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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Les retrouvailles [Syane & Elleynah]

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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Il était un peu moins de cinq heures du soir lorsque la Citadelle lui apparut. Elle était toujours époustouflée par son architecture, qui donnait l'impression que les quatre tours principales caressaient les nuages. Cela faisait plus d'un an qu'elle n'était pas venue, occupée par la découverte d'horizons nouveaux. Mais son envie de toucher des sommets, et son désir de revoir une amie particulièrement chère à son cœur avaient guidé ses pas. Elle n'avait prévenu personne de son arrivée, mais elle n'avait jamais été mal reçue.

Elle ne se sentait pas presser d'arrivée. Elle était bien, là, dans le froid et la solitude. Elle avait une vue à toutes épreuves sur tout le paysage environnant, et la Chaîne du Poll s'élevait avec une majesté qui forçait au respect. C'était aussi pour ces montagnes qu'elle avait fait un si long voyage. Rien n'est impossible pour un Marchombre. Rien n'est inaccessible. Et c'était la réputation qu'elles avaient d'être infranchissable qui lui donnait envie de les franchir. Et elle y arriverait. Elle n'en doutait pas une seule seconde.

Elleynah mit un peu moins d'une heure à arriver aux portes de la Citadelle. Elle arrêta son cheval, puissant et immaculé, et mit pied à terre. Presque aussitôt, on vient lui ouvrir et elle pénétra dans l'immense repère des frontaliers. Elle ne s'y sentait pas comme une étrangère, bien au contraire. Cet endroit était pour elle un foyer, même si elle n'avait pas souvent l'occasion de s'y rendre. Un jeune homme voulut prendre son cheval en charge, et elle lui confia à contre cœur, en se promettant de passer voir si tout allait bien un peu plus tard dans la soirée. Après cela, elle s'engouffra dans une des immenses tour, là où on lui avait indiqué pouvoir trouver son amie.

Elle grimpa, aussi silencieuse qu'une ombre, et s'arrêta devant la salle. Il y avait une porte en bois massif, qui avait du nécessiter des jours d'un travail acharné pour arriver à un tel résultat. La Maître Marchombre l'ouvrit silencieusement, et tel un songe, pénétra à l'intérieur. C'est à peine si elle respirait, à peine si elle donnait l'impression d'être en vie. A peine si elle semblait réelle.
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Syane Ril'Devah
Frontalière
Syane était assise au bureau d’une des salles attenantes au bureau de la Régente, dans l’aile où on trouvait l’intendance et la bibliothèque. Ce n’était pas son bureau à proprement parlé puisque sa position ne lui en offrait pas vraiment un. Néanmoins, cette pièce, vide et inutilisé ne servant à personne, elle se l’était plus ou moins attribuée, au fur et à mesure qu’elle entassait lettres et autre parchemins sur le fameux bureau. Régulièrement, elle allait chercher une poubelle et vidait d’un grand coup l’intégralité de ce qui se trouvait dessus dans le bac en osier. En général, elle ne profitait pas bien longtemps de la surface lisse et polie du bureau, recommençant aussitôt à entasser de nouveaux papiers dessus.

Aujourd’hui, elle avait différents petits problèmes à régler et seul le dernier et non le moindre n’avait toujours pas trouvé de solutions. Le changement de tour de garde avait été planifié, les nouvelles consignes largement diffusés et il ne restait que le remplacement d’un de ses meilleurs éléments qui s’était tué il y a deux semaines sur le champ de bataille. Ceux qui était suffisamment compétent pour prendre sa place était soit occupé ailleurs, soit pas franchement intéressé. Si ça continuait, elle allait pas leur laisser le choix. C’était censé être un honneur de rejoindre la garde personnelle de la Régente, mais ça impliquait malheureusement aussi de rester à la Citadelle quand les autres étaient sur le champ de bataille, ce qui ne convenait pas à tout le monde apparemment. Après tout, Syane ne pouvait pas vraiment les blâmer. Elle-même avait accepté parce que Sofien lui avait affirmé qu’elle ne ferait pas que ça et parce qu’elle l’avait un peu supplié. Enfin, supplié à la façon Sofien… sans vraiment le faire quoi.

Elle en était là de ses réflexions, quand la porte auquel elle faisait face, s’ouvrir dans un grincement. Une silhouette qu’elle identifia pas instantanément se glissa fluidement à travers le battant ouvert. Ce fut sa façon de se déplacer qui la trahit. La souplesse, la finesse et le manque total de bruit lorsqu’elle posait le pied à terre était non seulement la marque de fabrique des marchombres. Or Syane n’en connaissait qu’une. A l’instant où elle détailla ses traits, elle la reconnu. Posant les papiers qu’elle tenait alors à la main, elle se leva subitement, planta ses poings sur ses hanches dans une parodie plutôt réussie.

- On ne frappe toujours pas aux portes à ce que je vois, dit-elle sévèrement.

