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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Rencontre impromptue

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Oriss Xil'Ehuïl
Mercenaire du Chaos
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Le capitaine d'Al-jeït avait passé les journées précédentes en voyage, et celle-ci à se reposer chez une connaissance, avant d'aller la nuit à son point de rendez-vous. Un rendez-vous de nuit était beaucoup plus suspect qu'un rendez-vous de jour, mais aussi beaucoup plus discret, surtout en connaissant les bonnes places, les bons lieux, et les bons passages. Ses années d'entraînement, ses années de missions et de services pour les mercenaires lui avaient permis de plutôt bien connaître les villes, reconnaître les bons passages. Il savait également reconnaître un bon garde et un mauvais garde, et connaissait bien des ruses. Passer son temps à traquer les criminels en en étant soi-même un, cela aidait dans tous les aspects de ses travails.

Aujourd’hui, son travail consistait à récupérer des noms auprès d’un homme, des noms qu’il devrait prendre en chasse. C’était plus simple pour lui de se déplacer, même depuis Al-Jeït. On le mettait en contact avec quelqu’un qu’il devait retrouver dans une ville, et ainsi, deux personnes seulement connaissaient ces noms-là. Si le rendez-vous venait à être surpris, les personnes n’auraient pas la puce à l’oreille, et au moins cela se déroulait loin de son lieu de couverture. Jusqu’à maintenant, le pire problème qui était arrivé se trouvait être un piège. Quelqu’un avait eu vent du rendez-vous, son contact avait un peu trop parlé. Mais cette fois, ce ne fut pas le cas, et ils ne furent guère dérangé ni vu par quiconque, du moins c’est ce qu’il semblait. Oriss nota les noms dans sa tête avant de déchirer le papier et de laisser les morceaux tomber sur le sol mouillé. Ces quatre personnes se trouvaient normalement à Al-Jeït, il allait avoir du travail à son retour. Mais tout d’abord, il comptait bien profiter de son séjour pour aller récupérer des informations.

Son lieu de renseignement ici se trouvait loin, planqué. Au sein d’un gang qui entendait tout, et dont il savait que jamais il ne se déplacerait jusqu’à Al-Jeït. Trop pauvre, trop de danger, trop de contraintes, tous déjà condamnés à leur misérable vie de criminels. Mais cela ne lui faisait pas grand-chose, il avait l’habitude d’utiliser des gens. Au moins leur donnait-il quelques pièces, et quelques provisions. Ceux-ci l’appréciaient, même s’il ne passait pas souvent, il faisait toujours son petit effet. Il marchait d’un bon pas dans la rue pour s’y rendre.



Si les problèmes étaient des pastèques, on pourrait les manger.
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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
La nuit était bien entamée lorsqu'Elleynah décida de se lever. Elle n'arrivait pas à dormir. Et pourtant, cela faisait des semaines qu'elle n'avait pas eu accès à un lit aussi confortable. L'auberge qu'elle avait choisi était tout simplement la meilleure de la ville. La marchombre avait parfois des goûts de luxe, mais elle pouvait largement se le permettre. Elle ne culpabilisait jamais quant à ses choix, et assumait totalement le contraste qu'il pouvait y avoir entre certaines de ses décisions et son quotidien. Cependant, elle n'avait loué qu'une seule chambre pour son apprentie et elle, jugeant que le lit était bien assez grand pour deux personnes.

Telle une ombre, la marchombre glissa hors du lit. Elle observa un instant son apprentie qui dormait profondément, et un léger sourire naquit sur ses lèvres. Dans d'autres circonstances, elle ne l'aurait jamais laissée seule. Il était trop tôt et Elleynah savait à quel point elle l'avait mise en danger en la prenant sous son aile. Elle n'était pas encore prête à se débrouiller toute seule, même si elle faisait des progrès gratifiants. Mais ici, elle savait qu'elle ne craignait rien, même seule. De toutes façons, la marchombre serait de retour bien avant l'aube. Elle avait simplement besoin de prendre l'air. Elle s'habilla donc rapidement, aussi silencieuse qu'un voile de brume, se faufila par la porte et la referma sans un bruit. Sa capuche pendait mollement sur ses épaules, encadrée par ses cheveux roux. Lorsqu'elle passa devant l'aubergiste, qui veillait toujours malgré le calme, elle le salua d'un clin d'oeil, et l'homme rougit instantanément, mais n'eut pas le temps de réagir. Déjà, elle était dehors.

