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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Kaïllane Aïslem | Lieutenante Bipolaire et Possessive. Ross et Fynn sont à elle. Fin de l'histoire.

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Kaïllane Aïslem
Lieutenante de navire pirate Aline
Kaïllane Aïslem
Etrangère | Pirate Aline | Lieutenante Bipolaire de la Perle des Sables

Généralités


Avis de Recherche


Nom : Aïslem
Prénom : Kaïllane
Sexe : Femme
Âge : 33 ans
Lieu de Naissance : Archipel Aline
Peuple : Aline des Îles
Métier : Lieutenante actuelle de la Perle des Sables.
Chefs d'accusations : Actes de piraterie et meurtres.
Dossier rempli par : Kliff Sil'Marsh
Pour le compte de : Onah Ril'Jinkel

Crédits : SAM HOGG

Description Physique

Ne vous fiez pas aux apparences. | Kliff Sil'Marsh
Reconstitution du portrait de la criminelle, témoignages à l'appui. Noms restés confidentiels.
Note : ne pas prendre en compte les informations tracées. Erreurs de rapport. Informations sans importances pour le dossier.

________________


Yeux : Grands. Bleu clair électrisant. Cils étonnement noirs, longs. Forme de l'oeil inconnue.
Note : certains témoins parlent de leur ressenti. Froid glacial, colère profonde, douceur intense, tristesse maladive, joie extatique. Tout semble passer par son regard. Menteuse aguerrie possédant la faille par laquelle entrevoir son véritable visage.

Visage : Rond. Traits fins, ciselés. Nez fin et lèvres délicates, légères fossettes à leurs coins. Joues rosées, aucun grain de beauté. Peau lisse, grain parfait.
Note : ensorcelante.

Cheveux : Très longs, dépassant la taille de plusieurs centimètres. Certains disent qu'ils sont blonds, d'autres pensent les voir blancs. Je m'avancerai pour les décrire comme blanc étincelant sachant pertinemment que ces mots ne sont que peu descriptifs. La femme étant Aline, ces faits ne sont pas source de questionnement. En temps normal, des cheveux blancs appellent à de plus amples recherches, car peu naturels. En revanche, le peuple aline est à ce jour encore un mystère pour l'Empire. Nous pouvons imaginer qu'un trait comme celui-ci peut être envisageable.
Note : gardons à l'esprit que c'est une possibilité et que sa chevelure reste claire.

Teint : Ses origines parlent d'elles-mêmes. Peau légèrement bronzée, due au soleil du Sud et de l'Archipel. Les voiles qu'elle porte empêchent tout de même sa peau de trop brunir.

Tatouages : Nous avons été capable de reconstituer certains de ses tatouages à l'aide de témoignages. Quatre ont été décrits, les plus imposants, il en a été dénombré davantage.
♦ Long du côté externe de l'avant-bras gauche : longue plume de Condor.
♦ Colonne vertébrale, de la base du cou jusqu'au bas du dos : arbre fin, branches et racines comprises.
♦ Cuisse droite : kraken aux multiples tentacules.
♦ Cou : rose des vents traditionnelle aline.
Note : étrangement, ces lignes bleues ne sont ni lourdes ni vulgaires. Gracieuses, sensuelles. Belles.

Corpulence : Fine. Taille de guêpe, longues jambes, buste fin, torse moyen. La femme est frêle, presque fragile. Il n'en est rien. Quiconque s'attaquerait à elle doit se méfier. Sa fine corpulence ne parle pas d'elle-même.
Mise en garde : ne tentez pas quoique ce soit au corps à corps. Sa délicatesse vous trompe et sa finesse laisse s'exprimer rapidité et efficacité.
Note : ses formes sont prononcées, tout en grâce et en sensualité. Il est difficile de détacher

Stature : Moyenne. Aucune autre remarque nécessaire.

Vêtements : Alines. Couches innombrables de voiles colorés, bijoux éclatants sur son corps. Parfois presque trop dénudé. Passe difficilement inaperçue.
Note : elle semblait tenir à un bijou en particulier. Longue chaîne d'argent finement travaillée au bout de laquelle vient se balancer un magnifique pendentif serti d'un immense saphir aux milles facettes.

Autres : Hypnotique. Corps. Galbe. Silhouette. Chevelure. Yeux... Sensuelle. Se méfier de son allure et de son sourire. Rien de plus à signaler.




Rapport rédigé par : Kliff Sil'Marsh, chasseur de prime.

Caractère

Compliquée. | Lexha Naïm
Interrogatoire de Lexha Naïm, pirate aline. Chefs d'accusations : actes de pirateries et meurtres. Relâchée en échange d'informations sur la personne de Kaïllane Aïslem.

________________


Lexha Naïm : - Kaïllane ? Comment la décrirais-je ? En réalité, tout dépend de quel côté l'on se trouve.
Kliff Sil'Marsh : - De quel côté l'on se trouve ?
Lexha Naïm : - Dites-moi comment vous la voyez, vous ?
Kliff Sil'Marsh : - Je ne crois pas que vous êtes en position de poser la moindre question, pirate.
L.N. : - Comment la voyez-vous ?
K.S.M. : - Ce n'est pas moi qui...
L.N. : - Comment percevez-vous Kaïllane Aïslem ?
K.S.M. : - Je vois que nous sommes dans une impasse... Le choix ne m'est pas envisageable, n'est-ce pas ? Je n’obtiendrai rien de vous à moins que je ne vous réponde ?
L.N. : - C'est qu'il apprend vite, l'alavirien.
K.S.M. : - ... Bien. Je... Elle cache bien son jeu, elle ne parait pas être qui elle est. Je le ressens ainsi. On ne peut pas ignorer que c'est une femme... plutôt belle...
L.N. : - Plutôt belle ? Haha non mais je rêve, c'est un euphémisme !
K.S.M. : - ... peut-être.
L.N. : - Sûrement, oui. Regardez-moi, à côté d'elle, je suis un laideron. Je vous interdis de répondre à ça, par contre... Mais continuez, vous commenciez seulement à m'intéresser.
K.S.M. : - Ne devrais-je pas mener l'interrogatoire ?
L.N. : - Prenez ça davantage comme une discussion.
K.S.M. : - Bref. Je n'ai pas envie d'y passer la journée...
L.N. : - Je vous écoute, alors.
K.S.M. : - Aïslem... Comment je la vois... Indépendante. Cruelle. Ne respecte aucune loi hormis les siennes. Elle ne connait pas la pitié. Les quelques fois où nos routes se sont croisées, elle ressemblait à... un ouragan. Arrachant tout sur son passage, sans aucun remords. Ignorant le reste du monde, obtenant ce qu'elle veut.
L.N. : - Et vous dites la connaître ?
K.S.M. : - Je ne dis pas la connaître, c'est simplement la femme que j'ai vu !
L.N. : - Calmez-vous, je me posais simplement la question. Mais disons que... vous êtes loin de la vérité.
K.S.M. : - ...
L.N. : - Vous êtes même un peu trop dur à mon goût envers elle.
K.S.M. : - Bien. Si je suis trop loin de la vérité, comme vous dites, à vous de parler.
L.N. : - Mais attendez un peu, la discussion devenait intéressante ! Vous savez, il faut savoir apprécier ces petits moments de partage.
K.S.M. : - Je n'en ai ni le temps ni l'envie. Ceci n'est pas un partage, c'est un interrogatoire.
L.N. : - Piètre interrogatoire...
K.S.M. : - Comment décririez-vous Kaïllane Aïslem ?
L.N. : - Vous n'êtes pas drôle... En plus, j'allais vous dire que vous n'avez pas totalement tord... Ah, ça vous intéresse, d'un coup, n'est-ce pas !
K.S.M. : - Et où est-ce que je n'ai pas tord ?
L.N. : - Lorsque vous parlez d'ouragan.
K.S.M. : - Parce que le reste est faux ?
L.N. : - Plus ou moins.
K.S.M. : - Comment ça, plus ou moins ?...
L.N. : - Kaïllane a un esprit beaucoup plus complexe que ce que la plupart des gens imaginent. Elle peut être cruelle, oui. Je vous l'accorde. Ca lui arrive de ne ressentir aucune pitié, aucun remords. Elle respecte les lois de notre patrie, pas les vôtres. Après tout, nous ne sommes ni faëls ni alaviriens, nous sommes alines. Et notre culture est bien différente de la vôtre. Moi-même je ne prend compte que de nos lois. Son honneur et sa loyauté ne vont qu'à deux personnes. Ni vous ni moi n'en font parti.
K.S.M. : - Qui donc alors ?
L.N. : - Deux hommes. Elle a passé sa vie avec eux. Vous croyez qu'elle agit uniquement dans son propre intérêt ? C'est presque exact. Elle est égoïste, oui. Je la connais depuis assez longtemps pour le reconnaître. Elle fera tout pour rester le centre d'attention. A commencer par être la meilleure, à surpasser tous les hommes du navire.
K.S.M. : - Et ces deux hommes ?
L.N. : - Ne pensez pas une seconde l'atteindre par leur biais. Vous la pensez inatteignable ? Ils le sont plus encore. Oubliez-les. Mais si par malheur vous y arrivez, je ne donne pas cher de votre peau. Il n'est pas conseillé de se mettre sur la route d'un seul de ces pirates. Vous y laisserez bien plus qu'un peu de sang...
K.S.M. : - Ils sont si dangereux que ça ? Ils ne doivent pas être n'importe qui, dans ce cas-là, je me trompe ?
L.N. : - En effet, ils sont loin d'être n'importe qui. Mais méfiez-vous davantage de la reine que de ses princes. Elle est jalouse et possessive, et nous savons tous que ce sont des qualités fort dangereuses.
K.S.M. : - Quoi d'autre ?
L.N. : - A part son côté autoritaire, implacable, sa façon d'imposer le respect ?
K.S.M. : - Vous me parliez d'une femme bien plus compliquée que ce qu'il n'y parait. Je ne vois pas la différence entre celle que je connais et celle que vous me décrivez.
L.N. : - Patience, j'y viens.
K.S.M. : - Ne me faites pas perdre mon temps dans ce cas-là, allez directement au but.
L.N. : - Bien, pardon de faire durer le plaisir d'une discussion... Kaïllane n'est pas toujours cruelle. Elle peut même être d'une compagnie très agréable, aussi étonnant que cela puisse vous sembler. Il ne faut pas croire, mais elle a la langue bien pendue et la réplique facile. Le mot pour rire, elle le trouve toujours lorsqu'elle en ressent l'envie. Et son insolence dépasse de loin celle des hommes du navire. Elle l'est depuis son enfance, pour se démarquer des autres. Elle aime se faire remarquer, comme vous l'aurez compris.
K.S.M. : - J'ai cru, oui.
L.N. : - Je vous étonne en vous confiant qu'elle est loyale ?
K.S.M. : - Je dois avouer que j'en doute un peu.
L.N. : - D'accord, je le confesse, elle n'est loyale qu'envers ses deux capitaines. J'ai bien remarqué cette confiance aveugle qu'elle leur donne. Ils demandent et elle agit. Même si elle se pose des questions, elle leur fait confiance. Un fait qui m'a toujours étonné venant d'elle.
K.S.M. : - Pourquoi donc ?
L.N. : - Je n'ai jamais rencontré plus indépendante qu'elle. Elle fait ce qui lui chante, agit à son bon vouloir.
K.S.M. : - J'ai cru le comprendre...
L.N. : - Toutes ces années à ses côtés m'ont conduite à une conclusion à ce propos...
K.S.M. : - Laquelle ?
L.N. : - Kaïllane a besoin d'amour pour survivre. En l’occurrence, celui de ses princes.