Si sa voix donnait l’être d’être furieuse, le large sourire qui éclaira son visage disait tout le contraire. Après tout, Elleynah était une de celles qu’elle comptait comme une amie chère malgré qu’elles se voient pas souvent et qu’elles ne s’échangent pas beaucoup de lettres non plus. Elle fit le tour du bureau et la prit dans ses bras à la manière Frontalière… qui manquait franchement de délicatesse. Pas plus féminine que ça, du genre, grande claque dans le dos et étreinte solide. Mais elle ne la retenu pas prisonnière bien longtemps.

- Et tu ne préviens pas non plus de ton arrivée, Leynah, ajouta-t-elle à moitié morte de rire, ayant abandonné l’idée de paraître fâchée.


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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Comme Elleynah s'y attendait, elle eut droit à un accueil pour le moins chaleureux. Si son amie fit semblant d'être fâchée pendant une poignée de seconde, elle vint rapidement l'enlacer. La marchombre était heureuse d'être venue et de revoir celle qu'elle considérait sans nul doute comme sa meilleure amie, malgré la fréquence à laquelle elles pouvaient se voir, à cause de leurs occupations et obligations respectives. Mais selon Elleynah, c'était cela la véritable amitié. Ne pas se voir pendant des mois, des années, et retrouver avec toujours autant de plaisir la personne que l'on attend de voir.

Bien sûr, tout le monde change, mais Elleynah savait que malgré tout, elle pourrait toujours compter sur Syane. Et réciproquement. Et c'était là toute la singularité de leur amitié. Beaucoup de choses les opposaient : l'infini liberté d'Elleynah, et les nombreuses responsabilités de Syane. Cette dernière ne pouvaient se permettre de quitter la citadelle, alors que la marchombre restait rarement plus de quelques jours au même endroit.

La jeune femme se laissa enlacer, et rendit même l'accolade à son amie, chose rare chez elle. Cela lui faisait réellement du bien de voir ce visage qui lui était à la fois étranger et si familier... La jeune marchombre comptait Syane comme un membre de sa famille à part entière. La seule et unique, par ailleurs. Elleynah, entreprit de masquer le sourire qui essayait de se glisser sur son visage, et le plus sérieusement du monde, plongea son regard dans celui de Syane.

- Frapper aux portes, c'est faire du bruit. Et tu sais bien Sysy... Que tu fais amplement assez de bruit pour nous deux.

Et elle lui lança un clin d'oeil plein de malice, éclatant d'un rire cristallin qui ne cherchait plus à dissimuler à quel point elle était heureuse d'être ici à l'instant présent, même si elle serait peut être repartie d'ici quelques heures seulement. Une des qualités d'Elleynah était de vivre à l'instant, et de profiter de chaque moments qui lui étaient offerts.

Elle avait appris à développer cela depuis que la femme qui lui avait donné la vie avait décidé d'envoyer tous les meilleurs chasseurs et mercenaires à sa poursuite, et qu'elle était menacée de mort à chaque instant. Et c'était cela qu'elle appréciait en venant ici. Elle se savait en sécurité. Aucun mercenaire n'est assez fou pour pénétrer la citadelle des frontaliers, et quand bien même il y en aurait un qui y parviendrait, il ne ferait pas long feu.

- Mais moi aussi je suis heureuse de te voir. Et je pense que j'ai bien fait de ne pas prévenir...

Elle marqua une pause, sans se défaire du sourire qui planait déjà sur ses lèvres. La marchombre en profita pour détailler les traits de la jeune frontalière. C'était une personne importante ici. Et cela se voyait. Elle avait tout de la prestance et de la magnificence des plus grands. Syane était jeune, et portait pourtant de lourdes responsabilités sur ses épaules. En témoignait la pile de lettres entassées acrobatiquement, qui semblaient prêtes à tomber au moindre courant d'air.

- ... Une lettre de plus sur ce bureau le ferait s'effondrer, j'en suis sûre, dit-elle en rigolant. Et puis... Je sais que tu es encore plus heureuse de me voir quand tu ne t'y attends pas. Mais je ferais peut être un effort, la prochaine fois. Si j'y pense.

Elleynah s'approcha de la fenêtre, admirant la vue.

- Alors, dis moi Sysy, comment est-ce que tu vas ?
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Syane Ril'Devah
Frontalière
L’une des rares personnes qui se permettaient de lui donner un surnom, et que Syane laissait faire, c’était bien Elleynah. En règle générale, elle détestait les surnoms. D'autant qu’on lui avait rarement donné les plus flatteurs, mais elle aimait bien que la marchombre l’appelle comme ça. Peu nombreux étaient ceux qui s’y étaient essayé et encore plus rares étaient ceux qu’elle n’avait pas tout de suite arrêtés dans leur élan. Elle avait même dissuadé son instructeur de l'appeler “la rousse” en faisant mine de pas l’entendre. Facile, mais efficace.