L'air frais lui fit un bien fou. Elle ferma les yeux un instant, appréciant la fraîcheur de la nuit sur sa peau. Puis, elle ajusta sa capuche sur sa tête, et se mit en marche. Un pas d'abord lent, qui lui permettait d'apprécier le calme des nuits de la ville. Enfin, presque calme. Elle fit quelques rencontres mal venues, mais les hommes, téméraires et imbibés d'alcool, finirent tous dans le caniveaux, assommés et dépouillés de leurs bourses. Après tout, elle avait bien le droit à une compensation pour leurs attitudes odieuses. Cela ne l'empêcha en rien d'apprécier sa balade nocturne. Mais au détour d'une ruelle, elle évita de justesse un homme qui arrivait à tout allure. Elleynah n'avait évité le choc que grâce à ses prodigieux réflexes de marchombre, et s'était retrouvée dos à lui. Cela aurait pu s'arrêter là. Ils auraient pu continuer leur route, chacun de leur côté. Mais il n'en fut rien.

Elleynah avait été intriguée, peut être parce que c'était le premier homme comme celui-ci qu'elle rencontrait depuis bien longtemps. Ou peut-être encore parce que le peu qu'elle avait vu lui rappelait vaguement une personne qu'elle avait connu dans son passé, sans pour autant pouvoir mettre un nom sur son visage. La marchombre fit volte face, et croisa les bras sous sa poitrine comme elle le faisait si souvent. L'homme s'était lui aussi arrêté.

- Tu m'as l'air bien pressé, railla-t-elle, mais n'oublie pas de regarder où tu vas.



Merci Aki pour le kit *-*
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Oriss Xil'Ehuïl
Mercenaire du Chaos
Oriss, tout à ses pensées, ne remarqua pas la jeune femme qui venait en sens inverse au détour d’une ruelle, si bien qu’ils manquèrent de se cogner. Elle esquiva malgré tout grâce à un réflexe inouï. Extrêmement aiguisé. Ce fut la première chose qui intrigua Oriss, ça en plus du fait que comme lui elle était dehors de nuit. Les gens dehors ainsi, à l’écart des tavernes, avaient bien le droit d’être là, mais on n’était pas à Al-Jeït, la ville était bien moins vivante, les gens à l’extérieur plus rare, et généralement moins honnête. Instinctivement, mais sans rien laisser paraître, Oriss était sur le qui-vive.

Il remarqua alors un peu mieux en se retournant celle qui l’avait esquivé, et elle lui rappela quelqu’un. Il était sûr de l’avoir déjà vu, ou en tout cas d’avoir vu quelqu’un lui ressemblant. Si ce n’était pas les deux d’ailleurs, peut-être les deux. Il eut néanmoins beau chercher, la mémoire lui fit défaut, elle reviendrait probablement plus tard. Ce n’était en tout cas pas quelqu’un qu’il avait l’habitude de côtoyer, sinon il aurait tout de suite fait le rapprochement. C’était assez agaçant de ne pas se rappeler d’un visage ainsi, mais là encore, il conserva une neutralité d’usage. Il était bien rodé après tout, avec la cour, ce n’étaient pas les moments où feindre un visage neutre qui manquaient, où feindre tout court à vrai dire. Ce n’étaient que des jeux de masques, et pour arriver à son poste et à sa place bien assise, il avait dû s’y faire, il avait dû s’habituer à revêtir ces masques. La phrase de la jeune femme lui arracha néanmoins un léger sourire. Il venait de se conduire comme certains conducteurs de charrette qu’il appréhendait à la capitale, c’était somme toute assez ironique pour le capitaine des gardes de ladite ville.

« Désolé, mes pensées m’accaparaient. Enfin, plus de peur que de mal, il aurait été dommage que par des rues aussi vides et une telle nuit nous nous retrouvions blessés. Beaux réflexes cela dit. »

Il la jaugea à nouveau en vitesse, son habillement cette fois-ci. Des vêtements de cuir, une cape usée. Sans doute une voyageuse, mais pas une voyageuse ordinaire. Non, il en avait la certitude. Il laissa apparaître un nouveau sourire, volontaire celui-ci, plutôt chaleureux, qui donnèrent un meilleur ton à sa phrase assez neutre. En face de lui se tenait quelqu’un de potentiellement dangereux, il en avait la certitude.



