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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Neyd Fil'Azvar | Frontalier

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Neyd Fil'Azvar
Frontalier
Neyd Fil'Azvar
Frontalier | Frontalier

Généralités

Nom : Fil'Azvar
Prénom : Neyd
Sexe : Homme, aux dernières nouvelles.
Âge : 19 ans.
Lieu de Naissance : Citadelle des Frontaliers, dans les Marches du Nord.
Peuple : Frontalier.
Métier : //
Crédits : Aki le génie ♥

Description Physique

« Il parait qu'il y a un fauve qui somnole en chacun de nous. Mais dans son cas, le fauve, c'était lui tout entier. »| Neyd Fil'Azvar
Taverne du Cheval Blanc, par un soir d’été.

Un rire recouvre tous les autres, attirant l’attention sur son possesseur. Parlant d’une voix forte, il raconte une histoire à ceux qui l’entourent. De son corps finement musclé, recouvert de l’armure sombre propre aux Frontaliers, il émane une puissance rayonnante. Ses yeux azurs brillent d’excitation, sans doute due à l’intensité qu’il met dans sa narration. Ses prunelles passent d’un homme à l’autre, scrutant chacun d’eux avec intérêt. La flamme qui y brûle ne cesse de danser. Soudain, le Frontalier se perche sur une table et esquisse de grands gestes, achevant d’accaparer l’attention générale. De là-haut, chacun peut distinguer la totalité de ses traits. Un visage harmonieux, doté de pommettes saillantes, d’une bouche fine et d’un nez droit. Des cheveux mi-longs, noirs et ondulés, viennent encadrer ses iris embrasés. Une barbe naissante se dessine sur ses joues, vieillissant sans doute un peu le jeune homme. Grand et large d’épaule, le Frontalier s’agite, mime les personnages de son conte avec exagération, attisant le rire des spectateurs. Outre son armure, les regards sont attirés par le sabre pendant le long de sa taille, sur sa droite. Soigneusement rangé dans son fourreau, il est légèrement incurvé et long d’environ 70 centimètres. Sa poignée, qui se secoue sur sa hanche au rythme de ses mouvements, dévoile une basane et un filigrane de grande qualité pour un œil avisé. Rien que par cela, il est possible de deviner la richesse que possède la famille du guerrier. Grisé par le goût du spectacle, il envoie sa jambe valser dans un coup de pied bien élevé et montre ainsi une chaussure mi-haute, faite d’un cuir plus rigide que son armure mais tout aussi sombre, ainsi que de fourrure grise.

L’histoire se termine et le Frontalier se baisse, saluant avec véhémence la foule qui l’applaudit. D’un geste souple, il descend de son piédestal et rejoint son groupe d’amis d'une démarche sûre. Il lève son verre à leur santé, un sourire suffisant sur les lèvres, dévoilant par là-même une cicatrice barrant sa main gauche. D’autres traces marquent son corps, sans pour autant être visibles par dessus son armure. Elles sont le résultat de ses entraînements intensifs et d’autres aventures, plus secrètes. Une fois n’est pas coutume, le jeune homme se tait pour écouter l’un de ses compagnons parler. Enfin, écouter est un bien grand mot. Les yeux perdus dans le vague, il se noie dans ses pensées, une main sur sa chope de bière, l’autre titillant le pendentif en forme d’aigle qu’il porte autour du cou. Un cri le tire de sa torpeur.

« Et là, BOOM ! Je lui ai sorti la feinte qu’on avait vue durant un entraînement la semaine précédente, et il s’est retrouvé les fesses dans la poussière en deux temps trois mouvements. Pas vrai, Neyd ? »

Le prénommé Neyd dévisage son interlocuteur un instant puis sourit de nouveau, dévoilant une rangée de dents blanches bien alignées. Il acquiesce sans répondre et Lyam reprend la parole sans qu’il ne l’écoute davantage. Plongeant le nez dans sa bière, il croise le regard d’Anya, une jeune et jolie serveuse de la Taverne. Neyd lui adresse un clin d’œil malicieux. Elle rougit et détourne les yeux avant de retourner à son travail. Le Frontalier finit sa gorgée et repose son verre, non mécontent de constater l’effet qu’il a sur les femmes. Après avoir fini son breuvage, il se lève et, à la suite de solides poignées de main avec ses camarades, sort de la bâtisse. Il enfile son manteau fait de peau de siffleur et de fourrure en dépassant le seuil et en remonte la capuche; Les nuits restent fraîches malgré la saison. S’approchant des chevaux attachés devant la Taverne, Neyd flatte l’encolure d’une jument rouanne - une demoiselle de 9 ans qu’il a choisi de nommer Alésia, et dont le caractère bipolaire est en parfait accord avec le sien -. D’un mouvement rôdé par l’habitude, il la détache, se hisse sur le dos de sa monture et la talonne. Monture et cavalier disparaissent dans la nuit, ne laissant derrière eux que l’écho des foulées d’Alésia.

Caractère

« Hé, face de Raï! Ça t'arrive de te laver? Tu embaumes la Taverne à toi tout seul! » | Neyd Fil'Azvar
« Vous me demandez de parler de Neyd ? C’est difficile, comme question. Un peu vague. Vous n’avez rien de plus précis ? Non ? Bon, bon, très bien, inutile de faire cette tête-là. C’est juste que je n’aime pas parler de lui quand il n’est pas là. Comment ? Que je me présente ? Ah oui, d’accord. Je m’appelle Lyam Til’Faran. Je suis un Frontalier, et je suis également ami avec Neyd Fil’Azvar depuis un peu plus de huit ans maintenant. Et croyez-moi, une amitié aussi longue avec un gars comme lui, c’est difficile à obtenir ! Bref. Neyd est un personnage assez complexe, voyez-vous. Il est né dans une grande famille, et son père est sans doute l’un des Frontaliers les plus coincés de la Citadelle. (Sourire pincé) Il est extrêmement sévère avec lui, à ce que je sache. Et puis, il a gardé des traditions et des croyances qui ont disparues depuis un bon bout de temps pour la plupart d’entre nous. Comme la haine des Thüls, par exemple. Neyd les déteste aussi du coup. Pourtant, il n’en a pas rencontré beaucoup aux dernières nouvelles. A part celui de la Taverne, je ne me souviens pas d’autre chose.

