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Forum de RP dans le monde d'Ewilan, de Pierre Bottero. De nombreuses années ont passé depuis les aventures d’Ewilan et de ses compagnons et l’Empire a plus que jamais besoin de votre assistance.


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Promenons nous dans les bois ♪ | Alec Ezilea

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Nirina Sil'Kallian
Frontalière
La réponse d'Alec comme quoi lui aussi s'intéressait aux oiseaux comme moyen de communication passa au second plan lorsque Nirina s'aperçut de à quel point elle s'était rapproché du Frontalier et de sa monture, et lorsqu'elle en vint à avouer sa phobie, elle était tellement tendue en attendant sa réaction qu'elle n'y pensait plus.

C'était étrange, d'habitude, elle ne réagissait pas ainsi les rares fois où elle dévoilait sa phobie d'elle même. Bien sûr, elle n'aimait pas les commentaires souvent moqueurs voir même méchants que cela lui attirait, mais en général, cela l'agaçait un peu mais sans plus, elle ne se sentait pas gênée à ce point. En plus, elle sentait qu'Alec n'était pas comme certains Frontaliers et qu'il n'en ferait pas un drame, néanmoins... Elle ne savait pas trop pourquoi, mais l'idée qu'Alec en particulier réagisse mal à cette annonce la mettait mal à l'aise. Aussi quand elle vit son expression sonnée, elle ne sut pas trop quoi penser, elle s'arrêta en continuant de le regarder et en se demandant si elle devait dire quelque chose car il la fixait depuis plusieurs longues secondes maintenant, mais il finit par sortir tout seul de sa torpeur en affichant un sourire sincère.

    « Oh! Ce n’est que ça? Vous auriez dû le dire plus tôt, avons su, je ne le tiendrais pas d’aussi près depuis tout à l’heure! »


Nirina observa Alec laisser son cheval partir devant en se sentant un peu stupide. Oui, effectivement, elle n'avait pas du tout pensé à ça. Simplement, elle ne connaissait pas assez Alec pour lui révélé d'elle-même sa phobie et surtout, elle avait prit l'habitude d'essayer de la cacher quand elle le pouvait pour éviter les réflexions, autant des autres Frontaliers que de sa mère - selon elle, si elle faisait des efforts, ça allait s'améliorer, mon œil!

    « Éclipse pourrait rentrer à la Citadelle sans moi si je lui demandais! Normalement je ne le laisse pas aller trop loin seul, mais puisqu’Écho est là, on sera avertis s’il y a le moindre prédateur dans le coin. »


La jeune fille hocha la tête et, instinctivement, leva les yeux vers Aleka qui volait toujours devant eux, assez haut pour être parfaitement hors de portée de n'importe quel prédateur... terrestre. Mais les rapaces, surtout de petite taille comme Aleka, pouvaient aussi avoir leurs propres prédateurs, souvent d'autres rapaces qui chassaient d'autres oiseaux de proie. Enfin, Aleka verrait sans doute si un danger arrivait et irait se réfugier près d'elle si c'était quelque chose qu'elle ne pouvait pas gérer elle même.

Rassurée, Nirina se réintéressa à ce qui se passait près d'elle. Le soulagement d'Alec lorsqu'il avait parlé ne lui avait pas échappé, attentive qu'elle l'était à sa réaction, cependant elle ignorait ce que cela signifiait. Ce n'était de toute évidence pas négatif mais elle ne savait pas comment l'interpréter et hésitait à lui poser la question, mais il reprit avant qu'elle n'ai pu se décider.

    « Vous n’avez pas à vous sentir embarrassé, vous savez? Une phobie c’est… irrationnel. Tenez, moi par exemple. Je ne suis jamais monté sur un bateau de ma vie, mais la simple idée de me retrouver sur l’un d’eau me donne le mal de mer! »


Le regard de Nirina croisa celui, franc, d'Alec, qui semblait s'inquiéter de savoir si elle était mal à l'aise. Elle lui sourit en retour et hocha la tête pour à la fois indiquer qu'elle allait bien et aussi pour le remercier. Sa sensibilité à ses réactions la surprenait, elle avait rarement rencontrés des gens comme ça, elle même se souciant en général assez peu voir pas du tout de l'avis que les autres pouvaient avoir d'elle, ce qui lui causait souvent des problèmes, notamment avec sa mère...

Ils marchèrent quelques minutes en silence, Nirina ne ressentant pas le besoin d'ajouter quoi que se soit pour le moment. Elle était juste rassurée par la réaction du Frontalier et savourait cette sensation, et n'était nullement pas gênée par un silence que d'autres auraient pu trouver écrasant après une telle conversation. Elle aimait aussi profiter des bruits de la nature quand elle marchait, mais elle ne fut pas plus gênée quand Alec reprit la parole.

    « Vous avez toujours eu cette crainte des chevaux? Ou c’est venu à cause d’un accident? »


Désormais totalement dépourvu de crainte à l'idée de parler de sa phobie des chevaux à Alec, Nirina répondit franchement et sans hésiter.

    - Je ne sais pas trop, je n'ai jamais été très à l'aise près des chevaux. Gamine, j'étais trop brusque et vive pour eux je pense, je leur faisais peur. Et puis un jour où je voulais justement un peu mieux les connaître, je me suis introduite dans le box d'un cheval que je connaissais vaguement. Il a très mal réagit, il s'est mit à ruer, il a carrément détruit son box et c'est un miracle que je n'ai pas été blessée voir tuée! C'est sûr qu'après ça, je n'ai plus voulu approcher aucun cheval de près pendant un moment et même celui de ma mère, que j'arrivais encore à peu près à supporter vu que je le connais depuis toute petite, manifestait des signes d'anxiété à mon approche parce qu'il sentait ma crainte et mon malaise.


Nirina avisa alors l'air pensif d'Alec suite à sa tirade et elle devina assez rapidement ce qui devait trotter dans sa tête, surtout qu'elle avait déjà vu sa mère faire une tête semblable...

    - Et c'est pas la peine d'espérer essayer de m'aider à surmonter ma phobie, d'autres ont déjà essayé, croyez moi! Ma mère et certains Frontaliers ont essayé de m'obliger à apprendre à monter, ils ont réussit l'exploit de me faire asseoir sur une selle mais ça n'est pas vraiment allé plus loin, surtout qu'en grandissant ils avaient plus de mal à m'y traîner!


Désireuse de changer de sujet histoire d'éviter de penser aux rares et catastrophiques leçons d'équitation auxquelles elle avait eu droit, Nirina se rappela alors ce qu'Alec avait dit plus tôt au sujet des oiseaux utilisés pour la communication, aussi sauta-t-elle aussitôt sur le sujet.

    - Et puisque vous parliez d'oiseaux de communication plus tôt, j'aide justement les gens qui en ont à les dresser et surtout à s'en occuper, même si eux aussi m'ont apprit des choses! Aleka est d'ailleurs capable de transmettre des messages même si ce ne sont habituellement pas des faucons de glace qui sont utilisés pour de telles tâches, ce qui se comprend vu qu'il est très difficile de pouvoir trouver et recueillir un jeune pour le dresser. Je me demande si quelqu'un d'autre a réussit cela avant moi!