A chaque fois qu’elle se voyait, en général, quand Leynah venait lui rendre visite à la Citadelle, Syane était frappée de constater combien elles étaient différentes. Au moins autant que leur guilde et peuple respectif. Fidèle au mode de vie des marchombres, Elleynah était indépendante, silencieuse et restait rarement au même endroit plus de quelques jours. C’était d’ailleurs pour ça qu’elles se voyaient principalement à la Citadelle, le temps que Syane apprenne où elle se trouvait, elle n’y était déjà plus. A l’inverse, Syane avait des gens sous sa responsabilité, quittait la Citadelle en de rares occasions et si elle était relativement silencieuse pour une frontalière, elle était aussi bruyante qu’un raï à côté de la marchombre. Et pourtant, une amitié solide s’était nouée entre elle. Comme quoi, tout était possible. Elle sourit à sa réflexion et ne put s’empêcher de la taquiner.

- Le bruit, c’est la vie. Et le silence, c’est la mort ! dit-elle en ponctuant sa phrase d’un clin d’œil.

C’était probablement pour ça que les frontaliers étaient si bruyants. Ils voyaient la mort si souvent, parfois plusieurs fois par semaine, qu’ils avaient besoin de se prouver qu’ils étaient vivants. Syane savait apprécier le silence… mais pas trop longtemps. Elle préférait en général l’animation de la Citadelle, qui même la nuit ne semblait jamais vraiment dormir. Si on cherchait aux bons endroits, néanmoins. Elle reporta son attention sur la jeune marchombre… enfin, jeune… elle n’avait que quatre ans de moins qu’elle. Elle était fidèle à elle-même et pourtant, elle avait changé imperceptiblement, un peu comme à chaque fois qu’elle se voyait. Le changement était perceptible mais indescriptible. Elle hocha la tête lentement en contemplant son bureau, sa gravité naturelle reprenant le dessus une fraction de seconde.

- Je reçois trop d’informations déjà… et pourtant, je n’en ai pas encore assez, dit-elle tout en semblant s’enfoncer dans le sol sous le poids des responsabilités, heureusement l’hiver arrive… ça va nous donner le temps de rattraper un peu.

Elle avait achevée sa phrase avec un sourire, redevenant plus joyeuse. La Citadelle était un lieu éloigné de tout. Si pendant l’été, les voyageurs allaient et venaient, les frontaliers avaient bien trop à faire avec les raïs pour se préoccuper de se tenir informé de tout ce qui se passait dans l’Empire. En général, ils paraient au plus urgent, se contentant des informations essentielles. Du coup, l’hiver, même s’il rendait la Citadelle inaccessible, n’empêchait pas les nouvelles de circuler par les dessinateurs. Ils en profitaient pour mettre au point d’autres stratégies et s’occuper des aspects plus politiques qui leur étaient complètement passés au dessus pendant l’été. Si ce n’était pas la partie la plus intéressante dans le fait d‘avoir des responsabilités, c’était malheureusement indispensable.

- A part ça, ça va comme d’habitude. Tu sais, notre quotidien ne change pas des masses d’une année à l’autre, dit-elle amusée. Cogner du raï, patrouiller aux frontières et entraîner les jeunes. Quoique on essaye de se renouveler dans notre passe-temps préféré. Et toi, qu’as-tu fait depuis la dernière fois qu’on s’est vues ?


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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
La réflexion de Syane sur le silence et le bruit la toucha particulièrement. Elle savait ce que représentait la mort, surtout à leur époque. Elle y était confrontée aussi, même si c'était d'une autre façon que son amie. Elle savait que Syane, à cause de son rang, créait des liens permanents avec ses compagnons d'armes, mais que malheureusement, beaucoup y laissaient aussi leur vie. Elleynah était confrontée à un problème qui était tout autre. Bien sûr, des marchombres mourraient tous les jours, et leur communauté était en crise. Cela pouvait sembler très inquiétant, surtout que les marchombres de confiance se raréfiaient au fur et à mesure. Elleynah les comptait sur les doigts de ses mains.

Mais le véritable problème qui se posait pour elle, c'était sa mère. Depuis quelques mois, ses attaques devenaient de plus en plus régulières, et il n'était plus rare qu'elle se retrouve en difficulté, aussi douée et forte soit-elle. Que peut faire une marchombre isolée face à cinq envoleurs ? Elle savait qu'elle ne devait sa vie qu'à la chance. Dans ces cas là, c'était souvent son silence qui la sauvait. C'est pourquoi elle n'était pas totalement d'accord avec les dires de son amie, mais elle ne pouvait lui reprocher de penser différemment. Il ne fallait pas oublier que c'était leurs différences qui avait créé ce lien si fort qui les unissait.