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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
La première chose qui frappa Elleynah lorsque l'homme lui fit face, furent ses yeux, brillants d'une vivacité qu'elle n'avait que rarement vu au cours de sa vie. Certes, elle n'était pas encore bien vieille mais elle estimait avoir assez vécu pour se baser sur ses expériences personnelles. Et cet homme, comme elle l'avait déjà senti, était loin d'être ordinaire. D'une certaine façon, il lui rappelait son père. Peut-être à cause de la barbe, tout aussi grisonnante que le défunt lors de sa mort. Ou peut-être à cause du sourire qu'il lui lança. Un sourire doux, presque paternel. Un sourire qui éveilla toute sa méfiance, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi. C'était comme un sixième sens qu'elle avait développé avec le temps, et qui lui avait déjà sauvé la vie de nombreuses fois. L'homme en face d'elle n'était pas un de ces badauds coureurs de jupons qui tentaient maladroitement de se faire plaisir après avoir englouti plusieurs pintes. Non, ce type là était bien différent. Lui, il était dangereux.

- Désolé, mes pensées m’accaparaient. Enfin, plus de peur que de mal, il aurait été dommage que par des rues aussi vides et une telle nuit nous nous retrouvions blessés. Beaux réflexes cela dit.

Elleynah, les bras toujours croisés sous sa poitrine, sourit à l'inconnu. Il était vrai que les rues d'Al-Far étaient étonnamment vides, même pour un milieu de nuit. Il faut dire que la ville était peu fréquentable, surtout après le coucher du soleil. Ceux qui se risquaient dehors étaient soit des fous, soit des tueurs. Elleynah savait dans quelle catégorie elle se situait, et avait sa petite idée quant au barbu en face d'elle. Il avait la prestance et la fierté de celui qui a l'habitude de se faire obéir, la décontraction de celui qui sait ce qu'il fait. Mais peut-être n'était-il pas si décontracté que cela. Après tout, si la marchombre avait pu arriver à ces conclusions, peut-être y était-il parvenu aussi ? Impossible de le savoir. Le visage de l'homme était une muraille aussi hermétique que celui d'Elleynah.

- Merci, mais il n'y avait rien d'extraordinaire. Il suffit de regarder où l'on va pour ne pas rentrer dans le premier venu.

Elleynah marqua une pause, le regard plongé dans celui de l'inconnu, comme si ils se défiaient mutuellement, cherchant à savoir lequel des deux allaient se dévoiler le premier. La marchombre se fichait bien de savoir qui cet homme pouvait être. Ce qui l'embêtait en revanche, c'était de savoir qu'elle connaissait ce type, qu'elle l'avait déjà croisé dans sa vie, sans réussir à savoir quand ni où. Au cours d'un de ses nombreux voyage ? Impossible à dire. Elle avait vu et croiser tellement de monde, ne serait-ce qu'au détour des rues d'Al-Jeit, qu'elle ne pouvait pas se souvenir de tout le monde. Ce qui était sûr c'est qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de lui parler auparavant. Elle se souvenait de tous ceux avec qui elle avait eut une discussion qui dépassait les quatre phrases échangées.

- Cela dit, tu as raison, se blesser ici n'est pas la meilleure chose à faire. Je connais peu de rues aussi inhospitalières que celles d'Al-Far, surtout la nuit.

Dans sa tête, Elleynah continuait toujours à réfléchir à où elle avait bien pu rencontrer cet homme. Au cours de sa formation ? Son maître le lui avait peut-être présenté... Ou alors avant. Lorsqu'elle était encore dans le camp. C'était donc un potentiel mercenaire du chaos, mais elle n'était encore sûre de rien. De toutes façons, il n'y avait pas trente-six façons de le savoir, et la marchombre doutait que demander - plus ou moins poliment - à l'homme si il n'était pas un tueur sanguinaire qui prônait le chaos soit une bonne idée. Et même elle qui n'avait pas sa langue dans sa poche n'avait jamais eu l'envie de le faire, que ce soit pour cet homme ou pour tous les autres avant.

- En tous les cas, tu es le premier homme sobre et qui n'a pas l'air d'une brute que je croise. Tu n'es pas d'ici, n'est-ce pas ?

Voilà une façon bien plus subtile de se renseigner, et surtout bien moins dangereuse pour sa vie. Enfin, du moins, elle l'espérait.



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Oriss Xil'Ehuïl
Mercenaire du Chaos
Rien d’extraordinaire, esquiver quelqu’un à cette distance ? Lui, peut-être aurait-il pu le faire, s’il l’avait remarquée. Et encore, pas avec une telle souplesse et une telle grâce. Ca sortait juste de l’ordinaire, mais totalement. Alors, soit elle avait un don, soit elle avait reçu un quelconque entraînement que certains prodiguaient. Ceux qu’il avait en tête étaient les mercenaires du chaos et les envoleurs, ou leurs ennemis les marchombres. A cette pensée dédiée au mercenaire, il tiqua, sans bien savoir pourquoi. Un fil ténu le séparait de l’identité de cette femme, sans qu’il en prenne vraiment conscience. Si elle avait été une mercenaire, il l’aurait sans doute reconnue d’emblée, vu cette impression de l’avoir déjà vu. Non, c’était autre chose, la solution était plus complexe, mais peu éloignée de celle-ci peut-être.