Nirina réfléchit à la question pendant une poignée de secondes, songeant que même si elle doutait qu'une autre personne possède aujourd'hui un autre faucon de glace dressé - elle le saurait, les faucons de glace vivent dans les Marches du Nord et qui d'autre que les Frontaliers de la Citadelle pouvaient en recueillir pour les élever? Elle serait au courant - il n'était en revanche pas improbable que cette espèce ai déjà été dressée, car si la mère d'Aleka avait en effet fait son nid dans la forêt au lieu des falaises de glace à cause de la présence de Raïs et de Géants, alors d'autres faucons de glace avaient du faire de même du temps où les Ts'liches étaient toujours en vie et les poussaient à éviter les endroits où les armées de Raïs déferlaient sur Gwendalavir. Enfin bref, elle écarta vite le sujet pour aborder l'idée qu'elle avait eu en entendant Alec aborder le sujet.

    - Enfin, en tout cas, c'est vrai que les oiseaux de communication sont très pratiques vu qu'on ne peut souvent pas utiliser l'art du dessin dans cette région, et qu'un dessinateur assez talentueux pour transmettre des messages immédiatement est rarement présent sur un champ de bataille! Mais si tu veux, je peux t'apprendre à en dresser un, tu verras, si ce n'est que ça ce n'est pas trop difficile.


Nirina chercha à son tour le regard d'Alec, un sourire franc sur le visage, plutôt enthousiaste à l'idée de partager sa passion de s'occuper d'oiseaux et de les dresser avec quelqu'un. Elle n'avait encore jamais apprit à un novice et cette perspective nouvelle, en particulier avec un "élève" comme Alec, l'intéressait. Certes, elle exagérait peut-être un peu en disant que se ne serait "pas trop difficile", ayant grandit dans ce milieu depuis toute petite, néanmoins, elle songeait que ce serait sans doute une expérience sympa et intéressant...


Préz ~ Journal

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Spoiler:


Mille fois merci Aki' pour le(s) kit <3 
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Alec Ezilea
Lieutenant Frontalier
    [ HRP : Halala la typo… je n’étais pas sensé écrire « avons su », mais « si j’avais su » arff… J’avais écrit ce post de RP super rapidement au cas où tu aurais pu le lire avant de partir en vacances. Bref, contente que tu sois de retour! J’ai plein d’idées pour la suite ;) ]


Alec fut heureux de voir Nirina se détendre dès l’instant où Éclipse s’éloigna au trot. Il fut également soulagé que le silence qui suivit ne soit pas l’un de ceux où la gêne et le désir de boucher le silence régnaient.

Il n’était pas un grand social ni un grand parleur. Il appréciait beaucoup le silence, et donc également ceux qui l’appréciaient autant que lui. Ces gens étaient cependant rares. Soit l’un parlait tout le temps, soit l’autre ne supportait pas les silences et devenait mal à l’aise. C’était peut-être aussi pour cela qu’il aimait tant la compagnie des animaux. Les paroles n’étaient pas nécessaires avec eux, être présent suffisait.

Après un moment, Alec rompit le silence et posa sa question, à laquelle Nirina répondit sur un ton confiant.

    - Je ne sais pas trop, je n'ai jamais été très à l'aise près des chevaux. Gamine, j'étais trop brusque et vive pour eux, je pense, je leur faisais peur. Et puis un jour où je voulais justement un peu mieux les connaitre, je me suis introduite dans le box d'un cheval que je connaissais vaguement. Il a très mal réagit, il s'est mis à ruer, il a carrément détruit son box et c'est un miracle que je n'ai pas été blessée voir tuée! C'est sûr qu'après ça, je n'ai plus voulu approcher aucun cheval de près pendant un moment et même celui de ma mère, que j'arrivais encore à peu près à supporter vu que je le connais depuis toute petite, manifestait des signes d'anxiété à mon approche parce qu'il sentait ma crainte et mon malaise.


Alec hocha la tête, émettant de légers « humhm » ici et là. Il ne réfléchissait plus en guerrier, mais en professeur. Il n’était pas doué avec les gens, mais il avait le talent de son père avec les chevaux.

Avant qu’il ait pu pousser ses pensées plus loin, Nirina sembla deviner ses réflexions et lui lança :

    - Et ce n’est pas la peine d'espérer essayer de m'aider à surmonter ma phobie, d'autres ont déjà essayé, croyez-moi! Ma mère et certains Frontaliers ont essayé de m'obliger à apprendre à monter, ils ont réussi l'exploit de me faire assoir sur une selle, mais ça n'est pas vraiment allé plus loin, surtout qu'en grandissant ils avaient plus de mal à m'y traîner!


Alec leva les mains devant lui à la manière de dire « Je suis innocent! Aucune mauvaise intention! ».

Si on l’avait forcé, et c’est ce qu’il semblait comprendre, il n’était pas surpris qu’elle ait toujours sa phobie, qu’elle ne sache toujours pas monter et qu’elle était si sur la défensive. Les chevaux sont des animaux extrêmement sensibles aux émotions, donc forcer une jeune fille ou même une jeune femme à monter malgré sa peur était une très mauvaise idée, malheureusement très rependue.

Les traditions en matière de dressage de chevaux comme d’apprentissage de l’équitation étaient encrées dur comme fer dans presque toutes les veines des Alaviriens. Les méthodes étaient dans un but d’apprentissage rapide, se souciant peu du bienêtre du cavalier, et encore moins de celui de la monture.

Le père d’Alec avait une approche différente. Il avait toujours dû se battre pour que ses idées et méthodes soient acceptées par les entraineurs et autres Frontaliers. Alec ne se souvenait pas vraiment de son père, étant trop jeune lorsque ce dernier était tombé au combat, mais Daviel avait enseigné ses méthodes à Élia, la mère d’Alec, qui les lui avaient transmis.

Il avait dressé lui-même Éclipse avec cette méthode et ne pouvait pas être plus près de sa monture. Ils se faisaient mutuellement confiance aveuglément, ce qui était un atout particulièrement précieux sur le champ de bataille.

Il allait souligner le fait qu’elle n’avait peut-être simplement pas essayé la bonne méthode lorsque Nirina changea subitement de sujet. Alec se doutait qu’elle préférait ne pas s’étendre sur sa phobie, mais pas avec autant de précipitation. Peut-être avait-elle été victime de moquerie à ce sujet, ou simplement les fois où on l’avait obligé à monter à cheval l’avaient assez traumatisé pour tout faire pour ne pas approcher la question?

    - Et puisque vous parliez d'oiseaux de communication plus tôt, j'aide justement les gens qui en ont à les dresser et surtout à s'en occuper, même si eux aussi m'ont appris des choses! Aleka est d'ailleurs capable de transmettre des messages même si ce ne sont habituellement pas des faucons de glace qui sont utilisés pour de telles tâches, ce qui se comprend vu qu'il est très difficile de pouvoir trouver et recueillir un jeune pour le dresser. Je me demande si quelqu'un d'autre a réussi cela avant moi!


Bizarrement, Alec fut légèrement déçu que la jeune femme oriente aussi rapidement la conversation sur un autre sujet. Peut-être qu’il trouverait une façon d’y revenir plus tard sans trop la brusquer? Son envie d’aider la jeune femme le surprit lui-même. Il n’avait plus l’habitude de vouloir revoir des connaissances, et depuis 4 ans, il avait perdu contact avec ceux qui étaient ses amis auparavant. Bien sûr, il leur parlait encore, mais cela restait formel, et pratiquement que lors d’expédition liée à leur fonction de Frontalier.