Histoire

Aucun regret. | Kaïllane Aïslem
Pièce sombre. Bureau éclairé d'une boule lumineuse. Spires. La langue lèche le doigt sec, simple but, tourner une page. Fin papier jauni par le temps, abîmé par les eaux, le sable, le soleil. Odeur de marée s'évadant du tout. Souvenirs d'un voyage étrange, de rencontres inédites. Effrayantes.
Et la page tourne. Poussière s'évadant de l'objet trop vieux, fermé depuis un moment déjà. Jamais consulté, toujours conservé. Tant de souvenirs dans une si petite chose... Tant de souffles, de battements, de paroles...
D'aveux.
La langue lèche à nouveau le doigt, redevenu sec. Bruit discret de la feuille frottant contre ses soeurs. Tourne une énième page. Laissant les yeux s'abreuver des mots. De la syntaxe étrangement séduisante. De la poésie étonnante qui en émane. Les yeux s'écarquillent, le coeur s'étonne. Le souffle manque de s'étouffer. Et les pages se tournent. Dévoilant une vie, des peines, des...
Une femme.
Objet insignifiant marquant un arrêt de mort. Les yeux exorbités. L'esprit qui s'effraye des crimes. Des pensées gravées sur la fibre fine. Et une certitude dans l'esprit du voyeur.
La traque. Coûte que coûte. Chasser l'esprit fou, mère de ce roman à l'âme terrible.
La main se pose sur une page. Les yeux se rapprochent, laissant la pièce hors de leur vision. Laissant la réalité derrière, s'immergeant dans la folie des pensées troublées. Perturbées. Instables.
Et il oublie. L'esprit du voyeur oublie tout.
Sauf sa lecture...
Sauf elle...
Et il lit.


« Je les vengerai.
Je les tuerai. Je les hais. Tous. Qu'importe l'identité. Je les hais. Qu'importe l'innocence. Je les tuerai.
Je les vengerai...
Les perdre à cause d'eux a imbibé mon palais d'un goût amer. Meurtrier. Et je reste seule, cet amour perdu, arraché, brûlant au creux de mon estomac. Capturé par l'armée alavirienne. L'équipage au complet. Tout. Ils m'ont tout pris. Loin de moi tout ce que j'ai connu, sur la côte de cet Empire.
Je suis en vie ? Pas à bord du Condor. Mission trop dangereuse pour une gamine de quinze ans. Rester à terre, sur les îles, attendre, patiente. En vain. Et je l'ai appris... La marée a rapporté les nouvelles du large...

Rozenn Fahlen et le Capitaine Kelsier Aïslem pendus haut et court pour piraterie.

Mon coeur saute un battement, mon visage blême, mes membres tremblent. Et ce cocktail nait en moi. Cocktail explosif d'émotions éparses. Choc violent. Souffle coupé. Torrents incontrôlables. Haine profonde. Les mots m'échappent, ces sentiments sont si difficiles à exprimer...
Quelques mois depuis...

Je hais les alaviriens. Je hais Gwendalavir.
Je retrouverai le Condor. Mon héritage.

Qu'importe les moyens. »

La langue lèche le doigt, le doigt tourne une page.
Le coeur balance. Sentiments. Emotions. Tout y passe.
Il bat. Fort. Il l'entend. Distinct.
Et il lit. Encore.


« La Perle des Sables.
Navire pirate du Capitaine Edhen Crainn. Aujourd'hui, je rejoins son bord. Quinze ans. Ai-je seulement le choix ? Je ne crois pas.
Crainn, proche de mes parents, leur a promis de garder un oeil sur moi si malheur arrivait. Est-ce donc un choix ? Sûrement pas. Une précaution, une attention.
Je n'ai nulle part où aller. La Perle est ma seule chance, ma maison emportée. Le Condor est loin. Mes parents ne sont plus. Je n'ai nulle part où aller. Ma seule chance. Je ne peux que la saisir. Et m'enfuirai lorsque je saurais enfin quoi faire.
Et qui sait... peut-être qu'après tout, ça ne sera pas si mal ? Non ? »

« Je suis à bord.
Hommes, femmes. Alines. Pirates. Premiers pas sur les planches, aucune attention accordée à ces silhouettes curieuses. Ne serait-ce peut-être qu'un regard. Une autre silhouette a capté mon esprit. Au sommet de la poupe, s'élevant au-dessus des autres. M'observant, cette lueur dans son regard. Encore maintenant, dans cette cabine, je ne sais ce qu'il pensait à cet instant.
Le Capitaine Crainn est impressionnant...
Il me donne l'impression de n'être qu'un grain de sable sur sa Perle. Un grain inutile, un boulet... Moi qui arrive ici, orpheline recueillie par une promesse.
Et je vis mon père... Perché haut sur la poupe...
Ce vide, ce trop plein de cris dans ce corps frêle que je transporte. Ce manque... J'ai besoin de quelqu'un... J'ai besoin d'eux... Que vais-je devenir ? Crainn ne les remplacera jamais... Personne ne le peut. Je suis bien trop grande pour croire qu'un autre prendra la place de papa. De maman...
Ils gravitaient autour de moi. Attirés inexorablement par cette aura que je dégage.
Besoin éternel de sentir qu'on m'aime.
Je le sais, et alors ? Je suis comme je suis.
J'ai besoin de leur attention. J'en ai toujours eu besoin. Et ils le savaient. Princesse des îles, obtenant en permanence ce qu'elle désire. Gâtée au-delà du possible.
Et alors ? Je le sais. Et je ne changerai pas. Je suis comme ça.
J'aime ça.