Bon sinon, vous l’avez deviné, Neyd a un caractère explosif. Il est impulsif, suffisant, et ne manque pas une occasion de taquiner le monde, que ce soit ses amis ou ses ennemis. Il a la langue bien pendue, ce qui lui a d’ailleurs valu de se retrouver plusieurs fois dans des situations, disons… Peu confortables. (Raclement de gorge) Mais j’aime son sens de la répartie, comme la plupart de nos amis communs d’ailleurs. Même si parfois, il faut avouer qu’il va un peu loin dans la prétention et la moquerie. Néanmoins, rares sont ceux qui osent se mesurer à lui. Neyd est très talentueux au sabre et s’en sort bien au tir à l’arc, mais il est surtout le meneur de la bande. Il a sa fierté et ne se laissera pas marcher sur les pieds. Et puis, sa témérité est connue de la plupart d’entre nous. (Sourire lumineux) Rien ne l’effraie. Des fois, je me prends même à le traiter de fou. Quand on était gamins, il avait toujours les idées les plus loufoques et il m’entraînait avec lui dans ses plans tordus. (Mouvement de la main et grimace) Rien que cette histoire avec le boulanger est un bon exemple… Non, n’insistez pas, vous n’en saurez pas plus à ce sujet. (Eclat de rire) Où j’en étais ? Ah oui, la folie de Neyd. Bon, j’exagère un peu, mais disons que son courage le met parfois en danger sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Il essaie juste de rendre son père fier de lui, je suppose. Et de protéger son honneur, aussi. Ah ça, l’honneur est incroyablement sacré pour Neyd ! Il est extrêmement fier de faire partie des Frontaliers. D’ailleurs, je vous déconseille d’insulter notre peuple de quelque façon que ce soit devant lui. Il est aussi très doué en lancer de chopes, méfiez-vous. Pleines ou vides, les pintes ? Oh, les deux. Il ne fait pas de distinction. (Clin d’œil malicieux)

Enfin bref. La plupart des gens qu’il rencontre s’arrête sur leur première impression, comme quoi Neyd serait un salaud. C’est vrai qu’il peut l’être parfois. Bon d’accord, assez souvent. Mais il n’y a pas que ça sous la carapace de Neyd Fil’Azvar. Je le connais depuis suffisamment longtemps pour pouvoir vous assurer que derrière la mesquinerie dont il fait preuve, il a un bon fond. Déjà, c’est quelqu’un de loyal et obéissant. Et puis, c’est un excellent compagnon d’armes. Il n’hésitera pas à mettre sa vie en jeu pour défendre les plus faibles. Rappelez-vous, son honneur est plus important que sa propre existence. Bon sinon, c’est aussi un joyeux fanfaron ! (Sourire entendu) Il aime s’amuser et ne rate pas une occasion de venir faire la fête avec nous à la Taverne du Cheval Blanc. Et là, autour d’une bonne pinte, son péché mignon est de nous raconter des histoires. C’est un conteur hors pair, je vous assure ! Il s’immerge tellement dans sa narration qu’il en perd parfois la réalité. Mais qu’est-ce qu’il nous fait rire, avec ses imitations ! Vous devriez le voir faire, non mais vraiment. Je vous jure que vous vous prendriez au jeu.

Enfin voilà. Vous voyez maintenant ce que je veux dire par personnage complexe ? Neyd n’est pas seulement un gamin pourri gâté ou un idiot écervelé et suffisant qui passe plus de temps à se moquer des autres qu’à dire des choses sérieuses. Une fois que vous avez dépassé cette façade, il s’avère être jovial, amical et même drôle. Ah et non, il n’est pas insensible, croyez-moi. Je ne m’étalerai pas sur ce sujet parce que ça ne concerne ni vous, ni moi, ni qui que ce soit d’autre que lui. Mais il y a une part de tristesse et de douleur chez lui, bien qu’elle soit difficile à distinguer. Et carrément impossible à aborder, d’ailleurs. N’essayez pas, c’est une mauvaise idée ! Enfin après, je dis ça, je dis rien. C’est à vos risques et périls de toute façon. (Haussement d’épaules) Bon, je vais m’arrêter là, parce que s’il découvre tout ce que je viens de vous dire, il va me découper en morceaux et me jeter aux loups du Nord en guise de déjeuner, c’est sûr. Vous en savez bien plus que la plupart des Frontaliers, de toute manière. Je vous laisse, c’est l’heure de mon entraînement. Oh, hé ! Ce que je viens de vous dire, ça reste entre nous, pas vrai ? C’est promis ? »

Histoire

« Frontalier. Sais-tu seulement ce que signifient ces quelques lettres à ses yeux? Toute la puissance et tout l'honneur que ce seul mot contient? » | Neyd Fil'Azvar
Chapitre 1 : L’héritier.


L’immensité. A perte de vue, les Frontières de glace écrasent de leur puissance le paysage alentour par leur hauteur vertigineuse. La glace qui en recouvre les parois brille de mille feux sous l’éclat du soleil, encore timide en ce début de printemps. Le regard se dirige un peu plus vers l’Est, suivant les traits de l’imposante montagne. En contrebas des aiguilles enneigées, elle se dégage enfin. Des hautes murailles de pierre entourent la Citadelle, antre des Frontaliers, dernière cité avant la frontière séparant le Nord de l’Empire des terres hostiles. Avant elle, tout n’est qu’ivoire. La neige recouvre de son linceul blanc les prairies et forêts environnantes. Difficile de distinguer un chemin permettant d’atteindre aisément la Citadelle dans cet amas de poussière immaculée. La Nature quant à elle demeure silencieuse, en suspens. Elle a fait taire les chants des oiseaux et le murmure du ruisseau. Elle attend.

Soudain, un écho. D’abord bruissement, puis bruit, puis fracas. Lancés à vive allure sur une voie invisible, trois chevaux galopent à bride abattue. Le premier cavalier, un homme emmitouflé dans une peau de siffleur surmontée d’une capuche, laisse échapper une exclamation d’encouragement destinée à sa monture. L’étalon bai, exalté par le cri, accélère encore. Ils s’arrêtent en atteignant l’entrée de la cité et l’homme saute de sa monture, rendue blanche par l’écume qui parsème ses flancs et son poitrail. Relevant sa capuche, le cavalier dévoile un visage aux traits crispés dont le regard azur glacerait jusqu’au feu le plus ardent. Il confie les rênes de son étalon au premier garde qui s’avance vers lui et, sans se préoccuper du reste de son escorte, ordonne d’une voix forte au second:

« Emmenez-moi auprès d’elle. Maintenant. »

Il entend à peine le garde murmurer un vague « Bien, Commandant » et se hâte à sa suite. Les rues de la Citadelle sont encore calmes en ce début de journée. Sur son passage, Frontaliers de tout rang se redressent et le saluent d’un geste solennel sans qu’il ne leur offre la moindre seconde d’attention. Le garde s’immobilise devant une porte de bois sombre et s’écarte juste à temps pour laisser passer son poursuivant. Ouvrant la porte d’un geste sûr, il entre dans la bâtisse et s’empresse de refermer avant que le froid ne s’empare de la pièce. Sortant d’une chambre avoisinante, une rêveuse déjà âgée s’approche de l’homme. Ses traits tirés par la fatigue ne sont rien à côté de l’intense tristesse qui émane de son corps tout entier. Elle saisit les mains du Frontalier et, plongeant ses prunelles dans les siennes, murmure d’une voix douce.