Il répondit néanmoins sur le même ton léger et intéressé qu’auparavant :

    « À ce que je sais, et comme Aleka est le premier faucon des Glaces que je croise, très peu ou pas de Frontaliers ont dressé cette espèce. Et si, comme vous le dites, elle est commune aux frontières de glace, alors je crois qu’il est plausible que vous soyez la première à avoir dressé cette espèce de cette façon. Il faudrait demander à un Thül si cette espèce est utilisée dans leur peuple. Je ne m’y connais pas vraiment, mais je sais que les clans Thüls communiquent entre eux principalement via des oiseaux de proies messager. »


Alec n’avait pas toujours été comme il l’était aujourd’hui, plutôt sombre, secret et distant. Il l’était devenu, suite à la mort de son frère. Quelques rares fois, le plus souvent avec sa sœur, il avait ri et parlé, agit un peu comme avant que toute cette histoire se passe. Mais ces moments où il semblait se retrouver lui-même s’estompaient rapidement, et l’ombre dans son esprit et son cœur revenait tout recouvrir.

Ce moment précis, avec Nirina, était l’un de ces moments. Le caractère de la jeune femme qui se callait bien avec le sien, la nature qui les entourait, leurs passions communes pour leurs animaux… Peut-être que ce n’était dû qu’a tout cela. Ou peut-être au fait que Nirina ignorait tout du passé d’Alec, ce qui, étrangement, semblait lui enlever un poids de sur les épaules.

Quoi qu’il en soit, cet état de se retrouver lui-même l’incitait à mieux connaitre la jeune fauconnière, à mener des projets. Il sentait le manque de compagnie humaine, de chaleur, le rattraper. Cela lui faisait à la fois un grand bien et l’effrayait, d’une certaine manière.

    - Enfin, en tout cas, c'est vrai que les oiseaux de communication sont très pratiques vu qu'on ne peut souvent pas utiliser l'art du dessin dans cette région, et qu'un dessinateur assez talentueux pour transmettre des messages immédiatement est rarement présent sur un champ de bataille! Mais si tu veux, je peux t'apprendre à en dresser un, tu verras, si ce n'est que ça, ce n'est pas trop difficile.


Les propos de Nirina à propos des oiseaux de proie chassèrent ses interrogations de son esprit. Sa curiosité et son intérêt furent aussitôt happés et la perspective d’apprendre à dresser un oiseau de proie fit naitre en lui une excitation qu’il n’avait pas connue depuis très longtemps.

Son regard croisa celui de Nirina, et sa franchise lui indiqua qu’elle était plus que sérieuse. La perspective de ce projet semblait l’intéressé et l’emballée autant que lui. Il sourit et lança un regard vers la silhouette sombre d’Aleka qui se détachait de moins en moins nettement dans le ciel assombri.

Il reprit son sérieux, une légère ride se formant entre ses yeux, et répondit :

    « Si vous… »


Alec hésita, remarquant pour la première fois que Nirina l’avait tutoyé alors que lui continuait de la vouvoyer. Il se questionna rapidement sur la bonne chose à faire dans ce genre de situation. Techniquement, il avait appris à toujours s’adresser à quelqu’un avec la forme de politesse de base, tant que cette personne ne vous avait pas implicitement autorisé à utiliser les formules familières. Cependant, Alec avait appris au fil des ans que la réalité était souvent bien plus complexe et n’empruntait pas toujours la voie des conventions.

Compte tenu de la nature de leur discussion, et du ton amical et léger que Nirina abordait en lui parlant, il opta pour la même option qu’elle. Prudemment, et avec sa maladresse sociale légendaire, il recommença sa phrase en surveillant la réaction de Nirina, espérant ne pas avoir fait de faux pas. Chez les Frontaliers, une erreur dans les codes d’éthique et de respect dans certaines circonstances, même de façon accidentelle, pouvait mener à des duels. Ce qui, en toute honnêteté, était un peu stupide…

    « Si tu es sérieuse avec cette offre, je suis intéressé. Beaucoup même. Cependant… Je n’ai pas vraiment d’argent pour te payer. »


Alec n’était pas pauvre, mais ce qu’il gagnait comme Frontalier, il le dédiait à sa famille. Sa mère gagnait un salaire supérieur au sien, étant plus haut gradée, mais les temps étaient durs à la Citadelle depuis plusieurs années. En fait, depuis que les Géants avaient pris la tête des Raïs, c’était tout Gwendalavir qui souffrait de difficulté financière d’une manière ou d’une autre. Les convois de marchants étaient plus rares, et peu osaient s’aventurer près de la frontière où ils étaient plus susceptibles de rencontrer une horde ennemie. Toute nourriture, fourniture et bien de consommation avait doublé en prix dans le nord.

La Citadelle avait ses richesses, mais la guerre coutait cher. Et l’Empereur qui semblait s’être désintéressé du sort des Frontaliers et du Nord ne leur était d’aucun secours. Ils étaient loin d’être arrivé au bout du rouleau, mais l’argent ne coulait certainement pas à flots.

À vrai dire, les transactions se passaient de plus en plus souvent par troc. Cette façon de commercer était déjà très rependue et commune dans tout Gwendalavir avant, mais était devenue presque exclusive maintenant. Un bien pour un bien, ou un service pour un autre.

Alec eut alors une idée et son désir de revenir sur le sujet des chevaux et de la phobie de Nirina refit surface. Un service pour une autre…

    « J’ai peut-être une idée. Je ne peux proposer de l’argent, mais je peux proposer mes services. Cela va peut-être vous… te sembler un peu indélicat de ma part, mais je crois que je pourrais aider avec ta peur des chevaux. »


Il hésita un court instant, guettant la réaction de Nirina, ayant soudain peur d’avoir allumé la mauvaise allumette et de la voir lui exploser à la figure, puis reprit.

    « J’ai moi-même dressé Éclipse ainsi que plusieurs autres chevaux, à la Citadelle. J’ai des méthodes… particulières. Différentes de celles qu’on voit normalement. Elles sont basées sur la confiance et le respect. Elles prennent beaucoup de temps, mais je crois qu’elles pourraient t’aider. »


Il lança un regard vers l’arrière-train d’Éclipse plus loin sur le sentier, une grande tache blanche sur un fond bleu marin, puis sourit en repensant aux centaines d’heures passées à l’entrainement avec plus, puis aux milliers d’autres passés sur son dos sur les sentiers des montagnes et de la forêt.

    « Tu te débrouilles très bien sans savoir monter, seulement, je me risque à penser que ne pas savoir monter à cheval doit être un inconvénient dans plusieurs situations, non? »


Il avait une situation particulière en tête qui se résumait en un seul mot. Frontalier. La jeune femme était voyageuse et fauconnière, mais aussi Frontalière. Le sabre dans son dos ne mentait pas. Il savait pertinemment que ne pas pouvoir monter à cheval était aussi handicapant dans son peuple qu’un bras manquant. Pour partir en mission, en éclaireur ou simplement au combat, sous quelle forme qu’il soit, un Frontalier devait savoir monter. La plupart ne restaient pas sur leur cheval le combat venu, mais il était informellement interdit de partir à la guerre sans monture, pour des raisons de sécurités.

Alec termina en plantant son regard vert clair dans les iris bleus de Nirina, son ton s’étant réaffirmé volontaire et franc. Un marché avec un Frontalier n’était pas chose prise à la légère.