Elleynah avait beau être une des marchombres les plus talenteuses de l'époque, elle se rendait compte à quel point cela lui faisait du bien de venir ici. C'était comme un plongeon au milieu de coraux colorés, dans une eau délicieusement chaude et claire. La marchombre était en apnée, mais elle ne ressentait pas la douleur caractéristique du manque d'air au niveau des poumons. C'était comme un nouveau voyage, une pause dans son quotidien. Elle avait beau aimer la solitude, la compagnie faisait parfois du bien à son cœur meurtri et l'aidait à lutter contre ses démons qui revenaient à la charge lorsqu'elle se sentait trop fatiguée. Mais lorsqu'elle venait voir Syane en particulier, c'était différent. Elle pouvait oublier ses problèmes, elle pouvait oublier qu'elle était une femme forte et à priori sans faille. Elle pouvait se laisser aller. Elle n'était pas obligée d'être à l'affût, dans la crainte d'une nouvelle attaque imminente. Et c'était cela qui lui faisait le plus de bien.

- Gwendalavir ne va pas bien. Ça ne m'étonne pas que vous crouliez sous le travail, ici. On apprend beaucoup de choses en voyageant... Surtout lorsque l'on sait écouter.

Elle se tourna vers Syane avec un sourire en coin.

- Par le sang des figés ! Heureusement pour vous, les réserves de Raïs semblent inépuisables, sinon un grand nombre de frontaliers serait en train de perdre la boule. Et ce serait vraiment mal venu !

Elle lâcha un rire léger, et retourna dans la contemplation du paysage. De la neige à perte de vue, et de minuscules frontaliers qui s'activaient, comme au sein d'une immense fourmilière incroyablement bien organisée. Elle admirait les frontaliers pour leur capacité à vivre en communauté, et à s'entraider afin que tout aille pour le mieux. Elle avait beaucoup de mal à comprendre la notion de clan, à l'instar de celle de famille, qui était terriblement erronée dans son esprit. Ses souvenirs d'enfant étaient souvent associés à une violence morbide et à des absences douloureuses. Son maître l'avait aidée à travailler et apaiser son âme torturée, et elle avait finalement trouver l'harmonie. Mais l'éducation d'un enfant ne s'oublie jamais.

- Je crois qu'il me faudrait une nouvelle année entière pour te raconter en détail tout ce qu'il s'est passé. Mais ça ne change pas non plus dans les grandes lignes : j'ai accompagné beaucoup de caravanes, fait beaucoup de voyages, essuyé pas mal de combats. Tu n'es pas sans savoir que j'ai du mal à rester en place... Mais je ne le fais pas toujours par envie !

Elleynah l'avait dit sur le ton de la plaisanterie. Elle marqua une pause. C'était le cas, ces derniers jours. La marchombre devait être sans cesse en mouvement, si elle voulait avoir un instant de répit. Elle avait du mal à se remettre de la dernière attaque de mercenaires qu'elle avait subite. Elle sentait que dix ans après la fin de sa formation, elle pouvait encore repousser ses limites, et son entraînement quotidien payait. Cela faisait longtemps que ce qu'elle faisait dépassait l'entendement.

Elleynah était devenue une jeune femme pleine de vie et très forte. Mais ce jour là, devant cette fenêtre, en compagnie de celle qui était sans doute sa meilleure amie, elle se sentait aussi faible qu'une enfant de trois ans, comme si toutes ses forces l'avaient abandonnées. Elle ferma les yeux un instant, et s'adossa à la fenêtre, priant pour que Syane ne remarque rien de son instant de faiblesse passager, qui ne dura qu'une seconde. Elle se détacha finalement de la fenêtre et fit face à son amie, lui prenant les mains, et lui offrant un sourire doux.

- Le chaos gagne en puissance. Leurs attaques sont de plus en plus nombreuses et organisées... Ils débarquent par dizaine, n'importe quand, n'importe où, ils m'attendent avant même que je ne puisse me douter qu'il pourrait être là.

Sa voix devint un murmure, son sourire se fit pauvre.

- Je ne sais pas combien de temps il reste avant qu'ils n'atteignent leur but et qu'ils ne me tuent.
[HRP : C'est assez long, et sombre.. Si ça ne te convient pas, n'hésite pas à me le dire !]
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Syane Ril'Devah
Frontalière
Elle hocha la tête gravement… rattrapée involontairement par la réalité. C’était une certitude, Gwendalavir avait connu des jours meilleurs. Les échos qui arrivaient de la capitale laissaient entendre que l’Empereur n’était pas capable de gouverner, qu’il était manipulé par ses terribles conseillers. Mais la Citadelle était trop loin pour se soucier de ça. Ce qui leur posait vraiment problème à eux, c’était les vagues toujours plus conséquentes de Raïs et de Géants que vomissaient les Frontières de Glaces. Vu qu’aucun alavirien n’avait mis le pied derrière la Chaîne du Poll depuis des siècles, personne n’était capable de dire, même avec une approximation large, combien ils étaient. De même, la raison de leurs mouvements et de leur apparente coalition avec les Géants restaient des inconnues. Certaines batailles s’étaient jouées à un contre cinq, ce qui faisait beaucoup, même pour des Frontaliers… et il n’y avait pas que des Frontaliers dans les rangs.