« Je suis désolée, Logan. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour la sauver, mais… Cela n’a pas suffi. »

Le commandant Logan Fil’Azvar étouffe un cri de douleur. Il ferme les yeux un instant et tente d’apaiser sa respiration désordonnée avant de demander, dans un souffle brûlant :

« Et l’enfant ? »

Un sourire compatissant étire les lèvres de la vieille rêveuse. Elle se détourne et, d’un geste, invite le Frontalier à la suivre tandis qu’elle marche vers la chambre. Il s’immobilise sur le seuil de la porte, la gorge nouée par ce mélange d’émotions sans nom. Sur le lit, sa bien-aimée repose, les paupières closes dans un sommeil infini. En s’avançant, il remarque l’apaisement sur le visage d’Enora. Du bout des doigts, il effleure ses traits, tentant de graver chacun d’eux dans sa mémoire. Puis, se penchant lentement, il dépose sur son front un baiser tendre, qu’il agrémente d’une larme salée. Un cri de protestation l’arrache à ses adieux. Sur un dernier regard, il délaisse le corps sans vie de sa femme et se saisit avec précaution de l’enfant emmailloté que lui tend la rêveuse. Il soulève la couverture, contemple un instant le nourrisson puis quitte la chambre. La pièce principale où il se trouvait quelques minutes auparavant est à présent pleine de Frontaliers, des simples archers aux plus hauts gradés. Tous se taisent à son arrivée. Logan dégage le visage du nouveau-né puis, une fois au milieu de la pièce, balaie l’assemblée de son regard acéré et clame d’une voix rauque :

« Mes frères, je vous présente mon fils, Neyd Fil’Azvar. Puisse-t-il faire la fierté des Frontaliers. »


Chapitre 2 : L’amour d’une mère.


« Neyd ! Par la Dame, où es-tu? »

Caché derrière un meuble, l’enfant met la main devant sa bouche pour ne pas exploser de rire. Il se terre un peu plus dans l’ombre de sa cachette lorsque sa nourrice passe près de lui sans le voir. Elle s’éloigne en continuant de lancer des coups d’œil frénétiques dans tous les sens, maugréant contre cette mauvaise plaisanterie. Soudain, elle s’immobilise et se passe la main sur le front en soupirant. Elle avait déjà dû s’occuper d’enfants turbulents, mais ce petit polisson dépassait de loin tout ce qu’elle avait pu voir jusqu’à présent. Une idée éclot brusquement dans son esprit. Croisant les bras sur sa poitrine, la jeune femme prend un air narquois avant de dire d’une voix exagérément forte :

« Quel dommage, moi qui avais fait de la mousse au chocolat pour le goûter… Il semblerait que Neyd me laisse sa part, finalement. Bon, je vais donc aller me régaler. Toute seule. »

Anaé se détourne et commence à marcher à pas lents. Depuis sa cachette, l’enfant ouvre des yeux horrifiés. A peine la nourrice a-t-elle le temps d’atteindre la cuisine qu’un cri surgit de l’autre pièce.

« Naé ! Non, c’est à moi ! Arrête, t’as pas le droit ! »

Sorti de l’ombre en courant, Neyd se fraye un chemin jusqu’à la table et grimpe sur une chaise avant de s’emparer du précieux dessert. Avec une moue boudeuse, il plonge ses doigts dans la mousse et goûte. Un sourire lumineux éclaire son visage encore joufflu, offrant à ses yeux azurs un éclat nouveau. Anaé sourit en observant la joie du garçon. Caractériel ou pas, Neyd a un bon fond.

********

« Naé ? Tu crois que Père sera fier de moi aujourd’hui ? »

Anaé finit de lacer les chaussures du petit garçon avant de se redresser. Elle le scrute un instant puis sourit, caressant du bout des doigts le visage faussement angélique de Neyd. Elle ne peut s’empêcher de penser que ce ne sont pas des questions propices à un enfant de neuf ans, mais ne laisse rien transparaître de cette réflexion.

« Bien sûr, mon cœur. Ton papa est très fier de toi, tu le sais bien. »

Neyd fait la moue, peu convaincu par les paroles de sa nourrice. Il pousse un soupir et se détourne d’elle pour se regarder une dernière fois dans le miroir. Aujourd’hui est un jour de fête. Un jour de défilé. Un jour de joie pour tous les Frontaliers. Ou presque. En dévisageant dans la glace ce petit garçon aux cheveux noirs en bataille et au regard bleu pénétrant, Neyd cherche en vain une ressemblance avec son géniteur. Il a hérité des traits de sa mère, dit-on. Mais Maman n’est plus, songe-t-il en retour. Il saisit la main que lui offre Anaé et s’avance avec crainte dans la rue. Après plusieurs mètres, il aperçoit son père. Grand, hautain, fier. Inaccessible. Il s’insère dans les rangs, aux côtés de ses camarades et commence la parade. Alors qu’il remonte la rue principale, il sent dans son dos le regard de son père le transpercer. En se tordant le cou, il découvre le visage fermé du Commandant Logan Fil’Azvar qui, après avoir secoué la tête d’un air désespéré, se détourne du défilé et quitte l’estrade sur laquelle il était monté. Déçu. Il est encore déçu. Se mordant les lèvres, Neyd sent les larmes lui monter aux yeux. Il secoue vivement la tête, chassant sa tristesse. Tout en suivant ses camarades, il se fait une promesse. Il rendra son père fier. Quoiqu’il en coûte.


Chapitre 3 : La rencontre.