Il relança son sourire à la remarque de la jeune femme sur le danger des rues d’Al-Far. Celles-ci étaient comme elle l’avait dit inhospitalières, dangereuses, surtout la nuit, et pourtant eux deux s’y baladaient et s’arrêtaient même pour discuter avec un faux inconnu. C’était assez ironique, et cela démontrait bien qu’il ne s’était pas trompé dans ce qu’il avait jaugé d’elle. Et s’il avait pu arriver à cette conclusion, elle l’avait sans doute fait aussi. Si elle ne l’avait pas fait, elle était bien naïve et bête. Dangereuse de corps et non d’esprit. Mais ça, au vu de ses réflexes, c’était somme toute peu probable, et Oriss chassa immédiatement cette pensée de son esprit. Non, elle était arrivée aux mêmes conclusions, cela coulait de source.

Elle confirma ses dires en parlant de brutes. La plupart des brutes que l’on croise à Al-Far ne sont pas fines du tout. Une femme, et ils se lancent comme des imbéciles. Dans une ville comme celle-ci, leur comportement paraissait néanmoins logique, puisqu’ils n’étaient jamais inquiétés. Et elle ne devait pas avoir fait exception à cette règle. Or, si elle était encore là, elle s’en était débarrassée. Si c’était à la portée de beaucoup de gens, il fallait néanmoins avoir quelques notions de combats, ne serait-ce que du combat de rue. Ou alors une bonne foulée pouvait faire l’affaire aussi. Mais une foulée de pratiquant. L’un comme l’autre, cela nécessitait un brin d’entraînement. Et elle, en face, avait plus que ce brin.

Il réfléchit une seconde à la question posée par son interlocutrice. Il ne pouvait révéler venir d’Al-Jeït, cela faisait une longue route pour se rendre à Al-Far et s’y retrouver de nuit. D’autant plus qu’une majeure partie des gens de la capitale resteraient dans les rues de jour. Il faisait partie des quelques exceptions, de ceux qui sortaient et osaient affronter les bas-fonds de cette ville, et ce au moment le plus dangereux, le moins surveillé, le moins sécuritaire. Il opta pour une demi-vérité, qui ne révèlerait en aucun cas sa provenance de la capitale.

« Je suis de retour ici après de longs voyages de par Gwendalavir, mais j’y ai vécu quelques temps. »

Après tout, il avait voyagé assez régulièrement, et puis, il lui était arrivé par le passé de rester à Al-Far, avant de vraiment intégrer la cour, alors qu’il restait chez les mercenaires. Il lui était arrivé de se fondre ici, d’observer et de s’entraîner. Cela avait ajouté un prédateur de plus à la ville déjà si mal famée. Un prédateur qui avait disparu avec le temps, et repassait de temps à autres. Un prédateur qui, s’il n’avait pas déjà choisi une autre ville par facilité, et par intérêt, se serait installé ici en tant que garde, cela aurait été bien plus intéressant. Plus dangereux, moins lucratif, plus mal vu, moins utile pour le chaos, mais tellement plus intéressant. Les affres de la cour, il le savait, n’étaient que peu de choses face aux gangs et autres organisations qui gangrénaient cette cité. Les nobles parlaient à demi-mot, ne pouvaient menacer ouvertement, avaient les mains liés. Les malfrats d’Al-Far, eux, n’avaient pas ces scrupules, n’avait pas ces restrictions, loin de là. Se faire une place en tant que garde lui aurait sans doute valu de nombreux ennemis puissants avec lesquels il aurait dû traiter, des ennemis autrement plus dangereux qu’à la cour.

« Je rentrais à mon auberge de ce pas pressé. Je n’ai aucune envie de faire de mauvaises rencontres, cela va de soi, n’est-ce pas ? Et cette ville en offre bien trop à mon goût, sans compter la garde qui n’y est que trop peu présente, on ne se sent pas en sécurité ici.  Et vous, vous êtes une voyageuse également ? Vous n’êtes que de passage ici ?»

Pas bien difficile à deviner qu’elle était une voyageuse. Sa cape, sa manière de parler d’Al-Far comme d’une ville parmi tant d’autre. C’était une évidence, elle avait connu autre chose qu’ici, et devait n’être que de passage, quoi qu’elle ait pu s’attacher à son vêtement, certains le faisaient parfois. Il remarqua que si elle avait opté pour le tutoiement, lui n’avait pas fait de même. Il était trop habitué à cela pour se laisser aller à de telles familiarités avec une inconnue. Inconnue qui avait l’air d’être totalement impertinente. On en croisait parfois.



