rétablissaient petit à petit pour elle.


Lorsqu’elle eut dix-sept ans, sa tante l’emmena à un test d’analyste. Elle savait que sa nièce possédait le don du dessin, l’inverse aurait de toute manière été plus surprenant qu’autre chose, vu les capacités de ses parents. Elle obtint un cercle jaune bien centré, un plus petit rouge sur le côté et un bleu beaucoup moins remarquable. Ce n’était pas surprenant. Elle avait du pouvoir, oui, mais pas beaucoup de créativité puisqu’elle ne faisait que copier ce qu’elle voyait. Cependant son don était plutôt bon et on lui proposa de rejoindre l’Académie. Dans un premier temps elle refusa net. Elle ne voulait pas perdre sa liberté, quitter la ville où elle avait toujours vécu, se soumettre à des professeurs et des horaires, ou pire, devoir laisser Ombre. Ou le vol.
Alors elle s’enfuit. Elle vécut quelques jours seule dans la rue, volant de quoi se nourrir, dormant en général dans la salle abandonnée. Elle pouvait vivre seule et utilisait sa solitude pour réfléchir à cette idée. En réalité, elle avait envie de découvrir Al-Jeit et d’apprendre le dessin. Mais c’étaient les seules choses qui lui faisaient envie  l’Académie. Elle ne serait plus ni seule, ni libre comme elle l’aimait. L’idée envahissait son esprit et elle ne savait plus que penser de cette proposition. Elle songeait aussi à son avenir. Son père avait été à l’Académie, il était heureux désormais. Et elle que ferait-elle de sa vie ? Elle n’en savait rien mais le vol n’était pas une possibilité à long terme, elle voulait pourvoir compter sur autre chose.
Elle finit par rentrer chez elle et en parler sérieusement avec Elendryl. C’était la première fois qu’elles discutaient longuement d’un sujet aussi important et la première fois que Seïleen lui demandait conseil. Elle avait toujours été très indépendante mais cette fois, elle avait besoin d’aide. Alors elle avait ravalé sa fierté pour s’enquérir de son avis. Bien sûr, elle lui conseilla de rejoindre l’Académie, mais elle en savait des choses que Seï ignorait. Déjà, elle ne serait pas un genre d’animal à qui on enseigne bêtement mais une élève dont l’avis personnel importait. Si elle choisissait d’abandonner, elle le pouvait également. Elle aurait aussi son indépendance et vivrait seule ou du moins avec d’autres élèves sans se référer à une autorité comme l’était actuellement sa tante.
Mais ses parents seraient également immensément fiers d’elle, elle deviendrait enfin noble. Son père avait failli le devenir mais étudier à l’Académie n’était pas ce qu’il attendait de la vie. Alors il avait abandonné avant de recevoir ce titre. Sa mère lui en avait un peu voulu mais cela s’était passé avant leur rencontre alors elle avait fini par oublier. Et surtout, l’argument qui la tentait le plus était de visiter Al-Jeit et ses innombrables merveilles liées au dessin. Alors elle avait fini par céder. A contre cœur, tout de même. Mais elle savait que c’était le meilleur choix à faire et elle espérait de tout cœur ne rien regretter.
Lorsque ses parents étaient revenus pour son dix-huitième anniversaire et qu’elle leur avait appris la nouvelle, ils avaient organisé une petite fête pour célébrer cela. Sa mère notamment était ravie et le mot était faible. Elle ne cessa de serrer sa grande fille dans ses bras et de lui dire combien elle l’aimait. Il y eut un autre avantage auquel elle n’avait pas songé. Elle allait enfin voyager avec ses parents. Pour peu de temps certes, mais la rentrée n’était que dans quelques mois alors ils ne comptaient pas se dépêcher. Il lui faudrait aussi un peu de temps pour s’installer alors ils avaient décalé leur départ pour un nouveau tour de l’Empire. Ce dernier s’était réduit, ils ne montaient plus jusqu’à la Citadelle et s’arrêtaient à Al-Far, avant la ligne des combats.