Projeté dans les airs, Neyd chute lourdement. Il tousse, tentant d’enlever de sa bouche la poussière qu’il vient d’avaler. Son entraîneur, un Frontalier connu pour son inflexibilité, l’observe, impassible. Le jeune garçon de douze ans sait qu’il n’attend qu’une chose : son abandon. Mais Neyd ne l’entend pas de cette façon. En se remettant sur pied, il lui prouve qu’une fois de plus, il ne baissera pas les bras. Alors qu’il s’apprête à repasser à l’attaque, le rappel est sonné. Il interrompt son mouvement et, intrigué, se dirige vers celui qui supervise l’entraînement, un guerrier solidement bâti aux prunelles sombres. A ses côtés se tient un jeune homme, sans doute un peu plus âgé que Neyd lui-même, et qui semble aussi à sa place au milieu de tous ces élèves qu’un siffleur en plein centre-ville d’Al-Jeit.

« Apprentis, voici Yaän Ezilea. Il s’entrainera avec votre groupe durant les sessions à venir. Accueillez-le comme il le mérite. »

Un sourire sournois déforme le visage de Fil’Azvar. Yaän Ezilea, cet infirme qui se prétend Frontalier alors qu’il est incapable de manier un sabre plus de dix minutes d’affilée. Neyd jette un coup d’œil à ses camarades et remarque au vu de leur expression qu’ils pensent la même chose que lui. Ezilea n’a pas sa place parmi eux, et Neyd va se faire un plaisir de le lui faire comprendre.

Le jour suivant, le jeune homme se retrouve à s’entraîner en duo avec Yaän. Il parvient à grande peine à contrôler sa mesquinerie, mais lorsqu’Ezilea se retrouve cloué au sol après avoir trébuché, Neyd ne retient pas plus longtemps l’élan de moquerie qui monte en lui.

« Tu te crois plus fort parce que tu es plus âgé ? Regarde-toi, boiteux comme tu es. Tu ne seras jamais un bon combattant ! »

Yaän lève ses yeux pâles vers son adversaire. Sans répondre, il se relève difficilement, se saisit de son sabre et se remet en garde. Neyd éclate de rire.

« Et c’est qu’il en redemande, en plus ! Très bien l’estropié, si tu y tiens ! »

Une joute de plus suffit au jeune homme pour que Yaän se retrouve une fois encore à terre. La flamme méprisante qui brûle dans les prunelles de Neyd ne cesse plus de danser.

« Abandonne. Tu n’as aucune chance face à moi. Tu n’es qu’un vulgaire éclopé. Tu n’as pas ta place ici mais ça, tu le sais déjà, pas vrai ? »

L’impuissance du garçon est à son apogée. Il baisse les yeux et Neyd exulte. Un sourire carnassier se peint sur son visage et, au moment où il s’apprête à achever Yaän de quelques mots cinglants, quelqu’un l’attrape par le col et le tire en arrière. Surpris, Neyd bascule et, à défaut de trouver une prise autour de lui, atterrit directement sur les fesses. L’auteur de cette boutade contourne le jeune homme et tend la main à Yaän pour le relever. Puis, se détournant du garçon, il croise les bras et se place devant Neyd, son regard ambre le perçant sans retenue. Des cheveux châtain-roux encadrent son visage aux traits harmonieux, mais Neyd ne se leurre pas. La puissance émanant du corps tout entier de l’inconnu ne lui dit rien qui vaille.

« On ne t’a jamais appris la politesse et le respect, Fil’Azvar ? Que penserait ton père s’il te voyait ainsi à ton avis ? »

Honteux, Neyd se retrouve pour la première fois incapable de répondre quoique ce soit. Cet homme qu’il ne connait pas se permet pourtant de le juger, lui, Neyd Fil’Azvar, fils de commandant ! Malgré la colère qui emplit chacune de ses cellules, il ne dit rien. Le Frontalier se penche, le saisit par le bras et le remet sur pied. Puis, une fois que Neyd a épousseté sa cuirasse, il le prend par le col et l’approche au plus près de lui. Les pieds battant l’air dans un mouvement désespéré, le jeune homme retrouve son visage presque collé à celui du Frontalier.

« Je m’appelle Alec Ezilea. Retiens bien ce nom. La prochaine fois que tu t’en prendras à mon petit frère, je serai celui qui te fera ravaler ta vanité et rentrer chez toi en pleurant. »

La menace est sans appel. Alec relâche le garçon puis, sans s’attarder d’avantage, s’éloigne en compagnie de Yaän. Laissé seul au milieu du terrain d’entrainement, humilié et crasseux, Neyd tempête.


Chapitre 4 : Frères d’armes.


« Neyd, je ne suis plus sûr que ce soit une bonne idée… »

Neyd se retourne vers le garçon blond qui l’accompagne. Malgré la pénombre de la nuit, il peut sans mal distinguer la terreur sur le visage de son ami. Sentant l’exaspération monter en lui, le jeune homme s’oblige à prendre une grande inspiration.

« Tu n’es qu’un trouillard, Lyam. Je t’assure que ça en vaut la peine, alors on s’en tient au plan. »

Sans attendre de réponse de la part de son compagnon, le garçon s’éloigne jusqu’à disparaître dans l’ombre. Se faufilant dans les ruelles de la Citadelle, il se glisse jusqu’à la bâtisse recherchée. En jetant un coup d’œil par l’une des fenêtres, il aperçoit un homme. La blancheur de ses dents se reflète sous l’éclat de la lune, bien pleine ce soir-là. Occupé avec sa pâte, le boulanger ne semble pas l’avoir remarqué. Neyd s’approche silencieusement de la porte et dispose le nécessaire à sa petite plaisanterie. Cordages, œufs, foin, sac de farine et un peu d’huile se retrouvent placés de part et d’autre du bâtiment en quelques minutes. Lorsque Lyam lui assure que tout est prêt, il toque. Trois coups bien nets, suffisamment fort pour que l’homme les entende. Abandonnant sa préparation, le boulanger essuie ses grosses mains dans son tablier et s’approche de l’entrée. Au moment où il ouvre la porte, il se trouve instantanément recouvert de farine, d’huile et de jaunes d’œufs. Un cri s’échappe de ce fantôme d’un nouveau genre tandis qu’il s’avance dans la rue d’une démarche hasardeuse. Lorsqu’il est suffisamment proche, Lyam et Neyd tirent la corde, propulsant le pauvre homme directement dans le tas de foin. A présent méconnaissable, ce dernier gesticule un moment avant de se remettre debout en hurlant. Hilares, les garçons admirent leur œuvre. Un mouvement au bout de la rue annonce l’arrivée de la garde. Neyd saisit son ami par le bras.