Mes caprices sont rois. »

Il viole. Le voyeur se sent étranger sur une terre agonisante, en un pays hostile. Dans l'esprit dérangé d'une folle.
Les yeux ont peine à croire les passages qu'ils décryptent, l'ordre aléatoire.
Un souvenir glisse sur le bureau. Appelle curiosité d'un sourire malsain.
La tentation, puissante. Résistance vaine. Les yeux se laissent avoir, parcourent les lignes, affamés.


« Mon Fynn.

La cale tangue, ta cabine... Notre cabine. Elle crie ta présence alors que ta voix résonne au-dessus de ma tête, sur le pont. La cale tangue et je t'écoutes, loin de toi. Tes bras distants... Je les imagine.
Fynn, m'entends-tu seulement ? Me vois-tu à travers cet amour que tu portes à cette coque fragile ?
Je n'ai jamais pu rivaliser... N'est-ce pas ? La mer... Ta Perle... J'ai cru un moment que tu me voyais. N'était-ce pas le simple reflet de l'océan dans ces abysses bleues posées sur toi, insistantes ?
Je t'aime... Immuable vérité.
Mais toi, que ressens-tu ? Regardes-moi, je t'en supplie...
J'ai besoin de toi.
Tellement besoin de toi...
De n'être que ton centre.
Éternellement.
Et tu m'as perdue. De moitié. Je t'aime... mais je l'aime.
Vous êtes ma raison de me battre. Je suis prête à tout pour vous.
Mais je ne te comprend plus... Je te perds... Au fond ne l'ai-je pas toujours redouté ?
Il a gagné, Fynn.
Tu m'as perdue.
Ross a gagné.
Lui, il me voit lorsque ton regard passe à travers moi. Il sait que j'existe alors que j'ignore si je suis toujours tienne ou si la Perle a réellement pris ma place.
Je t'aime. Et je l'aime. Vous êtes tout pour moi, ma vie, ma mort.
Je tuerai pour vous. Je mourrai pour vous. Un million de fois.
Vous gardez ma folie enchaînée. Sans vous, elle explose. Ou implose.
Et je me répète. Perdue dans une folle recherche d'attention.
Mon coeur balance. Et choisit à mesure que tu t'éloignes, à mesure qu'il se rapproche.
Je sens que je l'aime.
Je l'aime.
J'aime Ross.
[...] »

Lettre marquée par les larmes, sans doute jamais distribuée. La fin est tracée, déchirée.
Les yeux reprennent la lecture du journal lorsque la lettre se fane dans son esprit. Il avance, trouve un autre souvenir.


« Fille unique. Mon petit frère est mort.
Etait-ce réellement mon frère s'il n'est jamais venu au monde ? Peut-être...
J'ai toujours été spéciale. Unique. La personnification de l'amour d'un couple. Un miracle. Leur miracle. Des années à essayer d'avoir un enfant. Beaucoup trop de jours à attendre. Longues années à penser que la vie ne pouvait naître de leur union.
Et le miracle. Moi. Petite fille.
J'étais jalouse. Terriblement. Lorsqu'ils m'apprirent que j'allais avoir un frère. Qu'il allait me voler ce petit truc qui faisait de moi quelqu'un d'unique. Je ne serais plus leur miracle. Simplement l'ainée. La première enfant, la grande soeur. Plus jamais miracle...
Je me souviens encore... de cette brûlure naissante au sein de mon estomac...
A présent que je suis sur ce navire, à bord d'une Perle étrangère, je sais que ma jalousie se terre au fond de mon être depuis mon enfance. Depuis cet instant où, du haut de mes six ans, je compris qu'il faudrait me battre pour l'attention qui me fait vivre.
Et je sais à présent.
Ce frère mort-né.
Première victime de ma jalousie... et de loin pas la dernière.

Je suis princesse, on me donne ce que j'exige. »

Les doigts massent ces tempes qui battent fort. Il est arrivé loin, revient parfois sur certaines lignes. Retrace cette vie étrange, cette vie divisée d'une femme à une simple envie.
Être au centre de leur attention. A eux deux.
Le voyeur observe à nouveau les pages du journal jauni de souvenirs.


« Pourquoi ai-je l'impression d'être observée ? Sûrement parce que ces deux types ne cessent de le faire sur ce pont. Des types ? Des garçons. De mon âge. Depuis mon arrivée, ils ne font que ça. Me regarder. De loin, ils me jettent ces regards. Que me veulent-ils ? N'ont-ils rien de mieux à faire que de piailler entre eux comme des fillettes en quête de ragots ?...
Et là, assise sur le pont, ils sont encore là. Face à moi, à l'autre bout. Leurs regards en coin. Je peux presque les entendre murmurer... Ils m'amusent. Et me font sourire. Cette sensation des lèvres qui se crispent, des yeux qui se plissent, je les redécouvre.
Insistante, je les regarde aussi...
J'aime ce petit jeu.
Mon esprit se surprend à palpiter, mon visage à sourire. Mon coeur à désirer ce jeu plus intense.
J'aime leur sourire... Quelque chose en eux m'attire irrésistiblement.
Peut-être l'ennui ne se fera pas si insistant ?
Je vais aller leur parler.

Ce sourire ne redescend pas. »

Une enveloppe attachée à une page, solidement. Curiosité. Les doigts ouvrent, découvrent ce secret de plus. Dans la vieille enveloppe, rien d'exceptionnel. Un bijou. Chaîne d'or fine au bout de laquelle se balance un pendentif en forme d'oiseau. Une hématite incrustée dans son oeil. Le voyeur garde l'objet en main, le fait tourner autour de ses doigts. Continue à lire. Encore.

« Un pillage ! On a participé à un pillage, avec Fynn et Ross ! Ils nous traitent de gamins, on y est arrivés ! On a quinze ans, mais on s'est infiltrés dans leurs rangs et on y a participé ! Le Capitaine en aurait été fou de rage de nous voir désobéir à ses ordres. Mais après tout, ne sommes-nous pas des pirates ?
Tous les deux, ils étaient drôles. A essayer de jouer les gardes du corps. A essayer de m'impressionner.
Je les aime.

Par le Grand Océan du Sud... Que c'était palpitant... Je me suis amusée, les garçons aussi. Tous les trois, ensemble.
Et ces bijoux... Toutes ces pierres... Elles brillaient tellement... Je n'ai jamais vu ça. Comme une impression d'explosion irréelle de lumière.
Je veux briller comme elles. Briller pour qu'ils me voient, briller pour crier au monde qu'on ne me prendra plus rien. Parce qu'on m'a déjà tout pris.
J'ai dit aux garçons qu'un jour, j'aurais autant de bijoux que ceux qu'on avait entre les mains. Tant, qu'ils pourront me voir étinceler quand je serais au sommet des gréements, à leur crier combien j'aime ce navire.
Combien je les aime...
On m'a tout pris ?... C'est ce que je pensais. Et je les ai eu.
Les garçons. Et mon coeur ne sait plus s'il veut réellement s'enfuir de la Perle.
Parce que j'ai fini par les aimer... Tous. L'équipage. Le Capitaine. Les garçons. Fynn et Ross. J'aime cette vie sur la Perle, j'aime danser sur les planches du pont, jouer dans les cordages, j'aime les sourires qu'ils m'adressent, j'aime ce soleil qui brille sur ma peau, j'aime l'odeur du large qui imprègne mes cheveux, j'aime crier à qui veut l'entendre des chants marins, j'aime lorsque l'on lève les voiles, j'aime voir les ports au loin approcher, j'aime...
J'aime. Tout.
Et je ris toujours, je chante toujours, je danse.
Papa, maman. Je suis heureuse. Vous me manquez et je suis heureuse.
Grâce à eux. »

Le doigt à nouveau humide tourne plusieurs pages, laissant quelques passages se ternir sur les vieilles pages du journal. Il choisissait ceux qu'il voulait observer. Et certains n'étaient que de simples discours d'une fillette amoureuse. Rien de bien intéressant pour lui, espion dans une vie qui ne lui appartient pas.
L'esprit est cependant perturbé de voir une jeune fille épanouie et pleine de vie arpenter ces premières pages. Elle est le jour et la nuit. Le passé et le présent. Une femme étrange qui ne semble pas être la même. Pas celle que lui connait.
Et il continue, pour se rassurer.