Ils se préparèrent pour le voyage dans une ambiance agréable. Elendryl insista pour qu’elle participe à une dernière soirée pour annoncer son départ et Seï accepta. Elle fut, de manière étonnante, moins pénible. Elle ne reviendrait pas à Al-Vor pour les soirées alors elle ne reverrait plus la plupart de ces gens. Une partie de son inquiétude se calma et elle put discuter plus que ses deux ou trois mots habituels. Elle continuait à rougir mais au moins elle parvenait à faire une phrase sans bégayer. C’était un immense progrès pour elle et cela la mit de bonne humeur. Elle eut tout de même énormément de peine à expliquer pourquoi ils ne la reverraient plus. Beaucoup s’étaient attachés à elle, la trouvant « trop mignonne ». Ils se montrèrent donc déçus de son départ. Pour sa part, Seï ne regrettait pas vraiment.
Ils se mirent en route. Ils possédaient trois chevaux, un pour chacun et un qui servait d’ordinaire à tirer une petite charrette d’affaires. Ils marchèrent donc sur une bonne partie du chemin puisqu’il fallait cette fois porter les affaires de Seï. Mais ils ne se pressaient pas et cela ne fut pas trop difficile. Ils firent une pause avant la passe de la Goule pour la passer en pleine journée. Les Dentelles Vives impressionnaient Seï qui n’avait jamais quitté la ville. Ses parents en rirent, imaginant comment elle réagirait en voyant l’Arche. Mais elle la visualisait à force d’entendre les histoires de sa mère et les ombres de son père. Elle avait plus que hâte d’y être.
Elle n’en fut pas déçue. Les incroyables couleurs de ce tout aussi incroyable dessin, sa forme aussi massive qu’aérienne, la foule qui le traversait. C’était une vision si complète qu’ils s’arrêtèrent pour la nuit sur une petite butte de laquelle ils avaient une bonne vue. La traverser fut un moment inoubliable pour Seï également. Elle sentait un flot de sensations la traverser entre l’émerveillement et la joie. L’admiration et l’excitation. La sérénité et la plénitude. C’était un moment magique.
Découvrir Al-Jeit le fut encore plus. Elle avait tant entendu parler de cette cité aux mille merveilles, elle avait tant rêvé d’elle, tant imaginé ses tourelles, ses lieux magiques et ses voies lumineuses. Elle était telle qu’elle l’avait toujours voulue. Solitaire et magnifique. Sans s’en rendre compte, la même description pouvait s’appliquer à elle. Elle se dressait seule au milieu de la plaine, les cascades qui coulaient captaient le soleil, les bâtiments d’envolaient gracieusement vers les cieux et les portes de pierres précieuses accueillaient agréablement les voyageurs et autres visiteurs. Seïleen marchait le nez en l’air plus qu’elle ne regardait où elle mettait les pieds. Sa mère finit d’ailleurs par lui céder sa place en selle de crainte qu’elle ne rentre dans quelqu’un et elle put alors admirer de tout son soûl. Ombre s’était posée sur son épaule et semblait également admirer la majesté de la ville.
Ils finirent par atteindre le quartier où se situait l’Académie. Mais ils préférèrent prendre ensemble une chambre dans une auberge plutôt que de se séparer dès à présent. Ils comprenaient que leur fille ne veuille pas se retrouver trop vite plongée dans ce nouvel univers, quelques constantes lui feraient le plus grand bien. Mais très vite, ils allèrent se renseigner, obtenir une chambre et y installer ses affaires. Ils firent quelques achats complémentaires et surtout, visitèrent la ville. Le couple la connaissait relativement bien à travers leurs voyages mais leur fille admirait tout avec des étoiles dans les yeux.
Vint finalement la séparation. Seïleen ne pleura pas. Elle ne pleurait presque jamais. Mais lorsqu’elle se retrouva seule dans sa petite chambre, quelques larmes prirent leur liberté. Elle aimait être seule mais l’inconnu de sa vie l’effrayait. Elle qui n’avait jamais quitté Al-Vor entamait une nouvelle vie. Elle eut soudain besoin d’air, revêtit ses vêtements sombres et sortir dans la ville. La Sittelle envahissait la capitale. Elle déroba quelque chose d’oublié plus qu’autre chose, mais ce vol la rasséréna et elle retourna à sa chambre où elle finit par s’endormir, Ombre lovée contre elle.