« On bouge ! »

Les garnements remontent la ruelle en courant puis, d’un accord tacite, décident de se séparer. Prenant sur sa gauche, Neyd accélère le pas. Derrière lui, les hurlements s’atténuent. Cet idiot a dû ameuter toute la cité avec ses cris. Il pouffe de rire au souvenir de l’être difforme qu’il avait sous les yeux quelques secondes auparavant. Sa joie est cependant de courte durée. Au croisement suivant, il remarque à gauche comme à droite des groupes de Frontaliers. Il sent derrière lui la présence d’autres membres de la garde. Alors qu’il avance encore, à présent quasi certain de se faire attraper, un bras sort de nulle part et l’attire dans l’ombre. L’instant suivant, Neyd est bâillonné par la main de l’inconnu, qui les a tous deux dissimulés dans le renfoncement d’une façade. Le garçon se crispe en entendant les gardes se rapprocher, mais ces derniers passent à côté d’eux à vive allure sans les voir. Une fois qu’ils se sont éloignés, l’inconnu relâche la pression de sa main et permet à Neyd de se retourner. En sortant de l’ombre, le cœur du jeune homme rate un battement lorsqu’il découvre le visage méconnu. Son sauveur n’est autre que Yaän Ezilea.

Encore sous le choc, il ne réagit pas lorsque Yaän lui saisit le bras et l’entraîne à sa suite en claudiquant. Lorsqu’ils sont suffisamment loin des gardes, les deux jeunes gens s’arrêtent enfin. A bout de souffle, Neyd dévisage le jeune homme qui lui est venu en aide. Il n’avait pourtant cessé de se moquer de son infirmité depuis leur première rencontre il y a un peu plus d’un an, allant même parfois trop loin. L’humiliation que lui avait infligée son frère Alec était toujours bien ancrée dans sa mémoire et Neyd ne l’avait pas encore acceptée. Sentant sa respiration s’apaiser, le garçon se redresse et murmure :

« Pourquoi ? Après tout ce que je t’ai fait subir, pourquoi m’aider ? »

Yaän s’essuie le front d’un geste rapide et sourit à son acolyte.

« Oublierais-tu l’une de nos plus précieuses valeurs, Frontalier ? On ne laisse personne derrière. Jamais. »

Neyd ouvre la bouche pour répondre, mais se ravise subitement. Pour la première fois depuis longtemps, un sourire sincère étire ses lèvres. Il avance la main vers Yaän, paume ouverte, et plonge ses iris dans les siennes. Sans hésiter, le jeune homme vient placer sa paume contre celle de Neyd. La reconnaissance est là. Enfin.


Chapitre 5 : La fierté d’un père.


« Allons, fiente de Ts’lich, vas-tu te décider à te battre ? Par le dragon, tu es aussi téméraire qu’une fillette de 5 ans ! »

Fier de sa tirade, Neyd se redresse et jauge son adversaire. Le jeune homme blond face à lui se remet péniblement debout - après avoir mordu pour la cinquième fois la poussière en quinze minutes - et récupère son arme. Se replaçant en position de combat, le garçon prend un air narquois en battant l’air de son sabre. Il le défie. Ce mécréant n’a aucune chance contre lui. Après toutes ces années d’entraînement acharné, son arme est devenue le prolongement même de son bras gauche. Une partie de lui, c’est peu dire ! Plissant les yeux, il décale sa jambe d’appui de quelques centimètres et entame la première feinte. L’adversaire la repousse sans grande difficulté et entreprend de riposter lorsque, profitant de l’équilibre précaire du blond, Neyd virevolte et pare le coup qui aurait dû l’atteindre en pleine poitrine, désarmant son rival. Un rire sarcastique s’échappe de sa gorge tandis qu’il met la pointe de son sabre sur le cou du jeune frontalier.

« Te voilà fait comme un rat. »

La peur qu’il lit dans les yeux de l’avorton amplifie ce sentiment de puissance qui brûle en lui. Jouissant de sa supériorité, Neyd ouvre les bras et lorgne les autres membres de sa bande de ses prunelles azurées, la bouche retroussée d’un sourire suffisant. Apeurés, ses amis s’écartent, aucun d’entre eux ne voulant se mesurer à ce combattant que rien n’effraie. Il est leur chef. Sur ce terrain d’entraînement comme dans le reste de la Citadelle. Tous lui vouent un respect profond et le craignent presque autant que les Frontaliers plus âgés craignent son père. Cette pensée gonfle son cœur de fierté. Lui aussi sera Commandant un jour, et au lieu de diriger une bande de dix gamins, il sera à la tête de toute une armée de Frontaliers. Son sourire ne le quittant plus désormais, il passe sa main libre dans ses boucles rebelles, tentant de les dompter. En vain. Il soupire bruyamment puis, voyant qu’aucun de ses comparses ne semble décider à l’affronter, il lève les yeux au ciel, exaspéré.

« N’y a-t-il personne ici avec qui je puisse m’entraîner ? »

Il balaie du regard la petite assemblée toujours muette et s’apprête à reprendre la parole lorsqu’une voix claire surgit derrière lui.

« Si. Moi. »

En se retournant, Neyd découvre l’auteure de ces propos téméraires. Son sourie s’accentue. Devant lui se tient l’une des meilleures apprenties combattantes au sabre de la Citadelle. Daerys Sil’Azling, la sœur de Yaän en personne. Le jeune homme ne se donne pas la peine d’ajouter quoique ce soit. Se remettant en garde, il invite d’un hochement de tête la jeune fille à se mesurer à lui.

********

Après avoir retiré sa tenue de cuir souple, Neyd se laisse tomber sur son lit sans aucune retenue. Il est à peine onze heures et il se sent déjà fourbu. Il faut dire que l’entraînement qu’il s’était imposé ce matin-là avait été intense, à tel point qu’il se serait volontiers blotti dans les bras de Morphée pour le reste de la journée. Combattre Yaän puis Daerys nécessite une quantité d’énergie incroyable mais Neyd ne s’en lasse pas. Il apprécie trop leurs entraînements pour se laisser abattre par la fatigue. Qui plus est, les progrès qu’il a faits depuis qu’il les a rejoints, presque huit mois plus tôt, sont incroyables. Alors qu’il fixait les dorures au plafond, absorbé par sa réflexion, le grincement de la porte de sa chambre le tire de ses pensées. Son visage s’adoucit lorsqu’il découvre la visiteuse. Portant un gâteau surmonté de quatorze bougies, Anaé s’avance lentement vers le garçon en entamant un joyeux anniversaire. Ses yeux brillent d’excitation et Neyd ne peut retenir la bouffée d’amour qu’il ressent pour cette femme qu’il considère comme sa mère. Il lui offre un large sourire, mais ne peut s’empêcher de la gronder gentiment lorsqu’elle s’installe près de lui.