    « Donc, tu m’apprends à élever un oiseau de proie, et je t’apprends à monter à cheval. Un service pour un autre. Qu’est-ce que tu en dis? »





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Nirina Sil'Kallian
Frontalière
Nirina sourit, amusée, lorsqu'Alec leva les mains comme pour dire "Je n'ai rien dit, je suis innocent!" juste après qu'elle l'ai averti que ce n'était pas la peine d'imaginer essayer de l'aider à la manière de sa mère et des autres Frontaliers.

Elle se sentait bien avec Alec. A l'aise. Certes, le code d'honneur des Frontaliers était clairement beaucoup plus important à ses yeux qu'à ceux de Nirina. Pour elle, ce code était stupide, trop strict, mais il semblait tenir à cœur à Alec, et pas que ça. Il semblait avoir plusieurs valeurs importantes, il faisait attention aux autres et se souciait de la façon dont Nirina prenait les choses, bref, il paraissait mieux adapté à la vie sociale qu'elle mais il avait aussi ce côté franc qui plaisait à Nirina, et il y avait leur intérêt commun pour les animaux... Et évidemment, le fait qu'ils soient tous deux Frontaliers. Même si Alec n'avait pas abordé le sujet, il devait avoir remarqué le sabre de Frontalier fixé dans le dos de Nirina maintenant.

    « À ce que je sais, et comme Aleka est le premier faucon des Glaces que je croise, très peu ou pas de Frontaliers ont dressé cette espèce. Et si, comme vous le dites, elle est commune aux frontières de glace, alors je crois qu’il est plausible que vous soyez la première à avoir dressé cette espèce de cette façon. Il faudrait demander à un Thül si cette espèce est utilisée dans leur peuple. Je ne m’y connais pas vraiment, mais je sais que les clans Thüls communiquent entre eux principalement via des oiseaux de proies messager. »


Nirina haussa un sourcil, surprise. Demander à un Thül? Elle avait déjà vu, ou cru voir, de loin ces guerriers, et si elle avait entendu plusieurs histoires sur eux, elle n'avait jamais pu les vérifier et ne leur accordait donc pas trop d'importance, préférant se forger son propre avis. En revanche, elle était sûr que les Thüls ne vivaient pas dans les Marches du Nord, et c'est dans les Marches du Nord que vivent les faucons de glace! Elle doutait donc que ce soit cette espèce d'oiseau qu'ils utilisent pour communiquer, néanmoins elle jugea le sujet comme pas assez intéressant pour être poursuivit, préférant embrayer sur son idée d'apprendre à Alec à dresser un oiseau messager sans se rendre compte qu'elle venait de passer brutalement du vouvoiement au tutoiement dans sa façon de s'adresser à lui. Effectivement, Nirina n'étant pas un modèle en ce qui concerne les règles de la vie en société et de politesse entre les gens, elle avait difficilement réussit à prendre l'habitude de vouvoyer les inconnus mais si elle s'entendait bien avec eux, le naturel revenait très vite au galop et elle se mettait alors inconsciemment à les tutoyer.

Nirina n'était pas quelqu'un qui méprisait les gens, loin de là, elle se sentait simplement différente de la plupart des Alaviriens et surtout, elle n'avait pas du tout la même façon de montrer son respect que nombre de gens, ce qui était la source de plusieurs de ses difficultés relationnelles... et de nombre de disputes avec sa mère concernant son éducation! Voyant qu'Alec paraissait intéressé par l'idée, elle eu un sourire encourageant et ce n'est que quand Alec parla qu'elle se rendit compte du changement.

    « Si vous… »


Il s'interrompit, l'air indécis, et Nirina se demanda s'il avait soudain changé d'avis ou pensé à un détail qui l'empêcherait d'accepter. Alors, elle s'aperçut qu'elle l'avait tutoyé au lieu de le vouvoyer, et elle grimaça intérieurement. C'était cela qui le gênait? Elle espérait que cela ne l'avait pas froissé, pour une fois qu'elle s'entendait bien comme ça avec quelqu'un, se serait stupide de tout gâcher avec un truc aussi stupide! Elle fut heureuse de constater qu'il n'en était rien, au contraire, lorsqu'Alec continua :

    « Si tu es sérieuse avec cette offre, je suis intéressé. Beaucoup même. Cependant… Je n’ai pas vraiment d’argent pour te payer. »


Au début, Nirina faisait surtout attention à la prudence dans le ton du Frontalier et elle comprit que c'était effectivement son changement dans sa façon de s'adresser à lui qui l'avait troublé, et elle lui adressa un grand sourire pour l'encourager lorsqu'elle l'entendit commencer à la tutoyer. Si elle le faisait, il en avait bien le droit, surtout qu'elle préférait s'entendre tutoyer par les gens qu'elle appréciait et qu'elle tutoyait aussi! Elle envisageait de le dire à haute voix et à s'excuser d'être passé de l'un à l'autre sans lui demander la permission, sachant que certains Frontaliers étaient très pointilleux sur ce genre de code éthique et de respect, mais la dernière phrase d'Alec la heurta alors de plein fouet.

Il n'avait pas de quoi la payer? Mais... Qu'est-ce que ça venait faire là? Abasourdie, Nirina resta sans voix pendant quelques secondes, trop surprises pour parler. Qui parlait d'argent? Elle s'en foutait de l'argent! Elle n'était pas riche, d'accord, mais sa mère et elle se débrouillaient, et elle recevait aussi un peu d'argent pour son travaille de dresseuse à la Citadelle, elle n'était donc pas dans le besoin. De toute façon, Nirina n'avait jamais été quelqu'un qui court après l'argent, sa mère et elle avaient de quoi vivre et Nirina devenait de plus en plus indépendante, elle savait se débrouiller seule dans la nature et chasser, autant dire qu'elle se souciait en général assez peu des choses matérielles. Son sabre aurait pu être un problème, mais c'était son père qui le lui avait acheté, et sa mère s'était occupée de son arc, la seule chose qui lui avait un peu posé problème côté fonds, c'était son poignard mais c'est tout.

Nirina n'était pas quelqu'un qui accordait beaucoup d'intérêt à l'argent, si elle avait proposé à Alec de l'aider à dresser un oiseau messager, c'était uniquement par sympathie pour lui, et parce que ça pouvait être une expérience intéressante pour elle aussi de transmettre son savoir, de plus cela pourrait la rapprocher du Frontalier, ce qui ne pouvait pas lui faire de mal vu le peu d'"amis" qu'elle avait à la Frontalier. Elle avait plus ou moins sympathisé avec certains, et elle se sentait Frontalière, mais il fallait bien avouer qu'elle n'avait aucun vrai ami, hors Alec lui paraissait une bonne personne pour essayer de tisser des liens. Mais jamais il n'avait été question d'argent pour elle.

Nirina en était tellement surprise qu'elle en fut presque vexée, elle s'apprêtait presque à rabrouer Alec mais elle fut prise de vitesse le temps de se reprendre.

    « J’ai peut-être une idée. Je ne peux proposer de l’argent, mais je peux proposer mes services. Cela va peut-être vous… te sembler un peu indélicat de ma part, mais je crois que je pourrais aider avec ta peur des chevaux. »


Bizarrement, ce furent les efforts que faisait Alec pour la tutoyer qui la calmèrent. Chez les Frontaliers, se tutoyer était en général assez rare à cause de leur code de conduite, et elle appréciait qu'Alec tente de dénouer avec cette habitude pour elle. Cela devait vouloir dire que lui aussi l'appréciait. Quand à son idée de l'aider avec sa peur des chevaux, eh bien... S'il s'y prenait comme sa mère et les autres Frontaliers, ça risquait de ne pas beaucoup mieux marcher, néanmoins Nirina sentait qu'il avait autre chose à proposer, le simple fait qu'il le lui propose plutôt que de l'obliger comme sa mère le prouvaient, tout comme son hésitation en surveillant les réactions de la jeune femme.