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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
La question qu'Elleynah avait posé à l'étrange homme avait deux buts précis. Premièrement, elle tenait à en savoir davantage sur lui. Et ensuite, elle souhaitait le jauger. Elle avait déjà sa petite idée quant à la dangerosité du barbu, mais sans en faire les frais, elle était curieuse de voir à quel point elle avait raison. Alors elle attendait, immobile. Elle avait du temps devant elle. Jusqu'à l'aube. Elle n'avait pas envie de retourner à l'auberge et encore moins envie de dormir. La fraîcheur des nuits du printemps d'Al-Far ne l'empêchait pas d'apprécier la situation. L'homme qu'elle avait devant elle était intéressant, elle n'en doutait pas. Dangereux, ça oui, mais intéressant. En tous les cas, elle ne doutait pas que c'était une rencontre enrichissante, qui n'avait rien à envier au hasard.

- Je suis de retour ici après de longs voyages de par Gwendalavir, mais j’y ai vécu quelques temps.

Il avait réfléchi avant de donner sa réponse. L'espace d'un instant, il était resté silencieux, sans doute perdu dans ses pensées. Sa réponse n'avait rien d'impossible, et était même tout à fait crédible. Pourtant Elleynah se méfiait. L'inconnu n'avait aucun intérêt de lui révéler la vérité, surtout si il se méfiait d'elle autant qu'elle se méfiait de lui. Les lueurs de la nuit ne lui permettait pas de voir avec précisions les traits de l'inconnu, ni même les couleurs de sa peau. Mais il n'avait pas l'air d'être un grand voyageur, contrairement à ce qu'il racontait. Enfin, il était difficile de juger de cela, à cause de la faible luminosité et de la diversité incroyable du monde dans lequel ils vivaient. Peut-être que l'homme avait dit la vérité, après tout. Elle n'en savait rien, et ne saurait sans doute pas. Mais dans le doute, elle préférait croire qu'il s'agissait de mensonge. Après tout, il valait mieux croire qu'une personne voulait notre mort plutôt que de penser avoir affaire à un ami, et se retrouver avec un couteau sous la gorge. En tout cas, c'est ce que pensait Elleynah.

- Je rentrais à mon auberge de ce pas pressé. Je n’ai aucune envie de faire de mauvaises rencontres, cela va de soi, n’est-ce pas ? Et cette ville en offre bien trop à mon goût, sans compter la garde qui n’y est que trop peu présente, on ne se sent pas en sécurité ici. Et vous, vous êtes une voyageuse également ? Vous n’êtes que de passage ici ?

Elleynah tiqua intérieurement. Un homme de cette envergure ne pouvait pas craindre les mauvaises rencontres. C'était impossible. Lorsqu'il croisait d'autres personnes, nul doute que c'était lui la mauvaise rencontre, et pas le pauvre homme totalement éméché, qui au mieux, finirait endormi à ses pieds, rattrapé par son ivresse. Cependant, elle s'abstint de faire toute réflexion à ce sujet. Une autre chose la tracassa dans ce qu'il lui dit. Il prétendait avoir vécu ici, mais ne se sentait pas en sécurité. Or, tous ceux qui vivaient ici avaient appris à se faire au climat d'insécurité et de violence qui régnait de la ville. Cela faisait partie d'Al-Far, et certains disaient même que cela faisait son charme. Si il se plaignait du manque d'insécurité, c'était qu'il devait venir d'un endroit beaucoup plus sûr. Et pas n'importe quel endroit beaucoup plus sûr. Al-Jeit.

Et Elleynah en était de plus en plus persuadée. Tout ce qui avait avoir avec Al-Jeit, ou presque, était foncièrement mauvais, et dangereux. Elle espérait se tromper, et que cet homme avait été honnête avec elle. Mais rencontrer des gens honnêtes la nuit, dans une ville aussi mal réputée qu'Al-Far, relevait du miracle. Et la marchombre ne croyait plus aux miracles depuis déjà bien longtemps. Enfin, elle ne savait même pas si elle y avait cru un jour. Peut-être lorsque son maître était venue la chercher. Mais ce n'était qu'un jour sur des milliers. Et peut-être même un jour sur toute son éternité. Elle se rappela brusquement que l'homme lui avait posé une question. Ou plutôt deux. Elle ne pouvait pas dire la vérité et révéler qui elle était. Mais mentir était prendre encore davantage de risque.