Certains s’inquiétaient de savoir comment on allait pouvoir mettre fin à leurs attaques incessantes. Syane, elle, était plutôt de ceux qui croyaient en la force de l’Empire et de la Citadelle. Après tout, Gwendalavir avait survécu à bien d’autres tentatives d’invasions de la part de leurs ennemis du Nord alors pourquoi pas celle-là ? Même si ses détracteurs avaient plein de bonnes raisons de penser que ce coup-ci, ils y laisseraient des plumes, Syane s'efforçait de rester optimiste. De toute façon, faire l’inverse n’aurait pas été très constructif. Peut-être que c’était le fait de vivre en communauté qui rendait la chose plus simple. Il était vrai qu’au sein de la Citadelle, on se sentait plus en sécurité que n’importe où ailleurs. Elle sourit. Pour ne pas manquer de Raïs, ils n’en manquaient pas dans le coin.

- Je suis sûre qu’on trouverait à s’occuper si on venait à manquer de Raïs, un jour ! dit-elle en ponctuant sa phrase d’un éclat de rire.

Elle observa Elleynah alors que celle-ci contemplait le paysage par la fenêtre. Le bureau était idéalement placé, même si ce n’était pas du tout la raison du choix de Syane. En contrebas, on pouvait voir l’une des cours principales de la Citadelle où s’affairait son peuple, malgré la neige et le froid. Plus loin, au dessus des hautes murailles extérieures, on voyait poindre l’un des sommets de la Chaîne du Poll. C’était une vue magnifique seulement ternie par l’idée que derrière les montagnes se tenaient des milliers de Raïs près à tout pour leur marcher dessus. Elle chassa l’idée de sa tête. Face à la fenêtre, la marchombre lui tournait le dos. Syane détailla rapidement sa longue tresse de cheveux roux qui tombait dans le bas de son dos. Pantalon de cuir, corset et protèges-bras… à la réflexion, Syane ne se souvenait pas l’avoir vu une seule fois habillée autrement.

Même si son amie lui tournait le dos, Syane sentit sa voix se faire plus mince, elle vit ses épaules s’abaisser légèrement. Elle ne fit aucune remarque, mais s’approcha pour poser sa main sur son épaule en signe de soutien. On avait tous des moments difficiles, de doute ou de fatigue. Quand son compagnon était tombé au combat, il y a quelques années maintenant, Syane avait connu ses moments de faiblesse et c’était d’autant plus difficile de les surmonter lorsqu’on avait l’habitude de se montrer forte au quotidien. Elleynah avait été là, à sa façon, venant et repartant, mais son soutien avait compté et Syane tenait à lui montrer qu’elle pouvait compter sur elle, elle aussi. Elle fut surprise quand elle lui prit les mains, néanmoins, mais elle n’en montra rien.

- Viens, descendons aux cuisines, prendre une chope de quelque chose, dit-elle avec un sourire réconfortant. Nous y serons tranquille à cette heure-là et bien plus confortable pour discuter.

Syane connaissait vaguement le lien qui unissait son amie au Chaos, malgré le fait qu’elle l’avait rejeté, des années auparavant. Mais certaines choses du passé n’appréciaient pas d’être enterrées et continuait de vouloir revenir à la surface.

NB:
Désolée pour l'attente... vraiment ! Entre les fêtes et ma baisse d'inspiration monumentale, j'ai pris du retard dans mes réponses. Néanmoins, je crois que c'est revenu, plus ou moins et je suis pas mal satisfaite de cette réponse. ;)


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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Depuis sa tendre enfance, Elleynah savait à quel point la vie pouvait être difficile, et que peu importe ce qu'elle ferait, ce serait toujours un combat. Elle l'avait su dés l'instant où elle avait vu le premier cadavre tomber devant elle, dés la première fois où elle s'était battue, dés l'instant où elle comprit ce qu'était la douleur. Elle était très vite devenue forte, parce qu'elle n'avait pas eu le choix. Elle s'était habituée à faire couler le sang, et à voir le sien s'enfuir. Elle avait connu la misère et la perte, la violence et la haine. Et elle était la preuve que rien ne nous oblige à devenir ce que l'on est censé être.

Elleynah était chaos, elle avait choisi la lumière. Et aujourd'hui, elle était reconnue comme étant un grand maître marchombre, elle était respectée, même si beaucoup voyait sa présence d'un mauvais œil. Elle avait des ennemis parmi les marchombres comme au sein des mercenaires. Mais au fond, elle s'en moquait. Elle avait quelques connaissances qu'elle appréciait, elle avait Syane. Et au fond, ça lui suffisait. La jeune femme tourna un instant la tête vers la fenêtre. Elle songea un instant à sauter au travers, à s'enfuir, à courir le long des toits jusqu'à disparaître. Elle était à peine arrivée, et quelque chose l'appelait déjà à repartir. Ses genoux se fléchirent légèrement, imperceptiblement.