    « J’ai moi-même dressé Éclipse ainsi que plusieurs autres chevaux, à la Citadelle. J’ai des méthodes… particulières. Différentes de celles qu’on voit normalement. Elles sont basées sur la confiance et le respect. Elles prennent beaucoup de temps, mais je crois qu’elles pourraient t’aider. »


La description de la méthode d'Alec attira aussitôt l'attention de Nirina. Cela lui parlait plus que les tentatives des Frontaliers, plutôt brutales, et surtout, cela lui rappelait sa propre façon de faire avec les oiseaux, en particulier ce qu'elle avait fait avec Aleka : à base de patience, d'écoute envers l'animal et de respect.

    « Tu te débrouilles très bien sans savoir monter, seulement, je me risque à penser que ne pas savoir monter à cheval doit être un inconvénient dans plusieurs situations, non? »


Nirina se retint de lui demander ce qu'il entendait par se débrouiller très bien sans savoir monter, puis elle supposa qu'il parlait de son métier de fauconnière et du fait qu'elle se déplaçait à pied. Elle remarqua cependant un regard d'Alec vers son sabre et cela, ajouté à la fin de sa phrase, y amena un sous entendu qu'elle n'aurait pas saisit sans cela.

Oui, ne pas savoir monter la gênait. Pas dans sa vie de fauconnière : elle se débrouillait bien sans, elle n'avait pas besoin de savoir monter le cheval de sa mère, il tirait simplement le chariot qui les menait de ville en ville, et c'était suffisant pour voyager. Mais pour sa vie de Frontalière, ne pas savoir monter était un handicap incroyable, c'était presque comme de voir un Frontalier qui ne savait pas manier le sabre. Cela l'empêchait de s'intégrer parfaitement, cela l'empêchait d'être aussi utile qu'elle le voulait.

Oui, Nirina était fauconnière, et pas seulement. Rien ne pourrait la couper de son attirance pour les prédateurs et les animaux sauvages. Mais elle était aussi Frontalière, elle le sentait dans son sang. Elle n'avait plus envie de juste rester à la Citadelle pour s'entraîner, elle voulait aussi sortir, être utile, voir ce qu'elle valait dehors.

Devenir une vraie Frontalière.

Le regard de Nirina croisa alors celui d'Alec. Franc, mais aussi sérieux. Un marché entre Frontaliers ne se prend pas à la légère.

    « Donc, tu m’apprends à élever un oiseau de proie, et je t’apprends à monter à cheval. Un service pour un autre. Qu’est-ce que tu en dis? »


L'incertitude vint à peine tarauder Nirina. Une proposition pareille nécessitait-elle réellement réflexion? Nirina avait la sensation de se sentir gagnante sur les deux tableaux.

Apprendre à Alec à dresser un oiseau de proie lui ferait plaisir, vraiment. Et apprendre à monter à cheval l'aiderait dans sa carrière, non, sa vie de Frontalière. Elle sentait qu'Alec disait vrai et que sa méthode était sans doute différente de celles des Frontaliers, et elle appréciait sa compagnie. Elle avait confiance en lui. Elle avait envie d'essayer, de lui donner une chance.

Cependant, elle ne voulait pas qu'il se méprenne. Aussi choisit elle soigneusement ses mots afin d'être la plus claire possible.

    - Je me fiche de l'argent. Même si tu n'avais rien à me proposer en échange, je t'aurais appris à dresser un oiseau si tu avais accepté. Après tout, je n'y ai posé aucune condition quand je te l'ai proposé. Mais... Je vais être honnête, oui, ne pas savoir monter à cheval est un handicap. Pas pour être fauconnière, pour être Frontalière.


Malgré le côté presque formel et cérémonieux de la situation au vu du ton prit par chacun, contre toute attente et à la surprise même de Nirina, un sourire complice vint illuminer son visage tandis qu'elle regardait Alec dans les yeux.

    - Ca marche pour moi. Je t'apprend à dresser un oiseau de proie et du m'apprend à monter à cheval.


Ce n'était pas une simple constatation, malgré le sourire de Nirina et son ton joyeux, c'était une promesse. Qui n'attendait qu'une approbation pour être scellée.

Nirina n'était pas fan du code de conduite des Frontaliers, mais elle avait ses propres valeurs et ses propres façons de faire. Et elle tenait parole.


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Alec Ezilea
Lieutenant Frontalier
    [HRP : Donc… je crois qu’on approche de la fin non? En tout cas, ça serait une belle façon de finir le RP je crois^^ Alors un autre tour de réponse et c’est complet? Ça sera aussi plus cohérent qu’on soit dans un autre RP ensemble si lui est terminé^^]



    - Je me fiche de l'argent. Même si tu n'avais rien à me proposer en échange, je t'aurais appris à dresser un oiseau si tu avais accepté. Après tout, je n'y ai posé aucune condition quand je te l'ai proposé…


Alec hocha la tête. Il comprenait ce qu’elle voulait dire. Lui non plus n’aurait pas voulu d’argent s’il lui avait proposé en premier de l’aider avec son problème avec les chevaux. L’argent ne servait qu’à acheter les biens nécessaires et il n’avait aucune envie de richesse. Néanmoins, il n’était pas à l’aise d’accepter un tel service sans rien redonner en retours.

Comme la plupart des Frontaliers, il avait un sens des dettes particulièrement accrues. Mais pas des dettes d’argent. Des dettes d’actions. Un service en valait toujours un autre, et si quelqu’un vous sauvait la vie, vous lui étiez redevable au même prix. La dette ne pouvant être complète que lorsque vous lui sauverez la vie à votre tour. C’était aussi une façon de respecter l’autre et de le remercier pour ce qu’il avait fait pour vous.

Têtus et souvent plus fiers qu’un coq, la plupart des Frontaliers refusaient aussi simplement de devoir trop à quelqu’un et voulaient rétablir la balance. Alec ne faisait pas vraiment partie d’eux, mais à sa façon, il n’aimait pas non plus sentir qu’il était trop redevable envers quelqu’un. Indépendant, il était capable de se débrouiller, se battre et survivre seul. Pour le reste, il redonnait toujours un service pour un autre, plus par souci d’équité et de remerciement qu’autre chose.

    - … Mais... Je vais être honnête, oui, ne pas savoir monter à cheval est un handicap. Pas pour être fauconnière, pour être Frontalière.


Le sourire complice qu’elle lui lança se copia presque aussitôt sur le visage d’Alec. Il avait donc visé juste en présumant qu’elle devait éprouver des difficultés dans son contexte de Frontalière, ne sachant pas monter à cheval. Son ton et son expression lui annoncèrent la réponse qu’elle lui donna :

    - Ça marche pour moi. Je t’apprends à dresser un oiseau de proie et du m'apprend à monter à cheval.


Alec s’arrêta de marcher et se tourna pour faire face à la jeune Frontalière. Il lui tendit la main, souriant toujours malgré le sérieux lisible dans ses prunelles, afin de sceller leur marché.

    « Marché conclu. »


Écho choisit ce moment pour réapparaitre à leurs côtés. Les oreilles droites, il portait fièrement un jeune lièvre dans sa gueule qu’il laissa tombé aux pieds d’Alec. Le chien-loup se recula ensuite d’un pas et baissa la tête, le regardant en attendant son approbation.