« Je l'aime. Ce regard, ce sourire, tout... Je l'aime.
Je l'aime. Et j'ignore quoi écrire de plus. Ma main tremble, mon esprit tressaute, mes pensées s'emmêlent. Et j'oublie tout. Sauf cet ultime détail.
Je l'aime.
On se connait depuis un an à peine et... je sais que je l'aime. Comme une vérité immuable, comme un destin écrit depuis toujours. Je n'arrive pas à l'enlever de mon regard, de mes nuits. Je l'aime et je le veux.
Je l'aime et il est à moi. Officiellement. Un an qu'on se connait. Un an qu'on s'observe. Un an. Et je sais que je l'aime. Tournerai-je en rond sur cette page blanche ? Ma plume n'arrive pas à coucher d'autres mots sur le papier. Mon esprit est embrouillé. Mes pensées lui appartiennent. Je suis à lui. Il est à moi.
Je l'aime, je l'aime, je l'aime, je l'aime, je l'aime.
Et mon coeur bat à tout rompre lorsque mes doigts écrivent ces simples mots résonnant si fort entre mes tempes. Des mots à la sonorité implacable. Je n'ai que seize ans et je sais que je l'aimerais toujours.
Je veux me battre pour lui, je veux tout lui donner. Je veux son bonheur, je veux ce sourire.
Je le veux lui. Et il est mien.
Je l'aime ! Je veux le crier ! Le hurler ! Que tout le monde puisse connaître cette explosion en moi !
J'aime Fynn.
Fynn Fearàin est tout.
Et je l'aime. »

Etrange. Amour. Le voyeur ignore comment interpréter ces mots. Cet autre peuple. N'étaient-ils pas si différents d'eux ? Un pirate... Dans leurs livres de contes, un pirate représente le mal. Il n'est que colère, haine, vengeance. La mort.
Le voyeur réfléchit et lit.


« Jamais plus je ne redescendrai. Je suis trop haut pour qu'ils me fassent redescendre, personne n'en sera capable. J'entend les rires des garçons en bas, je perçois les cris d'Edhen Crainn qui m'ordonne d'arrêter d'en faire qu'à ma tête. Et alors ? Je ne veux plus redescendre. Je me sens si bien là haut ! Perchée dans les haubans, perdue entre les voiles. Debout, les bras écartés, corps offert à l'assaut des grands vents. Il chancèle, mais ne casse pas. Il reste droit, danse avec le navire, comme une extension des voiles. Et j'aime ça.
Jamais plus je ne redescendrai. Je suis au sommet. Cette adrénaline qui parcourt mes veines, pourquoi la laisserai-je s'évader ? Pourquoi l'oublier pour tomber sur ces planches au bas ? Crainn peut crier, il faudra qu'il vienne me chercher. Je ne bougerai pas, je resterai debout, mon sourire se transformant sans cesse en éclat de rire.
J'aime cette vie. J'aime vivre ici. J'aime tout de ce monde.

Je veux vivre ! Je veux rire ! Je veux tout !

Je suis toujours là-haut, assise dans les voiles. Comme coupée du monde d'en bas. J'entend toujours des voix me parler, mais je les ignore. Je suis perdue entre la blancheur des voiles et le bleu du ciel. Assise en sécurité sur un mat, rattachée d'une corde. Je ne peux pas tomber. Et pourtant, ce que j'aimerais voler ! J'en ai l'impression.
Voiles nuages et ciel bleu. Je n'ai qu'à tendre les bras pour battre des ailes.

Jamais plus je ne redescendrai ! »

Fillette heureuse. Comment pouvait-elle être si différente ? Il était loin d'avoir toutes les clés. Le journal ne couvrait pas tous les secrets de la femme. Elle avait cessé de le rédiger... La véritable question était pourquoi.
Il lui reste cependant un lourd passé à étudier. Plusieurs pages encore.


« Je vais lui arracher son sourire. L'envie de la jeter par dessus bord fait trembler mes muscles. Elle et son regard provocateur, elle le sait. Que son comportement m'exaspère. Et elle me provoque constamment. A tourner autour d'eux, à se montrer et à hurler sa présence.
Vivement qu'elle descende, elle et ses stupides tambours, de ce navire. Qu'elle quitte l'équipage. Mon équipage.
Je vais lui arracher les yeux. Elle continue. Encore et encore. Elle le regarde, elle les regarde. Tous les deux. Et ils la regardent.
Et ça provoque en moi un cocktail explosif de nerfs en fusion.
Je la hais. Je hais Lilith. Je ne rêve que de la jeter par dessus bord. De voir son corps sans vie s'enfoncer dans les eaux sombres du large... »

Le voyeur ne finit pas sa lecture. Un bruit attire son attention...

La porte explose, l'homme tombe à terre, surpris. Le journal s'éparpille sur le sol, feuilles volantes nacrées de souvenirs bipolaires. Il relève la tête, aperçoit la silhouette d'une femme dans l’entrebâillement de la porte. Ses iris bleue brillent à la lumière de la sphère, tombée de son support, à ses pieds. Regard noir, meurtrier. Sans pitié.
Elle venait d'exploser la porte. D'un simple coup de pied. Les débris jonchaient le sol autour d'elle.
Effrayante.
La femme glisse jusqu'au voyeur, le prends par le col. Le soulève. Encore sous le choc, il n'eut le temps de réagir. Déjà entre les mains de la harpie, folle de rage. Cheveux mêlés, souffle rauque, regard fou. Elle le lance contre le mur, bruit atroce d'un os qui se brise. Elle se rapproche inévitablement, dégaine un sabre.
Elle se penche. Ramasse le corps encore en vie, le tire sur le sol, le relâche. Quelques pas plus loin, elle revient, pose son pied sur le torse de l'homme. Colle son arme contre le cou dénudé de celui qui l'a violé. Violé son histoire.

Elle l'observe, inspire. Ricane.


- Kliff Sil'Marsh ?

Silence pesant, faille du temps.

- J'ai entendu dire que tu t'intéressais à moi ? Alors me voilà.

Sourire carnassier au coin de ses lèvres, elle tourne la tête et observe le spectacle macabre de sa vie sur le sol du bureau. Elle ne le regarde plus, toujours le fer menaçant.

- Tiens, je le cherchais. Et je vois que tu en as déjà lu une bonne partie.

Etrange. Elle semble si calme, presque ailleurs. Sa mémoire se met en marche. Elle pense. Réfléchit. Les soldats arriveront vite... L'homme l'espérait.
La femme se retourne, vive. Retire la lame, la plante violemment dans la jambe du chasseur de prime. La retire tout aussi vite, en écho au cri de douleur qui s'évapore dans la nuit. Elle se retourne et marche vers la fenêtre. Vois un homme courir dans la nuit. Elle n'observe pas celui à terre, derrière elle. Et parle.


- Tu ne t'intéresse qu'au sang que j'ai sur les mains, n'est-ce pas ?

Silence. Battements à tout rompre. L'homme observe la femme, le front perlé, tiraillé entre l'envie de hurler sa douleur et celle de questionner la femme sur ses intentions. Il la tenait enfin... Après toutes ces années... Ces années à essayer de déchiffrer les pensées de cette femme... Il la tenait... Non. Elle le tenait.

- Je vois. Tu croyais pouvoir me connaître par le biais de ce journal ridicule ?

Elle éclate de rire lorsqu'elle voit le visage blême presque étonné du voyeur.

- Alors tu pensais réellement que tu pouvais m'arrêter ? Ni ton cachalot ni ton lézard peuvent m'attraper, et tu pensais le pouvoir ? Dis-moi... Jusqu'où va ta bêtise ?

La pirate s'avance, fait face. L'homme cloué à terre ne bouge pas, il sait qu'elle gagnerait. Qu'elle gagne.
Elle se penche, sourire mesquin au coin des lèvres. Murmure.


- Tu veux connaître les crimes de Kaïllane Aïslem ? Puisque c'est ton désir, détends-toi, je vais te les raconter moi-même.

Eclat de rire cristallin, elle se tourne, tend les bras, pivote sur elle-même. Son esprit lâche, se souvient, ricane de ce passé si longtemps gardé entre les lignes de ces vieilles feuilles ternes.
Pourquoi se souvenir ? Garder sous clé les histoires passées et ne jamais les exposer. Cependant, ne jamais oublier l'expérience acquise.
Elle n'oubliait rien, ne regrettait rien. Elle vivait, elle vit. Et elle rit, s'amuse, elle fait ce qui lui plait. Voilà Kaïllane Aïslem. Femme indépendante au caractère de feu, n'attendant l'approbation de personne pour assouvir ses désirs. Et elle ne regrette jamais rien. Ses souvenirs sont précieux, elle les garde pour elle. Et les sort lorsqu'elle en a envie. Ou besoin.
Aujourd'hui, elle les partage.
Et se tourne vers l'homme, bras redescendus. Un sourire étonnement sincère aux lèvres. Aucune paillette de haine ni de vengeance. Un simple sourire.