« Je croyais qu’on avait dit qu’on ne le fêterait pas, Naé ? »

La nourrice éclate de rire et ébouriffe affectueusement les cheveux de Neyd.

« C’est toi qui as dit ça. Moi, je n’ai rien promis du tout ! Allez, souffle tes bougies. N’oublie pas de faire un vœu, surtout. »

Neyd sourit de plus belle. Fermant les yeux un instant, il formule son souhait. Le même depuis qu’il est né. Faire la fierté de son père. Puis, après avoir pris une grande inspiration, il souffle un grand coup et éteint les bougies. Anaé l’applaudit, pose précautionneusement le gâteau à côté d’eux et sort de sa poche un écrin ébène. Neyd ouvre des yeux ronds et soupire.

« Naé… »

Sans lui laisser le temps de râler, elle lui tend la petite boîte et l’incite à l’ouvrir. Neyd cède au regard insistant de sa nourrice et ouvre son cadeau. Il y découvre une chaîne argentée supportant un pendentif en forme d’aigle. Emerveillé devant la beauté du bijou, Neyd ne voit pas la larme rouler le long de la jouer d’Anaé. Elle l’essuie rapidement et lui sourit lorsqu’il la regarde à nouveau.

« Il te plait ? »

Neyd se jette à son cou et la serre contre lui.

« Il est génial ! Merci ! »

La nourrice ferme les yeux et lui rend son étreinte. Sa première impression sur ce garçon a été la bonne, et elle remercie chaque jour le ciel de ne pas avoir abandonné.

********

« Neyd ? Votre père souhaite vous voir. Suivez-moi. »

S’excusant auprès des Frontaliers avec lesquels il discutait, le jeune homme suit docilement le serveur à travers les couloirs de la grande demeure. Pour son anniversaire, Naé avait fait les choses en grand. La plupart des membres de sa famille sont en ce moment même regroupés dans le grand salon. Neyd était sincèrement heureux de voir la majorité d’entre eux, notamment son oncle. Le souvenir de leur étreinte lorsqu’ils s’étaient aperçus apaise momentanément la tension qu’il ressent au creux de son ventre. Si les invités sont au rez-de-chaussée, son père, lui, est aux abonnés absents. Le garçon ne l’a pas encore vu de la journée et se demande anxieusement pourquoi il le convoque. L’espace d’un instant, il se prend à imaginer que c’est pour lui souhaiter son anniversaire et peut-être même lui offrir un véritable sourire. Le serveur s’efface devant lui, laissant Neyd pénétrer dans le bureau.
La pièce est assez large et bien décorée, symbole de la puissance de son géniteur. Neyd se focalise sur la personne qui se trouve devant lui. Lui tournant le dos, son père regarde par la fenêtre, l’air absent. Lorsqu’il se décide finalement à s’intéresser à Neyd, ce dernier sent chacun des muscles de son corps se tendre comme un arc prêt à se rompre.

« J’ai croisé ton formateur ce matin. Ce que j’ai entendu m’a fortement déplu, Neyd. »

Le jeune garçon serre les dents. Il a pourtant donné tout ce qu’il avait lors de la dernière évaluation. Même Daerys l’avait félicité pour ses prouesses, c’est pour dire. Il baisse les yeux, attendant la suite.

« Tu es inoffensif. Je me demande chaque jour pourquoi le ciel m’a donné un enfant aussi faible. »

Neyd retient la vague de colère qui menace de le submerger. Une nouvelle fois, il déçoit son père et une nouvelle fois, cette idée le révulse. Pourquoi ne parvient-il pas à tenir la promesse qu’il s’était fait cinq ans plus tôt ? Le Commandant s’approche et se place face à lui. Comme Neyd s’obstine à garder les yeux rivés au sol, Logan Fil’Azvar lève la main et, sans préavis, lui assène une violente claque sur la joue gauche. Le garçon demeure immobile, complètement sonné. La voix de son père résonne dans ses tympans, menaçante.

« Regarde-moi quand je te parle. »

Neyd lève péniblement des yeux embués de larmes.

« Sors d’ici. Et ne reviens que lorsque tu seras devenu un véritable Frontalier. »

Saisissant le peu de courage qu’il lui reste, le garçon se redresse et maîtrise les tremblements de son corps.

« Oui, Père. »

Puis, aussi raide qu’un piquet, il fait demi-tour et sort de la pièce. A peine s’est-il éloigné de quelques pas que les larmes coulent le long de ses joues. Intarissables.


Chapitre 6 : L’oiseau blessé.


Yaän est en retard. Il n’est jamais en retard. Assis sur un rocher, Neyd pousse un profond soupir. La journée n’avait déjà pas commencé sous les meilleurs hospices puisqu’il avait croisé le regard dédaigneux de son père, mais elle ne se terminerait apparemment pas mieux. Voilà trois mois qu’il l’avait giflé. Jamais il n’avait émis le moindre acte de violence physique envers son fils auparavant, pourtant. Pensif, le jeune homme passe sa main sur sa joue, avec l’impression de ressentir encore aujourd’hui la douleur de la claque. Secouant la tête, il se relève et maugrée quelque chose d’inintelligible. Cela doit bien faire une heure qu’il attend son ami. Ce dernier avait demandé à décaler leur entraînement journalier, prétextant qu’il avait quelque chose de très important à faire et promettant de tout lui raconter lorsqu’ils se verraient. Neyd n’avait pu lui refuser une telle demande, surtout après avoir vu l’excitation qui brillait dans les prunelles de Yaän. Alors qu’il observe la Citadelle, l’agitation qu’il perçoit à l’entrée de la cité lui vaut un froncement de sourcils. Quelque chose cloche. Récupérant ses armes et sa monture, Neyd se met en selle et s’éloigne au galop.

Mort. Comment est-ce possible ? Comment une telle chose a-t-elle pu arriver ? Mort. Mille et une questions dévalent son esprit. Mais aucune réponse ne les accompagne. Mort. Neyd sent les larmes embuer ses yeux bleus. A travers ces perles salées, il observe le regroupement sur la place un peu plus loin devant lui. Mort. Plusieurs femmes entourent la mère de Yaän et tentent de soulager sa douleur par quelques paroles réconfortantes. Partout, les Frontaliers arborent leur visage le plus sombre. Mort. Neyd essuie ses larmes d’un geste rageur, se lève et délaisse cette vision insupportable. Lentement, il rentre chez lui. Son ami est mort. Et une partie de lui aussi.