Les cours ne furent pas évidents à suivre. Elle n’avait jamais étudié le dessin en profondeur et, bien que les cours fussent très simples pour un début, afin que personne ne soit perdu, elle avait encore une fois l’impression de découvrir un monde nouveau. Heureusement, elle dessinait déjà régulièrement, ce qui n’était pas forcément le cas de tous. Cependant, son don n’était pas exceptionnel comparé aux autres. Elle se situait un peu au-dessus de la moyenne, sans plus. Cela lui permettait de suivre sans peine d’autant qu’elle était très intéressée.
Ce qui fut plus difficile en revanche fut de s’habituer à être constamment entourée d’étudiants comme elle. Bien sûr, ils voulaient se faire des amis, créer des liens, là où elle ne voulait rien d’autre que de rester avec Ombre. Elle était parvenue à la garder en cours malgré la désapprobation de ses professeurs qui trouvaient que cela relevait de l’irrespect. Mais ils réalisèrent vite qu’elle ne parvenait à travailler sans elle à ses côtés pour la rassurer alors ils finirent par accepter en grinçant des dents. Ombre n’était heureusement pas sale et elle n’était bruyante que lorsque Seï parvenait à créer un dessin particulièrement intéressant, comme pour la féliciter.
Elle peinait à s’intégrer et elle avait du mal à ne pas regretter sa vie tranquille à Al-Vor. Seules les merveilles d’Al-Jeit, le contenu des cours, ses espoirs et la présence de sa sittelle parvenaient à la convaincre de poursuivre. Et petit à petit les choses s’installèrent, elle trouva un genre de routine. Les seules élèves qui la fréquentaient était solitaires également, cela leur convenait très bien à tous. Personne ne les dérangeait ainsi.
Voilà la vie qu’elle mène désormais. Elle assiste aux cours en se faisant toute petite. Elle parvient à avoir quelques relations, mais elles se déroulent dans un certain silence. A côté de cela, elle garde sa timidité et poursuit ses vols, accompagnée d’Ombre. Voler dans la capitale se révèle un défi particulièrement attrayant mais elle aime cette activité et elle aime découvrir la ville qui recèle tant de merveilles. La ville des légendes qui a accompagné son enfance. Finalement peut-être connait-elle mieux la ville qu’elle ne l’aurait imaginé ?

Informations personnelles

Vive les cookies ! | Ombre
Pseudo | Ombre Lune
Age réel | Le même que ma Seï
Pays d'origine | France mes chers !

Parlez-nous de vous | Que dire de moi ? Vous commencez à me connaître entre Lauwe et la cébé ! Mais pour les prochains, je suis une jeune femme étudiante ingénieur, qui aime particulièrement lire, écrire et écouter de la musique. Je suis une fan de Doctor Who et de Tara Duncan, mais je lis Bottero depuis des années et j'aime aussi My Little Pony. Bref, une grande gamine qui adore les cookies !

Familier avec l'univers de Pierre Bottero? | Une rivière de Gwendalavir porte mon pseudo !

Comment avez vous connu le forum ? | Google > Forum Ewilan > Oh quel joli design ! Et quelle activité ! Précisons également que j'ai commencé par créer Lauwe Til'Ebrel, un perso que j'espère pouvoir ressortir un jour parce qu'elle était franchement géniale :3
Un commentaire sur le forum ? | Bravo à Aki et Syane pour la màj !
La publicité pour d'autres forums ne sont pas accepter hors de la section "Partenariat". - > La publicité n'est pas acceptée.
Pour rappel, les personnages orignaux des livres sont des personnages exceptionnels ! Vos personnages ne seront en aucun cas capables d'égaler leurs performances.
Je ne me sens absolument pas concernée *sifflote* (et pas que mais c'est la première citation)