- Tu te fous bien du reste, n'est-ce pas ? Tu ne veux que les crimes. Bien. J'imagine seulement que mon journal ne t'as donné que l'aperçu de l'enfant que j'étais ? C'est bien ce qu'il me semblait. Après tout, ce journal m'appartient, je sais ce qu'il contient. Des rêves. Une vie que j'ai aimé, une vie que j'aime. Et que je revivrai mille fois si je le pouvais. Mais de tout ça, tu te fiches complètement. Et c'est normal, tu n'es là que pour mes crimes.

L'homme sent un sourire intérieur le transpercer. Le temps, elle le lui offre sur un plateau. La garde arrivera immanquablement avant la fin de son discours. Et pourtant... Il est curieux. Connaître le reste de cette vie à peine frôlée.
La pirate lui tourne toujours le dos, se soucie à peine de l'homme à terre. Elle semble pensive...


- Tu veux tout savoir ? Bien. Commençons par le début...

Elle soupire, ses lèvres se fendent et explosent de souvenirs.

- A six ans, j'ai souhaité la mort de mon frère encore dans le ventre de ma mère. Ca semble encore te choquer ? Pourtant, tu es entré dans ma vie et tu ne parais pas idiot. Tu as décrypté comment je fonctionne. Ou du moins tu as frôlé ce fonctionnement pendant quelques minutes. Alors oui... J'ai souhaité la mort de mon frère.

Personne n'avait le droit de reprendre l'attention. Elle a besoin d'elle. Comme l'air salvateur. Cette chose lui avait volé l'amour de ses parents durant quelques mois...

- Rassures-toi, je ne l'ai pas tué. Comment l'aurais-je pu ? C'était mon frère, malgré tout. Il est simplement mort-né. Je ne l'ai jamais ni vu ni touché. Je n'ai tué personne avant mes vingt ans. Tu vas me dire, qu'est-ce vingt ans lorsqu'on compare les crimes des treize dernières années ? Ha ! J'en ai absolument rien à foutre. Tu peux dire tout ce que tu veux, je ne regrette rien. J'ai agis en connaissance de cause. Pour eux. A cause d'eux.

Ses dernières phrases s'évaporent dans le silence de la pièce. Elle sourit, tournée vers la fenêtre.

- Tu sais, ils ont cru que je n'avais pas ma place sur la Perle. Le navire pirate sur lequel j'étais, enfant. Une gamine comme moi, pirate ? Regardes-moi. Je ne fais pas penser à ce stéréotype d'aline pirate, non ? Certains pensaient que je ne saurais jamais être utile. Que je n'étais qu'un boulet. Karl en a payé le prix. Littéralement. Comment ? Tu ne vois pas de quoi je parle ? Pourtant je l'ai bien écrit dans mon journal, tu as dû sauter ce passage... Figures-toi qu'un jour, vers ma seizième année, Karl m'a bousculé. Ca paraît bête. Gentiment et avec humour, je lui dis qu'il est tout pardonné, je pensais continuer mon occupation, le sourire pas le moins perturbé par l'incident. Sauf que Karl est réputé pour être stupide et borné. Il s'est retourné et m'a crié que je n'avais rien à faire sur ce pont avant de m'en coller une... Pourquoi a-t-il fait ça ? Sûrement parce qu'il pensait que mon épaule était sur sa route et non l'inverse. Et je ne suis pas de celles qu'on peut écraser. Je lui ai sauté dessus. Peut-être dans l'idée stupide de prouver à l'équipage que je n'étais pas une pauvre damoiselle fragile. Je ne suis pas une damoiselle. Pirate, aline. De sang. Il se souvient encore de ce jour, je lui ai tranché un doigt. J'avoue qu'il me l'a bien rendu en me cassant plusieurs côtes. Il a fallu qu'on nous sépare. Ce jour décida qu'il était temps de se dépasser. D'égaler, de surpasser, les hommes de ce navire... Et tous les autres. Pour qu'on me prenne enfin au sérieux. Ce jour marqua un changement. Je n'étais plus que la gamine enjouée à la langue bien pendue, mais aussi celle que l'on respectait.

Deux visages s'imposent à elle. Ceux des hommes qu'elle ne peut égaler... Ceux des hommes qu'elle aime. Ceux des hommes qu'elle protège.

- Tu ne me connais pas vraiment. Mon journal ne m'est pas fidèle, je n'y inscris que des bribes de ce que je suis. Celle que tu connais depuis ce jour où nous nous sommes rencontrés n'est pas entièrement moi. J'ai deux témoins qui pourraient te le confirmer... Je ne suis pas toujours si cruelle... Je suis même de très bonne compagnie, en règle général... J'ai aimé. Et j'aime encore aujourd'hui... Deux personnes... Ils m'ont envoutée de ces deux regards qui ne me quittaient jamais. J'ai choisi l'un d'entre eux. Fiancés à l'âge de vingt-trois ans. Je l'ai aimé d'une passion dévorante le temps de douze longues années... Et je l'aime encore. D'un amour légèrement différent. J'ai compris que mon coeur balançait. Et il a fini par faire un choix, son choix. Il s'est porté sur l'autre. Et lui... mon corps entier explose à son contact tant il m'est précieux... Moi aussi j'aime quelqu'un. Et je tuerai pour lui...

Le regard de Ross transperce son dos. Et elle sent son coeur battre, son sourire s'étirer. Oui, elle l'aime... D'une passion malsaine. Dévorante.
La pirate n'est pas cruelle. Toutes ses actions ont un but précis. Son propre bonheur, mais surtout, le bonheur de celui qu'elle aime. Du Capitaine Ross Crainn. Son Capitaine. Son amant. Sa raison.


- Ma vie était celle que je voulais qu'elle soit. J'étais heureuse, sur la Perle, jusqu'à ce que vous détruisiez tout. Vous, alaviriens, qui prenez peur à la simple évocation de nos noms ou à la vision de notre étendard haut dans le ciel. Et qui prenez du plaisir lorsque vous attrapez l'un des nôtres pour le pendre au nom de votre stupide Empereur et de vos lois...

Haine, dégoût, amertume. Elle revoit les visages de ceux qu'elle a perdu. Enlevés par cet empire qu'elle hait... Sa mère, son père...

- Edhen Crainn. Ce nom te dit quelque chose ?

La femme se retourne, confronte son oeil bleu à celui de l'homme, conscient du souvenir qu'elle allait lui partager. Et effrayé de la colère qui peut s'abattre sur lui s'il dit mot à ce sujet.

- Oh, oui, tu sais de qui je parle. Le Capitaine Edhen Crainn. Pendu pour piraterie. Un grand jour pour vous, n'est-ce pas ? Pas pour moi. Ni pour Fynn. Ni pour Ross. Ni pour son équipage. Uniquement pour vous... Et je vous hais. Vous l'avez tué. Sous nos yeux. Et pourtant, on a tout fait pour vous en empêcher... Si tu savais... Ce jour-là, vous auriez pu tous nous avoir. Dispersés dans la foule, prêts à tous vous décimer pour sauver notre Capitaine. Notre plan était sans faille, on l'avait retourné toute la nuit. On connaissait l'emplacement de tous les soldats, on connaissait toutes les failles. Certains de parvenir à le libérer. Et pourtant...

Elle sent sa poitrine se compresser sous le souvenir douloureux. Elle aussi souffrait. Elle restait humaine.

- Cet instant fatidique où nous aurions dû exterminer tous les soldats, sauver le Capitaine Crainn... Il nous a arrêté. Lui. De sa voix puissante, imposante, menaçante. Aimante. Vous avez cru à des superstitions. C'était un message. Il nous a ordonné le silence. Il nous a ordonné de rester fixes. Il nous a ordonné sa mort. Pour nous donner notre vie. Il savait que nous ne ferions pas le poids... Il nous aimait. Et s'est sacrifié pour nous laisser vivre. J'ai vu...