********

« Hé, toi là-bas, la fille aux oiseaux ! Tu n’as pas l’impression d’avoir oublié ton moineau aujourd’hui ? »

Une série de rires sarcastiques suivent l’interpellation. Neyd sourit, visiblement fier de lui.

« Allez, Sil’Kallian, ne fais pas ta timide. Montre-nous au moins comment tu te sers d’un sabre. Ou du moins, comment tu essaies de t’en servir. »

Le garçon dégaine sa propre arme et dévisage la jeune fille avec un air de défi. Il n’avait cessé de se moquer d’elle depuis son arrivée à la Citadelle, quelques années plus tôt. Après avoir retrouvé son père Frontalier, Nirina avait rejoint les apprentis afin d’apprendre le maniement des armes et l’art du combat. Mais cela n’a aucune importance pour Neyd. A ses yeux, elle ne sera jamais une véritable Frontalière.

Devant l’absence de réaction de la jeune fille qui semble bien décidée à l’ignorer, Neyd s’apprête à poursuivre sa tirade lorsqu’une apparition l’en empêche. Le jeune homme se rembrunit en reconnaissant la silhouette au loin. La colère qu’il sent monter en lui est proche de le submerger, il suffirait d’un regard et… Alec tourne la tête et croise ses prunelles embrasées. Il ne s’arrête pas, néanmoins. Lui aussi l’ignore. Bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds devant ses camarades, Neyd s’approche du Frontalier, furieux. Il se plante devant lui et le dévisage. Chacune des cicatrices d’Alec lui rappelle son ami défunt. Mais peu importe les remords que l’archer peut avoir, ce ne sera jamais suffisant pour Neyd. Toute la rage qu’il a amassée depuis ce jour fatidique se déverse alors.

« Où te sauves-tu comme ça ? Quelque part où tu pourras te cacher pour ce que tu as fait ? Mais l’Empire n’est pas assez grand pour ça, Ezilea. »

Alec dévisage un instant le garçon, puis son regard se voile d’une douleur sans nom. La blessure est encore trop vive pour qu’il puisse rabrouer Neyd comme son rang lui permettrait de le faire. Pire encore, elle l’empêche même de lui répondre.

Devant son silence, Neyd explose. Littéralement. Furibond, il ne retient plus ses mots. Il y a tant de choses qu’il a envie de dire à ce misérable, et depuis tellement longtemps. Croisant les bras, les traits crispés sous la fureur, il crache son venin au visage de l’archer.

« Tu te blâmes ? Tu t’en veux ? Explique-moi ce que ça change, Alec. Explique-moi en quoi ton air de chien battu et ta soi-disant culpabilité vont ramener Yaän. Explique-moi comment toi, un Frontalier entrainé, a pu laisser un simple apprenti te suivre et périr. Tu ne mérites pas de faire partie de notre peuple. Tu as perdu ton honneur le jour où Yaän a perdu la vie. »

Neyd se détourne d’Alec et s’éloigne à grands pas. Il ne peut rester plus longtemps face à lui sans succomber au désir de lui coller une raclée. Deux ans déjà que Yaän n’est plus là, et son image continue de le suivre comme un vieil ami. Il ne pardonnera jamais à Alec ce qu’il a fait. Jamais.


Chapitre 7 : L’envol de l’aigle.


« Mes frères, nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer la fin de l’apprentissage de nos chers apprentis. Si tout Frontalier garde en tête l’art du combat, c’est bel et bien son courage et son esprit d’analyse qui en font un guerrier incomparable. De plus… »

Neyd n’écoute déjà plus. Aligné aux côtés de ses camarades, il trouve le regard d’Anaé et lui offre un sourire crispé. Elle lui fait un petit geste de la main en retour et l’encourage d’un sourire rassurant qui ne parvient cependant pas à le détendre. Lorsque le jeune homme aperçoit son père, il se raidit encore plus. Le commandant félicite chacun d’entre eux d’un mot agréable et d’un hochement de tête respectueux. Lorsque son regard s’arrête sur Neyd, il lui semble distinguer un sourire sur le visage fermé de son père.

« Félicitations, Neyd Fil’Azvar. Te voici Frontalier. »

L’illusion est passagère. Elle disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Sans un mot de plus, il passe au jeune homme suivant. Neyd tangue légèrement, pris dans un flot d’émotions contradictoires. Un mélange de soulagement, de bonheur - celui d’avoir réussi - mais aussi de déception et d’amertume, de n’être pas parvenu à satisfaire complètement son père. Sans oublier les questions et les doutes concernant son futur. Il veut tenir sa promesse. Il y parviendra. La cérémonie touche à sa fin. Le sortant de sa réflexion, Lyam le tire par le bras.

« Allez, arrête de rêvasser ! Il est temps d’aller fêter tout ça ! »

Suivant ses camarades, Neyd quitte la Citadelle en direction de La Taverne du Cheval Blanc. Il aura tout le temps de tergiverser plus tard sur son avenir. Pour le moment, seul l’instant présent compte. Ainsi que la chope de bière qui l’attend.

Informations personnelles

« C’est l’histoire de la vie ! Mais sans spaghettis ! Et sans pepperoni ! » | Lya
Pseudo : Ael ou Lya, comme vous le souhaitez, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Et puis il y a Lyly aussi, mais celui là il est pour Jorth ♥.
Age réel : 20 printemps! (Déjà. ARGH)
Pays d'origine : La France, ce beau pays.
Parlez-nous de vous : J'aime les poneys colorés arc-en-ciel, les cookies noix de coco, les câlins, embêter Oriss la sardine-nappe-carpette, chanter HAKUNA MATATA et IL EN FAUT PEU POUR ETRE HEUREUX, distribuer des cacahuètes sacrées, danser la polka et puis sans doute plein d'autres trucs.