- Oui. Comme toi, je voyage beaucoup, mais je pense que tu le sais déjà. Je ne m'attarde que lorsque je ne trouve pas de caravane pour repartir.

Elle avait à moitié menti. Elleynah accompagnait souvent des caravanes, mais ce n'était sûrement pas ça qui la retenait dans une ville lorsqu'elle voulait en partir. Mais cette excuse lui permettait tout de même de montrer une certaine faiblesse : celle d'une femme pas totalement indépendante, besoin d'une aide et d'une protection pour se sentir en sécurité.

- D'ailleurs je suis comme toi, je préférerais ne pas m'attarder dehors à une heure pareille. Si un homme comme toi dit qu'il ne se sent pas en sécurité, je pense que tu imagines ce que cela doit être pour moi.

La lune, jusqu'à présent cachée par des nuages, vint éclairer son visage et dévoiler son sourire, que l'on pouvait croire timide.



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Oriss Xil'Ehuïl
Mercenaire du Chaos
Elle mit un temps avant de répondre, temps que le vieux capitaine mit à profit pour écouter le silence environnant. Nul bruit de pas, nulle parole échangée. Le lot commun d’Al-Far, si ce n’était que ce silence n’avait rien d’habituel pour ici. Trop parfait, il était seulement brisé par quelques éclats de voix, les leurs, mais pas en cet instant, ainsi que, perçut-il, un bruit plus lointain, dans une ruelle avoisinante. Il n’en était pas encore assuré, mais il se pouvait que ce soit quelqu’un, et quelqu’un d’autre dans cette ville ne serait probablement pas une bonne rencontre, d’autant plus que si c’était ce à quoi il pensait, les éclats de voix auraient tôt fait de l’attirer ou de les attirer ici. Et non seulement il n’avait pas l’intention de se battre maintenant, mais en plus certainement pas devant son interlocutrice, il en était hors de question.

Elle le tira de ses pensées avec ses réponses. Encore ce tutoiement qui fut une preuve supplémentaire de son impertinence, et donc qu’il avait raison sur ce point. Elle avait cependant saisi le sous-entendu glissé dans ses paroles. Oui, il le savait déjà, elle aurait eu du mal à le lui cacher. Et elle avait pu analyser cela. Comme quoi, jusqu’à Al-Far, on ne se sortait pas du jeu de la cour. Toujours elle restait là, sous-jacente, même avec une inconnue rencontrée au fin fond d’une ruelle sur un pur coup de dé du hasard.  Il ne croyait cependant pas ses dires. Il avait dit une semi-vérité, elle avait probablement masqué cette dernière également. Dans de telles circonstances, voir la vérité apparente immédiatement n’était pas forcément une bonne chose, et si elle était comme il l’estimait, elle n’avait forcément pas dit toute la vérité.

Il était vrai de toute manière qu’il devait y avoir un fossé entre eux deux, ne serait-ce que dû à l’âge. Même si partir du principe qu’on  était meilleur que quelqu’un s’avérait toujours rédhibitoire, connaître tous ses potentiels avantages et inconvénients aidait toujours, et permettait de situer à peu près un niveau. Elle était plus jeune que lui, d’une dizaine d’année et même plus,au vu de son visage révélé par la lune. Donc en effet, si lui-même n’était pas en sécurité, elle ne l’était pas, ne serait-ce qu’en ce sens.

« Vous avez raison, il vaudrait mieux aller dans un endroit plus sûr pour… »

Il se raidit, et eut grand peine à ne pas se mettre instinctivement en garde en entendant un bruit dans la ruelle. Un bruit suffisamment fort pour qu’il l’entende en parlant. Un chuchotement, deux hommes au moins se trouvaient là-dedans. Et il n’avait aucune envie de les affronter, absolument aucune. Il prit donc un ton apeuré quand il reparla, via un masque bien rodé.

« Vous avez entendu ? C’était quoi à votre avis ? On ferait mieux de partir. »



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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
La bonne nouvelle pour la marchombre était que cet homme qui devait avoir pas loin du double de son âge avait l'air de se méfier tout autant d'elle qu'elle se méfiait de lui. Ils se jaugeaient tous les deux, en essayant que l'autre le remarque le moins possible. L'homme était plus fort qu'elle et semblait rompu au combat, indéniablement, mais elle devait être plus souple et plus rapide. S'ils avaient à se battre, elle n'était pas sûre d'avoir l'ascendant. Et l'homme avait peut-être fait le même calcul rapide dans sa tête. L'un comme l'autre n'avait pas intérêt à déclencher un combat s'ils voulaient s'en sortir indemne.