- Viens, descendons aux cuisines, prendre une chope de quelque chose. Nous y serons tranquille à cette heure-là et bien plus confortable pour discuter.

La jeune femme pencha la tête, regarda Syane. Elle vit dans son regard à quel point elle était heureuse de sa présence. Et Elleynah savait que ça lui faisait du bien. Que ça lui en ferait encore si elle restait. Et elle avait de toutes façons prévue de rester quelques jours. Elle se redressa. Elle ne partirait pas. Pas cette fois. Pas encore. La marchombre sourit à Syane. Elle n'était pas enfermée ici. Elle avait choisi de venir. Elle n'était pas esclave de quiconque, ni de ses peurs, ni de ses origines. Elle était libre. Et elle l'avait toujours été.

- C'est une très bonne idée. Je te suis.

Et joignant le geste à la parole, elle glissa tel une ombre jusqu'à la porte, l'ouvrit et inclina légèrement la tête, dans une révérence pleine d'ironie. Et elle la suivit, silencieuse et sur le qui-vive. Elle faisait attention à tout, à chaque bruit, à chaque personne qu'elle croisait, au moindre détail, tout en semblant démesurément calme. Elle était harmonie. Elle était marchombre. Elle était pourtant suspendue au bord du gouffre, menaçant à chaque instant de se tourner vers ce qu'elle appelait "sa nature profonde". Ce combat perpétuel qu'elle menait contre elle même au quotidien était fatiguant. Et si souvent, elle en sortait victorieuse, elle était parfois proche de la chute.

Lorsqu'elles arrivèrent dans la cuisine, elle était effectivement vide. Elleynah effleura le bois d'une des tables, pensivement.

- Tu te souviens de la première fois que nous nous sommes assises ici ensemble ? Tout cela me semble si lointain... A l'époque, il y avait encore de l'espoir en Gwendalavir. Syane, promets-moi de ne pas te faire tuer.

C'était une promesse qui pouvait sembler idiote à faire. Comment la tenir lorsque l'on a un couteau sous la gorge ? Mais Elleynah savait que si Syane venait à disparaître, elle ne parviendrait plus à lutter contre tout ce qui l'assommait.
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Syane Ril'Devah
Frontalière
Elle s’amusa des manières sur-jouées d’Elleynah et ne se priva pas pour en faire de même. Elle fit elle-même une petite courbette en souriant avant de lui passer devant. La cuisine n’était pas très loin, seulement quelques étages en dessous dans le même bâtiment. Elle en prit le chemin sans même se poser de questions. Elle qui avait toujours habité la Citadelle connaissait le bâtiment comme son sabre. Elles restèrent toutes deux silencieuses sur le trajet, entre autre parce que Syane saluait des gens à chaque coin de couloirs et qu’elles n’étaient, ni l’une ni l’autre, du genre à raconter les détails de leur vie devant des oreilles indiscrètes. Comme elle l’avait supposée, la cuisine était déserte. Elle se dirigea vers l’un des fûts qui étaient posé sur la table et s’arrêta en plein milieu de son geste pour se retourner, regardant Elleynah avec un mélange de surprise et de stupéfaction.

Si elle se rappelait… elle se rappelait ce moment avec une précision étonnante bien qu’elle soit incapable de le situer précisément dans le temps. C’était comme si ce moment remontait à des millénaires, quand la Citadelle n’était pas encore engouffrée dans un deuil permanent, quand le Seigneur des Marches du Nord était encore de ce monde. Quand Jin… elle s’arrêta net dans ses pensées. Si elle commençait à penser à Jin, c’était un cercle vicieux dont elle aurait du mal à se sortir. Bien sûr, ce n’était plus aussi douloureux qu’avant et en six longues années, elle avait largement eu le temps de faire son deuil, mais il n’empêchait pas que penser à lui ramenait tout un tas de souvenirs à la surface.

- Je… dit-elle en essayant de maîtriser sa voix qui tremblait. Tu sais combien j’aimerais te promettre un truc pareil…

Seulement voilà, elles savaient toutes les deux que la mort frappait sans prévenir et au hasard. Elle était si imprévisible et si fréquente dans leur deux vies que promettre de ne pas mourir équivalait avec une chance sur deux, à se parjurer. Et Syane refusait de quitter ce monde en laissant derrière elle un mensonge aussi gros. Non pas qu’elle parte de la probabilité qu’elle allait mourir d’ici peu, mais elle était réaliste sur ses chances de survies. Elle secoua la tête, tentant d’oublier les sombres pensées qui lui traversèrent l’esprit et termina ce qu’elle avait commencé. Il ne lui fallut que quelques minutes pour remplir deux chopes d’une bière opaque, néanmoins légère qu’elle déposa sur la table. Elle en fit glisser une devant Elleynah alors qu’elle s’asseyait en face d’elle.

- Si ça peut te rassurer, dit-elle avec un faible sourire, même si je mourrais en héroine sur le champ de bataille… le plus tard sera le mieux.