Elle se retourne, déglutit. Se souvient de son sang qui ne fait qu'un tour lorsqu'elle voit le Capitaine grimper sur l'estrade. Enchainé. Se souvient de cette douleur vive au creux de son estomac. De ces larmes qui ne cessent de s'attaquer à son oeil, auxquelles elle résiste. De cet oeil qui cherche en vain les deux visages aimés. Pour s'assurer qu'ils ne tentent aucune bêtise.
Elle se souvient surtout de cette panique avant la mort. De cette silhouette aimée qu'elle aperçoit, escaladant la potence, dans l'espoir de sauver Crainn malgré la menace de celui-ci. Elle se voit encore pousser tout obstacle face à elle, ignorant le plan initial, se ruant vers cet homme qu'elle aime pour empêcher quiconque de l'atteindre. La foule qui hurle, crie, le capitaine et le fils adoptif se battant sur la potence.
Elle sent encore un cri s'échapper de sa gorge.
Crainn faisant tomber Fynn de l'échafaud, puis cet homme se hâtant d'enrouler une corde autour...
Et du déclic. De ce son sonore annonçant la fin de tout combat. Annonçant la mort imminente.
Edhen Crainn a eu la nuque brisée. Sur le coup.
La femme se souvient d'une vision trouble, mais d'un corps s'acharnant à rejoindre cette estrade. S'acharnant à pousser quiconque se mettait en travers de sa route. Pour le sauver lui. Pour empêcher une seconde vision de mort. Pour empêcher une seconde catastrophe. Elle sent ce corps agir de sa propre volonté, son esprit détruit par cette vision au coin de son oeil, de ce corps se balançant au bout d'une corde. Et elle revoit deux autres visages.
Elle pousse. Court. Se rue vers celui qu'elle aime, son regard cherchant un second visage, paniquée. Elle ne le trouve pas.
Elle voit à nouveau la rage habiter le corps de l'homme aimé, sabre à la main, et sent à nouveau son coeur soulagé de voir des hommes de l'équipage retenir ce corps fou. Elle se souvient avoir crié son nom, elle ne put faire plus... Son coeur bat encore de cette horreur... De ce cauchemar. Et ses yeux troublent, elle les retrouve. Elle voit encore Fynn être emmené loin de l'échafaud. Loin de ce corps sans vie. Et elle le voit se calmer, sans qu'elle n'y fasse rien.
Ce corps sans vie... Elle le voit encore. Et imagine ceux de ses parents dans le même état. Honneur entaché, détruit.
Elle revoit l'équipage et Fynn regagner le navire. Alors qu'elle se ruait dans la ville pour retrouver quelqu'un... Celui qu'elle cherchait désespérément dans la foule. Elle se souvient ne pas l'avoir trouvé. S'être alors ruée vers l'emplacement du navire, certaine de le trouver là-bas. Alcoolisé. Comme toujours.
Ses jambes sentent à nouveau la douleur d'une course effrénée, effrayée d'arriver trop tard.
Ce fut le cas...
Elle ferme les yeux et revoit Ross dévaler la passerelle, une bouteille à la main. Pour le voir disparaître dans la foule. Sans qu'elle ne puisse le rattraper...
Elle ne sut ce qu'il s'était réellement passé qu'une fois sur le navire.
Le testament du Capitaine Edhen Crainn avait été ouvert. Par son fils. Pour découvrir une trahison. La dernière, impossible à surmonter.
La Perle des Sables, trésor de son père, ne lui revenait pas.
Elle revenait au nouveau capitaine.
Le Capitaine Fynn Fearàin.
Ross n'a pu le supporter...


- Ton peuple a détruit ma vie. Je compte bien rendre des comptes. Oeil pour oeil, dent pour dent.

Les larmes ont cessé d'assaillir sa rétine. Elle se tourne, fait de nouveau face au voyeur. Elle l'observe et pense à ces années écoulées sur la Perle, aux côtés de Fynn. Depuis ce funeste jour...
Elle l'aimait, ça oui. D'un amour dépassant la raison. Elle l'aime toujours et sent son absence... Elle l'aime d'un passé commun, la passion souvenir. Elle l'aime, différemment. Mais elle l'aime.
Ces années...


- Depuis la nomination du nouveau capitaine de la Perle, les journées sont devenues banales. Oui, je n'ai pas grand chose de plus à t'apprendre sur ces années.

Ou plutôt... rien qui ne puisse l'intéresser. Elle aimait Fynn. Et le suivait dans chacune de ses décisions. Eliminant la moindre menace, satisfaisant tous ses désirs. Chacune de ses actions guidées par le seul objectif de satisfaire Fynn. Le rendre heureux. Et elle-même, par la même occasion.
Les années lui ouvrirent les yeux... Les mois passés sur la Perle, pratiquant leur métier de pirate, lui montrèrent une évidence marquant au fer rouge nombres des rendez-vous auxquels son fiancé ne se rendait plus...
Elle sent cette détresse l'envahir à nouveau à la simple pensée de cette vérité...
Fynn ne prêtait plus attention à elle. De moins en moins. Son navire, son équipage... Tout passait avant elle. Elle était une seconde priorité...
Une seconde... priorité...
Comment le supporter... Comment ne pas perdre tout contrôle...
En perdant son attention. Elle se sentait tomber.
Et perdait le contrôle.


- Oh, si, j'ai trouvé ! Un souvenir qui te dira sans doute quelque chose. Un souvenir commun. Tu te souviens ?

Elle lut dans ses yeux ce même souvenir traverser l'esprit de l'homme. Et elle sourit.

- Bien évidemment que tu te souviens de notre rencontre. C'est à cause de ça que nous en sommes là aujourd'hui. Mais ce jour, ça date, ça nous fait quoi. Neuf ans ? Oui, notre rencontre remonte à neuf ans. Plutôt cocasse comme situation, d'ailleurs, tu ne trouves pas ? Toi, payé pour protéger un noble alavirien de pacotille et son fils imbu de lui-même... Pardon. Pour protéger un de vos nobles de haute lignée, et son fils. Et moi, liquidant pinte après pinte dans un coin d'une auberge d'Al-Chen. Nous n'aurions dû nous rencontrer, pourtant... Ce stupide fils de noble a décidé de m'emmerder. Ecoutes, fallait pas qu'il vienne me provoquer, regardes-moi pas comme ça ! Surtout dans un tel moment...

La bouche de l'homme s'entrouvre, un premier son émerge enfin de sa gorge.

- Tuer un jeune homme alors qu'il essaye simplement d'attirer l'attention d'une femme, puis s'acharner sur son père qui essaye de le sauver ? Ce n'est pas ce que j'appelle une situation cocasse.

- T'as retrouvé la parole ! Ca fait plaisir. Je craignais de me farcir un long monologue. Mais bref... Appelles ça comme tu veux, pour moi cette histoire n'était pas importante comme pour toi ou ces types dont je ne me souviens même plus les noms.

- Ril'Jinkel.

Elle rit, jette son regard dans celui de l'homme. Ironie dans son sourire.

- Heureusement que tu es là pour me le rappeler.

Lui, ne rit pas. Il se demande combien de temps encore va prendre la garde de la ville pour venir. Et si son valet se dépêche réellement.

- Je t'avouerai que notre rencontre n'est pas basée sur un très bon souvenir, tu t'en doutes. Parce qu'après tout, tu ne connais pas toute l'histoire. Tes connaissances s'arrêtent à une femme alcoolisée assassinant deux hommes de sang froid. Il me faut, à défaut de me défendre, au moins te donner ma propre version.

Elle s'assied contre le bureau, sa main ramasse quelques pages alors que ses yeux traversent la pièce jusqu'à l'homme, face à elle. Et elle pense. Et elle ressent à nouveau cette souffrance qui l'avait alors assaillie. Dangereuse. Son poing ne se ressert pas à l'instar de ce jour-là, ce n'est qu'un simple souvenir d'un passé accepté.

- Je t'ai déjà dit que j'étais fiancée, à cette époque. Les promesses n'étaient pas son fort, ni la mémoire. Il oubliait constamment nos rendez-vous... Et ça avait le don de me rendre folle. Les scènes venaient parfois, certaines fois je gardais mon ressentiment pour moi-même. Je l'aimais et il m'oubliait...

L'aline se tut. L'homme l'observait, presque touché de tels sentiments dans cette pupille océan.
Et la femme se souvenait... De ces heures à attendre Fynn, de ces heures à hurler en silence. Et de ces longs moments à haïr cette coque battue des océans... Ce navire gâté par les mains d'un homme sensé lui appartenir. A elle. Non à un amas de bois, de fer, de voiles.
Son équipage... Son navire... La pirate commençait à tous les haïr... Eux qui lui prenaient son précieux fiancé. Celui pour qui elle s'était toujours battue. Celui pour qui elle salissait ses mains autrefois presque blanches.