Elleynah se fit d'ailleurs la réflexion dans sa tête : "Eh ben mon grand, t'as pas l'air d'être facile à tuer, comme bestiole.". Heureusement, pour une fois, ses mots ne dépassèrent pas de le seuil de ses lèvres. Ne jamais sous-estimer ses adversaires. Savoir reconnaître les personnes dangereuses. Elleynah se rappelait bien de ce qu'on lui avait dit à de nombreuses reprises. D'abord son père, puis son tuteur, et enfin son maître. Sa mère n'avait pas dû faire assez attention à elle pour lui dire une telle chose. "Mais enfin Elleynah, tu ne peux pas dire tout ce que tu penses !" "Pourquoi ?" "Parce que ça risque d'énerver des gens, et si tu tiens à la vie, il y a certaines personnes qu'il ne faut pas énerver." "Ben s'ils s'énervent, c'est que j'aurais dit la vérité, non ?" "... RAAAAAAAAAAAH !"

Le souvenir de ces nombreuses conversations la faisait sourire aujourd'hui, même si elle n'avait jamais vraiment voulu comprendre ce que les autres se tuaient à lui dire. Elle estimait que les mots étaient fait pour parler, et qu'il ne servait à rien de parler pour ne rien dire. Alors autant énoncer des vérités, même si elles devaient fâcher. Et puis, au fil du temps, c'était devenu un vrai jeu pour elle. Avec n'importe qui, et n'importe quand. Mais il fallait croire qu'elle s'était un peu assagie avec l'âge, ou que d'avoir une élève réveillait en elle son instinct de survie. Quoi qu'il en soit, elle n'avait pas envie de s'attarder en compagnie de cet homme louche, au beau milieu de cette ruelle louche, dans cette ville des plus louches.

- Vous avez raison, il vaudrait mieux aller dans un endroit plus sûr pour…

Elle ne sut jamais ce qu'il allait dire. Il semblait avoir remarqué la présence des hommes, qui étaient désormais proches d'eux. Elleynah ne les avait pas catégorisés comme un danger potentiel lorsqu'elle les avait entendu. Des hommes, trois en tout. Pas vraiment de quoi avoir peur, mais l'homme étrange semblait pourtant effrayé. Il revêtit brusquement un masque de terreur, et la marchombre fut incapable de dire s'il était feint ou bien réel. Intérieurement, elle en fut troublée.

- Vous avez entendu ? C’était quoi à votre avis ? On ferait mieux de partir.

Elleynah décida qu'il valait mieux entrer dans son jeu et prit une mine apeurée, qui la fit étrangement ressembler à une jeune femme fragile. Ce qu'elle n'était absolument pas. Bien dans son rôle, et presque instinctivement, elle fit un pas en direction de l'homme, comme si sa présence la rassurait.

- Je n'en sais rien... Tu crois que ça pourrait-être des brigands..?

Et puis elle secoua légèrement la tête, comme si elle essayait de se reprendre et fit un pas hésitant en direction du bruit. Elle prit du mieux qu'elle put le ton angoissé de celui qui essaie d'avoir la situation sous contrôle.

- Est-ce que tu connais un endroit où nous serions en sécurité ? Je ne connais pas bien la ville, mais toi tu y as habité, pas vrai ?



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Oriss Xil'Ehuïl
Mercenaire du Chaos
Elle prit elle aussi à son tour assez rapidement une mine apeurée, qui contrasta avec la vision qu’avait Oriss d’elle. Il arriva vite à la déduction qu’elle était feinte. Bien feinte, les autres n’y verraient certainement que du feu. Mais pas lui. Il se cacha toutefois bien de le montrer, et cela allait dans le sens de ce qu’il pensait. Elle pourrait bien s’occuper sans problèmes de ces trois personnes, tout comme lui. Mais ne pas rentrer dans son jeu l’aurait trahie de suite, et lui aurait montré plus d’assurance. Impossible de savoir à quel point il était dans le vrai.

Il la vit faire un pas en direction du bruit. Mauvais idée. Ils devaient déjà se savoir repérer, y aller ne les ferait que sortir. Il fit mine de réfléchir à toute allure, bien qu’il savait déjà vers où il voulait se diriger. Une seule auberge en ville convenait à son personnage, la vigne fumante, la meilleure de la ville, dans laquelle il logeait parfois quand il passait en ville. Même si elle n’était pas dans les environs immédiats, c’était la plus cohérente qu’il puisse choisir.

« Je peux nous emmener à la vigne fumante, même si ce n’est pas immédiatement à côté, nous y serons en sécurité » dit-il du ton apeuré qu’il s’était concocté, suffisamment bas pour que les trois intrus n’entendent pas.