HRP:
C'est pas génialissime... désolée !


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Elleynah Bàthory
Maître Marchombre
Lorsqu'elle prononça ces quelques mots, Elleynah sentit son amie se tendre. C'était une époque lointaine, et beaucoup de choses avaient changé depuis. L'une comme l'autre avaient traversé des moments difficiles, des périodes de doutes et d'instabilités, mais elles avaient su montrer à quel point elles étaient fortes en se relevant à chaque fois. Malgré les coups, l'éloignement, et la raréfaction des visites de la marchombre à la citadelle, le lien qui les unissait n'avait fait que croître. Aujourd'hui, Elleynah n'avait plus aucun doute quant à la sincérité de son amie, et savait qu'elle pouvait avoir une confiance absolument aveugle en elle. C'était un sentiment qu'elle ne ressentait presque jamais, mais Syane avait su montrer qu'elle était digne de confiance, et elles avaient toujours été là pour l'autre dans les moments difficiles.

Syane l'avait écoutée avec attention lorsqu'elle lui avait raconté son histoire, ses origines, elle avait su comprendre, et elle ne l'avait pas rejetée ni crainte. Elleynah avait été là lorsque Syane avait perdu son compagnon au combat. Elle était restée près d'elle pendant longtemps, jusqu'à ce que son amie aille mieux. Et progressivement, elle l'avait vu reprendre goût à la vie, même si quelque chose s'était éteint dans son regard, et ne se rallumerait sans doute plus jamais. Pour oublier son chagrin, la frontalière s'était enfermée dans son travail, redoublant d'efficacité, et la marchombre s'était longtemps inquiétée. Néanmoins, elle avait fait de son mieux pour ne pas trop la laisser seule, et Elleynah savait qu'elle avait grandement participé à l'amélioration de l'état de son amie.

Mais malgré tout ce que la marchombre avait vécu, même si elles ne se voyaient pas souvent, elle ne se sentait pas la force d'affronter une vie sans Syane. Elle ne savait pas comment expliquer ce qu'elle ressentait. A vrai dire, Elleynah ne ressentait pas grand chose, habituellement. La pitié, la peur, la tristesse, étaient des sentiments qui lui étaient presque inconnus. Elle se demandait parfois si cela était dû à ses jeunes années, qu'elle avait passé dans cette ambiance où la faiblesse n'était pas une option pour celui qui voulait vivre. Il n'y avait que deux personnes au monde pour lesquels elle était capable de ressentir cela.

Il y avait son maître, Enyo. Elle n'arrivait pas à se remettre de sa disparition, et même si aujourd'hui, elle était persuadée de sa mort, son absence, et le fait qu'elle ignore tout de ce qui c'était passé, la rongeaient. Elle avait soif de vengeance, et elle ne serait pas en paix tant qu'elle n'aurait pas rassemblé les pièces du puzzle. La seconde personne était Syane. Elles avaient quasiment grandit ensemble, même si ce n'était pas pendant leur enfance qu'elles s'étaient connu. Elleynah avait vu son amie devenir une très grande frontalière, et la frontalière l'avait vu devenir marchombre. Ces liens qu'elles partageaient allaient bien au-delà de simples liens d'amitié. Elles auraient pu être sœur, et au fond, ce qu'elles avaient vécu ensemble montrait bien qu'elles l'étaient.

- Je… Tu sais combien j’aimerais te promettre un truc pareil… - Si ça peut te rassurer, même si je mourrais en héroïne sur le champ de bataille… le plus tard sera le mieux.

Elleynah ne s'attendait pas vraiment à une telle réponse, mais elle en fut totalement satisfaite. Elle se rendait compte qu'elle aurait presque été déçue si son amie lui avait promis. Parce que oui, elles savaient toutes les deux que c'était impossible. Surtout en prenant en compte leur métier respectif, elles avaient toutes les chances de mourir prématurément. Les raïs déferlaient avec une férocité sans précédent, et même si beaucoup de leur race se faisaient tuer, ils semblaient revenir toujours plus nombreux, presque comme si leur nombre était infini. Syane restait souvent à la citadelle, à cause de son poste, mais Elleynah savait qu'un jour ou l'autre, l'appel des champs de bataille serait trop fort, et qu'elle retournerait se battre. Quant à la marchombre, il viendrait un jour où sa soif d'aventure - qui la faisait se diriger vers Al-Poll - et les mercenaires du chaos qui étaient à ses trousses auraient raison d'elle. Cependant, elle se rendait compte qu'elle ne voulait pas parler de tout cela avec Syane. Elle voulait profiter de chaque instant passé ici.

- Je n'en attends pas moins de toi, mon amie. Même si je sais que je suis bien meilleure que toi, tu te débrouilles assez bien pour prétendre au titre d'héroïne, la railla-t-elle.