Hem. *Grande inspiration et hurle* C'EST MOI, LYA ! Ouais, je sais, j'ai craqué, je suis affreusement faible, c'est horrible. OMG ! *Part se cacher dans un coin*. Nan mais tout ça c'est à cause d'Aki la tentatrice, elle m'a carrément fait succomber au charme de ce merveilleux (et insupportable) personnage qu'est Neyd. ♥ Bref, à part ça, je vous aime. TOUS OUI, MÊME TOI ORISS. Voilà, c'est tout pour le moment. Bisous sur vos bouilles hein. Hug
Familier avec l'univers de Pierre Bottero? : Pierre, je vous aime. In love :4233:

Comment avez vous connu le forum ? : Parce que je me suis trompée de forum au tout début, sisi, je vous assure. :3
Un commentaire sur le forum ? : Les gens sont complètement dingues par ici. Oh si! Une fois qu'on s'y est inscrit, pas moyen d'en repartir. ♥ (Trop d'amour en mwa)

Demande particulière : Aki, je t'aime, épouse moiiiiii. In love

avatar
Nirina Sil'Kallian
Frontalière
Ouch, j'avais oublié que Neyd avait cet avatar xD

Sinon j'aime bien le " Frontalier spécialisé dans le maniement du sabre." Je sais pas, ça sonne comme une redondance vu que de base, tous les Frontaliers sont des monstres au sabre x)

Re-bienvenue en tout cas! =D Et désolée, j'ai demandé Aki en mariage avant toi, donc j'ai la priorité =P


Préz ~ Journal

Autres personnages : Isil Amaën ~ Tintallë Onund



Spoiler:


Mille fois merci Aki' pour le(s) kit <3 
http://eclipse.eklablog.com/
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Neyd Fil'Azvar
Frontalier
Merci Nirina :D
Ouais, tu as raison pour le métier, je l'ai enlevé. De toute façon il est Frontalier pi c'est tout :P
Zut, Aki ne veut pas être polygame? :3 Ahah!

Encore merci ! Hug




Merci Aki pour ce kit merveilleux ♥
avatar
Alec Ezilea
Lieutenant Frontalier
Bienvenue encore sur le forum!!
Je suis tellement contente qu'il t'ai plu!
Happy 2 OMG ! Oh oui ! :3 In love Deadly Hug I neeeeed ! WTFOMG pompom houray :rainbowwsheeep :4233: 88473
*les mots ne suffisent parfois pas à décrire une émotion*

Comme je te l'ai déjà dit, tu as mon entière approbation pour ton histoire et tout. J'aime vraiment beaucoup comment tu le joue et lui donne sa personnalité. Ça va tellement exploser avec Alec Face
Aussi, j'adore l'utilisation des PNJ et des lieux, comme Anya, Lyam ou la taverne du Cheval Blanc, dans tes descriptions et histoires. Le style d'écriture pour les description est vraiment intéressant aussi, bravo!

Bref, j'adore :3

Ha nan, mais attendez! Faut que ça serve d'avoir des problèmes de personnalité. Alors Alec va se marier avec Nirina, et Kyllian avec Aelya, comme ca, tout le monde est contents! Et il y en a un troisième en route pour pas faire de jaloux au cas ou xD *too much love* In love
Je vous adore mes gnoochis :4233:

*nouvelle tournée de cookies de bienvenue pour toi ma Lya!*




Administratrice aux cotés de Syane Ril'Devah
Aperçut de mes personnages:
http://dadou34.wix.com/danicka-raymond
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Jorth Rethelson
Artisan
Re-Bienvenue Lyly In love :rodeoosuchii: :rainbowwsheeep :4233: houray lèche hellooo! pompom thatlook Slow Motion WTFOMG In love ! Check Tired Oh oui ! In love Deadly Hug Deadly Hug Hug

PREND CE COOKIE GÉANT Oh oui !


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Neyd Fil'Azvar
Frontalier
Merciii Jorth In love
COOKIE GEANT Oh oui ! *dévore le dit-cookie et les doigts de Jorth*
Plein de câlins pour toi! Deadly Hug

Waaouh Aki ça c'est de l'émotion! OMG ! Merci pour tous tes compliments qui me font très plaisir ♥ Hug Du moment qu'il vous plaît à Nirina et toi c'est le principal ! (Bon et au Grand Manitou aussi évidemment :P )
Ah ça oui va jaser avec Alec, va falloir qu'on s'accroche Face et aussi qu'on évite de les entre-tuer tout de suite ahah ! 88473 :5344:

OH OUI JE VAIS ÉPOUSER KYLLIAN *meurs de bonheur* Mon petit Brun adoré, c'est vraiment une perle :4233: (C'est pas sain comment je parle de lui, je devrais appeler mon psy Face )
Merciii pour les coookieeees *sent les kilos arriver à vue d’œil* Hug
Et puis ba... Vivement l'arrivée de ton bonhomme que je puisse baver encore un peu plus! :3
Je t'aime aussi, plein de bisous d'amour In love




Merci Aki pour ce kit merveilleux ♥
avatar
Syane Ril'Devah
Frontalière
Re-bienvenue à toi ! o/

Bon... encore une fois, c'est la perfection ultime. La description du physique avec la mise en contexte, les témoignages géniaux et hilarants sur ton perso et l'histoire qui inclue tellement de détails, de personnages, etc... bref, j'aime et je valide !
Oh, et la complexité du personnage. Il est pas aimable et fier, mais en même temps, quand on apprend pourquoi, ça le rend tellement plus humain.

Et j'enlève les illusions de tout le monde, je shotgun le TC de Aki pour me marier avec ! XD


En ligne
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Neyd Fil'Azvar
Frontalier
Waouh, Syane, ton commentaire sur ma fiche m'a laissée sans voix. Shocked
Merci beaucoup pour tous ces compliments, ça me fait vraiment très plaisir. Je suis ravie que son caractère te plaise, je vais faire en sorte qu'il continue d'être aussi explosif ! :P

Et merci pour la validation, Ô Grand Manitou héhé! Hug

Plein de câlins Deadly Hug

PS: Je suis sûre qu'Aki dira oui pour Fynn. :P




Merci Aki pour ce kit merveilleux ♥
avatar
Serena Quinn
Apprentie Marchombre
(oui j'arrive alors que la fiche est déjà validée xD)

Mon Robbineyd ! In love
Ta fiche est superbe, tu as une de ces plume, j'adore :3

"Une barbe naissante se dessine sur ses joues, vieillissant sans doute un peu le jeune homme."
La phrase que j'ai retenu. (hahem)
Bref, j'aurai très envie de RP avec toi un de ces jours, rien que pour caresser ta bar../PAN/

A plus mon Barbu In love



« La parole humaine est comme un chaudron fêlé
où nous battons des mélodies à faire danser les ours,
quand on voudrait attendrir les étoiles. »
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