- Quoi qu'il en soit, ce jour-là, tout est de sa faute. Seule, oubliée de l'homme que j'aimais, j'étais résolue à boire tout mon saoule, ruminant ma colère envers celui que je ne pouvais culpabiliser. Tant ma passion dévorait mes entrailles... Il me tuait à petit feu. A coups d'oublis et de manque. Alors j'ai bu. Beaucoup. Trop, même. Je me souviens encore de ce mal de crâne indescriptible du lendemain.

Et de cette joie qu'elle ressentit en apprenant que le Dragon Noir allait appareiller. Une joie à peine voilée... Elle se souvient s'être précipitée sur les quais lorsque les voiles s'étaient élevées au loin...
Ross. Se jeter dans ses bras fut son premier réflexe. L'étreindre au-delà des mots. Elle se souvient de son sourire... A lui.
L'oubli de Fynn était alors encore dans son esprit, elle ne désirait qu'une seule chose. Passer un peu de temps avec Ross.

L'aline chasse ce souvenir. Se concentre sur celui qu'elle partage.


- Bref. Ton petit bébé seigneur s'est approché de moi, s'est accoudé au comptoir et a tenté en vain de me “séduire“... Il appelait ça de la drague ? Sérieusement... Il était parfaitement ridicule. Pathétique. Et puis bon... Quand une femme te fait comprendre par des mots simples et pourtant compréhensibles qu'elle n'est pas intéressée, il faut avoir l'intelligence de se retirer. Tu sais bien qu'il a insisté, je lui ai flanqué un bon gros poing sur ce nez bien trop proéminent. L'histoire aurait pu s'arrêter là, sauf que vous, alavirien, j'ai l'impression que vous n'appréciez pas d'être remis à votre place. Vous êtes stupides... Il a voulu jouer au gros dur et m'a attrapé par le bras, a fait tomber mon verre... Je n'avais rien contre lui. En d'autres circonstances, je me serais contentée de le mettre à terre et de lui apprendre les bonnes manières. En d'autres circonstances...

Haine, colère, sentiment d'abandon. Trop plein d'alcool. D'autres circonstances.

- Tu connais la suite. Je l'ai maitrisé en quelques clés de bras. Les nobles de chez vous ne sont pas de très bons guerriers d'après mon expérience, peut-être que je me trompe à ce sujet, cela dit. Dans tous les cas, je me débrouille depuis des années. Quoi donc de plus simple que de le calmer dans la foulée. Malheureusement pour lui, il a une nouvelle fois ouvert sa bouche immonde pour m'insulter, puis me menacer de son petit pouvoir de noble ridicule. Qu'est-ce que ça peut bien me faire qu'il soit un putain de noble de la Cour de votre Empire ? Et par le Grand Océan... On ne me menace pas. Tu sais ce qui s'est passé lorsqu'il a réitéré ses menaces. Il a fait l'erreur de me sous-estimer. De croire que je n'étais qu'une foutue alavirienne sans défense.

Ses yeux voient à nouveau les perles de sang jaillir, recouvrir le sol. Et ses bras relâcher le corps gigotant, à l'agonie. Ce père se ruant, étrangement trouble, vers elle. Hésitante, elle se souvient de cette lassitude l'envahissant. Et d'un bras qui en dévie un autre, se retourne, plante une lame dans la chair. Quelque part. Sa vision troublée par l'alcool, mais ses gestes encore assurés par l'habitude du combat. Le second homme mort avant le premier. Le fils observant le cadavre encore chaud de son père avant de rendre vie.

- Oui, j'ai tué deux hommes, aussi importants soient-ils. Mais ils ne sont que deux parmi tant d'autres. Je ne me souviens pas même de leurs visages. Et me fiche bien de qui veut les venger.

Tout ce qui m'importait... était Fynn. Et sa nouvelle promesse oubliée. Ma douleur persistante.

- Tu as réagi trop tard, je me suis enfuie en croisant ton regard. Tu te souviens bien de la suite. Course poursuite, la nuit trop longue, et ma disparition. Simplement rentrée sur la Perle. La traîtresse qui m'a pris celui que j'aimais... Le lendemain, nous étions encore là... Ross est arrivé pour quelques jours...

Les sentiments se perdent, le coeur lâche plus qu'il ne veut. Elle sent qu'elle ne maîtrise plus tout à fait la situation. Qu'elle flanche et que ses souvenirs commencent à faire trembler son oeil. Elle commence à réellement se confier...
Ses mains retournent des feuilles. Les ramasse pour en faire une pile. Bien vite, les autres sont loin d'elle. Toujours assise contre le bureau.
Ses yeux tombent sur un extrait... Son bras tremble. Son esprit se souvient.
Et le silence s'installe...

Alors qu'elle se perd dans le passé. Nostalgique.
L'année suivante, elle s'en rappelle. Presque trop bien. Un mélange étrange de souffrance terrible suivie d'un souffle nouveau.
Fynn s'occupait de sa Perle. Toujours. Parfois, sa fiancée revenait dans son esprit. Trop souvent il la délaissait... Prenant son rôle de Capitaine comme sa première nature. Son navire comme une épouse. L'océan une amante.
Et la femme le sait. Elle a besoin d'attention. D'amour. D'être une perle pour quelqu'un... Pas l'ombre d'une autre. Jalouse d'un navire ? D'un équipage ?
Oui.
C'est sa nature. Et elle l'assume. Elle ne regrette rien. Sa jalousie, elle ne s'en défera pas. Possessive ? Bien évidemment que oui.
Fynn est à elle... Etait... Et elle était à lui. Il n'a seulement pas su la garder. Princesse des îles aux besoins d'attention constante, elle n'a pu rester en place.
Elle l'aimait. Tendrement. Passionnément. Sauf...
Qu'il y a eu le retour de Ross. Des deux êtres auxquels elle est dévouée corps et âme, il en fait parti. Et elle se souvient de ces moments où ses jambes la conduisaient sur le pont du Dragon Noir. Vers lui.
Elle se souvient des rires qu'il provoquait chez elle... Alors qu'elle ne faisait qu'entre-apercevoir son fiancé entre deux manoeuvres.
Deux capitaines. Deux hommes que tout oppose. Deux amis. Deux amants...
Son coeur ressent à nouveau ce sentiment douloureux de reconnaître qu'elle ne peut plus être heureuse sans cet homme... mais que son amour pour l'autre existe toujours.
Des soirées à déambuler seule sur le pont ou dans les rues de chaque port, des soirées entières à se délecter de retrouver à nouveau les deux hommes de sa vie. A pouvoir se rafraîchir de leurs sourires. De leurs attentions différentes.

Elle se souvient de sa confession. Lorsqu'elle sentit l'avance de l'un sur l'autre. Se souvient aussi du refus d'abandonner le second. Ni le premier. Elle les aimait.
Les aime.
Confession auprès de Ross. Avouer ce manque ressenti, cette attention accordée à une coque plutôt qu'à une perle. Sa lèvre tressaute au souvenir de ce premier baiser. Mouillé de larmes.
La reine a deux princes.
Et ce sentiment de tiraillement... elle le sent étreindre son estomac. Encore.


- Tu sais, je vais te confier quelque chose. Je n'épargne personne. Même les hommes de mon équipage.

Même moi.

Un jour précis lui revient en mémoire.
La femme est cruelle lorsqu'il le faut. On ne la menace pas. On ne la contrarie pas. Un ordre, il ne peut s'agir que de deux princes. Les siens.
Plusieurs années qu'elle voit le Capitaine du Dragon Noir... Un homme de la Perle des Sables les surprend. En parle à la pirate. Et le regrette sur le champ. Ami de la femme depuis longtemps, il ne veut sûrement que son bien. Elle ne l'entend pas. Tout ce qu'elle perçoit, la menace.
Menace pour son bonheur. Menace pour son monde. Menace pour ses princes.
Elle ne veut vivre sans eux. Ne peut vivre sans eux. Elle a besoin de ses capitaines.
Et protège son bonheur.


- Ce n'est pas réellement voulu... Je ne suis pas cruelle par loisir. Je ne me bat pas uniquement pour moi ni ne tue pour le simple plaisir du sang. Tu me crois monstre, pourtant, tu en ferais sûrement de même... Je me suis toujours battue pour eux. Aujourd'hui, je ne peux me battre que pour l'un d'entre eux. L'autre ne me fera jamais plus confiance...

Silence.

- Je me bat pour lui. Cet homme qui est tout pour moi. Je tue pour lui. Qui donc ? Son nom est inscrit noir sur blanc dans mon journal. Tu sais de qui je parle.