Un sourire naquit sur ses lèvres, et elle porta la pinte de bière à ses lèvres. La marchombre ne buvait presque jamais. L'alcool avait tendance à altérer ses réflexes, et même si c'était de façon minime, elle détestait ça. Cependant, c'était un rituel qu'elles avaient instauré avec Syane, et elle ne s'en serait privée pour rien au monde. Elle reposa la chope sur la table, et fit un clin d'oeil à son amie.

- Et n'oublie pas ce que nous avions dit : toi et moi, nous rejoindrons le livre des légendes, aux côtés d'Edwin Till'Illan, d'Ellundril Chariakin et d'Ellana Caldin !

Elle se mit à rire de bon cœur, comme si la conversation n'avait pas tourné autour de la mort quelques minutes avant.



Merci Aki pour le kit *-*
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Syane Ril'Devah
Frontalière
Son sourire revint aussi vite qu’il avait disparu, en même temps que celui de la marchombre. Il y avait toujours eu cette facilité, cette liberté dans leurs échanges que Syane affectionnait plus que tout. Et puis, ni l’une ni l’autre n’aimaient s’apitoyer sur leur sort… à fortiori, encore moins sur celui des autres. Quand on était entouré par la mort de toute part, il fallait vivre… pour honorer les morts, pour ne rien regretter. Surtout pour ne rien regretter. Les morts étaient morts et l’honneur des vivants n’allaient pas beaucoup les aider six pieds sous terre. Elle secoua la tête pour effacer ses sombres pensées, s’aidant d’une gorgée mousseuse.

La remarque de la marchombre lui tira un petit rire amusé. C’était une éternelle discussion que de savoir qui était la meilleure des deux, bien qu’elles savaient toutes deux qu’il était surtout important de toujours continuer à se dépasser. En réalité, leurs deux façons de se battre étaient totalement différentes. Elleynah était tout en vitesse, en précision et en élégance et si Syane ne manquait pas de faire preuve de ces mêmes qualités par rapport à un autre frontalier, elle s’appuyait plutôt sur la quantité, la puissance et l'agressivité. Elleynah était plutôt taillée pour le duel, l’escarmouche quand Syane faisait un malheur sur le champ de bataille. Difficile de dire qui était la meilleure quand elles avaient des critères stratégiquement différents : la frontalière abattait le plus grand nombre de Raïs à la minute mais se faisait battre à plate couture, non sans opposer une bonne résistance, par la marchombre. Mais comme ce n’était pas la première fois qu’elles avaient cette discussion et que le sujet tournait en rond, elle se contenta de répondre par un haussement d’épaule qui se voulait dubitatif quand son sourire ne cessa de s’élargir.

- On peut vérifier ça à la première occasion si ça te chante, dit-elle faussement détachée mais curieuse de voir sa réaction, et on pourra améliorer ton score de Raïs par la même occasion.

On était sur son domaine, alors elle posait les conditions. Quoique la perspective d’offrir un peu de spectacle au reste de la Citadelle en allant croiser le fer dans la cour principal n’était pas déplaisante non plus. Une impression fugace de perplexité traversa ses traits lorsque Elleynah mentionna un vieux souvenir. Pendant un instant, elle avait oublié de quoi il était question et puis, la surprise fut bien vite remplacée par un sourire un peu niais, un peu rêveur qui au fond ne lui ressemblait pas vraiment et qui disparut aussi vite qu’il était venu. Entrer dans la légende au côté des plus grandes figures de Gwendalavir était comme un rêve, une folie qu’elles s’étaient imaginées avec amusement et qui avait perduré dans le temps. Au fond, elles étaient parfaitement conscientes qu’il y avait peu de chance que cela arrive, mais c’était plutôt tentant d’imaginer des générations et des générations prononçant leurs deux noms avec la même dévotion avec laquelle elles mentionnaient les noms légendaires. Elle n’avait pas non plus la prétention de croire que c’était possible, seulement l’idée était pour le moins intéressante.

- Essayons déjà de nous payer le luxe de la relative liberté, dit-elle tout sourire, et si on entre dans la légende, ce ne sera que du bonus.

Elle passa sous silence la deuxième partie de sa phrase, pour ne pas revenir aux sujets peu plaisants; il n’y avait de toute façon presque aucune chance qu’elles puissent se ménager les conditions de leur mort, pour ne pas dire aucune. En silence, elle leva son verre respectueusement.

- Trinquons à notre liberté ! dit-elle avec une voix plus posée que depuis le début de la conversation.

Parce que même si elles n’en avaient pas tout à fait la même définition, la marchombre et la frontalière se considéraient toutes deux libres. Les responsabilités que la féroce guerrière du Nord portaient sur ses pas si larges épaules avaient été choisies en toute connaissance de cause et même si elles lui pesaient parfois, elle n’avait encore jamais été amené à les regretter. Elle aimait savoir qu’elle faisait parti de quelque chose de plus grand qu’elle, que ses actions contribuaient à leurs échelles à faire pencher le monde d’un côté plutôt que d’un autre. De préférence, le côté que les marchombres nommaient si joliment l’Harmonie.


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