Il faisait toujours cela lorsqu’il attrapait une proie. Prenant Alec pour un loup, et son loup dominant par-dessus le marché, il lui présentait tout ce qu’il attrapait. Dans une meute, le dominant se nourrit en premier, et seulement après avoir donné son accord, les autres pouvaient manger. Les sens innés d’Écho le poussaient à agir de la sorte même s’il n’avait jamais vécu dans une vraie meute de loups.

Alec sourit et se pencha, attrapant de lièvre. Écho était bon chasseur. En examinant rapidement l’animal, il conclut qu’Écho lui avait brisé la nuque d’un coup sec. Une mise à mort rapide, propre, sans douleur et efficace. Il sortit son couteau à dépecer de sa ceinture et coupa une patte du lièvre qu’il garda pour lui et lança le reste de sa proie à Écho, qui l’attrapa au vol. Le loup s’éloigna au petit trot sa prise dans la gueule.

Tout en suivant le chien-loup du regard, Alec reprit parole, s’adressant à Nirina. Il tenait à préciser quelque chose, au niveau de ce qu’elle avait dit à propos de l’argent un peu plus tôt.

    « Je comprends, pour l’argent. Moi non plus, je n’aurais pas voulu ni même songé à être payé pour un service du genre. Seulement, l’accepter sans rien en retour n’aurait pas été juste de ma part. Au moins, comme cela, on y gagne tous les deux. »


Il considérait qu’il gagnait probablement plus que de simple cours sur le dressage d’oiseaux de proie. Il gagnait aussi à revoir la jeune femme, a échangé sur leurs connaissances, à mieux se connaitre et à gagner de la présence et de l’expertise de l’autre. Ce genre d’échange était mille fois plus précieux qu’un simple service à sens unique.

Avant, il avait eu l’habitude de ce genre d’interaction. Il s’était intéressé à plein de sujets, la faune sauvage, les chevaux, les différentes techniques de combats étrangers à la Citadelle et même l’astronomie. Il allait ainsi voir les spécialistes qu’on lui recommandait et leur rendait divers services selon ses compétences et les besoins des professeurs en échange de cours et de connaissances.

Cela faisait cependant longtemps qu’il ne l’avait plus fait. Non pas qu’il ne s’intéressait plus à rien, mais il cherchait normalement à éviter les contacts trop intimes avec les autres, de façon inconsciente. Progressivement, il s’était éloigné de tout le monde… Mais ce nouveau projet et ce retour vers ce qu’il avait été avant, contrairement à ce qu’il avait pensé, n’étaient pas aussi douloureux. Au contraire, elle était comme un rayon de lumière perçant les nuages lors d’une journée grise.

Sa réflexion mit soudain un gout amer dans sa bouche et l’impression de lumière se dissipa légèrement. Revenir dans le monde qu’il avait quitté quatre ans plus tôt, redevenir celui qu’il avait été signifiait pour lui oublier ce qui s’était passé. Et cela, c’était quelque chose qu’il ne pouvait et ne voulait pas faire.

Tôt ou tard, il appréhendait le moment ou toutes les émotions qui l’avaient poussé à s’isoler reviendraient au galop. Le moment qu’il avait passé dans la forêt avec Nirina n’avait-il été qu’un répit? Qu’une sorte d’exception à la règle, une bulle isolée dans le temps et l’espace? Qu’en serait-il lorsqu’ils rejoindraient la Citadelle, qui d’ailleurs devait bientôt apparaitre au-dessus de la cime des arbres? Et lors de leurs rencontres? Avait-il sauté sur leur marché trop vite?

Le Frontalier se força à éloigner ses questionnements. Il avait conclu un marché, et un marché était sacré pour lui. Il le mènerait à terme, quel qu’en soit le prix. Pour le reste, il aviserait lorsque le moment serait venu. Pelleter des nuages vers l’avant ne l’avançait certainement à rien.

Pour ne plus y penser, Alec retourna son attention vers Écho. Arrivée à la hauteur d’Éclipse, Alec vit, amusé, le cheval blanc tourner la tête vers le loup et lui donner un coup de museau affectueux sur le dessus du crâne.

Ces deux-là s’entendaient à merveille. Alec n’aurait pas pu rêver de mieux. Étant constamment les trois ensembles, si Éclipse avait eu peur d’Écho, ou si Écho n’avait pas aimé la présence d’Éclipse, cela aurait occasionné plusieurs problèmes. Peut-être le fait qu’Écho était entré dans la vie d’Éclipse alors qu’il n’était qu’un chiot d’à peine quelques centimètres avait aidé. Le chien-loup avait grandi aux cotés de l’étalon, et étrangement, Alec le soupçonnait de le considère lui aussi comme un loup. Éclipse, quant à lui, était d’une nature plutôt calme et s’était donc parfaitement adapté à la présente de loup.

Alec les regarda un moment interagir ensemble alors qu’ils s’étaient remis à avancer sur le sentier. Écho semblait vouloir partager son butin avec l’étalon, qui lui ne semblait pas comprendre du tout ce qu’il devait faire avec un cadavre de lièvre. Le Frontalier pointa dans leur direction et s’adressa à Nirina, expliquant légèrement la situation sur un ton amusé :

    « Je crois que la conception de loup est assez vaste pour Écho. Il croit qu’Éclispe et moi sommes ses frères de meute. D’autres loups, tout comme lui. »




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Nirina Sil'Kallian
Frontalière
    (HRP : Nan, ce RP ne finira jamais, na :P *sors* je plaisante, on devrait le finir dans peu de temps en effet ;) )



Ils s'arrêtèrent de marcher un instant pour sceller leur marché, Alec tendant sa main avec sérieux malgré son sourire. Petite, ce genre de façon de faire auraient agacées Nirina par leur côté trop cérémonieux. Une parole donnée lui suffisait, pourquoi s'embêter de tout ça?

Mais c'était là un des rares changements que l'éducation Frontalière avaient réussis à apporter à sa personnalité : elle s'était peu à peu attachée à ce type d'engagement et y tenait désormais plus qu'elle ne l'aurait cru. Respecter sa parole avait toujours été important pour elle, mais ces gestes permettaient d'assurer à son interlocuteur qu'on tiendrait parole, que ce n'était pas une promesse en l'air comme les gens en faisaient parfois.

    « Marché conclu. »


Sans hésitation, Nirina la serra en souriant, son propre regard ayant un certain sérieux mais qui s'éclipsait sous son enthousiasme et sa joie de voir ce marché scellé. Elle y voyait de bons moments et des expériences enrichissantes à venir, que se soit d'un côté de leur marché ou de l'autre espérons! Et puis Alec n'avait pas été jusqu'à présenter sa paume ouverte pour faire le serment inviolable des Frontaliers, cela aurait été un peu trop pour un marché tel que le leur.

Echo arriva alors en présentant un lièvre fraîchement attrapé à son "loup alpha". Nirina les regarda faire avec curiosité et surtout étonnement.

C'était là où Nirina se rendait vraiment compte qu'Echo était un chien loup, et pas juste l'un ou l'autre. Son physique était vraiment proche d'un loup, mais quelques détails trahissaient son hybridation, et pour l'heure, son comportement aussi.