Son coeur s'emballe, elle ne sait plus où elle se trouve. Elle se relève. Ramasse inconsciemment le reste de son journal. Range l'objet précieux dans une poche. Elle s'approche de la fenêtre. Lame étincelante, réverbérant les rayons de la sphère lumineuse toujours au sol.
Et voit le sourire de Ross, souvenir qu'elle sait toujours proche d'elle. Elle le verrait. Ce soir. Et l'enlacerait d'une passion dépassant l'entendement. Lui qui est toujours là. Lui qu'elle chérit plus que sa propre vie. Lui qui est tout.

Une perle roule sur sa joue, elle l'écrase d'un geste.

Un souvenir unique n'a jamais été couché sur le papier jauni. Un souvenir qu'elle se refuse à partager. Ce souvenir douloureux...
L'adjectif n'est pas assez fort.
Elle ressent cette peur. Ce sentiment de brûler. D'un corps refroidit, tremblant, presque mort.
Elle a eu peur.
Elle a peur. Aujourd'hui encore. Qu'ils se croisent.
Sans remords ? Ce sont les seuls. Ceux qui la traquent.
Sa faute. A elle. Qui a détruit une relation. Deux. Déchirés, ces deux vieux amis. Frères. A cause d'elle. Paradoxalement, elle rêve de les retrouver. De récupérer son autre prince, rien que de lui parler à nouveau. De le voir, simplement. De s'assurer qu'il vit.
Que les frères se retrouvent...
Simple rêve. Impossible réalité.

Et à force d'y penser, elle ressent à nouveau. Tout. De cette joie de les voir se parler à nouveau à cette angoisse d'une vision irréelle.
Absolument tout.

Elle se sent partir en arrière, une douleur atroce sur le crâne. Un éclat brille à la lumière de la sphère, elle devine une lame. Le chasseur de prime s'est relevé, dégainant une lame, dans l'espoir de défendre sa vie. Il lui tire les cheveux en arrière, emporte le tissu qu'elle porte sur sa tête. La lame se rapproche, la pirate se retourne, ignore la douleur. L'arme passe au-dessus d'elle, son corps glisse, elle frappe l'homme dans les côtes. Il tombe lorsque sa main lâche prise, elle se relève. Il essaye de faire de même, sa jambe ne le soutient plus. Trop de sang coule de la plaie. Son regard vrille dans celui de la femme au visage à présent implacable. Glacial.
Il commet l'erreur de tenter le tout pour le tout. Ralentit par sa jambe blessée. Il se jette sur elle, mouvement du buste, elle le désarme, le maitrise. Le force à la regarder, avant de le lancer à nouveau contre le mur.
Leurs regards se croisent. Et elle voit l'objet qu'il vient de remarquer près de lui.
Sa lame.
Deux corps se ruent pour le ramasser, un cri fait trembler les murs. Une marre de sang grandit près de l'arme à terre. L'homme tient son bras d'une main, hurle à la mort.
Sa main git sur le sol du bureau.

La pirate essuie son arme, la rengaine. Elle reste droite, au centre de la pièce.


- Piètre tentative.

Elle semble contrariée.

- Tu fais ressurgir des souvenirs et tu m'attaques alors que tu es blessé ? Je perds foi en toi.

Elle s'approche, l'absence d'émotion marquant les traits de son visage.

- J'en ai fini avec toi.

Elle s'avance encore, l'homme ne bouge plus. Il est à deux doigts de s'évanouir, son corps perdant beaucoup trop de sang.
Et elle les entend. Son oreille perçoit les bruits de course devant le bâtiment, puis dans les escaliers. Elle ne peut rester. Elle observe l'homme à terre, presque mort. Elle ne sourit pas, ôte sa main de son fourreau.
Il sera mort dans l'heure.

Plusieurs silhouettes apparaissent dans l'encadrement de la porte, elle les observe une poignée de secondes, reconnait un visage, avant de s'évaporer par la fenêtre...

...



[ Suite ici... j'avais pas prévu de dépasser le nombre de mots autorisés dans un post donc bah... voilà /meurt ]

Informations personnelles

Machiavélique et cachotière, c'est tout c'que j'ai à dire, monsieur le procureur | C'est moi qui l'ai dit
Pseudo : Information confidentielle.
Age réel : J'vous en pose des questions sur votre âge et vos rides ? Faché !
Pays d'origine : Information confidentielle.

Parlez-nous de vous : Information confidentielle.
Familier avec l'univers de Pierre Bottero? : Ah ça ! Je peux vous le dire !... C'pas encore confidentiel. Pierre Bottero, ça fait bien 10 ans qu'on s'connait

Comment avez vous connu le forum ? : Information confidentielle. Aussi.
Un commentaire sur le forum ? : Infor... IL EST TROP CHOUETTE ! NON JE NE CRIES PAS, JE NE M'EMPORTE PAS SUR MON AMOUR !!!!!

Demande particulière : Je veux des câlins et Ross et Fynn pour moi toute seule, parce qu'ils sont à moi, eukè ? Faché ! In love

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Lasbelin-D. Ster
Légionnaire Noire
bonjour






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Fynn Fearàin
Capitaine Pirate Aline
Bienvenue en Gwendalavir

Bienvenue sur le forum, Kaïllane !

OMG je t'aime. thatlook

Ça y est. Vous voulez ma peau. J'avais mourir d'amour.
Ross et Kaillane adoptés dans la même semaine  In love



Je t'invite à consulter l'Encyclopédie si tu as des questions sur l'univers de Gwendalavir.
Tu peux également aller jeter un œil au Guide du Nouveau Joueur pour t'aider à bien débuter sur le forum et construire ta fiche.
Finalement, tu peux aller faire une demande de Parrainage si tu en ressens le besoin.

HARCÈLE MOI POUR TOUTES TES QUESTION ET TES DEMANDES MA BELLE, JE SUIS TOUTE A TWAAA!!! Naaah
Bon courage pour la rédaction de ta fiche, j'ai incroyablement hâte de pouvoir te lire!! :09:





Administratrice aux cotés de Syane Ril'Devah
Spoiler:
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Naëth Telmare
Aline
Hey!! Une nouvelle venue parmi les forbans!!!


:202: :202: :202: :202: :202: :202: :202: :202:

Alors je sais que tu vas te jeter sur Fynn et Ross pour les RPs, mais il y a d'autres alines sur ce forum et d'une manière générale d'autres personnages :3

Nan, je déconne, fait comme tu veux XD mais avant... TU DOIS BOIRE CE TONNEAU DE RHUM!!! (Histoire de vérifier que t'es bien pirate!!)

Voilààààà! Hâte de voir la suite de ta fiche!!! Si tu as besoins d'un matelot, d'une compagne de beuverie, d'une amie ou même d'une ennemie, je suis disponible!! (et mes deux autres persos aussi; Thaliô Hillorba et Crom Browx).

Au plaisir de naviguer à tes côtés!! Tip hat
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Kaïllane Aïslem
Lieutenante de navire pirate Aline
Quel accueil, Las :899:

Fynnou, je t'aime aussi ! thatlook Mais comprends-tu, Ross aussi je l'aime ! Ne sois pas triste !
On ne voulait pas te tuer, on voulait te couvrir de bisous et de paillettes  lèche

MERCI NA !!! :202: Et merci pour le rhum :202: JE SUIS UN TROU A RHUM MIAMIAM JE SUIS PIRATE JUSQU'AU BOUT DES DOIGTS DE PIEDS :202:
Et j'accepte la proposition de lien !!! Amie, ennemie, je suis ouverte à tout ! J'avais pas spécialement prévu de me jeter sur eux, ils se jetteront sur moi :2055:
Alors je VEUX un lien avec toi parce que je t'aime lèche



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Invité
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Bienvenuuuuuue ! OMG ! Deadly Hug
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Fynn




Mon Cerveau




Kaïllane

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Fynn Fearàin
Capitaine Pirate Aline
Ross.







Administratrice aux cotés de Syane Ril'Devah
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Naëth Telmare
Aline
Bon! Pendant que ces messieurs se disputent parlons affaire Face

Je sais pas du tout comment insérer le lien dans l'histoire de Naëth.. Un petit RP flashback sera sûrement nécessaire!! Mais je te laisse choisir ce qui t'arrange ^^
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Kaïllane Aïslem
Lieutenante de navire pirate Aline
Fynn :



Mais...

Remplacez "me peasant" par "MY Ross"

Je voyais cette image plus grande... je l'ai pas en plus grand du coup... Mais l'idée y est.

Ross :






Ahem... oui laissons-les se battre :3

Na : je vais voir comment je peux insérer Na dans mon histoire et je te retiens au courant mais oui, je veux un rp flashback !! Happy 2



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