Demande particulière | Aki je compte sur toi pour me faire une magnifique signa comme tu sais faire ? :3

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Kyllian Steredönn
Dresseur de chiens de traineau
Bienvenue en Gwendalavir


Re-Bienvenue sur le forum, Seïleen ! ♥

J'adore le nouveau nom que tu as choisis, c'est vraiment joli! Du coup, est-ce que ta fiche est terminée? Ou est-ce que tu souhaite retravaillé l'histoire, comme tu dis que c'est une version non définitive?

Merci pour avoir signalé les fautes, on arrange ca de suite.

Et je valide ton code! Bravo, tu es la première à trouvé le bon code houray

Même si tu connais déjà la maison tu n'échaperas pas au bla bla habituel! Mouahahaha.
Je t'invite à consulter l'Encyclopédie si tu as des questions sur l'univers de Gwendalavir.
Tu peux également aller jeter un œil au guide du Nouveau Joueur pour t'aider à bien débuter sur le forum et construire ta fiche.
Finalement, tu peux aller faire une demande de parrainage si tu en ressens le besoin.

Lorsque tu as terminé, tu dois passer par ce sujet pour le signaler. Cela nous permet de te recenser plus facilement.

N'hésite pas à me contacter personnellement par MP pour toutes demandes ou questions !
Bon courage pour la rédaction de ta fiche. :09:

Édit : Ho et bien sur, je te ferais une signature avec plaisir^^ Envoie moi un MP qu'on en discute :3




Administratrice aux cotés de Syane Ril'Devah
Aperçût de mes personnages:
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Seïleen Dil'Silkea
Étudiante Dessinatrice
Kyllian a écrit:Pour t'aider à bien débuter sur le forum et construire ta fiche.
Ah cte blague ! Après vous avoir bassinés avec mes 45 pages et surnommé Jo' en surimi ? Mais bon, c'est le blabla habituel, je comprends !
Non, ce n'est pas la définitive, je vais écrire l'histoire demain je pense, mais vraiment j'avais envie de permettre à d'éventuels lecteurs de lire tout d'un coup plutôt que de devoir repasser ;)
Pour la signa', je viens de m'en faire une temporaire, je vais attendre d'avoir fini d'écrire pour m'en préoccuper si cela te convient :3
Et je suis contente d'être la première validée sur le code /idiot mais qui fait plaisir !/

Merci pour cette réponse rapide Aki Deadly Hug


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Syane Ril'Devah
Frontalière
Re-bienvenue à toi du coup ! ♥

@Seïleen Dil'Silkea a écrit:Un commentaire sur le forum ? | Bravo à Aki et Syane pour la màj !
La publicité pour d'autres forums ne sont pas accepter hors de la section "Partenariat". - > La publicité n'est pas acceptée.

Merci pour tes compliments et tes corrections, on va s'occuper de ça !

@Seïleen Dil'Silkea a écrit:Je ne me sens absolument pas concernée *sifflote* (et pas que mais c'est la première citation)

J'espère que tu nous en tiens pas rigueur. Frightened
Pst... confessions d'admin, tu n'es pas la seule, t'inquiète pas.


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Seïleen Dil'Silkea
Étudiante Dessinatrice
Oh non, j'approuve au contraire vs corrections, je les trouve très adaptées !
Je vais essayer de finir mon histoire ce week-end :3


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Kalden Lowell
Maître Marchombre
Seïleen-auguration de ta nouvelle perso. *Kalden sort*

La perfection au féminin, rien que ça ^^ j'aime beaucoup ta protégée.
Bonne chance pour la fin de l'histoire.
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Ebriosus Philopotès
Vagabond
Re-bienvenue à toi, et bienvenue à Seïleen et Sitelle! :D

Du coup, ça ce n'est qu'un résumé de l'histoire? :44:

J'aime beaucoup ta fiche et l'écriture qu'il y a! J'ai cependant deux-trois points qui me chiffonnent! (oui, je suis pointilleux! )
Qu'est-ce que les dessins permanents de ton père exactement? Des dessins permanents comme le poignard qu'a dessiné Ewilan, ou autre chose? Un peu de mal à saisir cela.
Pour la saleté récurrente de Sitelle, puisque tu dis qu'elle a la saleté des rues, je suppose qu'elle se nettoyait suffisamment avant de rentrer chez elle pour que ça passe relativement inaperçu? Ou alors rentrait-elle comme cela, couverte de charbon? A moins qu'elle ne s'en mette sur elle que depuis son arrivée à Al-Jeït? :)
Bon, quatorze ans c'est un rien jeune pour le don peut-être, mais tu précises qu'il n'est pas très élevé au départ, j'attends donc un avis ultérieur pour cela.
Pareil pour la beauté, qui là semble vraiment être à nulle autre pareil. Dans la description, elle semble vraiment être la plus belle fille au monde, de manière objective, et tente de cacher cela. Est-ce vraiment le cas? Ou alors est-ce plutôt l'effet qu'elle produit quand elle le veut, quand elle s'habille de manière à ce qu'elle le paraisse? Rien en l'empêche d'être très belle, voire magnifique, mais j'ai du coup un peu de mal à discerner si ce côté plus belle du monde est objectif ou pas, et j'avoue que cela me gêne un brin. Juste une petite phrase en plus ou un machin comme cela pour bien préciser que pas forcément. ;)

Sinon, tout le reste me va dans cette fiche et ce "résumé" de l'histoire, fin ce me semble! :D
Bon courage pour la rédaction de l'histoire complète!


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Seïleen Dil'Silkea
Étudiante Dessinatrice
Merci Kal ! Et je te pardonne cette blague !

Oh une petite erreur, c'est ce que je voulais mettre avant mais en fait il fait des jeux d'ombres et de lumières ;)
Pour la saleté j'avoue ne pas trop y avoir réfléchi :44: Tu m'en voudrais de passer sur ce point ? J'imagine qu'elle se lave ou bien qu'elle rentre à des moments où sa tante n'est pas là ? :/
Je vais insister sur le fait que son don est faible, il me semblait que Kyllian m'avait dit que ça passait ><
J'ai un peu de mal à comprendre ta question... C'est une fille magnifique et chacun ne peut s'empêcher de le reconnaître qu'elle soit dans leurs goûts ou non...


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Ebriosus Philopotès
Vagabond
@Seïleen Dil'Silkea a écrit:
Oh une petite erreur, c'est ce que je voulais mettre avant mais en fait il fait des jeux d'ombres et de lumières ;)
Pour la saleté j'avoue ne pas trop y avoir réfléchi :44: Tu m'en voudrais de passer sur ce point ? J'imagine qu'elle se lave ou bien qu'elle rentre à des moments où sa tante n'est pas là ? :/
Je vais insister sur le fait que son don est faible, il me semblait que Kyllian m'avait dit que ça passait ><
J'ai un peu de mal à comprendre ta question... C'est une fille magnifique et chacun ne peut s'empêcher de le reconnaître qu'elle soit dans leurs goûts ou non...

Ouki pour le don du pôpa du coup. :D
Pour ce qui est de la saleté, ce n'est pas un point très embêtant dans les faits, juste un détail, clairement. L'une comme l'autre solution, ça va parfaitement. ;)
Si Kyllian a dit que ça passait, alors ça passe!
C'juste que dans la description physique ça donne l'impression que c'est vraiment, objectivement, la plus belle femme qui puisse exister sur terre. On est d'accord qu'elle est "juste magnifique" (J'aime cette expression. x) ), c'est tout, du coup, visiblement oui! Tip hat
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Seïleen Dil'Silkea
Étudiante Dessinatrice
Il y a quelque chose que tu voudrais que je rajoute ? Un passage comme quoi elle est d'une beauté très appréciée de la majorité par exemple ? Mais elle dépassera jamais Vivyan en beauté ^^


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