Bien sûr, lorsqu'il s'agissait de si petites proies, il était commun que les loups chassent seuls et pas en groupe, et la plupart du temps ils ne gardaient pas la proie pour eux, néanmoins Echo cédait sa proie avec une étonnante facilité à Alec, et s'est surtout le partage que le Frontalier en fit qui surpris Nirina.

Elle s'était beaucoup renseignée auprès de Frontaliers et d'autres personnes de la région qui connaissaient bien des loups et elle avait beaucoup appris auprès d'eux... Et en observant les loups et en les approchant. Elle s'était vite rendue compte que son régime alimentaire influençait leur comportement envers elle, et un vieux Frontalier lui avait apprit que c'était par lui que les loups établissaient les rangs dans la meute. Chaque membre de la meute selon sa place dans la hiérarchie, avait droit à des parties bien précises de chaque proie qui, selon leur qualité, donneraient une certaine odeur au loup qui les consommait et indiquait ainsi aux autres son rang. Le vieux Frontalier lui avait expliqué qu'à une époque, il y avait eu une grosse diminution du gibier et les loups, réduits à la famine, ne pouvaient plus effectuer ce partage entre les membres de la meute et avaient donc fini par ne plus savoir qui était l'alpha, le bêta et ainsi de suite dans la meute.

Ordinairement, dans la nature, elle avait remarqué que même chez des loups qui avaient accès à des proies assez grosses pour pouvoir assurer ce "marquage" de leur rang par l'odeur que leur régime alimentaire leur apportait, chaque loup, en particulier ceux de rang élevé, devaient tout de même souvent défendre leur part des autres pendant les repas.

Ici, ce n'était absolument pas le cas. Bien sûr, le lièvre faisait sans doute parti des proies trop petites pour qu'un tel partage des parties de l'animal soit possible, mais ce n'était pas ça qui interpellait Nirina. Elle avait remarqué la carcasse de siffleur, Echo semblait avoir compris qu'il ne fallait pas y toucher et elle doutait qu'Alec se donne la peine de manger les parties qui lui donnaient normalement l'odeur d'un alpha, ce qui signifiait probablement qu'Echo l'identifiait comme alpha malgré ce "manque". Cela s'expliquait sans doute par le fait qu'il avait grandit auprès d'Alec et pas auprès de vrais loups. D'autres détails plus petits semblaient aller dans ce sens et montraient les différences entre Echo et les vrais loups... et les vrais chiens.

Songeuse, elle continua de suivre le chien loup du regard, mais avant d'avoir pu penser à poser directement la question à Alec sur cette étrangeté, ce dernier repris :

    « Je comprends, pour l’argent. Moi non plus, je n’aurais pas voulu ni même songé à être payé pour un service du genre. Seulement, l’accepter sans rien en retour n’aurait pas été juste de ma part. Au moins, comme cela, on y gagne tous les deux. »


Nirina fit la moue. Alors si c'était lui qui proposait un service gratos, ça lui allait, mais l'inverse ne marchait pas? Ce n'était pas une simple question de donner des cours, même s'il y avait en apparence un maître et un élève, ça restait un échange. Dans les deux sens. C'était une expérience humaine, les deux partis apprenaient toujours quelque chose d'une expérience commune.

Et puis elle se heurtait là à un côté qui, lui, n'avait pas encore bien fait son chemin dans son esprit et surtout dans son caractère : cette fichue habitude des Frontaliers, mais pas qu'eux, de ne pas aimer être redevable. Nirina n'était pas un exemple de gentillesse, mais il lui arrivait de se montrer parfois très généreuse ou serviable, auquel cas les gens, et pas seulement des Frontaliers, se sentaient parfois redevables, et cela l'agaçait. Ne pouvaient-ils pas simplement accepter une aide et, plutôt que de la retourner à celui qui l'avait donnée, faire de même avec une tierce personne quand l'occasion se présentait? Si chacun attendait que l'autre fasse un truc gentil pour en faire un autre en retour, très vite, personne ne ferait plus rien du tout. Nirina n'avait pas envie de vivre dans un pays avec ce genre de mentalité. Elle ne se sentait pas redevable quand quelqu'un lui rendait un service, et pourtant elle savait ce que ça voulait dire vu que des rêveurs lui avaient déjà sauvé la vie! Non, elle ressentait de la gratitude, et même si elle chercherait sans doute d'avantage à aider de tels personnes que d'autres, ce n'est pas pour ça qu'elle se considérerait liée par une dette à ces gens jusqu'à ce qu'elle leur ai rendu un service aussi grand que celui qu'ils lui avaient rendu. Ce genre de raisonnement empoisonnait trop la vie à son sens, même si nombre de Frontalier et même sa mère ne semblaient pas toujours de son avis.

Ceci dit, cette fois encore, elle se garda d'en parler, ne voulant pas spécialement se lancer dans un débat pour l'instant et surtout parce qu'elle avait été distraite par la vision, plutôt amusante, d'Echo qui voulait offrir une partie de sa proie à un Eclipse ne comprenant visiblement pas ce qu'il voulait qu'il en fasse.

    « Je crois que la conception de loup est assez vaste pour Écho. Il croit qu’Éclispe et moi sommes ses frères de meute. D’autres loups, tout comme lui. »


A son ton, visiblement, Alec aussi était amusé par le spectacle. Nirina hocha la tête, peu étonnée vu que le chien loup avait grandi parmi eux, en revanche elle repensa alors à ses réflexions de tout à l'heure et en déduit aussitôt qu'elle avait vu juste : il n'y avait aucune chance pour qu'Eclipse, en tant qu'herbivore, mange de la viande quelle qu'elle soit, et sa réaction devant la patte que lui présentait Echo confirmait cette impression, mais malgré tout, le chien loup le considérait visiblement comme un membre de la meute, et peut-être vraiment comme un autre loup.

Nirina espérait qu'elle aurait d'autres occasions de revoir le chien loup et de discuter avec Alec à son sujet, car cela l'intéressait beaucoup. Néanmoins, pour le moment, elle avait eu sa dose pour aujourd'hui! Elle commençait à fatiguer, à force de marcher pendant des heures, et le retour d'Aleka près d'elle lui fit prendre conscience que la Citadelle était désormais en vue.

Désormais peu encline à faire la conversation, elle se contenta d'avancer vers la Citadelle, faisant rapidement signe à Aleka pour qu'elle retrouve sa place sur son épaule. Une fois qu'ils furent proches des portes, elle adressa un sourire à Alec.

    - Eh bien, cette ballade était très sympa. On fait quoi pour les leçons, on décide maintenant de quand faire la première?



    (HRP : comme ça si tu veux, ton perso dis qu'ils verront plus tard, dis au revoir et le RP se fini là ^^)


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Alec Ezilea
Lieutenant Frontalier
Les deux Frontaliers marchèrent encore un bon moment en silence. Alec connaissait la forêt alentour de la Citadelle comme sa poche. Il savait qu’ils approchaient, et comme ils tournaient au coin d’un coude du sentier, la citadelle apparut devant eux, en contrebas.

D’où ils étaient, ils pouvaient admirer les hautes tours de la Citadelle, dont la Vigie. Leurs positions haut perchées leur permettaient également de voir l’activité à l’intérieur de la cour, ainsi que les quelques charrettes s’éloignant sur les chemins menant au village aux pieds de la forteresse. Il y avait peu de gens dehors, mais Alec savait que quelques Frontaliers devaient toujours se trouver dans la cour d’entrainement même à cette heure tardive.