Il se mit en marche d’un pas rapide en jetant fréquemment des coups d’œil vers la ruelle d’où était venu le bruit, et pour vérifier qu’elle suivait bien, mais ses pensées étaient surtout accaparées sur l’itinéraire à suivre pour rejoindre la taverne. Quand il entendit, quelques pas plus loin, les hommes sortir de leur cachette afin de leur courir après, il se mit à accélérer le pas puis à courir afin de les semer. Il savait qu’elle suivrait si elle le voulait.



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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Elleynah savait qu'elle ne devait pas accepter de suivre l'homme aux cheveux gris. Il était dangereux, et venir avec lui n'allait lui apporter que des ennuies. Et elle ne pouvait pas se permettre de courir le moindre risque. Pour Loucian. Et pourtant, il y avait toujours cette ambivalence, qui la poussait à se méfier mais à prendre des risques. Cet homme lui était trop familier pour qu'elle ne le laisse partir sans rien essayer.

C'est ainsi qu'elle décida de continuer à feindre l'ignorance et la peur. Après tout, n'était-ce pas la réaction qu'était censée avoir une jeune femme seule dans les rues d'Al-Far par une heure pareille ? Menacée par des brigands, qui plus est ? Elle ne savait pas vraiment. Elle n'avait jamais été dans une telle situation auparavant. Fuir devant de simples brigands lui semblait être quelque chose de totalement inconcevable. Et pourtant, elle allait bien devoir le faire si elle voulait assurer sa sécurité et en apprendre plus sur l'étrange homme.

- Je peux nous emmener à la vigne fumante, même si ce n’est pas immédiatement à côté, nous y serons en sécurité.

Elleynah ne répondit rien, mais hocha vigoureusement la tête. Il y avait une quinzaine d'auberges dans l'ensemble de la ville, et il fallait qu'il choisisse celle où elle avait décidé d'aller avec son apprentie. Zut. Ça lui apprendrait à vouloir choisir ce qu'il y a de mieux. Elle espérait seulement que son apprentie n'aurait pas l'idée de se réveiller au mauvais moment, et que le patron saurait se montrer discret. Elle l'avait assez grassement payé pour qu'il sache tenir sa langue. Normalement.

Elle entreprit donc de suivre Oriss, en courant, mais pas trop vite, et feignant un essoufflement qui lui faisait presque honte. Elleynah était une grande sportive, et avait une hygiène de vie qui lui permettait d'être en pleine forme. Son corps répondait à toutes ses attentes, et cela faisait bien longtemps qu'il était devenu son meilleur allié. Cependant, aucune personne normalement constitué et non surentraîné ne pouvait tenir une pareille course sans montrer le moindre signe d'épuisement.

Heureusement pour eux, les brigands n'étaient pas résignés à traverser la moitié de la ville en courant, et ils abandonnèrent vite la poursuite. Mais la marchombre fit comme si elle n'avait rien remarqué. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de l'auberge désignée, Elleynah entra vivement. Elle se tenait les côtes et respirait bruyamment. L'aubergiste s'arrêta un moment, regardant les deux nouveaux arrivants. La jeune femme rousse releva la tête et balança discrètement un regard si noir à l'aubergiste, qu'il comprit immédiatement. L'homme ne pouvait pas l'avoir vu.

Elleynah s'approcha de la première table qu'il y avait et s'assit sans ménagement sur une chaise, feignant de reprendre son souffle. La place qu'elle avait choisi était pourtant loin d'être anodine, et lui permettait d'avoir une vue directe sur les escaliers qui menaient à l'étage. Au cas où son apprentie aurait l'idée de pointer le bout de son nez. Juste au cas où. Elle n'avait pas envie d'avoir de mauvaises surprises pendant qu'elle essayait d'enquêter un peu et de réfléchir sur qui pouvait bien être cet homme et pourquoi il lui rappelait tant quelqu'un.

Le soucis, c'était que si lui la connaissait, il aurait moins de mal à la reconnaître, maintenant que son visage était éclairé par l'abondante lumière de l'auberge. Elleynah avait l'impression d'être totalement à nu devant cet homme qu'elle avait la certitude de connaître sans savoir quand elle l'avait rencontré et qui il était. Mais il était hors de question qu'elle lance la conversation sur le propos de l'identité. La marchombre avait toujours un air angoissé peint sur le visage.

- Nous les avons semé ? demanda-t-elle tout bas, en regardant la porte avec anxiété, comme si elle s'attendait à les voir débarquer à tout instant.



Merci Aki pour le kit *-*
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