La nuit était maintenant bien tombée, les étoiles s’en donnant à cœur joie dans le ciel, et la citadelle comme le village était illuminé par des torches et lanternes. Ayant été dans la forêt lors de la tombée du jour, ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité et celle-ci n’avait pas dérangé sa progression. Cependant, maintenant que les lumières de la Citadelle étaient visibles, le noir autour d’eux sembla devenir plus dense.

Écho, qui savait également qu’ils arrivaient, revint vers Alec et cala sa marche à la sienne. Si dans la forêt il errait comme bon lui semblait, s’éloignant d’Alec et revenait plus tard après avoir erré à sa guise, il en était tout autrement au village et à la Citadelle. Il n’était jamais tout à fait à l’aise lorsqu’il y avait beaucoup d’humains autour de lui, semblant sentir leurs réserves et leurs craintes face à lui. Il restait donc presque toujours aux côtés d’Alec, plus alerte et nerveux qu’a l’habitude. S’il ne pouvait suivre Alec quelque part en ville, il partait en forêt et attendait le retour d’Alec.

Le Frontalier était bien conscient du malaise d’Écho, et c’était une autre raison pour laquelle il évitait normalement les foules. Le seul endroit où le chien-loup était à l’aise au village, c’était sur la propriété de la famille d’Alec, une petite ferme en marge du village. Malgré qu’il ait grandi au village, le chien-loup ne s’y était jamais vraiment accoutumé, comme un chien l’aurait fait. Mais contrairement à un vrai loup sauvage, il y suivait néanmoins Alec. Écho n’était ni chien ni loup au final. À la fois les deux et quelque chose de complètement unique.

Éclipse néanmoins, après avoir lancé plusieurs regards inquisiteurs à Alec, et en l’absence d’ordre ou de réaction de ce dernier, finit par s’ébrouer et partit au petit trot, dévalant le sentier. Alec eut un léger sourire. Éclipse était une monture exceptionnelle, brave et en qui il avait pleinement confiance, mais rien ne pourrait retenir l’étalon de rentrer dans son box où son avoine quotidienne l’attendait! C’était un vrai ventre sur quatre pattes.

Bientôt, ils atteignirent les portes de la Citadelle, où les attendaient, impatient, Éclipse. L’étalon sembla jeter un regard de reproche à son cavalier. « Non, mais! Tu sais que tu retardes mon diner? ». Alec alla caresser doucement son encolure et avança de quelques pas vers Nirina, de façon à ce qu’Éclipse reste environ deux à trois mètres loin de la jeune femme.

[list]- Eh bien, cette ballade était très sympa. On fait quoi pour les leçons, on décide maintenant de quand faire la première? [list]

Aleka, le faucon de la jeune Frontalière, était revenue sur son épaule. Alec pouvait voir les traits de Nirina mieux qu’auparavant, grave à la lumière des torches d’entrées de la Citadelle. Quoique bien plus petite qu’Alec, elle n’était pas l’une de ses femmes frêles et fragiles, et respirait une franche force de caractère et de force comme seules les femmes frontalières possédaient. Elle n’avait peut-être pas grandi toute sa vie à la Citadelle, mais Alec voyait en elle le sang Frontalier. Celui qui ne se gagne pas. Celui avec lequel on nait.

Elle n’était pas très féminine, avec ses vêtements lâches, Alec supposa qu’on pouvait la prendre de loin pour un garçon, mais elle avait cette beauté particulière, probablement due à l’énergie qu’elle dégageait.

Alec lui sourit en retour et hocha la tête.

    « Belle soirée, en effet. Pour les cours… »


Il réfléchit un instant aux leçons. Il ne savait jamais vraiment d’avance sur quelles missions il allait être envoyé, et tous ne pouvaient prévoir quand la prochaine attaque Raïs allait frapper la frontière. Un rendez-vous précis était donc plutôt délicat, surtout qu’Alec voulait que ses leçons d’équitation se passent à l’extérieure de la Citadelle. Il ne servirait à rien d’avoir des spectateurs qui critiqueraient sans cesse ses méthodes, et probablement le problème de Nirina lui-même.

Il était la plupart du temps libre le soir, après la tombée du jour, mais comme il désirait que l’entrainement se passe en forêt, la nuit était hors de question. Il avait bien une journée de libre par semaine, mais la plupart du temps, il y avait tellement à faire à la ferme qu’il travaillait encore plus dur lors de cette journée que les autres. Mais peut-être que…

    « Mmm… Si tu n’es pas contre l’idée de te lever avant le soleil, rejoins-moi dans dix jours ici même, aux portes de la Citadelle, vers 5h00. »


Normalement, il commençait à travailler tôt sur la ferme, mais s’il prenait environ trois à quatre heures avec Nirina, il serait de retour vers 9h00. Il aurait un peu de retard, mais sans trop, et il pourrait alors travailler toute la journée sans problèmes.

Pour lui, se lever tôt était une habitude autant qu’une nécessité. Normalement, il était debout vers 5h00 du matin pour nourrir les animaux et entretenir la ferme, puis se rendait à la Citadelle où, à 7h00, il recevait ses ordres pour la journée, s’il n’avait pas déjà un assignement de prévu.

Il se doutait que cela ne poserait pas non plus problème à Nirina. Il ne connaissait pas cette vie, mais il pouvait aisément imaginer que vivre sur les routes en voyageant incluait de se lever à l’aube. Même si ce n’était pas le cas, ils n’avaient pas vraiment le choix.

Alec ajouta néanmoins, connaissant les horaires flexibles et parfois hasardeux de la Citadelle :

    « Il est possible que je ne puisse pas être présent, mais si tel est le cas, je te le ferais savoir. Et aussi, si jamais je suis libéré une journée d’ici là, j’essaierais de te trouver pour voir si tu es libre toi aussi. Cela te convient? »


Il hocha la tête pour approuver ses propres paroles. Les choses convenues, il recula de deux pas, attrapa les rênes d’Éclipse et lança :

    « Pour les leçons d’équitations, ne te préoccupe de rien, j’apporterais tout le nécessaire. »


Il lui lança un sourire complice, le même que celui précédent dans la forêt, heureux de voir que son état de détente en présence de la jeune femme ne c’était pas dissipé en arrivant à la Citadelle. Son sourire fit involontairement reluire d’argent sa grande cicatrice sur son visage, à la lueur des flammes des torches.

    « Heureux d’avoir fait ta connaissance. À bientôt. »


Le Frontalier lui fit un signe de la main et tourna les talons, Éclipse marchant à sa droite, Écho à sa gauche. Il longea le mur de la Citadelle, n’entrant pas à l’intérieur de celle-ci, et se dirigea plutôt vers le village, un peu plus bas dans la plaine, où se trouvait sa demeure.

Le jeune homme vivait un sentiment partagé. Sa rencontre lui avait fait plus de bien qu’il n’osait se l’avouer. La compagnie humaine lui manquait, et Nirina avait ce petit quelque chose de différent des autres Frontalier qui l’intriguait autant qu’il l’appréciait. En même temps, l’ombre au-dessus de sa tête flottait toujours. Il ne pourrait pas se débarrasser de celle-ci, jamais. Elle le suivrait partout où il irait. Même s’il le souhaitait, il ne pouvait revenir à la personne qu’il avait été. Et le voulait-il seulement réellement?

Alec ne se retourna pas, mais Écho s’arrêta quelques instants, tournant la tête vers l’arrière, et fixa son regard doré sur la silhouette de Nirina avant de rattraper Alec au petit trot.

[FIN]

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